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Posts Tagged ‘zéphyr’

Le papillon (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019



 

Le papillon

Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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La branche d’amandier (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2019


 


 

La branche d’amandier

De l’amandier tige fleurie,
Symbole, hélas! de la beauté,
Comme toi, la fleur de la vie
Fleurit et tombe avant l’été.

Qu’on la néglige ou qu’on la cueille,
De nos fronts, des mains de l’Amour,
Elle s’échappe feuille à feuille,
Comme nos plaisirs jour à jour!

Savourons ces courtes délices;
Disputons-les même au zéphyr,
Epuisons les riants calices
De ces parfums qui vont mourir.

Souvent la beauté fugitive
Ressemble à la fleur du matin,
Qui, du front glacé du convive,
Tombe avant l’heure du festin.

Un jour tombe, un autre se lève;
Le printemps va s’évanouir;
Chaque fleur que le vent enlève
Nous dit : Hâtez-vous de jouir.

Et, puisqu’il faut qu’elles périssent,
Qu’elles périssent sans retour!
Que ces roses ne se flétrissent
Que sous les lèvres de l’amour!

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Ce n’est pas vers l’azur (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



genévrier

 

Ce n’est pas vers l’azur …

Ce n’est pas vers l’azur que mon esprit s’envole :
Je pense à toi, plateau hanté des chevriers.
Aux pétales vermeils, à la blanche corolle,
Je préfère le deuil de tes genévriers.

Noir plateau, ce qui berce une audace rendue,
Ce n’est point le zéphyr sur les flots de la mer,
C’est la plainte du vent sur ta morne étendue
Où je voudrais songer prisonnier de l’hiver.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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PASTEL (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



Frits Thaulow neige champ [800x600]

PASTEL

Il fait froid
Dans le champ…
On voit encore
Des restes de neige,
De menues fleurs
Dans les fossés.
Tout au loin
Un soleil jaune
S’enfuit…
Zéphyr,
Azur,
Il fait froid
Dans le champ…

(George Bacovia)

Illustration: Frits Thaulow

 

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Zéphyr (Pierre Peuchmaurd)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2018




    
Zéphyr, zeffroi, zeffondrement.

(Pierre Peuchmaurd)

 

Recueil: L’immaculée déception
Traduction:
Editions: Atelier de l’agneau

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Refrains mélancoliques (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018



 

Alexander Akilov 859120_n

Refrains mélancoliques

A STÉPHANE MALLARMÉ

I

O l’ineffable horreur des étés somnolents
Où les lilas au long des jardins s’alanguissent
Et les zéphyrs, soupirs de sistres indolents,
Sur les fleurs de rubis et d’émeraude glissent !

Car les vieilles amours s’éveillent sous les fleurs,
Et les vieux souvenirs, sous le vent qui circule,
Soulèvent leurs soupirs, échos vagues des pleurs
De la mer qui murmure en le lent crépuscule.

II

O l’indicible effroi des somnolents hivers
Où les neiges aux cieux s’en vont comme des rêves
Et les houles roulant dans les brouillards amers
Ululent en mourant, le soir, au long des grèves.

Car les vieilles amours s’engouffrent sous leurs flots
Et les vieux souvenirs râlant sous la rafale
Dans la nuit qui s’emplit de sonores sanglots
Se laissent étrangler par la Mort triomphale.

III

J’ai demandé la mort aux étés somnolents
Où les lilas au long des jardins s’alanguissent
Et les zéphyrs, soupirs de sistres indolents,
Sur les fleurs de rubis et d’émeraude glissent.

Mais oh ! les revoici, les mêmes avenirs !
Les étés ont relui sur la terre ravie,
Et les vieilles amours et les vieux souvenirs
De nouveau, pleins d’horreur, sont venus à la vie.

IV

J’ai demandé la vie aux somnolents hivers
Où les neiges aux cieux s’en vont comme des rêves
Et les houles roulant dans les brouillards amers
Ululent en mourant, le soir, au long des grèves !

Mais j’ai vu revenir les mêmes avenirs.
Les hivers ont neigé sur le sein de la terre,
Et les vieilles amours et les vieux souvenirs
De nouveau, fous d’effroi, sont morts dans le mystère.

V

Toujours vivre et mourir, revivre et remourir.
N’est-il pas de Néant très pur qui nous délivre !
Mourir et vivre, ô Temps, remourir et revivre :
Jusqu’aux soleils éteints nous faudra-t-il souffrir !

(Stuart Merrill)

Illustration: Alexander Akilov

 

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MISTRAL (Thérèse Mercier)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018




MISTRAL

Je ne t’ai pas dit de venir
le vent

Pourquoi t’es-tu mis à gémir
le vent ?

Pourquoi réveiller mon désir
le vent ?

Pourquoi déchirer mon zéphyr
le vent ?

Qu’as-tu fait de mon souvenir
le vent ?

Pourquoi emporter mon amour
le vent ?

Et pourquoi détourner le cours
du temps ?

Qu’as-tu fait de mes jours
d’enfant ?

Pourquoi t’es-tu mis à courir
le vent ?

Pourquoi as-tu laissé vieillir
mes ans?

Pourquoi le vent, faire mourir
le temps ?

Je ne sais pas, a répondu
le vent

Je ne suis que du vent

(Thérèse Mercier)

Illustration

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D’une fontaine (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2018



 

D’une fontaine

Cette fontaine est froide, et son eau doux-coulante,
A la couleur d’argent, semble parler d’Amour ;
Un herbage mollet reverdit tout autour,
Et les aunes font ombre à la chaleur brûlante.

Le feuillage obéit à Zephyr qui l’évente,
Soupirant, amoureux, en ce plaisant séjour ;
Le soleil clair de flamme est au milieu du jour,
Et la terre se fend de l’ardeur violente.

Passant, par le travail du long chemin lassé,
Brûlé de la chaleur et de la soif pressé,
Arrête en cette place où ton bonheur te mène ;

L’agréable repos ton corps délassera,
L’ombrage et le vent frais ton ardeur chassera,
Et ta soif se perdra dans l’eau de la fontaine.

(Philippe Desportes)

 

 

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Le poète mourant (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2018



 

Le poète mourant

La coupe de mes jours s’est brisée encor pleine ;
Ma vie hors de mon sein s’enfuit à chaque haleine ;
Ni baisers ni soupirs ne peuvent l’arrêter ;
Et l’aile de la mort, sur l’airain qui me pleure,
En sons entrecoupés frappe ma dernière heure ;
Faut-il gémir ? faut-il chanter ?…

Chantons, puisque mes doigts sont encor sur la lyre ;
Chantons, puisque la mort, comme au cygne, m’inspire
Aux bords d’un autre monde un cri mélodieux.
C’est un présage heureux donné par mon génie,
Si notre âme n’est rien qu’amour et qu’harmonie,
Qu’un chant divin soit ses adieux !

La lyre en se brisant jette un son plus sublime ;
La lampe qui s’éteint tout à coup se ranime,
Et d’un éclat plus pur brille avant d’expirer ;
Le cygne voit le ciel à son heure dernière,
L’homme seul, reportant ses regards en arrière,
Compte ses jours pour les pleurer.

Qu’est-ce donc que des jours pour valoir qu’on les pleure ?
Un soleil, un soleil ; une heure, et puis une heure ;
Celle qui vient ressemble à celle qui s’enfuit ;
Ce qu’une nous apporte, une autre nous l’enlève :
Travail, repos, douleur, et quelquefois un rêve,
Voilà le jour, puis vient la nuit.

Ah ! qu’il pleure, celui dont les mains acharnées
S’attachant comme un lierre aux débris des années,
Voit avec l’avenir s’écrouler son espoir !
Pour moi, qui n’ai point pris racine sur la terre,
Je m’en vais sans effort, comme l’herbe légère
Qu’enlève le souffle du soir.

Le poète est semblable aux oiseaux de passage
Qui ne bâtissent point leurs nids sur le rivage,
Qui ne se posent point sur les rameaux des bois ;
Nonchalamment bercés sur le courant de l’onde,
Ils passent en chantant loin des bords ; et le monde
Ne connaît rien d’eux, que leur voix.

Jamais aucune main sur la corde sonore
Ne guida dans ses jeux ma main novice encore.
L’homme n’enseigne pas ce qu’inspire le ciel ;
Le ruisseau n’apprend pas à couler dans sa pente,
L’aigle à fendre les airs d’une aile indépendante,
L’abeille à composer son miel.

L’airain retentissant dans sa haute demeure,
Sous le marteau sacré tour à tour chante et pleure,
Pour célébrer l’hymen, la naissance ou la mort ;
J’étais comme ce bronze épuré par la flamme,
Et chaque passion, en frappant sur mon âme,
En tirait un sublime accord.

Telle durant la nuit la harpe éolienne,
Mêlant aux bruits des eaux sa plainte aérienne,
Résonne d’elle-même au souffle des zéphyrs.
Le voyageur s’arrête, étonné de l’entendre,
Il écoute, il admire et ne saurait comprendre
D’où partent ces divins soupirs.

Ma harpe fut souvent de larmes arrosée,
Mais les pleurs sont pour nous la céleste rosée ;
Sous un ciel toujours pur le coeur ne mûrit pas :
Dans la coupe écrasé le jus du pampre coule,
Et le baume flétri sous le pied qui le foule
Répand ses parfums sur nos pas.

[…]

(Alphonse de Lamartine)

Illustration: Alexandre Séon

 

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Les roses que j’aimais (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Les roses que j’aimais …

Les roses que j’aimais s’effeuillent chaque jour ;
Toute saison n’est pas aux blondes pousses neuves ;
Le zéphyr a soufflé trop longtemps ; c’est le tour
Du cruel aquilon qui condense les fleuves.

Vous faut-il, allégresse, enfler ainsi la voix,
Et ne savez-vous point que c’est grande folie,
Quand vous venez sans cause agacer sous mes doigts
Une corde vouée à la mélancolie ?

(Jean Moréas)

 

 

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