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Poésie

Posts Tagged ‘ombre’

Coin d’Ombre (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2017



Coin d’Ombre

Le coin d’ombre et d’humidité dans le potager.
Du mur de pierre dégoutte le filet d’eau,
doucement, sur le vert moussu, éternellement.
Une goutte et une autre goutte, dans le silence
où seules les fourmis travaillent
et dort un chat et dort l’avenir des choses
qui me prendront au dépourvu et me feront mal.
Grandissent, rampantes, les plantes sans prétention
à l’utilité ou à la beauté.
Tout est simple. Anonyme.
Le soleil est un or bref. La paix existe
dans la boîte de conserve abandonnée
et dans le monde.

(Carlos Drummond de Andrade)


Illustration

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Douce brise (barcarolle) (Levon Chanth)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017



Douce brise (barcarolle)

Voici levée la lune d’argent
A travers l’ombre des nuages noirs
Et voici la barque parée
Glissant hors des rochers

Douce brise, souffle légèrement
Et apporte vers moi des myriades de fortes vagues

Dans la barque ma belle
Allongée sous la lune insouciante
Accompagne sa guitare
D’une voix claire et puissante

Douce brise, souffle légèrement
Et apporte vers moi sa tendre chanson

De sa voix, elle chante l’amour et la caresse
Toute émotion et frisson
Et maintenant jeune fille, chant et musique
Tourne vers moi tes yeux de braise

Douce brise, souffle légèrement
Et apporte vers moi le chant et la jeune fille.

(Levon Chanth)

Découvert ici Poèmes arméniens

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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INTERMÈDE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017


 

INTERMÈDE

L’amour, oublions-le pour l’instant, mon amour ;
soyons tout à l’écoute de ce cri
dans la nuit, tout à la terreur incroyable
de ce hurlement.
Les chiens
ont été lâchés comme hier, comme toujours,
et un coup de feu émiette les ombres.

L’amour, oublions-le cette nuit, mon amour.

Le mur, à nouveau, est rouge de sang.

(Elvio Romero)

Illustration

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Elle a cet âge (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Elle a cet âge où l’on court devant soi, très droit,
très vite, en agitant les bras. elle se livre sans réserve
à chaque pas, à chaque pas elle retrouve l’équilibre.

Plus tard elle ira en forêt comme sous les étoiles,
mais sera-t-elle aussi farouche. émerveillée,
qu’à la lisière entre les dalles de ciment et la prairie
où elle s’arrête, où elle s’incline ? elle découvre l’herbe.

Nous qui n’étions que l’ombre derrière elle,
elle nous apparaît ruisselante de souffles
quand elle se retourne, et nous l’embrassons sur les joues.

(Pierre Dhainaut)

 

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Comme en forêt (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Comme en forêt le long des routes, nous allons
d’arbre en arbre, nous avons l’âge des rameaux
où se plaisent les fruits, le givre,
qui ne s’alarment pas de ce qu’ils durent,
l’humus et l’air, ensemble ils les célèbrent,
à l’ombre, l’accueil nous enracine

(Pierre Dhainaut)

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Les bords du fleuve (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Les bords du fleuve

Il y a au bord du fleuve
Une fille à robe rouge
Attendant la nuit pour vivre,

Tellement sauvage et belle
Qu’un soleil éblouissant
Marche au milieu de ses rêves,

Il n’a de ciel que ses yeux
Derrière une ombre d’orage
Couvrant l’azur interdit.

Une fille au bord du fleuve
En chemin vers une image
Que le jour ne peut montrer.

Les lampes, l’une après l’autre,
Les lampes prennent sa robe
Et la déchirent sur l’eau,

Mais jamais jusqu’à la chair,
Mais jamais jusqu’au soleil
Barré de chaudes ténèbres.

Partout montent, se confondent,
Des arches de nuit profonde,
Elle est nue, elle est cachée.

(Henri Thomas)

Illustration

Poète-Poème découverts chez Lara ici

 

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L’espoir est une veilleuse fragile (Bernard Mazo)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




    
L’espoir est une veilleuse fragile

Sur cette terre vouée au désastre
Nous tenons nous résistons
Nous nous arc-boutons
Contre vents et marées
Défiant le soleil des armes
Son éclat meurtrier.

Car il faut persister persister sans fin
Dans l’âpreté des jours
Comme si l’on ne devait jamais mourir…

Dans ce poème ce n’est pas moi qui vous parle
Dans ce poème ce n’est pas ma voix que vous entendez
Mais ce qui me traverse et me maintient :
L’ombre désespérée de la béante
Cet espoir infini au coeur des hommes

Car dans nos mains qui tremblent
Cette petite lueur de l’espoir
Est une veilleuse fragile
Au coeur de la nuit carnassière…

(Bernard Mazo)

 

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Ô Fontaine Bellerie (Guillaume de Lorris)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Helena Nelson-Reed
    
Ô Fontaine Bellerie

Ô Fontaine Bellerie,
Belle fontaine chérie
De nos Nymphes, quand ton eau
Les cache au creux de ta source,
Fuyantes le Satyreau,
Qui les pourchasse à la course
Jusqu’au bord de ton ruisseau,

Tu es la Nymphe éternelle
De ma terre paternelle :
Pource en ce pré verdelet
Vois ton Poète qui t’orne
D’un petit chevreau de lait,
A qui l’une et l’autre corne
Sortent du front nouvelet.

L’Été je dors ou repose
Sur ton herbe, où je compose,
Caché sous tes saules verts,
Je ne sais quoi, qui ta gloire
Enverra par l’univers,
Commandant à la Mémoire
Que tu vives par mes vers.

L’ardeur de la Canicule
Ton vert rivage ne brûle,
Tellement qu’en toutes parts
Ton ombre est épaisse et drue
Aux pasteurs venant des parcs,
Aux boeufs las de la charrue,
Et au bestial épars.

Io ! tu seras sans cesse
Des fontaines la princesse,
Moi célébrant le conduit
Du rocher percé, qui darde
Avec un enroué bruit
L’eau de ta source jasarde
Qui trépillante se suit.

(Guillaume de Lorris)

 

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Entre qui veut (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017




    
Entre qui veut

Entre qui veut dans mon royaume d’ombre.
Tout voyageur apporte sa clarté.
Dans cette nuit, toute bouche est oreille.

L’arbre d’écume apporte des paroles
qui sont oiseaux en quête de leur nid,
des bruissements devenus nourriture.

Les mains du jour apportent leurs offrandes
aux astres nus qui se baignent en nous
et l’océan nous lave de ses larmes.

L’ange dessine un paysage d’âme
où l’invisible invite le rêveur
à célébrer le silence des signes.

La fille d’or à moi liée, image
d’unique accès à la béatitude,
est-elle étoile ou soleil dans la mer ?

Je me combats, toujours je me combats.
Vous qui restez loin du champ de bataille,
je vous délivre et de l’autre et de moi.

Si vous entrez sur ma terre promise,
nous unirons nos bouches, nos silences.
Dans mon pays, tout est double lumière.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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L’île d’Ulysse (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017



Illustration: Firmin Girard
    

L’île d’Ulysse

L’île d’Ulysse était-elle mon île ?
La retrouvant, je ne la reconnus,
terre étrangère où je n’étais moi-même
qu’en reniant le voyage et le Temps.

Ne vivait là qu’une troupe d’aveugles.
Je connaissais ma propre cécité,
je ne voyais que d’anciennes lumières.

Oh ! repartir, retrouver l’onde et l’âme,
le flot changeant, les dangers qui nous sauvent
et cette étrave où la mer se déchire.

C’était hier. J’oubliais les écueils,
celui de vivre et celui de mourir,
maître d’exil et roi de mon errance.

J’entends au loin le chant vert des sirènes.
J’ai tant rêvé d’être bu par ces bouches,
jamais le sort n’aura si beau visage.

Contre l’appel de l’énigme, des liens !
Ce corps tendu, ce cri dans mes cavernes,
l’étouffement de l’être dans mon être.

Tu le savais : jamais plus l’aventure.
Que devenir sur cette terre morne ?
Nul monument ne voit tourner son ombre.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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