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L’espoir est une veilleuse fragile (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

L’espoir est une veilleuse fragile

Sur cette terre vouée au désastre
Nous tenons nous résistons
Nous nous arc-boutons
Contre vents et marées
Défiant le soleil des armes
Son éclat meurtrier.

Car il faut persister persister sans fin
Dans l’âpreté des jours
Comme si l’on ne devait jamais mourir…

Dans ce poème ce n’est pas moi qui vous parle
Dans ce poème ce n’est pas ma voix que vous entendez
Mais ce qui me traverse et me maintient :
L’ombre désespérée de la beauté
Cet espoir infini au cœur des hommes

Car dans nos mains qui tremblent
Cette petite lueur de l’espoir
Est une veilleuse fragile
Au cœur de la nuit carnassière…

(Bernard Mazo)

 

 

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QUATRE CANTOS (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



QUATRE CANTOS

Pourquoi verte, l’éternité ?
O douloureuse, ô ineffable
fougère encore repliée
Qui n’a senti en lui crier
les premières feuilles des arbres
ne sait rien de l’éternité.

Brune sous les javelles blondes
Pareille à la terre en été
C’est toujours le matin du monde
Quand nous saluons la beauté.

Qui me sépare de ma mort ?
un miroir où mon âme morte
a perdu le poids de son corps
Qui me sépare de ma vie ?
l’ombre à reculons qui m’épie
et me fascine en me fuyant
Qui me sépare de mon dieu ?
moi innombrable qui me prends
au piège de mes visages
Mais dans l’Ombre où je suis damné
l’Autre muet me dévisage.

Ce corps battu à mort
sur l’aire nue de l’âme
qu’espère-t-il ? le van
qui criblera ses astres.

(Pierre Emmanuel)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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O mon amour il n’est rien que nous aimons (Georges Schehadé)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



O mon amour il n’est rien que nous aimons
Qui ne fuie comme l’ombre
Comme ces terres lointaines où l’on perd son nom
Il n’est rien qui nous retienne
Comme cette pente de cyprès où sommeillent
Des enfants de fer bleus et morts

(Georges Schehadé)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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AU BRUIT DES FEUILLES (Roger Vitrac)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



AU BRUIT DES FEUILLES

Viens voir la nuit. Les princesses mortes revivent.
N’entends-tu pas crier les feuilles sous leurs traînes?
Et ces flambeaux d’or sur le chemin de la reine?
Ils sont portés par les pages bleus qui la suivent.

Tu ne te doutais pas qu’il fut ainsi ce parc,
Et tu faillis jeter au puits la clef rouillée.
Oh! regarde, voici passer les chevaliers
croisés de lune. Ils s’en vont mourir quelque part.

Mais rien ne meurt dans ces murs noirs. Une ombre passe,
La grille est entrebâillée. Elle entre : personne.
Des tombes sous les pas. Cette ombre prend la place
Et le rêve est le même.

Entends. Je le chantonne
Comme l’autre mais il est bien plus douloureux
Car j’ai le souvenir de ceux qui en moururent.
C’est pour cela qu’il faut du noir dans tes parures
Et que parmi les lys j’ai mis des cyprès bleus.

(Roger Vitrac)

Illustration: Ernest Biéler

 

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Ce monde noir où j’entre (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Ce monde noir où j’entre
Avec des yeux sans bandeaux,
Grands ouverts qui ne voient plus.

Le chemin d’ombre sous mes pas, le chemin d’eau
Caresse l’herbe disparue et des visages
Obscurs glissent autour de moi, s’évanouissent
Sans remous dans la nuit liquide.

Si doucement vous bougez dans mon ventre
Enfants de ma jeunesse
Que vos gestes en moi laissent un toucher d’ailes.

Des branches dans le brouillard se rejoignaient,
J’ai passé devant l’île et j’entendis les armes,
Qui m’appelait de la rive ? qui se plaignait ?
J’ai gardé dans mes mains les traces de vos larmes.
Je respire une odeur de forêts englouties,

O Terre épaisse, aveugle et sous-marine !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Gao Xingjian

 

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Tu bougeais mon enfant secret (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Tu bougeais mon enfant secret.
Te retournais-tu au fond de moi ?
Ta main naissante m’effleurait.
Muette dans l’ombre j’épiais ton souffle à venir.

Jamais je n’oublierai ta caresse si légère,
au plus obscur du sang, au plus nocturne de l’amour.
Tu te rendormais je ne savais plus si j’étais vivante.

Mais tout à coup le plumage enfoui frissonnait de nouveau,
et la noirceur autour de moi était d’une telle transparence
que j’aurais pu voler.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration 

 

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BRÈCHE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Gustave Doré Lac en Ecosse après l'orage

BRÈCHE

La montagne beige
S’effeuillait en lames

La porte s’ouvrit
Entre les colonnes

J’attendais l’Esprit
Renaissant de l’ombre

Un dieu de la pierre
Sous des formes d’homme

L’escorte des morts
Arrachés au roc

Mon regard fouillait
Dans l’épaisseur noire

L’ouverture inerte
Béait au vent du soir.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Gustave Doré

 

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LE MATIN (Théophile De Viau)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



LE MATIN

La Lune fuit devant nos yeux ;
La nuit a retiré ses voiles ;
Peu à peu le front des étoiles
S’unit à la couleur des Cieux

Le pré paraît en ses couleurs,
La bergère aux champs revenue
Mouillant sa jambe toute nue
Foule les herbes et les fleurs

Une confuse violence
Trouble le calme de la nuit,
Et la lumière, avec le bruit,
Dissipent l’ombre et le silence …

(Théophile De Viau)

 

 

 

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Oh! si je trouvais Dieu … (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



Oh ! si je trouvais Dieu ! Si je pouvais, à force
D’user ma griffe obscure à saisir cette écorce,
Déchirer l’ombre ! Voir ce front, et le voir nu !
Oter enfin la nuit du visage inconnu!
Mais rien. Le ciel est faux, l’astre ment, l’aube est traître !
Je n’ai qu’un seul effort, je me cramponne à l’être,
Je me cramponne à Dieu dans l’ombre sans parois ….
Si Dieu n’existait pas ! — Oh ! par moments je crois
Voir pleurer la paupière horrible de l’abîme. —
Si Dieu n’existait pas ? Si rien n’avait de cime ?
Si les gouffres n’avaient qu’une ombre au milieu d’eux ?
Oh ! serais-je tout seul dans l’infini hideux ?

(Victor Hugo)

 

 

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MÉTAMORPHOSE (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



MÉTAMORPHOSE

Cette pierre sur la nue,
Dans cet air où tremble et ruse
Une clarté d’outre-mer,
Où se donne et se refuse
Entre l’ombre et la lumière
Un monde errant dans un rêve,
Cette ligne de montagnes
N’est plus au loin qu’une grève,
Une plage au bord du ciel.
En océan de vapeur
Se fond un songe de roche,
Arabesque reposée
De lignes que rien n’achève !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: René Magritte

 

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