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Poésie

Posts Tagged ‘chanter’

Grenouilles (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Grenouilles

Ne coassons pas
Dit crapaud papa
Nul coassement
Dit crapaud maman
moi pas coasser
Dit crapaud jeunet

Ils en font du bruit
Dit le vieux marquis
Vite une corvée
Disent les laquais
Ça c’est pas marrant
Dit le paysan

Si j’avais su ça
Dit crapaud papa
Au lieu de nous taire
Dit crapaud mémère
Nous aurions chanté
Dit crapaud jeunet

(Raymond Queneau)

Illustration

 

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LE POUR ET LE CONTRE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
LE POUR ET LE CONTRE

un petit oiseau gris
avec des manchettes
chante
miaou miaou
eh oui ce n’était pas un zoizeau c’était un chat
voilà ce que c’est que d’écrire trop vite
quand on écrit trop vite faut compter sur la chance
sur l’inspiration
on peut très bien errer
et pourtant et pourtant c’est pourtant là ce que je voulais dire
ce petit oiseau gris avec des manchettes
il parlait chat

(Raymond Queneau)

 

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Dit de la Force et de l’Amour (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2017




    
Dit de la Force et de l’Amour

Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l’injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère

Il y a les maquis couleur de sang d’Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l’espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal

La lumière toujours est tout près de s’éteindre
La vie toujours s’apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n’en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s’installe

Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n’y résisteront pas
J’entends le feu parler en riant de tiédeur
J’entends un homme dire qu’il n’a pas souffert

Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j’aime à jamais toi qui m’as inventé
Tu ne supportais pas l’oppression ni l’injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre

Tu rêvais d’être libre et je te continue.

(Paul Eluard)

 

Recueil: Poèmes politiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Marco (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Mikhaïl Vroubel
    
Marco

Quand Marco passait, tous les jeunes hommes
Se penchaient pour voir ses yeux, des Sodomes
Où les feux d’Amour brûlaient sans pitié
Ta pauvre cahute, ô froide Amitié ;
Tout autour dansaient des parfums mystiques
Où l’âme, en pleurant, s’anéantissait.
Sur ses cheveux roux un charme glissait ;
Sa robe rendait d’étranges musiques
Quand Marco passait.

Quand Marco chantait, ses mains, sur l’ivoire
Évoquaient souvent la profondeur noire
Des airs primitifs que nul n’a redits,
Et sa voix montait dans les paradis
De la symphonie immense des rêves,
Et l’enthousiasme alors transportait
Vers des cieux connus quiconque écoutait
Ce timbre d’argent qui vibrait sans trêves,
Quand Marco chantait.

Quand Marco pleurait, ses terribles larmes
Défiaient l’éclat des plus belles armes ;
Ses lèvres de sang fonçaient leur carmin
Et son désespoir n’avait rien d’humain ;
Pareil au foyer que l’huile exaspère,
Son courroux croissait, rouge, et l’on aurait
Dit d’une lionne à l’âpre forêt
Communiquant sa terrible colère,
Quand Marco pleurait.

Quand Marco dansait, sa jupe moirée
Allait et venait comme une marée,
Et, tel qu’un bambou flexible, son flanc
Se tordait, faisant saillir son sein blanc ;
Un éclair partait. Sa jambe de marbre,
Emphatiquement cynique, haussait
Ses mates splendeurs, et cela faisait
Le bruit du vent de la nuit dans un arbre,
Quand Marco dansait.

Quand Marco dormait, oh ! quels parfums d’ambre
Et de chair mêlés opprimaient la chambre !
Sous les draps la ligne exquise du dos
Ondulait, et dans l’ombre des rideaux
L’haleine montait, rhythmique et légère ;
Un sommeil heureux et calme fermait
Ses yeux, et ce doux mystère charmait
Les vagues objets parmi l’étagère,
Quand Marco dormait.

Mais quand elle aimait, des flots de luxure
Débordaient, ainsi que d’une blessure
Sort un sang vermeil qui fume et qui bout,
De ce corps cruel que son crime absout :
Le torrent rompait les digues de l’âme,
Noyait la pensée, et bouleversait
Tout sur son passage, et rebondissait
Souple et dévorant comme de la flamme,
Et puis se glaçait.

(Paul Verlaine)

 
Découvert ici: https://marinegiangregorio.wordpress.com/

Recueil: Poèmes saturniens
Traduction:
Editions:

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On s’amusait sous la lumière jaune (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



    
On s’amusait sous la lumière jaune,
Le cercle, près des murs, rétrécissait,
La masse des danseurs se dédoublait sans cesse,
Et j’avais l’illusion qu’un ami me suivait.

Le désir faisait se soulever les poitrines,
Sur les visages la chaleur se reflétait.
Je déambulais rêvant de miracle,
Et j’étais accablé par leurs désirs lascifs…

On eût dit que, derrière le voile de poussière,
Quelqu’un vivait, caché parmi la foule,
Et son étrange regard épiait sans cesse,
Et sa voix s’élevait, et chantait et parlait…

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Que dois-je vous chanter, signora? (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



Illustration: Pablo Picasso
    
Fausses fenêtres dans le ciel noir,
Un projecteur sur l’antique palais.
Et voilà qu’elle passe, en dentelles,
Un sourire sur son visage brun.

Mais le vin trouble mon regard,
Le feu se répand dans mes veines…
Que dois-je vous chanter, signora?
Pour que vos rêves vous soient doux?

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Attristés (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017




    
Attristés, pleurant et riant,
Les ruisseaux sonnants de mes vers
À tes pieds roulent,
Et chaque vers
Dessine une arabesque vive
Sans connaître ses propres rives.

Mais dans ces ondes de cristal,
Tu m’apparais, aussi lointaine…
Et chante et pleure le cristal…
Comment puis-je former tes traits,
Pour que tu puisses me rejoindre
Depuis ce lointain enchanteur?

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Je traîne, je traîne ma vie (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Je traîne, je traîne ma vie,
Ma vie insensée, sourde :
Aujourd’hui, sereinement, je souris,
Demain, je pleure et je chante.

Mais, si imminente est ma fin ?
Si derrière mon dos, immobile, se tient
Celui qui de son immense main
Recouvre, tout entier, le miroir ?

Alors, la glace jette comme un feu,
Et, plein d’horreur, fermant les yeux,
Je recule dans ce domaine de la nuit,
D’où jamais on ne revient plus…

(Alexandre Blok)

 

 

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GAÉTAN (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



GAÉTAN

Rugit l’océan,
Chante l’ouragan,
Tournoie en rafales la neige,

S’enfuit le siècle d’une seconde,
Se rêve un bienheureux rivage,

Dans les sombres failles de la nuit,
Le rouet bourdonne et chante :
L’Invisible Tisseuse au fond des yeux
Regarde, et tisse les destins.

Se mire d’un trait de flamme
Dans les yeux du chevalier le couchant,
Au-dessus de son destin fatal
Brûlent les nuits étoilées.

Du monde l’enthousiasme sans limites
Au coeur chantant est donné.
Vers la voie fatale et sans but
L’appelle le bruyant océan.

Abandonne-toi au rêve impossible :
S’accomplira ce qui est préfixé.
Au coeur, pour loi immuable,
La Joie-Souffrance est donnée.

Ta voie future, c’est d’être Pèlerin,
Chante le bruyant océan.
O Joie, o Joie-Souffrance,
O douleur des blessures inconnues !

Partout, malheurs et deuils,
Qu’est-ce qui t’attend demain ?
Dresse ta voile échevelée
Marque ta solide armure
D’un signe de croix sur la poitrine !

Hurle l’ouragan,
Chante l’océan,

Tournoie en rafales la neige,
S’enfuit le siècle d’une seconde,
Se rêve un bienheureux rivage.

(Alexandre Blok)

Illustration: William Turner

 

 

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Dans des bribes de paroles (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Dans des bribes de paroles
La marche brumeuse
Des autres mondes
Et le sombre envol du temps
Je sais chanter avec le vent

(Alexandre Blok)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Al Agnew

 

 

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