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On part à sa guise et l’on chante (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



 

Eugeniusz Zak -  [1280x768]

On part à sa guise et l’on chante
— Quel écho dira le refrain ?
Ce sont nos vieux airs qui me hantent,
Et comme une angoisse m’étreint —

On part à son heure et sans hâte
— Et le pas s’est précipité —
On a choisi la route plate
— Nous allons gravir le sentier ;

On part pour se prouver libre,
À son heure, sur la route qui plut
— Déjà on est las de la suivre :
N’est plus libre quiconque a voulu.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Eugeniusz Zak

 

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Qui taillera cette vigne (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Alphonse Mucha Winter 1897 32x73cm panel [1280x768]

Qui taillera cette vigne
Au pâle soleil d’hiver ?
— Là-haut, passeront des cygnes ;
Là-bas, les blés seront verts —

S’il te regarde d’ici,
Il te verra frileuse et fine ;
Mais il aura d’autres soucis
Que ta fine beauté divine ;

Et nul autre, d’heures en heures,
Jour par jour, et saison par saison
— Que tu souries ou pleures
Au long de tes horizons —

Nul autre, attentif et grave,
Souriant et triste à la fois,
Ne suivra le geste suave
De ta lèvre qui chante à mi-voix.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Alphonse Mucha

 

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Je chante haut pour m’entendre (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Giampaolo Ghisetti -  (18)

Je chante haut pour m’entendre,
Car la nuit est noire et sans voix ;
— La route est molle et la terre est tendre
Il a plu trois jours sur les bois.

Je frappe le sol en cadence
Du bout de mon bâton ferré
— Ici, l’ombre des bois est si dense
Qu’en plein jour on n’y verrait.

Je guette des voix à l’orée
Plus pâle, là-bas, vers la plaine ;
— Rien ne sonne à travers la forêt
Que ma voix et mes pas qui peinent.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Mon front pâle est sur tes genoux (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Lauri Blank -   (53) [1280x768]

Mon front pâle est sur tes genoux
Que jonchent des débris de roses ;
O femme d’automne, aimons-nous
Avant le glas des temps moroses !

Oh ! des gestes doux de tes doigts
Pour calmer l’ennui qui me hante !
Je rêve à mes aïeux les rois,
Mais toi, lève les yeux, et chante.

Berce-moi des dolents refrains
De ces anciennes cantilènes
Où, casqués d’or, les souverains
Mouraient aux pieds des châtelaines.

Et tandis que ta voix d’enfant,
Ressuscitant les épopées
sonnera comme un olifant
Dans la danse âpre des épées,

Je penserai vouloir mourir
Parmi les roses de ta robe,
Trop lâche pour reconquérir
Le royaume qu’on me dérobe.

(Stuart Merrill)

Illustration: Lauri Blank

 

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BARDO (André Velter)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
BARDO
(Métamorphose des 5 poisons)

Je garde l’énergie d’une colère sans haine,
j’affronte l’ignorance sans cérémonie,
je repousse l’émotion jalouse sans complaisance,
j’accède à l’intensité du désir sans plus d’attachement,
je sais l’orgueil nocif mais tiens au sursaut de l’être
à l’aplomb de lui-même.

(Vairocana)
Ce n’est déjà plus l’heure
de survivre à blanc
au centre des illusions ou des cieux,
la roue a pris le temps de vitesse
et distancé les dieux,
elle rejoint la sphère pareille
à la conscience pure, sans limites et sans âge.

(Aksobhya)
J’ai confié ma colère
à la lumière bleue
qui se lève à l’est,
ô sagesse, ô miroir,
comme un baiser à bouche close
chante un autre ciel
libre de nos enfers.

(André Velter)

 

Recueil: Le Haut-Pays suivi de La traversée du Tsangpo
Traduction:
Editions: Gallimard

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il faudrait parfois se tenir à l’écart (Gilbert Vautrin)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



Illustration
    
il faudrait parfois se tenir à l’écart

ne plus rire ni chanter
ne plus parler
juste regarder
un corbeau tremble

et fermer les yeux

il faudrait parfois se tenir à l’écart…

(Gilbert Vautrin)

 

Recueil: Anges et Corbeau
Traduction:
Editions: Phoenix AEncrages & Co

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Le jour je chantais avec toi (Rûmî)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2019



Illustration: Josephine Wall
    
Le jour je chantais avec toi
et la nuit nous dormions dans le même lit.
J’oubliais ce qui était jour ou nuit.
Je pensais savoir qui j’étais
mais j’étais toi.

*

Ne t’attarde pas près d’un ami chagrin.
Si tu visites un jardin,
regardes-tu les épines ou les fleurs ?
Consacre plus de temps aux roses et au jasmin.

***

Durante el día estuve cantando contigo.
De noche dormímos en la misma cama.
No consciente ni del día ni de la noche.
Creí saber quién era,
pero yo era tú.

*

No te quedes mucho tiempo con un amigo triste.
Cuando vas a un jardín,
¿miras a las espinas o a las flores?
Pasé más tiempo con las rosas y el jazmín.

***

Durante il giorno cantavo con te.
Di notte dormivamo nello stesso letto.
Non potevo dire se fosse giorno o notte.
Pensavo di sapere chi fossi,
ma ero te.

*

Non sedere a lungo con un amico triste.
Quando sei in un giardino,
osservi le spine o i fiori?
Passa più tempo con le rose e il gelsomino.

***

Durante o dia, contigo cantei.
Na mesma cama, à noite, dormimos.
Do dia ou da noite não tinha consciência.
Pensava saber quem era,
mas eu não era eu, eras tu.

*

Não estejas muito tempo com um amigo triste.
Quando vais a um jardim,
olhas para os espinhos das flores?
Passei mais tempo com rosas e jasmins.

***

During the day I was singing with you.
At night we slept in the same bed.
I wasn’t conscious day or night.
I thought I knew who I was,
but I was you.

***

Do not sit long with a sad friend.
When you go to a garden,
do you look at thorns of flowers?
Spend more time with roses and jasmine.

***

Overdag zong ik met jou
en ‘s nachts sliepen we in hetzelfde bed.
Ik vergat wat dag was of nacht.
Ik dacht dat ik wist wie ik was,
maar ik was jou.

*

Blijf niet lang bij een droevige vriend.
Als je naar een tuin gaat,
kijk je naar doorns of naar bloemen?
Besteed meer tijd aan rozen en jasmijn.

***

Кун бўйи куйлашиб гадоинг бўлдим,
Тунда бир тўшакда фидоинг бўлдим.
Хушимда эмасдим на кундуз, на тун,
Ўзимдан воз кечиб, адоинг бўлдим.

*

Маҳзун дўстинг ила ташвиш оширма,
Боққа кирар бўлсанг, гулгун ёшингда.
Гулнинг тиконига боқмоқ не даркор,
Атиргул, ёсминлар турса қошингда.

***

***

白天我和你一起歌唱。
晚上我们睡在同一张床上。
我没意识到白昼的差异。
我以为我知道自己是谁,
但我就是你。

*

不要和悲伤朋友长久坐一起。
你去花园时,
你看花的刺吗?
花更多时间在玫瑰和茉莉花上。

***

***

Tagsüber sang ich mit dir
und nachts schliefen wir im gleichen Bett.
Ich vergaß was Tag war oder Nacht.
Ich dachte, ich wüsste, wer ich war,
aber ich war du.

*

Bleib nicht lange bei einem traurigen Freund.
Wenn du in einen Garten gehst,
schaust du dir Dornen oder Blumen an?
Verbringe mehr Zeit mit Rosen und Jasmin.

(Rûmî)

Recueil: Ithaca 595
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol Rafael Carcelén / Italien Luca Benassi / Portugais John Moyne, Coleman Barks, Maria do Sameiro Barroso / Anglais John Moyne and Coleman Barks / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Tadjik Karim tarjimalari / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Arabe / Allemand Wolfgang KlinckEditions: POINTS

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IMITATION DES FLEURS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

IMITATION DES FLEURS

Puisque l’on vous dit
que les fleurs parlent
n’écoutez plus les gigolos
Imitez donc les abeilles
les papillons les coccinelles

Les lilas sont infidèles
bien plus que les artichauts
les chardons et les résédas
Imitez donc la glycine tendre
comme la poitrine d’un oiseau

Votre emblème n’est-il pas la pensée
coeur clairvoyant fleur sincère
aussi fragile qu’une larme
mais après les fleurs de la terre
acceptez toutes les fleurs du ciel
qui chantent le jour rêvent la nuit

(Philippe Soupault)

Illustration: Nita Bertaudière

 

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BON CONSEIL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2019



 

BON CONSEIL

Ma mère ne m’a rien dit
c’est dommage
Je ne sais même pas où aller
et après
Je nage je flotte je vogue
catastrophe
Je marche je chante je crie
funérailles
Il faut tout recommencer
c’est odieux
Je ne sais même pas où aller
et après

(Philippe Soupault)

 

 

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Chante, danse (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



 

Odilon Redon  _portrait-de-la-veuve-domecy [1280x768]

Chante, danse,
va créant,
le mot fertilise

(Géo Libbrecht)

Illustration: Odilon Redon

 

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