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Ah dis ah dis ah dis ah bonjour (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

Ah dis ah dis ah dis ah bonjour

Quel est, dans le bois, ce lumineux coquelicot?
C´est le soleil plus matinal que tes jolis yeux ma chérie.
Quel est, dans le ciel, cet écho, ce cocorico?
C´est la chanson d´un jeune coq qui chante sur la prairie.
Quelle est cette goutte sur la joue de cette fleur?
C´est la rosée qui met partout qui met des larmes de bonheur.
Quelle est cette ardeur qui vient avec le gai printemps?
C´est du désir. Réveille-toi. La nature a vingt ans.

Ouvre ton cœur à l´amour.
Ouvre ta fenêtre au jour.
Laisse entrer chez toi le gai soleil et dis,
Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour!
Cueille la fleur, la plus belle.
Chante une chanson nouvelle
Et va-t´en courir sur les chemins
Qui sont de la nature les lignes de la main.

Prends un bain dans la rivière.
Sèche-toi dans la clairière
Et n´assieds pas ton derrière
Sur les orties familières…
Dis-toi que le temps est court,
Qu´il faut penser à l´amour.
Ouvre ton cœur et ta fenêtre au jour
Et dis : Ah dis, ah dis, ah dis : Ah Bon-jour!

Quel est cet oiseau qui, gentiment, nous applaudit?
C´est l´hirondelle de mon cœur qui chante, chante jour et nuit.
Quel est ce château qui nous sourit à l´horizon?
C´est le mirage le plus beau ma chérie : c´est notre maison.
Qui est ce gros chien qui jappe au bas de l´escalier?
C´est le gardien, le gros Médor dont le visage est familier.
Quel est cet étang qui nous invite à canoter?
C´est le bon temps, l´avenir, c´est le printemps et l´été.

(Charles Trenet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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LE PRINTEMPS PRÉCOCE (Li Qingzhao)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



LE PRINTEMPS PRÉCOCE

Le vent doux et la lumière légère annoncent
un printemps précoce
Enroulé dans une robe doublée je me sens joyeux
A mon réveil une fraîcheur m’envahit
Je trouve à mes cheveux une fleur de prunier flétrie

Où se trouve mon pays natal ?
Je l’oublie seulement en état d’ivresse
J’allume l’encens avant de me coucher
Et son parfum est déjà disparu alors que
Je suis encore grisé

(Li Qingzhao)

 

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Le printemps est là, superbe! (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



Le printemps est là, superbe!

Il est là, le printemps, le superbe printemps!
De longs bateaux légers, le vieux Danube rêve.
Il est là, le printemps, le printemps plein de sève!
Entends…
Et vois le vent d’avril qui roule et qui soulève
Les senteurs de nos prés. Avec elles, joyeux,
Le vent joue au cerceau. Sens-tu son allégresse?
Dis-le! Sais-tu ce que je veux?
Il me faudrait une maîtresse
Sous le venteux éveil,
Une maîtresse au souffle frais, vermeil,
A la carnation de perce-neige.
« Etreins-moi, Belle Biche! Encore! » lui dirai-je.
Chaque enfant est un rire au savoureux solfège.
II est là, le printemps,
Le joyeux cri du ciel! Entends!
II est venu, dis-tu, plus tôt que de coutume?
L’hiver aurait-il existé?
Il n’a jamais été!
Avant de naître, il fut posthume!
Eclose ton grand cœur! Jaillissent les bourgeons
Issus de nos poumons!
Monte le vent d’avril plus léger que la plume!

(Attila Jozsef)


Illustration: François-Joseph Durand

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BEATITUDE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2017



BEATITUDE

Au printemps, le feuillage du lan retombe comme une chevelure.
En été, la lune glisse légèrement dans le ciel.
En automne, les fleurs du cannelier sont blanches.
En hiver, on récite des poésies autour de la lampe.

Je suis très satisfait de vivre.
Quelquefois, il me suffit de regarder une pierre ou d’écouter le vent.

Je ne suis pas amoureux, en ce moment.
Une fleur n’est pas plus parfumée
quand une jolie femme l’a cueillie.

(La Flûte de Jade)

 

 

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Hier au soir (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



Hier au soir

Hier, le vent du soir, dont le souffle caresse,
Nous apportait l’odeur des fleurs qui s’ouvrent tard;
La nuit tombait; l’oiseau dormait dans l’ombre épaisse.
Le printemps embaumait, moins que votre jeunesse;
Les astres rayonnaient, moins que votre regard.

Moi, je parlais tout bas. C’est l’heure solennelle
Où l’âme aime à chanter son hymne le plus doux.
Voyant la nuit si pure et vous voyant si belle,
J’ai dit aux astres d’or : Versez le ciel sur elle!
Et j’ai dit à vos yeux : Versez l’amour sur nous!

(Victor Hugo)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration: Le Titien

 

 

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Dans l’air vibre la corde (Natsume Sôseki)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



 

Dans l’air vibre la corde
Silence tendu silence rompu
Chute mate d’une fleur de camélia

Quatre murs nus
Seule une lampe
Pour adoucir la chambre glacée

Bruissement soyeux
Manches frôlées robes qui chuchotent
Pruniers en fleur

Le feu des prunelles
Dévore sa silhouette squelettique
Chat amoureux

Remplissez son cercueil
De tous les chrysanthèmes du monde
Autant que la terre en peut fleurir

Sur mes entrailles
Le bouillon de riz
Verse trois gouttes de printemps

(Natsume Sôseki)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration

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Jeune fille à la blessure d’hirondelle (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



Jeune fille à la blessure d’hirondelle
Le printemps enrobe ta chevelure
au vent

(Edmond Jabès)

Illustration Cali Reso

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Devant l’Amour (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



Devant l’Amour

Un jour qu’elle allait, la pauvrette !
Sans entendre l’oiseau chantant,
Sans voir fleurir la pâquerette
Un gars passait dans le Printemps ;
Et comme elle pouvait encore,
Malgré tout, plaire aux amoureux,
Lui mit un long baiser sonore
Sur les oreilles et les yeux.

Rien qu’un baiser ! Pas de prières !
Non plus d’herbes de la Saint Jean !
Et le gars à l’étreinte claire
Partit plus loin dans le Printemps ;
Mais, là-dessus, la pauvre fille
Disait : « Je suis guérie, je vois
Dans mon cœur un soleil qui brille
Et j’entends en mon cœur des voix… »

(Gaston Couté)

 Illustration: Franz Xaver Winterhalter

 

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Ce printemps dans ma cabane (Yamaguchi Sodo)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



Ce printemps dans ma cabane –
Absolument rien
Absolument tout !

(Yamaguchi Sodo)

Illustration

 

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LE BON SOUVENIR (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



LE BON SOUVENIR

Je n’oublierai jamais ton premier mot d’amour,
Quoi qu’il m’en ait coûté d’en avoir fait ma bible.
Aux regrets, aux remords, je saurai rester sourd.
Je ne penserai pas à ce qui fut terrible,
Mais à ce qui fut doux, n’aurait-ce été qu’un jour.

Je n’oublierai jamais ta caresse première.
Ni le mal enduré, ni le temps, ni l’oubli
N’en terniront la pure et lointaine lumière.
Au livre de mon sort j’ai fait un large pli
Pour y mettre le cœur de ma rose trémière.

Je n’oublierai jamais notre premier printemps,
Lorsque le ciel, le bois, le soleil qui se couche,
Tout me parut plus beau dans tes yeux éclatants,
Lorsque je buvais l’air au sortir de ta bouche.
Je n’oublierai jamais, quand je vivrais cent ans.

Les oiseaux se grisaient au suc d’or des corolles ;
Mille chansons dansaient avec mille couleurs.
Car, rien que pour avoir écouté nos paroles,
Les oiseaux étaient fous, folles étaient les fleurs.
Nos paroles, hélas ! étaient encor plus folles.

Nous étions à cette heure absurde qu’on bénit,
Où l’on croit que tout passe et que l’amour demeure.
Où l’on arrange son avenir comme un nid.
Pauvres, pauvres enfants, nous étions à cette heure
Où l’on commence avec ce mot : Rien ne finit.

Mais non ! je ne veux pas réveiller ma rancune,
O ma maîtresse, ô ma bien-aimée, ô ma sœur !
Des souffrances d’antan je n’en irrite aucune.
Je veux me rappeler seulement la douceur
De tes baisers pareils à des baisers de lune.

Je veux me rappeler aussi ton corps divin,
Ton corps que mes désirs avaient pris pour leur crèche.
Le parfum de ta peau plus capiteux qu’un vin.
Les effluves troublants de ta gorge si fraîche,
Et notre lit fougueux creusé comme un ravin.

Je veux me rappeler. Je veux souvent descendre
Au plus profond de mon souvenir adoré.
Et quand je serai vieux, laid, froid, tel qu’un Gassandre,
Au feu de mon avril je me réchaufferai,
Car je saurai toujours le trouver sous la cendre.

Quand l’hiver et la mort viendront dans ma maison,
Je me rappellerai notre saison première.
Je n’aurai qu’à souffler sur le dernier tison
Pour emplir ma pensée et mon cœur de lumière,
Et pour mourir en paix dans un clair horizon.

(Jean Richepin)

Illustration: Alain DENEFLE

 

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