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Crépuscule d’automne (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019


 


 

Agata Modzelewska 500

Crépuscule d’automne

Sous le souffle étouffé des vents ensorceleurs
J’entends sourdre sous bois les sanglots et les rêves :
Car voici venir l’heure où dans des lueurs brèves
Les feuilles des forêts entonnent, choeur en pleurs,
L’automnal requiem des soleils et des sèves.

Comme au fond d’une nef qui vient de s’assombrir
L’on ouït des frissons de frêles banderolles,
Et le long des buissons qui perdent leurs corolles
La maladive odeur des fleurs qui vont mourir
S’évapore en remous de subtiles paroles.

Sous la lune allumée au nocturne horizon
L’âme de l’angelus en la brume chantonne :
L’écho tinte au lointain comme un glas monotone
Et l’air rêve aux frimas de la froide saison
A l’heure où meurt l’amour, à l’heure où meurt l’automne !

(Stuart Merrill)

Illustration: Agata Modzelewska

 

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Nous, les marchands (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



 

Nous, les marchands, derrière les saisons,
nous avions établi nos comptoirs dans le vent,
entre nos coeurs et bételgeuse
où, sans balance, nous pesions
la poussière d’or des comètes.
Nous vendions cif ou fob,
pris à quai, sans surestarie ;
nos navires étaient de verre
avec pour marins, nos fantômes,
et par les fentes de la nuit,
nous franchissions les routes navigables.
Nous avions ancré des îles de sable
où poser maisons et clochers,
de l’écume sur le rivage,
et jalonner ainsi nos chemins parcourus ;
mais à chacun de nos retours,
rien n’était plus.

(Géo Libbrecht)

Illustration: Vladimir Kush

 

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Que je suis nu enfin! (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que je suis nu enfin !
Aujourd’hui je donnerai voix aux tourterelles
A l’encens à la pierre et aux vertes saisons
Prêtez-moi jour objets de la lumière
Bien disposés sur une immense nuit sans fond
Pour la laver d’erreurs essentielles
Et qu’au milieu des villes criminelles
A la recherche des cavaliers blancs
J’erre
Moi faible et qui faiblis toujours du même flanc.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

 

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Les quatre saisons – L’automne (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2019



 

Mahira Ates (9)

Les quatre saisons – L’automne

L’automne fait les bruits froissés
De nos tumultueux baisers.

Dans l’eau tombent les feuilles sèches
Et sur ses yeux, les folles mèches.

Voici les pèches, les raisins,
J’aime mieux sa joue et ses seins.

Que me fait le soir triste et rouge,
Quand sa lèvre boudeuse bouge ?

Le vin qui coule des pressoirs
Est moins traître que ses yeux noirs.

(Charles Cros)

Illustration: Mahira Ates

 

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Les quatre saisons – L’été (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2019



 

John Byam Liston Shaw 930_b [1280x768]

Les quatre saisons – L’été

En été les lis et les roses
Jalousaient ses tons et ses poses,

La nuit, par l’odeur des tilleuls
Nous nous en sommes allés seuls.

L’odeur de son corps, sur la mousse,
Est plus enivrante et plus douce.

En revenant le long des blés,
Nous étions tous deux bien troublés.

Comme les blés que le vent frôle,
Elle ployait sur mon épaule.

(Charles Cros)

Illustration: John Byam Liston Shaw

 

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Chaque année (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2019



Albert Lichten (6) [800x600]

Chaque année, la floraison des filles sur les plages.
Elles n’ont qu’une saison. L’année d’après,
elles sont remplacées par d’autres visages de fleurs qui,
la saison d’avant, étaient encore des petites filles.
Pour l’homme qui les regarde,
ce sont des vagues annuelles dont le poids et la splendeur
déferlent sur le sable jaune.

(Albert Camus)

Illustration: Albert Lichten

 

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Chacun a un nom (Zelda)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2019



Chacun a un nom
que lui a donné Dieu
et que lui ont donné son père et sa mère
chacun a un nom
que lui ont donné sa taille et sa manière de sourire
que lui a donné son tissu
chacun a un nom
que lui ont donné les montagnes
et que lui ont donné ses murs
chacun a un nom
que lui ont donné les signes du zodiaque
et que lui ont donné ses voisins
chacun a un nom
que lui ont donné ses péchés
et que lui ont donné ses désirs
chacun a un nom
que lui ont donné ses ennemis
et que lui a donné son amour
chacun a un nom
que lui ont donné ses fêtes
et que lui a donné sa profession
chacun a un nom
que lui ont donné les saisons
et que lui a donné sa cécité
que lui a donné la mer
et que lui a donné
la mort.

(Zelda)


Illustration: Aviva Beigel

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NOUS NOUS ENLEVAMES (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2019



Nous nous enlevâmes
Religion nouvelle
Corridor des rues
Pour la saison de terre
Comme deux oiseaux

Hardi l’heure grave
Nous nous enlevâmes
Les bras au large
Comme une clameur

Génial sourire
Qu’est-ce qui est tombé ?

Guéris de tous les morts
Deux bons corps qui s’aiment
Voisinent et le savent.

(Pierre Morhange)


Illustration: Gilbert Garcin

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Dans mon obscur cerveau rampent des chrysalides (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2019



Michel Escale _Scarabee_et_Libellule_Escale_Michel [800x600]

LES CHRYSALIDES

Dans mon obscur cerveau rampent des chrysalides ;
Des libellules d’or gisent en ces prisons.
Leurs ailes sont de la couleur des horizons
Où le soleil se perd au fond des mers limpides.

Elles voudraient s’enfuir ; leurs murs sont trop solides.
Sur elles planeront les jours et les saisons,
Sans qu’elles aient jamais, en frôlant les gazons,
D’espace et de lumière empli leurs âmes vides.

Alors elles mourront, lentement, peu à peu,
Et je rêve souvent à leur essaim de feu
Qui bientôt fanera comme les fleurs passées.

Mais quel soleil pourrait, ô mes faibles pensées,
Vous donner la vigueur de briser la paroi
De la larve pesante où vous êtes en moi ?

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration: Michel Escale

 

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Poésies des petites classes (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019




    
Poésies des petites classes
Et des quatre saisons
Lisses et sucrées
Qu’on récitait
Avec le coeur
André Theuriet
Albert Samain
Lucie Delarue-Mardrus

C’était le temps des porte-plume
Et des cancres rêveurs

Ne te réveille pas
Prévert

L’oiseau-lyre est en cage
Et ils font toujours
La chasse à l’enfant

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

    

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