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Poésie

Posts Tagged ‘chanter’

Que dit ton souffle, vent de nuit? (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



Illustration: Oskar Kokoschka  
    
Que dit ton souffle, vent de nuit?
Que veut ta rage intempestive?
Ta voix étrange me poursuit,
Sonore ou sourdement plaintive.
Tu parles, dans ta langue à toi,
D’une souffrance sans paroles
Qui creuse et fait jaillir parfois
De l’âme des tempêtes folles.

Ne chante pas les chants enfouis
Du vieux chaos, de l’origine !
L’être de l’âme dans la nuit
Les sent si proches, les devine!
Il brûle, il cherche à fuir le corps,
Il veut se fondre au sans-limite…
Laisse étouffer ce feu qui dort,
C’est le chaos qu’il ressuscite!…

(Fiodor Tiouttchev)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud
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L’Ouïe (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



 

L’Ouïe

Sourd, sourd, sourd. Anatole était sourd comme une colonne.
De naissance, d’ailleurs.

Un jour l’ouïe lui fut donnée par un bienfaisant

guérisseur.
Oiseaux chantaient, ruisseaux chantaient, hommes chantaient.
Quel opéra ! Eh bien, Anatole comprit seulement le silence inouï du monde.

(Norge)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Jean-Claude Forez

 

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Salut au poète (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



Salut au poète

Poète
Qui chantes la naissance téméraire de la rose d’azur
Cette jamais rencontrée

Poète
Au seuil des présages
Malgré tes poings en feu
Nous t’avons rejeté et pourchassé de paroles
Le faisceau de nos discordes éloigne
Le fruit essentiel
Que tu appelais

Poète
Nos villes s’endorment en leur écriture de pierre
Satisfaites de ne songer qu’à l’opiniâtre saison
Oublieuses des merveilles qui dévastent les toits
Qui abolissent les routines

Poète
Tu voles le vent pour nos faces
Le clair pour nos yeux
Le sel pour nos lèvres

Tu risques l’étoile
Tu cries notre raison.

(Andrée Chedid)


Illustration: William Blake

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LES PIEDS (Norge)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018


LES PIEDS

Un pied dans la tombe, soit.
Mais l’autre pied vertement planté sur le rocher bleu.
Ah, quel pied.
Ainsi les saisons gloussaient, les fleuves filaient doux.
Le pied dans la tombe attendait toujours ;
le pied sur le roc veillait sur un homme
et les héritiers crevaient de chagrin.
Le pied sur le roc adorait le vin, l’amour et l’argent.
Les chevaux riaient, les vignes chantaient
et la rose aux dents chantait et riait.
Le pied dans la tombe attendait toujours.
il attend encore.

(Norge)


Illustration: Jean Verame

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Mais ces oiseaux (Vincent Muselli)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2018



 

maureen-ida-farley  four-birds-flying-high-

Mais ces oiseaux qui volaient haut dans le soir,
En chantant malgré le vent et malgré l’ombre.
Disaient-ils point, ah, si fiers en ce décombre!
L’inexorable dureté de l’espoir.

La peur entrait dans la bête et dans la plante,
Les angoisses peuplaient l’air alentour, mais
Ces oiseaux, alors, chantèrent à jamais,
Ignorants de la lumière fléchissante.

Déjà le jour noircissait dans les roseaux,
Un deuil froid poignait les choses de la plaine,
Tout mourait, dans quel secret ! et cette peine
Était longue sur l’étang.
Mais ces oiseaux…

(Vincent Muselli)

Illustration: Maureen Ida Farley

 

http://fineartamerica.com/profiles/maureenidafarley.html

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Le matin (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2018



Le matin

Matin aux lèvres de rose, être bien-aimé,
chante pour moi.
Chante une chanson, intacte et claire comme la rosée,
comme le verre neuf,
une chanson qui transfigure tout.

***

Morgonen
Älskliga varelse, morgon med rosenläppar,
sjung för mig.
Sjung en sång, tidig och klar som dagg, som ungt glas,
en sång som förvandlar allt.

(Pär Lagerkvist)


Illustration: Salvador Dali

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La vie passe (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018



    

La vie passe
Alors que tu rassembles
Une seconde ici
Un moment là
Que tu caches dans un coffre
Entre les vêtements
Pour les jours de joie.

La vie passe
Alors que tu entends les secondes et les moments
Chanter dans le coffre de la joie
Dont tu as perdu la vieille clef
Accrochée autour de ton cou
A un fil vert
Comme font les vieillards.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

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Et pourtant dans le monde (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018




    
Et pourtant dans le monde

On nous dira qu´on a tort de chanter
La fraternité et la liberté,
Que tout cela ne sert à rien,
Que ce n´est pas encore pour demain

{Refrain:}
Et pourtant dans le monde
Les enfants nous répondent
Et pourtant dans le monde…

On nous dira qu´on a tort de rêver
En croyant vivre la réalité,
Qu´il faut garder les yeux ouverts
Et regarder ce qui va de travers.

{au Refrain}

On nous dira qu´on a tort de crier
Et de clamer nos quatre vérités,
Qu´il vaut mieux se taire ou mentir,
Et surtout savoir garder le sourire.

{au Refrain}

On nous dira qu´on a tort de parler
De l´amour comme si il en existait,
Qu´il ne s´agit que d´un mirage,
Une illusion qui n´est pas de notre âge.

{au Refrain}

On nous dira qu´on a tort ou raison,
Ca nous fera pas changer de chanson,
On vous la donne comme elle est,
Vous pourrez en faire ce qu´il vous plaît.

{au Refrain, x3}

(Georges Moustaki)

Illustration

 

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Je l’ai cueilli ! Je l’ai goûté (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



 

Hans Baldung Grien (8)

Je l’ai cueilli ! Je l’ai goûté,
Le beau fruit qui enivre
D’orgueil, et je vis !
Je l’ai goûté de mes lèvres
Le fruit délicieux de vertige infini.
Mon âme chante, mes yeux s’ouvrent,
Je suis égale à Dieu !

Un autre monde de beauté
S’étend devant mes rêves ;
De toutes choses sur la terre se lèvent
De nouvelles clartés.
Ah ! tout n’était qu’illusion humaine,
Et songes décevants !
Pour la première fois je vois et je comprends,
Comme Dieu même.

Ah ! qu’en la paix de l’Eden il repose,
L’arbre miraculeux de lumière et de vie,
Où je devais trouver la mort !
Pas un frisson dans ses feuilles ravies.
Avec quel sourire de calme bonheur,
Il respire l’air empourpré du soir !
Et voici qu’à la place où furent ces fruits d’or,
Les rameaux innocents se sont couverts de roses.

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Hans Baldung Grien

 

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Tes étangs de saphir, où croissent les lotus, luisent dans tes vallons (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018



Hindouismef [800x600]

Tes étangs de saphir, où croissent les lotus,
Luisent dans tes vallons d’un éclair revêtus;
Une rouge vapeur à ton épaule ondoie
Comme un manteau de pourpre où le couchant flamboie
Mille fleurs, sur ton sein, plus brillantes encor,
Au vent voluptueux livrent leurs tiges d’or,
Berçant dans leur calice, où le miel étincelle,
Mille oiseaux dont la plume en diamants ruisselle.
Kaîlaça ! Kaîlaça, soit que nos pieds hardis
Atteignent la hauteur pure où tu resplendis,
Soit que, le souffle humain manquant à nos poitrines,
Nous retombions mourants sur tes larges racines;
Ô merveille du monde, ô demeure des Dieux,
Du visible univers monarque radieux,
Sois béni ! Ta beauté, dans nos coeurs honorée,
Fatiguera du temps l’éternelle durée.
Salut, Route du ciel que vont fouler nos pas;
Dans la vie ou la mort nous ne t’oublîrons pas !

*

Ayant chanté le mont Kaîlaça, les Brahmanes
Se baignèrent trois fois dans les eaux diaphanes.
Ainsi purifiés des souillures du corps,
Ils gravirent le Mont, plus sages et plus forts.
Les Aurores naissaient, et, semblables aux roses,
S’effeuillaient aux soleils qui brûlent toutes choses;
Et les soleils voilaient leur flamme, et, tour á tour,
Du sein profond des nuits rejaillissait le jour.
Les Brahmanes montaient, pleins de force et de joie.
Déjà les kokilas, sur le bambou qui ploie,
Et les paons et les coqs au plumage de feu,
Annonçaient le Séjour, l’inénarrable Lieu,
D’où s’épanche sans cesse, en torrents de lumière,
La divine Mâyâ, l’Illusion première.
Mille femmes au front d’ambre, aux longs cheveux noirs,
Des flots aux frais baisers troublaient les bleus miroirs,
Et du timbre argentin de leurs lèvres pourprées
Disaient en souriant les hymnes consacrées;
Et les Esprits nageaient dans l’air mystérieux;
Et les doux Kinnaras, musiciens des Dieux,
Sur les flûtes d’ébène et les vinés d’ivoire
Chantaient de Bhagavat l’inépuisable histoire.

(Leconte de Lisle)

 

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