Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rêve’

Je m’alimente (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2018




    
Je m’alimente de musique et d’eau noire.
Je suis ton enfant calcinée par un rêve implacable.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CAGE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




LA CAGE

Dehors il y a du soleil.
Ce n’est qu’un soleil
mais les hommes le regardent
et après ils chantent.

Je ne sais rien du soleil.
Je sais la mélodie de l’ange
et le sermon brûlant
du dernier vent.
Je sais crier jusqu’à l’aube
lorsque la mort se pose nue
sur mon ombre.

Je pleure sous mon nom.
J’agite des mouchoirs dans la nuit
et des bateaux assoiffés de réalité
dansent avec moi.
Je camoufle des clous
pour bafouer mes rêves malades.

Dehors, il y a du soleil.
Je m’habille de cendres.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Rafal Olbinski

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il y a encore des rêves en retard (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Je pourrais être si heureuse cette nuit!
Il y a encore des rêves en retard.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Josephine Wall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , | 2 Comments »

Voyageuse au coeur d’oiseau noir (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




voyageuse au coeur d’oiseau noir
tienne est la solitude à l’heure de minuit
tiens les animaux savants qui peuplent ton rêve
dans l’attente des mots anciens
tien l’amour tien son bruit de vent brisé

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

CONTE D’HIVER (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




CONTE D’HIVER

La lumière du vent dans les pins :
ces signes de tristesse incandescente,
est-ce que je les comprends ?

Un pendu se balance dans l’arbre marqué de la croix lilas.

Jusqu’au moment où il a réussi à se glisser hors de mon rêve
et à entrer dans ma chambre, par la fenêtre,
avec la complicité du vent de minuit.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration; Vincent Desiderio

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La ténébreuse luminosité des rêves noyés (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




La ténébreuse luminosité des rêves noyés.
Eau douloureuse.

(Alejandra Pizarnik)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 1 Comment »

Au cirque, une nuit, je retrouvai un langage perdu (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




Au cirque, une nuit, je retrouvai un langage perdu
lorsque les cavaliers, torches en main,
faisaient une ronde féroce sur des coursiers noirs.
Ni dans mes rêves de bonheur
n’existera un choeur d’anges
capable de fournir, pour mon coeur,
quelque chose de comparable
aux sons chauds des sabots contre les sables.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Bartabas

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

APPROXIMATIONS (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




    
APPROXIMATIONS
Buenos Aires 1956-1958

enlaçant ton ombre dans un rêve
mes os se courbaient comme des fleurs

les bords de silence des choses
le tu qui parcourt la présence des choses

ces yeux
ne s’ouvrent que
pour évaluer l’absence

qui m’a perdue
dans le silence fantôme des mots

des pas dans le brouillard
du jardin de lilas
le coeur retourne
à sa lumière noire

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SONNET DU SEXE VOLANT (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



Illustration: John Singer Sargent
    
SONNET DU SEXE VOLANT

En moi couché tout dort, tout dort d’un parfait somme,
Et le sang et le muscle et la moelle et les os.
Seul demeure insoumis à l’ordre des yeux clos
L’incontrôlable nerf par lequel je suis homme.

Vers celle qui l’ignore ou qui tout bas le nomme,
Toujours de gorge en mont il s’en va sans repos.
Léger dans le maintien, libre dans le propos,
L’adultère il perpètre et l’inceste il consomme.

Par ses ballons porté, lourd ensemble et gaillard,
Chez la vierge ou l’épouse attiré par l’arôme,
A travers les rideaux il suit rêve et fantôme.

Et rien ne fermerait les ailes du paillard
Quand, parcourant des chairs l’illimité royaume,
Sur les corps il furète, indiscret oreillard.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je parle (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018



Illustration    
    
Je parle

Je parle
non je nage dans le sang
non je marche sur les toits
non je siffle dans la mer
non je joue de la raison
c’est la neige qui m’enroule
c’est la glace qui me griffe
des lueurs et des lumières
non je souffle sur mes manches
tant de craie qui nous salit
tant de bleu qui m’envahit
non je dors dans la prairie
non je branche des rêves
non je parle
devant des têtes qui s’alignent
devant du sable qui m’écoute
qui me file entre les doigts
des galets qui ont compris
des filets qui s’en balancent
devant la mer qui me regarde
oui je parle
je souffle du vent je siffle du chant
six étoiles qui sommeillent
j’ouvre ma cosse adieu les graines
c’est l’heure
rangez vos livres.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :