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Poésie

Posts Tagged ‘rumeur’

Quelqu’un appelle (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



Les portes les pas quelqu’un appelle
on se demande ce qu’on fait là
seul entre deux instants égarés
dans ce temps qui ne reviendra plus
minuscule au creux de la main dort
une mer on aimerait l’entendre
s’en aller sur sa rumeur très loin
comme autrefois quand la vie était
éternelle et n’avait pas de nom

(Jacques Ancet)

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Tout travaille en secret (Patricia Castex Menier)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020



 

Felix Mas -   [1280x768]

Tout travaille en secret

Nos convoitises sont simples,
tournées vers un chemin de terre,
ou un ruban soudain plus sombre du ciel.
Tout travaille en secret.
La joie bientôt prête,
se reconnaît à cette rumeur de ruche
dans le coeur.

(Patricia Castex Menier)

Illustration: Felix Mas

 

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MURS (Aron Kushnirov)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020




    
MURS

Nous,
Solides et durs, nous les murs,
Condamnés à écouter et à nous taire,
Des milliers
Des milliers d’années nous restâmes soumis,
Écoutant, comprenant,
Étouffant en nous silencieusement
La rumeur des générations.
Mais plus jamais
Plus jamais nous ne serons muets,
Nous entendrons
L’escalade,
La griffade,
La tornade
Des pas pesants, des pas épais
Des pas d’acier.
Il vient un colosse, un puissant,
Et tout ce qui, hier encore,
Régnait,
Comme le roc
Ou le granit
À genoux tombe devant lui,
Tremblant de panique,
Nous donne une langue,
Nous colle et nous couvre
D’affiches à foison, de placards et de feuilles,
Avec elles
Comme avec des gueules énormes
Nous allons crier
En écoutant le tonnerre des pas.

(Aron Kushnirov)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tiens ! Ce baiser sur ton front! (Edgar Poe)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



 

Christian Schloe  382492675_b

Tiens ! Ce baiser sur ton front!
et, à l’heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l’avoue :
tu n’as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve;
et si l’espoir s’est enfui en une nuit ou en un jour
– dans une vision ou aucune, n’en est-il pour cela pas moins PASSÉ ?
Tout ce que nous voyons ou paraissons, n’est qu’un rêve dans un rêve.

Je reste en la rumeur d’un rivage par le flot tourmenté
et tiens dans la main des grains du sable d’or – bien peu !
Encore comme ils glissent à travers mes doigts à l’abîme,
pendant- que je pleure – pendant que pleure ! O Dieu !
Ne puis-je les serrer d’une étreinte plus sûre ? O Dieu !
Ne puis-je en sauver un de la vague impitoyable ?
TOUT ce que nous voyons ou paraissons, n’est-il qu’un rêve dans un rêve ?

(Edgar Poe)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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La brise fraîche (Onitsura)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2019



 

La brise fraîche
emplit le vide du ciel
de la rumeur du pin

(Onitsura)

Illustration: Hokusaï

 

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Milliers de hameaux (Yosa Buson)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2019



    

Illustration: Hiroshige Ando

(Yosa Buson)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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MON INQUIÉTUDE (Moshe-Leib Halpern)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



    

MON INQUIÉTUDE

J’ai l’inquiétude des loups, la quiétude des ours sages,
L’ennui écoute retentir en moi les cris d’un coeur sauvage,
Je ne suis point ce que je pense et ne suis pas tel que je veux,
Je suis l’enchanteur et je suis le sortilège de son jeu.

Je suis l’énigme qui se tue à résoudre enfin son mystère
Moi, plus agile que le vent qui se noue autour d’une pierre,
Je suis le soleil de l’été, l’hiver, le vent glacé du Nord
Et je suis le riche dandy que l’on voit gaspiller son or,

Hardi je suis le gars qui porte un peu de biais sa casquette
Et qui dévalise son temps en sifflotant un air de fête,
Je suis le violon mais aussi le tambourin, la contrebasse,
De ces trois vieux musiciens, orchestre vagabond qui passe,

Je suis la danse de l’enfant et sous la clarté de la lune
Je suis cet innocent qui rêve au pays bleu de la fortune.
Lorsqu’en passant je vois d’une maison détruite les décombres
Je suis le vide qui m’observe avec ses regards troués d’ombre.

Je suis la peur en ce moment qui m’épie peut-être au-dehors,
La fosse ouverte dans un champ à la mesure de mon corps,
Maintenant je suis la lueur qui brûle pour le souvenir
Et l’inutile image au mur suintant qui reste à jaunir,

Maintenant, le temps d’un éclair, je suis cette immense tristesse
Qui depuis un siècle me guette et qui me débusque sans cesse,
Et maintenant je suis la nuit, la lassitude est sa rançon,

Le pesant brouillard de la nuit, le soir et sa calme chanson,
L’étoile blanche que l’on voit très haut dans le ciel allumée
Et la rumeur sourde d’un arbre, un son de cloche, une fumée…

(Moshe-Leib Halpern)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE SOMMEIL (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



 

Ingrid Tusell  (29)

LE SOMMEIL

Penses-tu que ces fleurs, ces feuilles et ces fruits,
Et cet âpre laurier plus amer que la cendre,
Penses-tu que mes mains pour eux les aient cueillis?

Si j’ai mêlé tout bas à l’onde des fontaines
Les larmes que leur eau pleure encore aujourd’hui,
Crois-tu que j’ignorais combien elles sont vaines?

Si, debout, j’ai marché sur le sable changeant,
Était-ce pour marquer mon pas sur son arène,
Puisqu’il n’en reste rien quand a passé le vent?

Et pourtant j’ai voulu être un homme et me vivre
Et faire tour à tour ce que font les vivants;
J’ai noué la sandale à mon pied pour les suivre.

Amour, haine, colère, ivresse, j’ai voulu,
Par la flûte de buis comme au clairon de cuivre,
Entendre dans l’écho ce que je n’étais plus.

Si j’ai drapé mon corps de pourpres et de bures,
N’en savais-je pas moins que mon corps était nu
Et que ma chair n’était que sa cendre future?

Non, ce laurier sans joie et ces fruits sans désir,
Et la vaine rumeur dont toute vie est faite,
Non, tout cela, c’était pour pouvoir mieux dormir

L’ombre définitive et la nuit satisfaite!

(Henri De Régnier)

Illustration: Ingrid Tusell

 

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ÉLÉGIE (Henri De Régnier)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2019



 

Dorina Costras whispers_and_waves_mic_inset

ÉLÉGIE

Je ne vous parlerai que lorsqu’en l’eau profonde
Votre visage pur se sera reflété
Et lorsque la fraîcheur fugitive de l’onde
Vous aura dit le peu que dure la beauté.

Il faudra que vos mains pour en être odorantes,
Aient cueilli le bouquet des heures et, tout bas,
Qu’en ayant respiré les âmes différentes
Vous soupiriez encore et ne souriiez pas;

Il faudra que le bruit des divines abeilles
Qui volent dans l’air tiède et pèsent sur les fleurs
Ait longuement vibré au fond de vos oreilles
Son rustique murmure et sa chaude rumeur;

Je ne vous parlerai que quand l’odeur des roses
Fera frémir un peu votre bras sur le mien
Et lorsque la douceur qu’épand le soir des choses
Sera entrée en vous avec l’ombre qui vient;

Et vous ne saurez plus, tant l’heure sera tendre
Des baumes de la nuit et des senteurs du jour,
Si c’est le vent qui rôde ou la feuille qui tremble,
Ma voix ou votre voix ou la voix de l’Amour…

(Henri De Régnier)

Illustration: Dorina Costras

 

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