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Ce papillon blanc (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




    
Ce papillon blanc
un mistral de zéphir
le déhanche après la messe
par les collines
jusqu’où il va

il se ferme sur une ombelle

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Le Cap de Bonne-Espérance suivi de Discours du Grand Sommeil
Traduction:
Editions: Gallimard

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CINQUIEME BAISER (Pierre-François Tissot)(Jean Second)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2017




Illustration: Antonio Canova
    
CINQUIEME BAISER

Souvent tes bras d’albâtre et souples comme un lierre.
Passés autour de moi, serrent ton bien-aimé :
Suspendue à mon cou, je te sens tout entière
Presser mon front, mon sein, mon visage enflammé.
Ta bouche qui s’entr’ouvre et ressemble à la rose
Sur la mienne, avec art, s’applique et se compose

Pour mieux donner baiser d’amour…
Tu m’attaques d’une morsure ;
Je venge aussitôt mon injure ;
Ta douleur se plaint à son tour.

Mais bientôt une langue active,
Avec son dard voluptueux.
Livre cent combats amoureux
A ma langue faible et plaintive :

Plus doux que le bruit du zéphir,
Plus frais encor que la rosée
Le souffle humide du plaisir
Coule dans ma bouche embrasée ;

Exhalé de, la tienne, il réjouit mon cœur.
Plus calme et renaissant je respirais à peine ;
De tes lèvres soudain j’ai senti la chaleur
Et morne avide amante aspirer mon haleine
Que desséchait, hélas ! dans mon sein enflammé.
Un feu séditieux par Vénus allumé.

Euclians,rends la vie à l’amant qui t’adore !
Tes vœux sont exaucés : du feu qui me dévore
Déjà tu calmes la fureur :
Comme un parfum qui s’évapore,
Ton souffle humide et bienfaiteur
Rafraîchit tous mes sens et me ranime encore.

Source de mes transports, baisers délicieux !
Oui, l’Amour, je le jure, est le plus grand des dieux,
De l’Olympe et du monde il est le roi suprême;
Mais la jeune beauté qui m’enchante et qui m’aime,
Dont un baiser me donne ou me ravit le jour.
Est au-dessus des dieux et commande à l’Amour.

(Pierre-François Tissot)(Jean Second)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Minuit (Louis-Honoré Fréchette)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017



 

Minuit

La pâle nuit d’automne
De ténèbres couronne
Le front gris du manoir ;
Morne et silencieuse,
L’ombre s’assied, rêveuse,
Sous le vieux sapin noir.

Au firmament ses voiles
Sont parsemés d’étoiles
Dont le regard changeant,
Sur la nappe des ondes,
Répand en gerbes blondes
Ses paillettes d’argent.

Dans le ciel en silence
La lune se balance
Ainsi qu’un ballon d’or,
Et sa lumière pâle,
D’une teinte d’opale,
Baigne le flot qui dort.

Au bois rien ne roucoule
Que le ruisseau qui coule
En perles de saphir;
Et nul cygne sauvage
N’ouvre sur le rivage
Sa blanche aile au zéphir.

Une ondoyante voile,
Comme aux cieux une étoile,
Brille au loin sur les eaux,
Et la chouette grise
De son vol pesant frise
La pointe des roseaux.

La bécassine noire
Au col zébré de moire
Dort parmi les ajoncs
Qui fourmillent sans nombre
Sur le rivage sombre,
Au pied des noirs donjons.

Sous la roche pendante,
La grenouille stridente
Dit sa rauque chanson,
Et des algues couverte
Toute la troupe verte
Coasse à l’unisson.

Dans l’onde qui miroite,
L’ondine toute moite
Ecartant les roseaux,
Sèche sa blanche épaule
A l’ombre du vieux saule
Qui pleure au bord des eaux.

Rêveuse elle se mire
Et, coquette, s’admire
Dans le miroir mouvant,
Et de ses tresses blondes,
Sur le cristal des ondes,
Tombent des pleurs d’argent.

La Sylphide amoureuse,
La Péri vaporeuse,
Fée au col de satin,
Dans leur ronde légère,
Effleurent la fougère
D’un petit pied mutin.

Les farfadets, les gnomes,
Les nocturnes fantômes,
Traînant leurs linceuls gris,
Dansent, spectres difformes,
Autour des troncs énormes
Des vieux pins rabougris.

Le serpent rampe et glisse,
Et son écaille lisse
D’un rayon fauve luit ;
Les bêtes carnassières
Sortent de leurs tanières…
Dormons : il est minuit !

(Louis-Honoré Fréchette)

Illustration

 

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