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Poésie

Posts Tagged ‘ombre’

Retouche à l’aube (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017



Illustration: Caspar David Friedrich
    
retouche à l’aube

un chien flaire le bas du ciel
et lève l’ombre oubliée sous un arbre
la lumière enfant renoue sa sandale
les morts ont encore vieilli

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche à l’absence (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche à l’absence

l’escalier ressemble aux vieux qui se redressent
pour accueillir la lumière adolescente
la fenêtre a tout vu mais l’efface
la porte oublie son bruit de lèvres
celui qui parle seul jette du sel sur sa plaie
l’ombre s’enferme à double tour

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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Retouche aux Indes Galantes (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2017




    
retouche aux Indes Galantes

Une lavandière sous les arbres
étend de grands linges blancs
où l’ombre des branches dessine un labyrinthe.
L’amour y tourne, berné par l’appel d’un coucou.

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: Retouches
Editions: Gallimard

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RETOUCHE A L’AMOUR (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2017



 

Dan Thompson 46

RETOUCHE A L’AMOUR

Cette lampe que l’on déplace
pour trouver une ombre nouvelle.

(Daniel Boulanger)

Illustration: Dan Thompson

 

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PATERNITÉ VÉGÉTALE (Jean-Paul Klee)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2017




PATERNITÉ VÉGÉTALE

J’aurais passé le dernier été de ma jeunesse
à soigner un tilleul de hollande
et un rossignol du japon
malades à compter leurs feuilles leurs secondes
l’un n’était-il pas ma beige lenteur
l’autre ma muse fleurie nourrie d’éphémères
mais tous les deux ont crevé !
Pour ma console j’élève depuis ce temps-là
en chemise à carreaux dingo chapeau pompadour
des noyers miraculés
des bébés magnolias gâtés d’or.
Et souvent triste à mourir à vingt ans déjà
je me retournerai devant la porte étroite de la vieillesse
sans femme-les-enfants-d’abord
la verge vierge la feuille de vigne sans fruits !
avec seulement des souvenirs d’ombres d’arbres à tous les doigts de la main
et la poterie de ma tête fêlée par la force d’un lierre intérieur
orange et violâtre
Mais que de fois j’aurais recueilli la bruine du lyrisme des choses
et joui de nuits roses

O mourir au sein de la pelouse de trèfles en fleurs blanches
pleines d’abeilles blondes
comme devant le blason de mon oncle
à genoux devant l’orme pleureur d’or de toute poésie
le coeur cuit de soleil bleu
l’air parfumé de musique ancienne.

(Jean-Paul Klee)

Illustration

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Libération (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



Illustration: F.A. Moore
    
Libération

Le soleil dans les pommiers roses
Comme une harpe a tendu ses rayons,
Et voici que passe et se pose
Parmi les fils d’or l’essaim des guêpes en tourbillons.

L’herbe se tait sentimentale
Où point la véronique imperceptiblement,
Où l’ombre changeante s’étale
Se froisse et s’envole en de translucides déploiements

Mais c’est la nuit surtout, quand au pignon des fermes
Dorment les fleurs d’abricôtiers
Et qu’étoilant la terre où palpitent des germes
S’ouvrent les boutons des fraisiers;

C’est la nuit quand l’eau sombre au bord des prés gargouille
Et que, monotone biniou,
S’élève indéfini le chant faux des grenouilles
Succédant au cri des coucous;

C’est la nuit quand survient dans sa verte tunique
La lune avec ses cheveux froids
Et que jase à mi-voix presque somnambulique
Le rossignol au fond des bois,

C’est la nuit qu’il est doux d’être un cœur qui délaisse
Sa chair comme un étroit tombeau,
Et fondu, mort d’amour, coule dans la caresse
Du vent aux blancheurs des sureaux.

(Marie Dauguet)

 

 

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En avril (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017




    
En avril

En avril sous les bourgeons roux,
Voici le bouvreuil aux cris doux,
Voici le merle et la mésange,
Que nul vent glacé ne dérange,
Pépiant au soleil nouveau,
Pendant que d’argent clair se frange
La berge noire des ruisseaux.

Voici le vert cendré des pousses;
Étalant de bleuâtres housses,
La mousse où fleurissent dorés,
Caressés du ciel azuré
Les coucous, où les anémones
Ouvrent leurs pétales nacrés
À l’abri vaporeux des aulnes.

Voici la flûte verte et glauque
Des grives et la plainte rauque
Des crapauds en amour montant,
Des vases molles de l’étang
Et qui, bourdonnante, dévide
Son rythme par les joncs humides
Que chauffe un soleil éclatant.

Voici les trembleuses fougères
Déroulant leurs crosses légères
Et les longs iris flexueux
Qu’agite le vol anguleux
Et fantasque des demoiselles
Effleurant leurs calices bleus
Du bout transparent de leurs ailes.

Ah! Viens, mon amour, je le veux,
Viens, dans la nuit des chemins creux
Parmi les fleurs en avalanches,
Mon coeur est un nid sous les branches;
Viens, comme un doux oiseau lassé,
Dans le nid tiède reposer
A l’ombre des épines blanches.

(Marie Dauguet)

 

 

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Le café (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



Le café c’est un nuage à l’ombre plein de voix
Où le passant se glisse entre l’odeur et le froid
Contre la glace éteinte les têtes se retournent
La nuit suit son chemin
Mais quelqu’un s’en détache et entre
Toutes les têtes se retournent pour deviner le nom
approximatif de ce nouveau visage

(Pierre Reverdy)

Illustration: Paul Gauguin

 

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Quand je mourrai! (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017




    
Quand je mourrai!

Je voudrais pour linceul, non la toile aux plis raides,
Non point le lin blanchi parmi l’herbe des prés,
Mais un tissu plus doux aux doigts que du sang tiède,
Un lambeau d’un couchant pourpré.

Je voudrais me mêler à l’océan des seigles
Qui réfléchit le ciel en son déferlement;
Aux palpitations des sainfoins qu’un vent frêle,
En juin, berce languissamment;

Devenir l’or des blés fauchés qu’on enjavèle,
Le chaume ensoleillé où des moissonneurs las
Dressent les lourds gerbiers dont la cime étincelle
Et qu’entoure une ombre lilas.

Je voudrais, quand la lune en manteau d’améthyste
Vers le gouffre des puits se penche, m’écouler
Et sangloter unie aux plaintes de l’eau triste,
S’égouttant des joints descellés.

Je voudrais que mon âme errante s’évapore
Comme un parfum flottant de lavande et de buis,
Confondue au sourire éclatant de l’aurore,
Aux larmes que verse la nuit.

(Marie Dauguet)

 

 

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Bien que déjà ce soir (Émile Verhaeren)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Albert Ritzberger
    
Bien que déjà ce soir

Bien que déjà, ce soir
L’automne
Laisse aux sentes et aux orées,
Comme des mains dorées,
Lentes, les feuilles choir,
Bien que déjà l’automne,
Ce soir, avec ses bras de vent,
Moissonne,
Sur les rosiers fervents
Les pétales et leur pâleur,
Ne laissons rien de nos deux âmes
Tomber soudain avec ces fleurs.

Mais tous les deux, autour des flammes
De l’âtre en or de souvenir,
Mais tous les deux, blottissons-nous,
Les mains au feu et les genoux.

Contre les deuils cachés dans l’avenir,
Contre le temps qui fixe à toute ardeur sa fin,
Contre notre terreur, contre nous-mêmes enfin,
Blottissons-nous, près du foyer,
Que la mémoire en nous fait flamboyer.

Et si l’automne obère
A grands pans d’ombre et d’orages planants,
Les bois, les pelouses et les étangs,
Que sa douleur du moins n’altère
L’intérieur jardin tranquillisé,
Où s’unissent, dans la lumière,
Les pas égaux de nos pensées

(Émile Verhaeren)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

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