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Poésie

Posts Tagged ‘chanter’

Chanter c’est pas dans la voix (Séverine Daucourt-Fridriksson)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
chanter c’est pas dans la voix
c’est dans la réponse à la lumière
qui est en soi dans la chanson

(Séverine Daucourt-Fridriksson)

 

Recueil: A trois que le qui-vive
Traduction:
Editions: La lettre volée
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On peut travailler… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Adrien Henri Tanoux
    
On peut travailler…

1
Moi je n’ai pas grand courage
J’aime rester dans mon lit
On m’a dit voulez-vous faire fortune.
Venez en Alaska chercher l’or dans la glace.
Chercher l’or dans la glace en Alaska?

Refrain
On peut travailler pour le roi de Prusse
Ou bien pour le Duce
Si on le veut.
Mais moi j’aime mieux
Travailler pour vos beaux yeux,
Mesdames!
Travailler pour vos beaux yeux
Qu’ils soient noirs ou bleus,
Ou remplis de flammes,
Travailler pour vos beaux yeux
Mesdames!

2
Une bell’ m’a dit tu es trop joli
Je ne veux pas que tu te surmènes
Je veux t’assurer la belle vie.
Je travaillerai pour toi.
Travailler pour moi oh que ça doit être fatigant!

3
Aussi je fais comme les copains
Je travaille, du soir au matin
Je chante et je me démène
Qu’importe la fortune
Si je travaille pour vos beaux yeux.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Le coeur et le foie (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Le coeur et le foie

Refrain 1
On dit que j’ai du coeur
Que je n’ai pas les foies
Pourquoi?
Moi je trouve ma foi
Que l’on fait trop d’honneur
Au coeur
Désormais je veux chanter le foie
Sans me faire de bile
C’est le foie qui nous donne la joie
C’est le coeur qui nous rend imbécile.

1
Désormais je dirai
Aux femm’s que j’aimerai
Je vous aime de tout foie.
Pour vous parler foie à foie
La main
Sur le foie
Le foie
Sur la main
Mais vous me fendez le foie
Si vous me refusez votre amour.
Je me sens le foie lourd
Auriez-vous un foie d’artichaut?
Quant à moi je vous l’dis j’ai l’foie chaud
Je suis homme de foie
J’ai un foie d’or
Et puis encor
Je vous ouvre mon foie
Je vous donne ma foi
Vous, vous êtes jolie comme un foie
Moi j’ai mauvaise tête bon foie.

Refrain 2
Au lieu d’ parler du coeur
Je parlerai du foie
Pourquoi?
Moi je trouve ma foi
Que l’on fait trop d’honneur
Au coeur
Les poèt’s parleront tous du foie
Sans se faire de bile
C’est le foie qui nous donne la joie
C’est le coeur qui nous rend imbécile.

2
Dans le Cid aux Français
Don Diègue s’écrierait
Eh! Rodrigue as-tu du foie?
Car son fils, il le tutoie
Richard
Foie de lion
Et son
Étendard
Paraîtront à l’Opéra
Foie de Française on affichera.
De mêm’ les beloteurs
N’auront plus ni valet, ni roi d’ coeur
Valet d’ foie, Dam’ de foie, Roi de foie
Sept huit neuf dix de foie.
De gaieté d’ foie
Les blanches oies
Nous donn’ront du coeur gras
Si ce chant n’ vous plaît pas
Nous pouvons chanter les deux poumons
L’estomac l’ pancréas les rognons.

Refrain 3
Au lieu d’il a bon coeur
On dira il a bons
Poumons
Ou il a bons rognons
Au lieu d’ la bouche en coeur
Ma soeur
C’est bien sûr aura la bouche en foie
Ne nous faisons plus d’ bile
C’est le foie qui nous donne la joie
C’est le coeur qui nous rend imbécile.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Couplet du verre de vin (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



verre-de-vin

Couplet du verre de vin

Quand le train partira n’agite pas la main,
Ni ton mouchoir, ni ton ombrelle,
Mais emplis un verre de vin
Et lance vers le train dont chantent les ridelles
La longue flamme du vin,
La sanglante flamme du vin pareille à ta langue
Et partageant avec elle
Le palais et la couche
De tes lèvres et de ta bouche.

(Robert Desnos)

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Un beau jour… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Sophie Vulliard
    
Un beau jour…
Blues

1
Un beau jour, on se rencontre
Juste le temps
De lire l’heure au cadran de la montre
Et l’amour naît en chantant
C’est un jeu d’enfant
C’est jouer avec le feu
Ce n’est qu’un jeu
Mais aussi c’est un jeu grave
Où le vaincu est toujours le plus brave
Le plus brave.

2
Quand on aime à la légère
Le ciel est bleu
Mais celle qu’on aime est une étrangère
Qui sait bien ce qu’elle veut
Ce n’est jamais peu
C’est la vie et le sang
Un jeu d’enfant
C’est un jeu un jeu très grave
Où le vaincu est toujours le plus brave
Le plus brave.

3
Lorsque l’amour vous tourmente
O jeunes gens!
Avant de choisir une douce amante
Qui vous mord à belles dents
Pensez-y longtemps
C’est jouer avec le feu
Ce n’est qu’un jeu
Mais aussi c’est un jeu grave
Où le vaincu est toujours le plus brave
Le plus brave.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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L’Enfant démon (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Guillaume Seignac
    
L’Enfant démon

1
La forêt s’endort au flanc des monts
Tu t’endors comme un enfant démon
Tu t’endors comme une pierre
Un petit caillou
Prends bien garde enfant démon le soir
Un fantôme à ce banc vient s’asseoir
Sans yeux sans paupières
Mon enfant démon

Refrain
Caressante
Enfant démon
Quand tu chantes
Enfant démon
Dans tes yeux je vois des roses
Au rosier de tes paupières closes
Sur tes lèvres
Je vois du sang
Et ma fièvre
Va montant
Mon enfant démon
Mon enfant démon
Endors-toi démon bel enfant
Mon bel enfant.

2
Ne t’endors pas là enfant démon
Sous le ciel à travers champs et monts
Ne t’endors pas sur les pierres
Et sur les cailloux
Dans mon lit viens t’endormir ce soir
Viens dormir dans mes bras pleins d’espoir
Ouvre tes paupières
Mon enfant démon.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Chant de la jeunesse (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



 

Illustration: Marc Riboud
    
Chant de la jeunesse

1
Au clair matin des jours de fête
Amis partons sur le chemin
En mer j’entends crier les mouettes
Chantons l’espoir des lendemains.

Refrain
Jeunesse ah qu’il fait bon vivre
Marchant droit vers le but
Car notre espoir nous délivre
Notre joie est notre salut.

2
Chantons l’espoir et la jeunesse
Si le chemin pour nos aînés
Connut la peine et la tristesse
Joyeux il faut le continuer.

3
Joyeux il faut lui faire atteindre
Un beau pays si fraternel
Que tous y puiss’nt vivre sans craindre
La vie et ses travaux réels.

4
Travaux réels ceux-là qui donn’nt
À l’homme joie santé bonheur
Vingt ans! pour nous notre heure sonne
Nous sommes les futurs vainqueurs.

5
Le ciel la mer la terr’ féconde
Aux grands travaux offrent leur sein
Fini(e)s la peur la guerre immonde
Fini le temps des assassins!

6
La main tendu(e) à tous nos frères
Amis marchons sans nulle peur
Nous sommes forts et sans colère
Nous sommes les jeunes vainqueurs.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Le Marchand de neige (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Le Marchand de neige

Ticouricou!
Ticouricou!
J’entends les cloches de Mexico
Et les oiseaux
Chanter très haut
Sur le rivage de Texcoco
Porteur de neige de la montagne
Passe ma porte rentre chez moi
Frotte mes membres.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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LES HOMMES SUR LA TERRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018




    
LES HOMMES SUR LA TERRE

Nous étions quatre autour d’une table
Buvant du vin rouge et chantant
Quand nous en avions envie.

Une giroflée flétrie dans un jardin à l’abandon
Le souvenir d’une robe au détour d’une allée
Une persienne battant la façade.

Le premier dit : « Le monde est vaste et le vin est bon
Vaste est mon coeur et bon mon sang
Pourquoi mes mains et mon coeur sont-ils vides ? »

Un soir d’été le chant des rameurs sur une rivière
Le reflet des grands peupliers
Et la sirène d’un remorqueur demandant l’écluse.

Le second dit : « J’ai rencontré une fontaine
L’eau était fraîche et parfumée
Je ne sais plus où elle est et tous quatre nous mourrons. »

Que les ruisseaux sont beaux dans les villes
par un matin d’avril
Quand ils charrient des arcs-en-ciel.

Le troisième dit : « Nous sommes nés depuis peu
Et déjà nous avons pas mal de souvenirs
Mais je veux les oublier. »

Un escalier plein d’ombre
Une porte mal fermée
Une femme surprise nue.

Le quatrième dit : « Quels souvenirs?
Cet instant est un bivouac
O mes amis nous allons nous séparer. »

La nuit tombe sur un carrefour
La première lumière dans la campagne
L’odeur des herbes qui brûlent.

Nous nous quittâmes tous les quatre
Lequel étais-je et qu’ai-je dit?
C’était un jour du temps passé.

La croupe luisante d’un cheval
Le cri d’un oiseau dans la nuit
Le clapotis des fleuves sous les ponts.

L’un des quatre est mort
Deux autres ne valent guère mieux
Mais je suis bien vivant et je crois que c’est pour longtemps.

Les collines couvertes de thym
La vieille cour moussue
L’ancienne rue qui conduisait aux forêts.

O vie, ô hommes, amitiés renaissantes
Et tout le sang du monde circulant dans des veines
Dans des veines différentes mais des veines d’hommes, d’hommes sur la terre.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Fortunes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le papillon malade (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Le papillon malade

Apologue

Las des fleurs, épuisé de ses longues amours,
Un papillon dans sa vieillesse
(Il avait du printemps goûté les plus beaux jours)
Voyait d’un oeil chagrin la tendre hardiesse
Des amants nouveau-nés, dont le rapide essor
Effleurait les boutons qu’humectait la rosée.
Soulevant un matin le débile ressort
De son aile à demi-brisée :

 » Tout a changé, dit-il, tout se fane. Autrefois
L’univers n’avait point cet aspect qui m’afflige.
Oui, la nature se néglige ;
Aussi pour la chanter l’oiseau n’a plus de voix.
Les papillons passés avaient bien plus de charmes !
Toutes les fleurs tombaient sous nos brûlantes armes !
Touchés par le soleil, nos légers vêtements
Semblaient brodés de diamants !
Je ne vois plus rien sur la terre
Qui ressemble à mon beau matin !
J’ai froid. Tout, jusqu’aux fleurs, prend une teinte austère,
Et je n’ai plus de goût aux restes du festin !
Ce gazon si charmant, ce duvet des prairies,
Où mon vol fatigué descendait vers le soir,
Où Chloé, qui n’est plus, vint chanter et s’asseoir,
N’offre plus qu’un vert pâle et des couleurs flétries !
L’air me soutient à peine à travers les brouillards
Qui voilent le soleil de mes longues journées ;
Mes heures, sans amour, se changent en années :
Hélas ! Que je plains les vieillards !

 » Je voudrais, cependant, que mon expérience
Servît à tous ces fils de l’air.
Sous des bosquets flétris j’ai puisé ma science,
J’ai défini la vie, enfants : c’est un éclair !
Frêles triomphateurs, vos ailes intrépides
S’arrêteront un jour avec étonnement :
Plus de larcins alors, plus de baisers avides ;
Les roses subiront un affreux changement.

 » Je croyais comme vous qu’une flamme immortelle
Coulait dans les parfums créés pour me nourrir,
Qu’une fleur était toujours belle,
Et que rien ne devait mourir.
Mais le temps m’a parlé ; sa sévère éloquence
A détendu mon vol et glacé mes penchants :
Le coteau me fatigue et je me traîne aux champs ;
Enfin, je vois la mort où votre inconséquence
Poursuit la volupté. Je n’ai plus de désir,
Car on dit que l’amour est un bonheur coupable :
Hélas ! D’y succomber je ne suis plus capable,
Et je suis tout honteux d’avoir eu du plaisir.  »

Près du sybarite invalide,
Un papillon naissait dans toute sa beauté :
Cette plainte l’étonne ; il rêve, il est tenté
De rentrer dans sa chrysalide.

 » Quoi ! Dit-il, ce ciel pur, ce soleil généreux,
Qui me transforme et qui me fait éclore,
Mon berceau transparent qu’il chauffe et qu’il colore,
Tous ces biens me rendront coupable et malheureux !
Mais un instinct si doux m’attire dans la vie !
Un souffle si puissant m’appelle autour des fleurs !
Là-bas, ces coteaux verts, ces brillantes couleurs
Font naître tant d’espoir, tant d’amour, tant d’envie !
Oh ! Tais-toi, pauvre sage, ou pauvre ingrat, tais-toi !
Tu nous défends les fleurs encor penché sur elles.
Dors, si tu n’aimes plus ; mais les cieux sont à moi :
J’éclos pour m’envoler, et je risque mes ailes !  »

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

 

 

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