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Poésie

Posts Tagged ‘rumeur’

Accalmie VI (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Accalmie VI

O mer immense, mer aux rumeurs monotones,
Tu berças doucement mes rêves printaniers ;
O mer immense, mer perfide aux mariniers,
Sois clémente aux douleurs sages de mes automnes.

Vague qui viens avec des murmures câlins
Te coucher sur la dune où pousse l’herbe amère,
Berce, berce mon coeur comme un enfant sa mère,
Fais-le repu d’azur et d’effluves salins.

Loin des villes, je veux sur les falaises mornes
Secouer la torpeur de mes obsessions,
Et mes pensers, pareils aux calmes alcyons,
Monteront à travers l’immensité sans bornes.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Palimpseste (Pierre Coran)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022



Pierre Coran
    
Palimpseste

Au-delà des présages,
Des lignes d’horizon,
Des présents sans partage,
Des années sans saison,
Des nuits de turbulences,
Des rumeurs, des silences,
Des aversions, des haines
De la folie des vents,
Des joies, des peurs, des peines
Des tours et des tourments,
Le poète à la page,
En quête de Beauté,
Se pose en messager
Des mots et des images
Qu’il imprime, à dessein,
Sur papier-parchemin
Ou sur écran-écrin
Et ainsi prête voix
Aux ondes infinies
Qui commuent les détroits
En des chemins de vie.

(Pierre Coran)

 

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Le jour monte et grandit (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022



Le jour monte et grandit, retombe sur la ville
Nous avons traversé la nuit sans délivrance
J’entends les autobus et la rumeur subtile
Des échanges sociaux. J’accède à la présence.

Aujourd’hui aura lieu. La surface invisible
Délimitant dans l’air nos êtres de souffrance
Se forme et se durcit à une vitesse terrible;
Le corps, le corps pourtant, est une appartenance.

Nous avons traversé fatigues et désirs
Sans retrouver le goût des rêves de l’enfance
Il n’y a plus grand-chose au fond de nos sourires,
Nous sommes prisonniers de notre transparence.

(Michel Houellebecq)

Illustration

 

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Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux (Christian Bachelin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux
D’une alouette sonnant les matines du soir
Simplement d’une abeille cognant sur la vitre
Si déjà la rumeur ne réveille l’écho
D’une autre nostalgie plus vaste que l’oubli
Et nous qui sommes fous d’irréel de mystère
Pourquoi nous éblouir seulement d’une pomme
Toute ronde vêtue de clarté coutumière
Comme si par le charme ultime d’un regard
L’intemporel devait s’enraciner ici
A l’ombre d’un seul jour au ciel d’un seul pays.

(Christian Bachelin)

Illustration: http://epire.fr/galerie3.html

 

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Lenteur de la nuit la grande nuit (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2022




    
lenteur de la nuit la grande nuit
comme un feu bleu

la rumeur la voix des vivants et
les étoiles qui veillent sur nos
bruissements de coeur

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Quand il se renverse dans le ciel (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



Quand il se renverse dans le ciel
les bras pleins de rumeurs
noués au-dessus du rire des graminées,
ton beau visage tourné vers les puissances du rêve
les joues rougies par l’églantine du plaisir
brille sous la fraîcheur du matin.
Une mer respire derrière ton front
nue et tranquille dans l’eau des larmes
luisant de l’éclat poudreux d’un trésor
le ruissellement de lait de ta gorge
ce torrent invisible qui meurt sous ta peau
et le goût de l’infini humecte tes lèvres
glissant d’un mouvement léger
par les chemins du sang
gagne avec un bruit d’ailes
la nappe des oliviers
et j’entends s’enfoncer dans ta chair
derrière tes dents humides de soupirs
le collier de cailloux dans le cou des collines
le bruit de l’amour qui remonte vers ta bouche.

(Albert Ayguesparse)

Illustration: William Bouguereau

 

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Plonge dans l’air glacé (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



Plonge dans l’air glacé ses deux mains amoureuses
Ouvre sur la terre meurtrie ses yeux teintés de songes
Promène sur les eaux habitées de rumeurs
Un éventail de feu, une image danseuse

(Paul Nougé)

Illustration: Viviane-Josée Restieau

 

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QUE C’EST BEAU DE PENSER A TOI… (Nâzim Hikme)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022




    
QUE C’EST BEAU DE PENSER A TOI…

Que c’est beau de penser à toi
à travers les rumeurs de mort et de victoire, en prison,
alors que j’ai franchi la quarantaine.

Que c’est beau de penser à toi :
ta main, oubliée sur une étoffe bleue,
et dans tes cheveux,
la fière tendresse de ma terre d’Istanbul.
C’est comme un second être en moi
le bonheur de t’aimer.
Au bout de tes doigts demeure
le parfum de la feuille de géranium.
Une paix ensoleillée,
Et l’appel de la chair :
une obscurité dense,
chaude,
striée de rouge.

Que c’est beau de penser à toi,
d’écrire des choses sur toi,
de penser à toi, couché sur le dos en prison.
Un mot que tu as dit tel jour à tel endroit,
pas le mot lui-même,
mais le ton sur lequel il fut dit,
et l’univers qu’il contenait…

Que c’est beau de penser à toi.
Je vais encore te sculpter quelque chose en bois,
un coffret,
une bague,
te tisser trois mètres de soie très fine.
Et tout à coup,
me levant d’un bond,
me collant aux barreaux de ma fenêtre,
vers le bleu clair de la liberté,
je dois te crier de toute ma voix
ce que j’ai écrit pour toi.

Que c’est beau de penser à toi
à travers les rumeurs de mort et de victoire, en prison,
alors que j’ai franchi la quarantaine…

(Nâzim Hikme)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: Munevver Anday
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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Avion ce n’est pas toi (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2022



 

aviateur

Avion ce n’est pas toi c’est moi l’oiseau
Tes ailes ne battent pas ni dans ta cage
De métal un coeur vivant et chaud
C’est mon coeur décuplé qui fait tout ce tapage

Tu montes et c’est moi qui t’entraîne plus haut
Que ce pauvre plafond de nuages-fumées
Vers un but dont tu n’as pas la plus pâle idée
Où survoler de s’élever n’est que l’écho

Laisse ton moteur refroidir pour la descente
Mon coeur jamais si fort pour monter n’a battu
Je volerai de jour de nuit sans que je sente
Fléchir mes ailes ni ce grand coeur qui s’est tu

Dans l’espace où je suis le battement des ailes
N’a plus de sens ni le frémissement du coeur
Le ciel est vide plus un souffle une rumeur
Un monde enfant va naître et l’avenir s’épèle.

(Franz Hellens)

Illustration

 

 

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Physique (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 13 mars 2022



Illustration: Daniele Guido
    
Physique

Je cueille cette lumière solaire autour de moi,
Dans mon prisme je la disperse et la recompose
Rumeur de sept couleurs, silence blanc.

Comme des flèches tirées de leur arc,
Du violet au rouge nous parcourons
L’entier espace qui ouvert dans le soupir
S’arrête convulsé en un cri rauque.

Ensuite la rumeur entière se retransforme,
Les couleurs reviennent au prisme qu’elle définit,
A la lumière solaire de toi et au silence.

***

Física

Colho esta luz solar à minha volta,
No meu prisma a disperso e recomponho:
Rumor de sete cores, silêncio branco.

Como flechas disparadas do seu arco,
Do violeta ao vermelho percorremos
O inteiro espaço que aberto no suspiro
Se remata convulso em grito rouco.

Depois todo o rumor se reconverte,
Tornam as cores ao prisma que define,
A luz solar de ti e ao silêncio.

(José Saramago)

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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