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Posts Tagged ‘printemps’

Le premier amour (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Brenda Burke -

 

Le premier amour

Vous souvient-il de cette jeune amie,
Au regard tendre, au maintien sage et doux ?
À peine, hélas ! Au printemps de sa vie,
Son coeur sentit qu’il était fait pour vous.

Point de serment, point de vaine promesse :
Si jeune encore, on ne les connaît pas ;
Son âme pure aimait avec ivresse
Et se livrait sans honte et sans combats.

Elle a perdu son idole chérie :
Bonheur si doux a duré moins qu’un jour !
Elle n’est plus au printemps de sa vie,
Elle est encore à son premier amour.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Brenda Burke

 

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Sans visa (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



    

Sans visa
Venus au monde sans visa
aucune excuse
nous autres sommes toujours
suspects
Je hisse un mouchoir blanc
sur le belvédère
en tous sens
espérant
un visa vers l’amour
des germes
dans la foi verte
Il se pourrait même
qu’il y ait un printemps

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

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Du sud, puis du nord (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



 

épis

Du sud, puis du nord,
Tombe la pluie de printemps —
Luisants épis verts !

***

Spring rain from the south,
And then spring rain from the north, —
How the green corn glistens!

(Richard Wright)

Illustration

 

 

 

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LE NOUVEAU PRINTEMPS (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



Illustration: Philibert Léon Couturier

    

LE NOUVEAU PRINTEMPS

Les tantes veuves portent de pesantes armatures
de mort et de gourgouran. Du cou
jusqu’à l’inviolée pointe des brodequins, elles proclament
leur rupture avec le siècle. Et rien n’existe plus
hors de la nuit de leurs maris empreinte
en chacun de leurs gestes de superbe solitude.

Ainsi les voulons-nous pour toujours de nouveau
vierges, réintégrées dans la pureté originelle.
Malheur à qui murmure: les tantes sont des femmes
sujettes à la terrestre loi du désir,
et dans leurs nuits blanches elles luttent corps à corps avec les farfadets.

Une tante, pourtant, oublie les commandements
et se remarie. La foudre s’abat sur la famille.
Elle est toute jardin, elle est pur amandier
dans le joyeux abandon de son autre virginité.
La famille en a décidé: cette tante est morte.

(Carlos Drummond de Andrade)

 

Recueil: La machine du monde et autres poèmes
Traduction: Didier Lamaison et Claudia Poncioni
Editions: Gallimard

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Assoupie (Buson)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

assoupie
le flux du printemps
et sa chevelure défaite

(Buson)

Illustration: Arthur Hughes

 

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Le petit bout de rêve (Maurice Fanon)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    
Le petit bout de rêve

Ce n’est qu’un petit bout de bout de rêve
Petit bout de nez, de sein, de chemin
Le plus beau petit bout de fesse d’Ève
Petit bout de frange accroché à rien

Petit boute-en-train métropolitain
Mi prêt-à-porter mi chic parisien
Gauchissant du jean, basket en satin
C’est monsieur Claudel, c’est pas pour les chiens

Le collant qui danse bien plus qu’il ne tient
Chaud, dès le début du printemps, plus rien
Ventre de violon, gorge sans soutien
Miracle ! Miracle ! C’est que ça tient

Ce n’est qu’un petit bout de bousculance
Petit pas de deux dans le quotidien
Petit bout de cul posé sur deux jambes
Et qui n’en finit pas d’être aérien

Petit bouche-à-bouche au petit parfum
De petites lèvres aux dents de requin
De petits galops de cheval indien
Et de fleurs sauvages mais sans venin

Petit coup de foudre pour Jacques Bertin
Jacques de Bronckart, Jacques Brel et Jacques Machin
Petit coup de mauve au moindre chagrin
Miracle ! Le miracle c’est que ça tient

Ce n’est qu’un petit bout de bout de sexe
De mémoire d’homme nul n’avait vu
Petit bout de bout de petite sève
De petits jardins si bien suspendus

Petit porte-monnaie pour les copains
Petit porte-drapeau pour les Chiliens
Venus de la côte du Cotentin
Voir ce qui fait courir les Parisiens

Ne me demandez pas à quoi ça tient
L’amour d’une femme, je n’en sais rien
Petit bout de Dieu, croix sur le chemin
Miracle ! Le miracle c’est que ça tient (x3)

(Maurice Fanon)

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Le bonheur (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    

Le bonheur

Quand l’aurore aux accents
D’une flûte champêtre
Saute sur ma fenêtre
Annonçant le beau temps
Quand au sommet du jour
Le soleil, dans sa force
Fier et bombant le torse
Fait rouler son tambour
Ou quand le soir descend
En posant sur la ville
Ses douces mains tranquilles
Dans mon ravissement
Je pense à ce bonheur
Dont nous rêvons sans cesse
Mais la simple sagesse
Me dit avec douceur

Le bonheur est chose légère
Que toujours, notre cœur poursuit
Mais en vain, comme la chimère
On croit le saisir, il s’enfuit
Il n’est rien qu’une ombre fugace
Un instant, un rayon furtif
Un oiseau merveilleux qui passe
Ravissant mais jamais captif
Le bonheur est chose légère
Il est là comme un feu brûlant
Mais peut-on saisir la lumière
Le feu, l’éclair, l’ombre ou le vent

En ce siècle de peur
De misère et de guerre
Il est pourtant sur terre
De très simples bonheurs
Ils sont là sous la main
Faits de très humbles choses
Le parfum d’une rose
Un beau regard humain
C’est le souffle léger
De l’enfant qui sommeille
C’est l’amitié qui veille
Et le pain partagé
Et puis voici qu’un jour
Le bonheur qu’on envie
Entre dans notre vie
Sur l’aile de l’amour

Le bonheur, dans le grand silence
De la nuit, c’est sur le chemin
Le bruit clair de ton pas qui danse
Ta main que je tiens dans ma main
Le bonheur, c’est toi, source vive
De l’amour, dans son vert printemps
Quand la nuit, dans mes bras captive
J’entends ton doux gémissement
Le bonheur, c’est de croire encore
Amants, que nous verrons un jour
Resplendir l’éternelle aurore
Qui sait, d’un immortel amour…

(Jean Villard–Gilles)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

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Le petit café-tabac (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    

Le petit café-tabac

C’était un p’tit café tabac
Qu’avait eu des hauts et des bas
Marie la patronne était chouette
De grands yeux verts, de beaux ch’veux noirs
Ca s’passait près des abattoirs
De la Villette
Sur le zinc à l’heure d’l’apéro
Elle vous troublait de vrai Pernod
D’une main langoureuse et blanche
Son corps était si ravissant
Que tous les clients rêvaient d’s’en
Payer une tranche

Comme elle avait de la vertu
Elle nous disait : « Turlututu
Doucement les gars ! Bas les pattes ! »
Et nous pour pas rester en l’air
On s’en jetait vivement un der-
-rière la cravate
Y avait Eugène un grand costaud
Qu’avait des bras comme des marteaux
Qu’aurait p’têt’ pu, mais la finette
Pensait : »Si j’flanche les autres gars
Lâcheront tous mon café-tabac »
C’était pas bête

Au mur y avait l’portrait d’Jaurès
Qu’était l’épée de Damoclès
Sur les bourgeois et leurs délices
Ils l’ont tué mais Damoclès
A passé l’épée à Thorez
Le beau Maurice
C’était le temps des Partagas
Des Voltigeurs et des Niñas
Son café, j’en pleure quand j’y pense
Le vin, les croissants croustillants
Les propos légers, pétillants
C’était la France

Depuis lors, ça s’est bien gâté
Sont venus des reîtres bottés
Aux figures sans physionomie
C’était peut-être pire que le Blitz
D’avoir chez soi ces gueules de Fritz
Quelle cochonnerie
Alors au p’tit café-tabac
Plus de café ni de tabac,
Plus rien nulle part ni bidoche
Ni pain ni vin, l’horizon noir
Rien que la faim le désespoir
Rien que du Boche

Ces messieurs n’venaient pas beaucoup
Chez la Marie discuter l’coup
Ils ne s’y sentaient pas à l’aise
Eugène a dit : « Ces salopards
Faudrait s’en occuper dare-dare
A la française
Ils l’ont fait. C’était un sale truc
Ca a fini à Ravensbruck
Pas un n’a voulu s’mettre à table
Marie là-bas, elle a maigri
Ses ch’veux noirs sont dev’nus tout gris
Son teint de sable

Délivrée enfin des SS
Elle a r’trouvé son tiroir-caisse
Les gars ? Cinq disparus sans trace
Elle a fait recrépir les murs
Avec un p’tit filet d’azur
Autour des glaces
Eugène est rentré. Un coup d’vieux,
Lui aussi. Elle a dit : « Mon Dieu ! »
Puis il y eut un grand silence
Elle a fait un geste, il a ri :
« Ah non, maintenant c’est fini
La résistance »

Elle pleurait : « Mes cheveux sont gris ! »
Il a fait : « Bah, les miens aussi
Pour moi t’es belle ma p’tite Marie
Quand on s’aime, c’est toujours l’printemps
On les a conduits l’mois suivant
A la Mairie
A la noce il y eut du bonheur
Marie était belle comme une fleur
Tout fut exquis, le vin, la danse
L’amitié. Alors ce soir-là
J’ai r’trouvé au café-tabac
La douce France.

(Jean Villard–Gilles)

 

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J’te veux (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



 


Illustration
    
J’te veux

Quand on s’est connu dans la vie
C’était un jour d’ printemps
Elle était jolie, oh, jolie !
Une frimousse, un p’tit corps épatant
On s’est vu, on s’est plu tout d’ suite
Veux-tu monter chez moi ?
Et hop ! Dans le dodo bien vite
En chantant tous les deux à mi-voix

J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
De s’ vouloir comme ça !
Allons-y tant qu’y aura
De quoi faire marcher la p’tite musique
J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Ohé, les copains
Ah ! là, c’ qu’on est heureux
Car les nuits se suivent à la queue leu leu

Blottis près du ciel au septième,
Jouons le joli jeu
C’est si bon d’être deux quand on s’aime
C’est si bon d’ s’aimer quand on est deux
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire
De nos premiers émois
L’ plus grand plaisir qu’ tu puisses me faire
Tu l’ sais bien, mon gosse chéri, c’est toi

J’ te veux, tu m’ veux,
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Le plus beau cadeau
C’est toi dans le dodo
C’est l’amour et sa tendre musique
J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Ohé, les copains
Ah ! là, c’ qu’on est heureux
Car les nuits se suivent à la queue leu leu

La gloire, les honneurs, les richesses,
Tout ça n’ vaut pas l’amour
Les nuits de caresses et d’ivresse
Qui font oublier les mauvais jours
Par-dessus la ville affairée
Tout là-haut, sous les toits,
Joyeux contre vents et marées
Beaux amants, chantez à pleine voix

J’ te veux, tu m’ veux,
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Et puis, nous aurons
Des enfants qui feront
A leur tour marcher la p’tite musique
L’amour toujours
Chantera sa chanson frénétique
Tant que sur la Terre, au fond des lits moelleux,
Les nuits se suivront à la queue leu leu

(Jean Villard–Gilles)

 

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Que deviennent (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



 

Shoji Ueda 1

Les trains apportent tous les jours de Pologne
leur cargaison de froid sous la bâche de leur neige.
Sur les plumages des corbeaux stationne et sautille avec mon désespoir vague.

Les corbeaux.
La faim des corbeaux blesse l’unité de la neige.
Où dorment l’hiver les corbeaux ?

Et que deviennent — le printemps revenu —
les feuilles mortes des arbres ?

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Shoji Ueda

 

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