Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’envoler’

Oh que quelqu’un nous parle ! (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



Illustration: Laurent S
    
Oh que quelqu’un nous parle ! Oh ! que quelqu’un nous dise
Que nous ne sommes point à jamais dans la bise
Et dans l’âpre ouragan, et dans l’obscurité !
Qu’un jour nous sortirons de ce vent irrité
Qu’on verra, cieux profonds, subitement éclore
Un éblouissement d’aube et de météore,
Et qu’alors frissonnants, comme un essaim qui fuit,
Nous nous envolerons des branches de la nuit !

(Victor Hugo)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Océan (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



    

Océan

Les hommes passeront, la poussière éperdue
Passera, les oiseaux fuiront dans l’étendue,
Les chevaux passeront, les vagues passeront,
Les nuages fuiront et s’évanouiront,
Les chars s’envoleront dans la rumeur des routes
Mais les obscurités, les questions, les doutes,
Resteront, sans qu’on voie un peu de jour qui point
Mais les ombres sont là qui ne passeront point
Mais on aura toujours, quoi qu’on rêve et qu’on fasse,
Devant soi, le prodige et la nuit face à face
Mais on ne verra rien, jamais, jamais, jamais,
Pas même une blancheur sur de vagues sommets,
Pas même un mouvement de souffles et de bouches,
Dans l’immobilité des ténèbres farouches.

(Victor Hugo)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La linotte (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2020




    
La linotte

Qu’est-ce que j’ai encore oublié
se dit se dit la linotte
j’ai mis j’ai mis ma culotte
j’ai mis j’ai mis mes souliers

Qu’est-ce que j’ai encore oublié
d’embrasser la tante Charlotte?
de faire cuire mes échalotes?
de repasser mon tablier?

La linotte s’envole au vent
les moineaux se tordent de rire
«ah, c’est trop drôle!»
« ah, j’expire!»

Ils s’en roulent dans la poussière
car en partant elle a oublié
quoi…?
sa tête de linotte* !

*Et moi j’ai oublié une rime.

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Les animaux de tout le monde
Traduction:
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

On parlait de Noël (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



 

crèche  58

On parlait de Noël, de Marie
qui s’envole
mais les enfants songeaient : on ne voit pas Jésus.

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | 1 Comment »

LE REFUS (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2019



 

Xue Jiye (6)

LE REFUS

Retire-toi. Tel quel. Ferme tes lèvres.
Extrais le chant du fond de tes racines.
De la durée enivre la parole
Et si l’oiseau s’envole, retiens-le.

Je suis silence où se gâche le plâtre.
Un vieux concile est entré dans mes os.
Sois mon ivoire et la première pierre
D’un édifice effrayant les années.

Sois le gardien de la troupe verbale.
Rassemble-toi. Chaque Babel contemple
Un long babil, en marque l’agonie.
Tue la raison et tue la déraison.

Non pas l’écrin : le cristal recélant
La goutte d’eau pour les soifs d’avenir.
Le grain de blé germera dans l’histoire
Pour un seul mot par tes mots retenu.

(Robert Sabatier)

Illustration: Xue Jiye

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RONDE DES DÉPARTS (Franc-Nohain)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2019



    

RONDE DES DÉPARTS

– Pour montrer que nous sommes tristes,
Il convient d’agiter nos mouchoirs de batiste.

Choeur des sceptiques
Et si vous n’avez pas de mouchoirs ?

– Nous quitterons nos redingotes
Offrant au vent leurs pans qui se gonflent et flottent.

Le choeur
Et si vous n’avez pas de redingote ?

– Que notre gilet de flanelle
S’envole vers l’absent comme de blanches ailes.

Le choeur
Et si vous n’avez pas de flanelle ?

– Mais notre pantalon nous reste
Pour faire au train qui part nos signaux de détresse.

Le choeur
Et si vous n’avez pas de pantalon ?

– (C’est absolument invraisemblable.)

(Franc-Nohain)

 

Recueil: Le rire en poésie
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le papillon s’envole (Natsume Soseki)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2019



    

Illustration: Léonard Tsuguharu Foujita 

(Natsume Soseki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

AVRIL (Reid Zychlinski)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019




    
AVRIL

Avril
La jeune verdure
Ne sait pas encore
Ce qu’elle désire
Comment fleurir
Rouge
Blanche
S’envoler peut-être?
Elle s’éprend, la nuit,
De chaque étoile
Et le matin
La trouve roide,
Gelée.
Avril.

(Reid Zychlinski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Après ce déluge (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: Pablo Picasso
    
Après ce déluge

Après ce déluge
j’aimerais voir la colombe
et rien que la colombe
encore une fois sauvée

Je sombrerais sans doute dans cette mer !
si elle ne s’envolait
si elle n’apportait pas
à la dernière heure la feuille.

***

Nach dieser Sintflut

Nach dieser Sintflut
möchte ich die Taube,
und nichts als die Taube,
noch einmal gerettet sehn.

Ich ginge ja unter in diesem Meer!
sie nicht aus,
brächte sie nicht
in letzter Stunde das Blatt.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DÉPART (Jacques Madeleine)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2019



DÉPART

Quand, après l’exquise journée
Qui n’aura pas de lendemain,
L’heure du départ fut sonnée,
Je ne t’ai pas tendu la main.

La nuit tombait, la nuit profonde ;
Les contours flottaient indécis.
Mes yeux de larmes obscurcis
Ne voyaient plus ta tête blonde.

Peut-être en tes yeux passait-il
Un regret qui s’envola vite
Ou l’angoisse étrange et subite
D’un rêve doux, triste et subtil ?

Dans la grande mélancolie
De cette belle nuit d’été,
Je n’aurai pas même emporté
Leur expression affaiblie.

Tristes jusqu’à la mort, les cieux
Étaient pleins dans la nuit profonde
De rêves défunts, et mes yeux
Ne voyaient plus ta tête blonde.

(Jacques Madeleine)

Illustration: Ryszard Miłek

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :