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Poésie

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Comme d’un bâton (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2020



Comme d’un bâton,
pierre, ce

qui s’est ainsi
dressé a

une tête, marche,
parle, mène

une vie.

(Robert Creeley)


Illustration: Gilbert Garcin

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RENAISSANCE (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



RENAISSANCE

Galerie de l’âme… L’âme enfant!
Sa claire lumière rieuse;
et la petite histoire,
et la joie de la vie nouvelle…

Ah! renaître à nouveau, parcourir le chemin,
en ayant retrouvé le sentier perdu!

Et de nouveau sentir dans notre main
cette palpitation de la bonne main
de notre mère… Et cheminer en rêves
par amour de la main qui nous mène.

*

Dans nos âmes tout est gouverné
par une main mystérieuse.
Incompréhensibles, muettes,
nous ne savons rien de nos âmes.

Les plus profondes paroles du sage
nous enseignent ce que nous disent
le sifflement du vent qui souffle,
ou le murmure des eaux qui coulent.

(Antonio Machado)

Illustration

 

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Comment m’appeler ? (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



Illustration: pierres qui roulent

    

Comment m’appeler ?

Arbre je fus un jour et attaché,
puis oiseau m’échappai, libre comme l’air,
dans un fossé trouvé enchaîné,
un œuf souillé en se brisant brisa mes fers.

Comment me garder? J’ai oublié
d’où je viens et où je vais,
de tant de corps suis possédé,
un piquant résistant et un chevreuil en fuite.

Ami aujourd’hui des branches d’érable,
demain sur le tronc je porte la main…
Quand la faute commença-t-elle sa ronde infernale
me menant de semence en semence sans fin ?

Mais en moi chante encore un commencement
– ou bien une fin – et combat ma fuite,
je veux échapper à cette faute, à sa flèche
qui en grain de sable ou canard sauvage me cherche.

Peut-être puis-je un jour me reconnaître
une colombe une pierre qui roule… Manque
un mot seulement ! Comment m’appeler
sans être dans une autre langue ?

***

Wie soll ich mich nennen?

Einmal war ich ein Baum und gebunden,
dann entschlüpft ich als Vogel und war frei,
in einen Graben gefesselt gefunden,
entließ mich berstend ein schmutziges Ei.

Wie hait ich mich? Ich habe vergessen,
woher ich komme und wohin ich geh,
ich bin von vielen Leibern besessen,
ein harter Dom und ein flüchtendes Reh.

Freund bin ich heute den Ahornzweigen,
morgen vergehe ich mich an dem Stamm…
Wann begann die Schuld ihren Reigen,
mit dem ich von Samen zu Samen schwamm?

Aber in mir singt noch ein Beginnen
— oder ein Enden — und wehrt meiner Flucht,
ich will dem Pfeil dieser Schuld entrinnen,
der mich in Sandkorn und Wildente sucht.

Vielleicht kann ich mich einmal erkennen,
eine Taube einen rollenden Stein…
Ein Wort nur fehlt! Wie soll ich mich nennen,
ohne in anderer Sprache zu sein.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Mes jeunes amis (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2019



Illustration: Goyo Hashiguchi
    
Mes jeunes amis,
Ne priez-vous pour vos rêves ?
N’y songez-vous pas ?
La vue de mes lèvres chaudes
Ne vous y mène-t-elle pas ?

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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SIRÈNES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



 

Illustration: Victor-Louis Mottez
    
SIRÈNES

Pensée funeste,
Toi qui embrases et qui troubles l’amour
Afin que je me tourne inlassablement vers le haut,
Tu modifies, impatiemment, les apparences
Et, avant même que je touche au but
Et me détrompe,
A d’autres songes déjà tu m’enchaînes.
Semblable à cette mer inquiète et flatteuse
Qui offre et cache au loin
L’île fatale,
Multipliant tes leurres,
Tu mènes qui encore espère
A la mort.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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Dans ce grand wagon blanc (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



Illustration: Edward Hopper  
    
Dans ce grand wagon blanc

Trop souvent comme
dans un train
silencieux à côté des autres
polis
indifférents
dans ce grand wagon blanc
qui nous mène au néant

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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De son bâton noueux et dur (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
De son bâton noueux et dur
Un éleveur mène sa vache vers l’abattoir,
Il la regarde sans tendresse, sans un mot, sans la voir
Comme une chose sans coeur
Alors qu’elle a pour lui le regard du chien.

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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Et pourquoi (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2019




    
et pourquoi.
Tout est devenu plat, une ruelle sombre
ou plutôt un long couloir
qui ne mène nulle part
et ne relie rien à rien.
C’est exactement ça:
le monde est un long couloir sans destination,
recouvert d’un carrelage noir étincelant.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Le chemin qui mène à toi (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Le chemin qui mène à toi
Je ne sais d’où il vient, ni comment il mène à toi,
Comment y pénétrer et me transformer en festin pour ses désirs
Je me demandais
Vais-je peut-être y revenir?

(Adonis)

Illustration

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Comme nous apprenons à mourir en toi, sommeil ! (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Albert Joseph Moore (3)

Comme nous apprenons à mourir
en toi, sommeil !
Avec quelle magistrale beauté
tu nous mènes — à travers des jardins
qui nous semblent de plus en plus nôtres —
à la grande connaissance de l’ombre !

***

¡Cómo aprendemos a morir
en ti, sueño!
¡Con qué belleza majistral
nos vas llevando — por jardines,
que nos parecen cada vez más nuestros—
al gran conocimiento de la sombra!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Albert Joseph Moore

 

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