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Poésie

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De son bâton noueux et dur (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
De son bâton noueux et dur
Un éleveur mène sa vache vers l’abattoir,
Il la regarde sans tendresse, sans un mot, sans la voir
Comme une chose sans coeur
Alors qu’elle a pour lui le regard du chien.

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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Et pourquoi (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 19 août 2019




    
et pourquoi.
Tout est devenu plat, une ruelle sombre
ou plutôt un long couloir
qui ne mène nulle part
et ne relie rien à rien.
C’est exactement ça:
le monde est un long couloir sans destination,
recouvert d’un carrelage noir étincelant.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Le chemin qui mène à toi (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2019



Le chemin qui mène à toi
Je ne sais d’où il vient, ni comment il mène à toi,
Comment y pénétrer et me transformer en festin pour ses désirs
Je me demandais
Vais-je peut-être y revenir?

(Adonis)

Illustration

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Comme nous apprenons à mourir en toi, sommeil ! (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Albert Joseph Moore (3)

Comme nous apprenons à mourir
en toi, sommeil !
Avec quelle magistrale beauté
tu nous mènes — à travers des jardins
qui nous semblent de plus en plus nôtres —
à la grande connaissance de l’ombre !

***

¡Cómo aprendemos a morir
en ti, sueño!
¡Con qué belleza majistral
nos vas llevando — por jardines,
que nos parecen cada vez más nuestros—
al gran conocimiento de la sombra!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Albert Joseph Moore

 

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J’ai appris à mener une vie simple et sage (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



J’ai appris à mener une vie simple et sage,
À regarder le ciel, à prier Dieu,
À marcher longuement avant la nuit
Pour fatiguer mon angoisse inutile.

Quand bruissent les bardanes dans le creux du fossé,
Quand jaune orange s’incline la grappe du sorbier,
Je fais des vers joyeux
Sur la vie éphémère, éphémère et superbe.

Je rentre. Me lèche la paume
Un chat duveteux, il ronronne, câlin.
Au bord du lac un feu perçant s’allume,
Sur la tourelle de la scierie.

De loin en loin le cri d’une cigogne
Se posant sur le toit transperce le silence.
Et si tu frappes à la porte
Je n’entendrai même pas, je crois.

(Anna Akhmatova)

Illustration

 

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Nous bougeons entre des signaux incomplets (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
Nous bougeons entre des signaux incomplets
dont nous ignorons le sens.
Nous ne savons pas qui les a tracés
ni si nous pouvons les effacer.

Ils nous accompagnent comme des mots furtifs,
se superposent à ce que nous voyons,
rajoutent des gestes aux choses,
collent des signes au vide, nécessitant peu d’espace.

Mais parfois nous sentons que l’un d’eux
se réveille en nous, nous réveille,
nous mène à quelque chose qui est plus que le sens
mais aussi à quelque chose qui l’est moins.

Des signaux qui nous marquent le temps,
strict labyrinthe vers rien.
Ou peut-être vers une sortie
qui n’a pas de signaux.

***

Nos movemos entre señales incompletas,
cuyo sentido ignoramos.
No sabemos quién las trazó,
ni tampoco si podemos borrarlas.

Nos acompañan como palabras furtivas,
se superponen a todo lo que vemos,
le agregan gestos a las cosas,
le pegan signos al vacío, casi no necesitan espacio.

Pero a veces sentimos que una de ellas
se despierta en nosotros, nos despierta,
nos lleva a algo más que el sentido,
aunque a veces también hacia algo menos.

Señales que nos marcan el tiempo,
estricto laberinto hacia nada.
O tal vez hacia alguna salida
que no tiene señales.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Escaliers (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



Illustration: Maurits Cornelis Escher
    
Escaliers qui ne montent ni ne descendent,
qui ne mènent ni vers en haut ni vers en bas,
escaliers horizontaux
qui préservent simplement
leur nature d’être escaliers.

Leurs marches reflets
n’aident aucun pied
ni ne collaborent avec aucune hauteur.
Et même, elles n’existent qu’à la hauteur où elles sont.
Escaliers pour aller vers le centre.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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Ces pas qui nous mènent (Frédérique Archimbaud)

Posted by arbrealettres sur 20 novembre 2018



Illustration
    
Ces pas qui nous mènent
(extraits)

Un forsythia
dans le printemps
se souvient de l’enfant
qui prenait la pose
le gilet de mailles bariolées
les pantalons usés
où scintillent encore quelques fleurs
le jaune d’or et de miel
de l’arbuste fraîchement éclos
tricotent pour l’enfant un théâtre
de sourires de dents blanches
qu’une photographie
a volé
au temps.

(Frédérique Archimbaud)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Numéro 128 de la revue Friches
Traduction:
Editions: Revue Friches

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POÉSIE I (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



 

POÉSIE I

Poésie
Tu nous mènes
vers la substance du monde

Lacérant en poèmes
le bandeau des mots

Rompant leur cartilage
Dénonçant leurs lézardes

Questionnant la clairière
Cernant tout le brasier.

(Andrée Chedid)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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Ne quémande rien (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2018




    
Ne quémande rien. N’attends pas
D’être un jour payé de retour.
Ce que tu donnes trace une voie
Te menant plus loin que tes pas.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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