Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘écorce’

Fille sauvage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021





Fille sauvage

Sous l’écorce du matin
Sous les feuilles
Dans ta robe de coton
Transparente comme un ruisseau
Je te cherche
Pour voir le soleil briller dans tes yeux
Qui font chanter les couleurs
Tes hanches font danser l’horizon
Et la mer vient se réfugier dans tes bras

Le soleil se crucifie sur la colline
Et le déclin du jour frôle ton visage
Alors que la lumière chuchote
Reflétée par la vitre
Tes cheveux se baignent dans le miroir
Et tu presses tes lèvres
Sur celles de la nuit
Avant de les poser
Sur les miennes
Qui attendaient.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: André Patte

 

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Comme un lierre fou (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2021



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
Comme un lierre fou
je m’enroule
autour de tes branches
Ton écorce s’attendrit
et s’ouvre
Goutte à goutte
je reçois ta sève
Un moment
et je commence à bourgeonner

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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La forêt blonde (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



 

La forêt blonde

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes herbes sont des cils trempés de larmes claires
Et mes liserons blancs s’ouvrent comme des paupières.
Voici les bourraches bleues dont les yeux doux fleurissent
Pareils à des étoiles, à des désirs, à des sourires,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes lierres sont les lourds cheveux et mes viournes
Contournent leurs ourlets, ainsi que des oreilles.
Ô muguets, blanches dents ! églantines, narines !
Ô gentianes roses, plus roses que les lèvres !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes saules ont le profil des tombantes épaules,
Mes trembles sont des bras tremblants de convoitise,
Mes digitales sont les doigts frêles, et les oves
Des ongles sont moins fins que la fleur de mes mauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes sveltes peupliers ont des tailles flexibles,
Mes hêtres blancs et durs sont de fermes poitrines
Et mes larges platanes courbent comme des ventres
L’orgueilleux bouclier de leurs écorces fauves,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Boutons rouges, boutons sanglants des pâquerettes,
Vous êtes les fleurons purs et vierges des mamelles.
Anémones, nombrils ! Pommeroles, aréoles !
Mûres, grains de beauté ! Jacinthes, azur des veines !
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse,
Mes ormes ont la grâce des reins creux et des hanches,
Mes jeunes chênes, la forme et le charme des jambes,
Le pied nu de mes aunes se cambre dans les sources
Et j’ai des mousses blondes, des mystères, des ombres,
Je suis le corps tout plein d’amour d’une amoureuse.

(Remy de Gourmont)

 

 

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Aphrodite (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Aphrodite

L’été tout entier dans ses yeux
Née d’un coquillage
Elle rit dans le soleil
Et danse dans la lumière
Dans la joie du réveil
Ses doigts divaguent dans le ciel
Et déchirent une étoile attardée
Ses cheveux se mêlent à la toison des forêts
Quand elle les peigne
Dans le miroir où elle admire
L’écorce de sa chair tout le long de son tronc
Quand elle chante un cantique
Son regard émet une clarté
Qui éclabousse mes mains.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Sandro Botticelli

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UNE VIERGE (Ezra Pound)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021




UNE VIERGE

Non, non! Éloigne-toi de moi! Je l’ai laissée peu après.
Je ne souillerai pas mon fourreau avec une moindre clarté,
L’air qui m’entoure brille autrement désormais;
Ses épaules sont fines et pourtant elles m’ont dirigé
Et enveloppé comme dans une brume d’éther;
Comme dans un doux feuillage , ou une subtile blancheur.
Oh j’ai trouvé de la magie dans son contact
Pour m’envelopper à moitié de son enveloppe.
Non, non! Éloigne-toi de moi! J’ai encore son parfum
Doux comme le vent du printemps entre les bouleaux.
Vert comme les arbrisseaux d’avril,
Comme la blessure de l’hiver, dont elle étanche le sang,
Pareil à la teinte des arbres :
Blanche est leur écorce, blanche est ma Dame.

(Ezra Pound)

Illustration: Eliane Marque

 

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J’écris sur le ciel (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



J’écris
Sur le ciel
Avec une plume arrachée au vol de l’oiseau rapide
Sur le sable avec mon doigt
Sur tous les murs de la ville avec de la peinture
Sur la feuille vierge
Avec un crayon bien taillé
Sur l’écorce de l’arbre avec un couteau
Sur le tableau noir
Avec des craies de toutes les couleurs
J’écris ton prénom
Qui n’est pas toujours le même
Car à chaque fois
Le vent l’emporte
La vague le submerge
Les affiches le recouvrent
La gomme l’efface
La cognée l’abat
Le chiffon l’essuie.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Compagnon (Marcel Lapeyre)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2021




    
Compagnon

Entre le derme et l’écorce
les fibres de mon cœur
et celles de son aubier
les résonances d’un providentiel aparté

(Marcel Lapeyre)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Friches 131
Traduction:
Editions: Revue de poésie Friches

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Vous en rirez (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



Illustration: Christen Dalsgaard
    
Vous en rirez. Mais j’ai toujours trouvé touchants
Ces couples de pioupious qui s’en vont par les champs,
Côte à côte, épluchant l’écorce de baguettes
Qu’ils prirent aux bosquets des prochaines guinguettes.
Je vois le sous-préfet présidant le bureau,
Le paysan qui tire un mauvais numéro,
Les rubans au chapeau, le sac sur les épaules,
Et les adieux naïfs, le soir, auprès des saules,
À celle qui promet de ne pas oublier
En s’essuyant les yeux avec son tablier.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Pourquoi tarder? (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2020



Pourquoi tarder? Dans le pin l’écureuil
de sa queue en torche frappe l’écorce.
Le croissant de lune descend et sa corne
au soleil s’émousse. I1 fait jour.

Un souffle, et la fumée indolente tressaille,
elle se défend au point qui t’enclôt.
Rien ne finit, tout s’achève lorsque, foudre,
tu quittes le nuage.

***

Perché tardi? Nel pino lo scoiattolo
batte la coda a torcia sulla scorza.
La mezzaluna scende col suo picco
nel sole che la smorza. E giorno fatto.

A un soffio il pigro fumo trasalisce,
si difende nel punto che ti chiude.
Nulla finisce, o tutto, se tu fôlgore
lasci la nube.

(Eugenio Montale)

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LE POSEUR DE QUESTIONS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2020




    
LE POSEUR DE QUESTIONS

Très loin, dans le dedans de mon écorce chaude,
dans le noir embrouillé des veines et du sang,
le poseur de questions tourne en rond, tourne et rôde
il veut savoir pourquoi tous ces gens ces passants ?

Le mort que je serai s’étonne d’être en vie,
du chat sur ses genoux qui ronronne pour rien,
du grand ciel sans raison, du gros vent malappris
qui bouscule l’ormeau et se calme pour rien.

Un cheval roux pourquoi ? Pourquoi un sapin vert ?
Et pourquoi ce monsieur qui fait une addition,
qui compte : un soleil, deux chiens, trois piverts,
qui compte sur ses doigts pleins de suppositions ?

Il compte sur ses doigts, mais perd dans ses calculs
sa raison de compter, sa raison de rêver,
sa raison d’être là, tout pesant de scrupules,
et d’être homme vivant sans qu’on l’ait invité.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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