Arbrealettres

Poésie

Le tabouret (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



Le tabouret

On ne peut cacher plus longtemps cet amour
un petit quadrupède aux pattes de chêne
à la peau rugueuse et si fraîche
objet quotidien dénué d’yeux mais doté de visage
où les rides des rainures marquent un jugement mûr
petit âne gris le plus patient des ânes
il a perdu son pelage suite à de trop longs jeûnes
en le caressant le matin je ne sens sous la main
qu’une touffe de copeaux de bois

— tu sais mon chéri il y avait des charlatans pour dire
que la main ment l’oeil ment
au contact des formes qui ne sont que vide —

c’étaient des gens mauvais envieux des choses
ils voulaient prendre le monde à l’hameçon des réfutations

comment te dire ma gratitude mon admiration
tu réponds toujours à l’appel des yeux
par ta grande immobilité tu signifies
à la pauvre raison: nous sommes réels —
la fidélité des choses nous ouvre les yeux à la fin

(Zbigniew Herbert)

 

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