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Poésie

Posts Tagged ‘fil’

Mots (Nizar Qabbani)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2023



Illustration: Oleg Zhivetin
    
Mots

Il me fait entendre
quand il danse avec moi…
des mots…
qui ne ressemblent pas à des mots
il me saisit
par le bras
me plante
dans l’un des nuages
et dans mes yeux
tombe la pluie noire
averse …
averse

il m’emporte avec lui…
il m’emporte
vers un soir de balcons roses
et moi comme une enfant dans ses mains
comme une plume… portée par la brise
il apporte pour moi…
sept lunes dans ses mains
et un bouquet de chansons
il m’offre un soleil.
Il m’offre…
un été…
un troupeau d’hirondelles…

il m’informe…
que je suis sa merveille
que je vaux…
des milliers d’étoiles
que je suis un trésor…
et que je suis…
le tableau le plus beau qu’il ait jamais vu
il raconte…
des choses qui me font tourner la tête
me font oublier le tintamarre de la musique
me font oublier…
la piste…
et les pas
des mots
qui retournent sens dessus-dessous mon histoire…
qui me font femme en quelques instants
une autre femme…
en quelques instants…

Il me fait entendre quand il danse avec moi…
des mots…
qui ne ressemblent pas à des mots
il me laisse…
perdue pendant des heures…
il me laisse
m’amuser avec un fil
un fil dont les noeuds sont serrés
un fil fait de cauris
un fil fait de mots
il me laisse
au milieu du drame…

je ressasse…
je ressasse…
les mots
avec moi rien…
que…
les mots

***

(Nizar Qabbani)

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

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LE FIL DES JOURS (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2023




    
LE FIL DES JOURS

Tu tisses le voile noir
Du deuil
Sur le voile
Des naissances

Brèves sont nos années
Injuste le temps de vie
Le fil des jours
Se trame
Le rideau s’ouvre
Je m’anime d’exister
Et renais
À chaque aube

J’apprends à vivre
Dans la durée
Parfois austère
Parfois trop sage

Tantôt alerte
Tantôt espiègle
Tantôt ardente
J’attise mes jours
De passion.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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Extrêmement se perdre aux bornes de soi-même (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2023




    
Extrêmement se perdre aux bornes de soi-même
Grâce au fil qui nous fut donné
Aboutira peu loin mais c’est le seul extrême
Permis par un monde borné.
Si dans sa propre nuit le voyageur s’enfonce
Il n’en peut atteindre le bout.
Un sphinx garde la porte et ne donne réponse
Autre que ses yeux de hibou.

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Clair-obscur
Traduction:
Editions: Points

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En équilibre sur le fil (Thierry Cazals)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2022



en équilibre sur le fil
« ici-même »
et
« tout de suite »
sont les deux seuls contrepoids
de ton balancier

(Thierry Cazals)

Illustration: Alain Chayer

 

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Je cherche (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



Illustration: Alain Chayer
    
Je cherche
ce que nous cherchons tous
Nella
la pureté

Oui tous nous la cherchons
cette chose sans prix
cette chose si pauvre
que le mot de pureté
est encore bien trop riche
pour la dire
et qu’il vaut mieux le remplacer
par celui de bonté
ou mieux encore par celui de
légèreté

Je cherche la légèreté Nella
celle du funambule

Comment faire comment être
De quel pas aller
sur le fil tendu de l’âme

J’avance quand même
peu mais j’avance
et beaucoup grâce à vous

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Un tremblement de l’esprit (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022




    
Au tout début de cette lettre
une mouche est venue par la fenêtre
s’est égarée dans la maison
Elle se cognait partout
aux murs aux lampes aux vitres
perdant de ses forces de son allure
à bout de souffle à bout de songe
Enfin elle a trouvé
la faible ouverture d’une porte
entrebâillée
et d’un seul coup l’infini
le grand large le ciel fin

Eh bien Nella je suis dans le monde
comme cette mouche dans la maison
Je perds mes forces mon goût
je cherche partout un passage
une lisière une source
une parole aussi ample qu’un ciel
un amour aussi grand que l’amour
et quand je retrouve ma solitude
qui n’est pas une solitude
qui n’est pas un abandon un oubli
une perte
qui est un don une flamme
une aurore

Oui quand je retrouve ma solitude
je suis comme cette mouche
à l’instant du passage de la porte
rendu à l’abondance
rendu au calme au clair
et plus rien devant moi que Dieu
qui peut-être existe peut-être n’existe pas
plus rien devant moi
que la fleur immaculée de vivre
baignée d’air pur
Un tremblement de l’esprit
comme d’un linge sur un fil

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Ma solitude (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 29 novembre 2022




    
Ma solitude est partout dans le monde
bien avant d’être en moi

Elle est dans cet homme qui passe avec son chien
elle est cet homme elle est ce chien
Elle est dans le chant de la pluie contre la vitre
Elle est ce chant elle est cette pluie elle est cette vitre
Elle est dans ce linge sur un fil tout au fond du jardin
cette lumineuse ondulation d’un drap blanc sur un ciel bleu
elle est ce fil elle est ce drap elle est ce ciel

Ma solitude je ne la reconnais vraiment
que lorsqu’elle vient vers moi
se jeter dans mes bras me raconter rieuse
ce qu’elle a fait dans la journée
qui elle a vu qui l’a blessée

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Nous sommes trois (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Nous sommes trois : un chat blanc dans les lointains du parc,
rôdant avec un regard en dessous, un écureuil sur une branche basse du tilleul,
interrompant sa toilette matinale pour surveiller le chat qui vient de se figer,
et moi qui regarde les deux autres.
Entre nous trois, un fil invisible est tendu.
Personne ne bouge.
Puis tout se dénoue : le chat s’éloigne d’un pas fatigué,
l’écureuil se frotte les oreilles
et je commence à écrire sur cette communauté d’attention que nous avons formée, hors du temps.

(Christian Bobin)

 

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C’est dur d’en faire un poème! (Michel Ménaché)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2022




    
C’est dur d’en faire un poème!

Tous les enfants de la terre
n’ont pas cueilli les mêmes fleurs
reçu les mêmes caresses
appris les mêmes chansons

Certains sont même non loin d’ici
les derniers esclaves cachés au grand jour
qui sèment dans les rizières
récoltent le café grain à grain
talons dans la poussière accroupis
tirent tous les fils de tapis moelleux
couleurs en fête
qu’on admirera bientôt aux étals
du luxe à vendre et à revendre
ou encore ventre creux loqueteux
leurs mains nues retournent
les décharges immondes
à la recherche d’éclats d’étoile

Dans le ventre des ténèbres
d’autres enfants au visage blafard
s’enfoncent dans des trous avides
pour en arracher l’or et le cuivre
qui brilleront bientôt sous les néons
des villes-lumière
Certains jamais ne voient le soleil…

Cela ne s’invente pas
cela n’est pas une histoire
C’est dur d’en faire un poème!

(Michel Ménaché)

Recueil: La révolte des poètes
Traduction:
Editions: Livre de poche Jeunesse

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ARBRES (Venus Ixchel Mejia)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2022



Illustration: Georgia O’Keefe
    
Poem in French, Italian, German, Greek, Portuguese, Romanian, Icelandic and in
Albanian, Arabic, Armenian Bangla, Bosnian, Catalan, Chinese, Farsi, Hebrew,
Hindi, Indonesian, Irish, Japanese, Kiswahili, Kurdish, Polish, Russian, Serbian,
Sicilian, Tamil
Georgia O’Keefe, USA 1887-1986
Poem of the Week Ithaca 741 “Trees” VENUS IXCHEL MEJIA,
HONDURAS
– All Translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

ARBRES

Dans cette ville bruyante
on a enfermé les arbres
derrière des barreaux de béton.
Depuis ma fenêtre
je vois comment leurs branches
tentent d’atteindre la vibration d’un miroir
que drape le vent endormi.
C’est pourquoi
durant un moment encore
je garde en moi l’image de leurs feuilles
et dors sur le fil d’un poignard
jusqu’à épuisement de la nuit.

(Venus Ixchel Mejia)

, Honduras (1979)

Traduction: Elisabeth Gerlache

***

ALBERI

In questa città sconfitta
gli alberi sono stati imprigionati
con sbarre di cemento.
Dalla mia finestra
vedo i loro rami cercare di raggiungere
uno specchio tremante che racchiude
il dormire del vento.
È per questo,
che ancora conservo il ritratto delle loro foglie
in un’ora sospesa;
e dormo sul filo di un pugnale
finché dissolta non sia la notte.
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Traduzione di Luca Benassi

***

BÄUME

In dieser lärmenden Stadt
wurden die Bäume eingesperrt
mit Stäben aus Beton.
Von meinem Fenster aus
sehe ich wie ihre Zweige versuchen
das Zittern eines Spiegels zu erreichen,
umschlossen vom schlummerden Wind.Das ist der Grund,
dass während einer stillen Stunde
ich noch das Bild ihrer Blätter bewahre
und auf der Klinge eines Dolches schlafe,
bis sich die Nacht erschöpft
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Übersetzung: Germain Droogenbroodt –Wolfgang Klinck

***

ΔΕΝΤΡΑ

Στην πόλη αυτή των χτυπημάτων
τα δέντρα φυλακίζονται
μες στα τσιμέντα
διακρίνω απ’ το παράθυρο μου
τα κλαδιά ν’ απλώνονται
προς τον καθρέφτη που τρέμει
αντικαθρεφτίζοντας τον άνεμο.
Γι’ αυτό διατηρώ
το πορτραίτο των φύλλων
σε μια κρεμάμενη ώρα
και κοιμούμαι στην άκρη του μαχαιριού
ώσπου να ξημερώσει.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek: Manolis Aligizakis

***
ÁRVORES
Nesta cidade que pulsa,
as árvores foram encarceradas
com barrotes do concreto.
Da minha janela,
vejo os seus ramos tentando alcançarum trémulo espelho que envolve
o vento adormecido.
Por isso,
conservo ainda o retrato das suas folhas
numa hora suspensa;
e durmo sobre a ponta de um punhal
até que a noite termine.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Tradução portuguesa: Maria do Sameiro Barroso

***
COPACI
În orașul care bate,
toți copacii au fost închiși
după gratii de beton.
De la geam văd ramuri
încercând să atingă
freamătul de oglindă
ce veghează vântul adormit.
Astfel, eu pun la păstrare
chipul frunzelor plutind
peste ora supendată
și pe muchia de cuțit
dorm până ce noaptea se destramă.
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
Translation into Romanian: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

TRÉ

Hérna í barsmíðaborginni
hafa trén verið lokuð inni
í steinsteyptum fangelsum.Frá glugganum mínum
sé ég greinar þeirra teygja sig
í skjálfandi spegil sem lykur um
sofandi vindinn.
Þess vegna
geymi ég enn mynd af laufi þeirra
í biðtíma
og sef á rýtingsegg
uns nóttin leysist upp.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondúras (1979)
Translation into Icelandic: Thor Stefansson

***

PEMËT

Në këtë qytet të dhunshëm
pemët janë burgosur
me shufra betoni.
Nga dritarja ime
shoh degët e tyre tek përpiqen të arrijnë
një pasqyrë që dridhet, e cila erën
e përgjumur rrethon tani.
Ja përse
unë ende e ruaj portretin e gjetheve të tyre
në një orë pezull
dhe pranë një kame fle
derisa të tretet nata e thellë.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation into Albanian: Irma Kurti

***

ش َجار
َأ
ِفي َه ِذ ِه المَ ِدينة التي لا َت َنام
َت
ْش َجا ُر ِبقض َبا ٍن ِمن الإ ْس َمن
َلأ
ُت ْس َج ُن اِتي
َذ
َف
ِا
َن
َرى ِمن
َأ
ن َت ِص َل ِإلى ِمرآ ٍة غير
َأ
ُ ل
ِو
ْغ َصا ُنها َو ِهي ُت َحا
َأ
مة
ِئ
ِبالرياح ال َنا
ًيط
ِح
ُت
ٍة
َح
ِض
َوا
قة
َّل
َُلمع
و َرا ِقها ِفي َسا َع ِتي ا
َأ
ُصورة
ِب
ُظ
ِف
حت
َأ
ُت
ل
ِز
ذلك َما
ِل
ٍر
َج
ْن
ِخ
ِة
َف
ى َحا
َل
َع
ُم
َنا
َأ
َو
لى َأن َي ُذو َب اللي ُل
ِإ
قينوس اتشيل ميخيا ( ،)VENUS IXCHEL MEJIAالهندوراس ()1979
ترجمة للعربية: عبد القادركشيدة
Translation into Arab: Mesaoud Abdelkader

***

Ծառերը

Պարտությունների այս քաղաքում
ծառերը բանտարկված են
բետոնե ձողերով։
Իմ պատուհանից
ես տեսնում եմ ճյուղերը, որոնք ձգտում են
դեպի դողացող հայելին
որ պարփակում է քնած քամուն:
Ահա թե ինչու
ես դեռ պահպանում եմ նրանց տերևների դիմանկարը
սահմանափակ ժամում
ու քնում եմ դաշույնի եզրին
մինչև գիշերը կլուծվի մթության մեջ:
Վենուս Իքսչել Մեջլա, Հոնդուրաս (1979)
Թարգմանությունը Գերման Դրոգենբրոդտի
Հայերեն թարգմանությունը Արմենուհի Սիսյանի
Translated into Armenian by Armenuhi Sisyan

***
বৃক্ষ
এই শহরে বৃক্ষরেে
হৃেস্পন্দন হর়ে গেরেবন্ধি
কংন্ধিরেে অন্তো়ে
আমাে জানালা হরে
গে গেখরে পাই ওরেে শাখা-প্রশাখাো করে গেষ্টা
স্পরশেে েরে
একটি কম্পন েে আ়েনা ো করে
বি
ন্ধনদ্রােে বাোস ।
এই কােরে
আন্ধম গে এখরনা গেরখন্ধে
োরেে পাোে প্রন্ধেকৃ ন্ধে
একটি স্থন্ধেে প্রহরে
আে আন্ধম োই গে ঘুন্ধমর়ে একটি
েুন্ধেে প্রারন্ত
েেক্ষে না োন্ধি হ়ে ন্ধবলীন
ভেনাস ইক্সচেল ভেজিযা, হন্ডু রাস (১৯৭৯)
অনুবাে জারমেইন ড্রুরজনব্রুডে
Translation into Bangla: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***
DRVEĆA
U ovom gradu batina
Drveće je zatvoreno
Sa betonskim šipkama.
Sa mog prozora
Vidim kako im grane pokušavaju doći
Drhtavo ogledalo koje zatvara
Vetar koji spava.
Zato
Još uvijek čuvam portret njihovog lišća
U suspendovanom satu
I spavam na ivici bodeža
Dok se noć ne rastvori.VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979.)
Prijevod na bosanski: Maid Čorbić

***
ARBRES
En aquesta ciutat de batecs,
els arbres han estat empresonats
amb barrots de concret.
Des de la meva finestra
veig les seves branques intentant assolir
un tremolor de mirall que amaga
el vent adormit.
Per això,
conservo encara el retrat de les fulles
en una hora suspesa;
i dormo sobre el tall d’un punyal
fins que no s’esgota la nit.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondures (1979)
Traducció al català: Natalia Fernández Díaz-Cabal

***

树 木
在这挫败的城里
这些树木已用混凝土棒
囚禁起来。
从我的窗口
我看到它们的树枝试图伸到
一个附着沉睡的风的颤抖
的镜子前来。那就是为什么,
我在暂停的一小时内仍然保留着
它们的叶子的肖像的原因;
而我睡在匕首的边上
直到夜色消融。
原作:洪都拉斯 维纳斯·伊克舍尔·梅西亚( 1979)
英译:比 利 时 杰曼·卓根布鲁特
汉译:中 国 周道模 2022-7-17
Translation into Chinese: Willam Zhou

***
درختان
در ضرب و شتم شهر
درختان زندانی شدهاند
با میلههای بتونی.
از پنجرهام
شاخههایشان را میبینم که
سعی میکنند به آینهایی لرزان برسند
که باد خفته را در برمیگیرد.
برای همین است
من پرترهیی از برگهایشان نگه میدارم
در یک ساعت معلق؛
و بر لبهی خنجر میخوابم
تا شب تمام شود.
ونوس ایکسچل میجا، هندوراس، ۱۹۷۹
ترجمه از سپیده زمانی
Translation into Farsi: Sepideh Zamani

***
ૃવ
ક્ષો
હારેલા શહેરમાાં
સિમેન્ટ ના િળિયા િાથેૃવ
ક્ષોકેદીબનીગયાછે.
મારીબારીમાાંથી
હાંજોઈરહ્યોછાંકેતેનીડાિીઓપહોંચવાનોપ્રયત્નકરીરહીછે
ધ્રજતોઅરીિોકેજેસતેલપવનિાથે
બીડાયેલછે.
એટલામાટેજ
હાંહજતેનાપાાંદડાનીપ્રસતકૃસતસનલાંળબતકલાકોમાાં
િાચવીરહ્યોછાં
અનેહાંકટારીનીધારપરસતોછાં
જયાાંસધીરાતસવલીનનાથઇજાય.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation in Gujarati: Dr Nirali Soni

***
עצים / ונוס איקשל צקג’ייה, הונדורס נ’ 1979
VENUS IXCHEL MEJIA, HONDURAS (1979)
בְּ עִ יר זו שֶׁ ל תְּ בוּסָ ה
הָ עֵ צִ ים נִכְּ לְּ אוּ
בְּ סו רְּ גֵי בַּ רְּ זֶׁל.
מֵ חַּ לּו נִי
אֲנִי רו אָה אֶׁ ת עֲנְּפֵ יהֶׁ ם מְּ נַּסִ ים לֶׁאֱח ז
מַּ רְּ אָה רו עֶׁ דֶׁ ת אֲשֶׁ ר סו גֶׁרֶׁ ת
אֶׁ ת הָ רוּחַּ הַּ נָמָ ה.
זו הַּ סִ בָ ה,
שֶׁ אֲנִי עֲדַּ יִן נו צֶׁ רֶׁ ת אֶׁ ת דְּ יו קָ ן עֲלֵיהֶׁ ם
בְּ שָ עָ ה מֻשְּ הֵ ית;
וַּאֲנִי יְּשֵ נָה עַּ ל קָ צֶׁ ה שֶׁ ל פִ גְּ יו ן
עַּ ד הִ תְּ פו גֵג הַּ לַּּיְּלָה.תרגום לאנגלית: ג’רמיין דרוגנברודט
תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
הציור של גיאורגיה או’קפה (ארה »ב 1887-1986
Translation into Hebrew: Dorit Weisman

***
पेड़
पिटाई के इस शहर में
िेड ़ों क कै द कर पिया गया है
क़ों क्रीट की सिाख ़ों के िीछे ।
मेरी खखडकी से
मैं देखता ह़ों पक उनकी शाखाए़ों िह़ोंचने की क पशश कर रही हैं
एक का़ोंिता हआ दिपण
ज बा़ोंधता है
व्यािक हवा।
इसीपिए
मैं अब भी उनके ित् ़ों का पचत्र रखता हूँ
एक पनि़ोंपबत घ़ोंटे में
और मैं ख़ोंजर के पकनारे स ता हूँ
रात समाप्त ह ने तक।
वीनस इक्सेल मेजिया, ह ़ोंडुरास (1979)
ज्य पतमपय ठाकु र द्वारा पह़ोंदी अनुवाद l
Translation into Hindi: Jyotirmaya Thakur.

***
PEPOHONAN
Di kota yang tak henti berdenyut
pepohonan terpenjara
oleh balok beton.
Dari jendelaku
kulihat cabang pepohonan mencapai
cermin yang bergeletar menutupi
angin yang tidur.Itulah mengapa
potret daun masih kusimpan
pada jam yang ditangguhkan
dan aku tidur di ujung belati
sampai malam larut.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation into Indonesian: Lily Siti Multatuliana

***
CRAINN
I gcathair seo na léastaí
tá na crainn mar a bheadh príosúnaí
taobh thiar de bharraí iarainn.
Mar radharc ó m’fhuinneog
tá gríobhán a ngéaga
mar scatháin bhriste
faoi anáil fhuar na hoíche.
Coimeádaim im shúil
an fhís reoite seo:
Mo bhigil gan scíth
mar fhaobhar ar scian.
VENUS IXCHEL MEJIA, Hondúras (1979)
Leagan Gaeilge le Rua Breathnach
Translation into Irish (Gaelic): Ruaidhri Breathnach

***
木々
この暴力の街で
木々はコンクリート格子の牢獄に入れられている
わたしの窓からは
眠りの風を包み込む
震える鏡にたどり着こうと
木々が枝々を伸ばそうとしているのが見える
だからわたしは今でもその木々の葉の絵を
とまった時間の中で持ち
そして夜が明けるまで
短剣の葉の上で眠るのだ
ビーナス・イクスシェル・メイヤ(ホンジュラス)
Translation into Japanese: Manabu Kitawaki

***

MITI

Katika mji huu wa kupigwa
miti imefungwa jela
na mawe ya simiti.
Kutoka kwa dirisha langu
Naona matawi yanajaribu kufikia
kioo kinachotetemeka ambacho hufunga upepo wa usingizi.
Ndio maana bado naweka picha ya majani yao
katika saa lililosimamishwa
na ninalala kwenye ukingo wa jambia mpaka usiku unayeyuka.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Watafsiri na Bob Mwangi Kihara.
Translation into Kiswahili: Bob Mwangi Kihara

***

DAR

Li vî bajarê şingênî
dar bi dîrakên
bêtonê tên girtin.
Di pencera xwe re
ez dibînim çawa pîkên wan hewldidin
hejandina neynikê berpabikin
ên bi bayê xulmaş dorpêçkirî.
Ev e sedema,katijmêreke hêminîyê,
ku ez hîn wêneya pelan diparêzim
û li ser tîxa xencerekê radizêm,
ta şev wê vedike.
VENUS IXCHEL MEJA, 1979, Honduras
Translation into Kurdish: Hussein Habasch
***
DRZEWA
W tym hałaśliwym mieście
drzewa uwięziono
kratami z betonu.
Z mojego okna
widzę jak ich gałęzie próbują dosięgnąć
drżącego zwierciadła, które zawiera w sobie
uśpiony wiatr.
Oto dlaczego
ciągle zachowuję obraz ich liści
w zatrzymanej godzinie;
i sypiam na ostrzu sztyletu
dopóki nie rozpłynie się noc.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Translation to Polish: Mirosław Grudzień – Anna Maria Stępień

***
ДЕРЕВЬЯ
В этом городе шумном
деревья заточены
в бетонные тюрьмы.
Из моих окон
видно, как ветки
хотят дотянуться до ряби зеркал,
в них заключен уснувший ветер.Поэтому
я в тишине
еще храню портреты их листьев
и сплю на острие кинжала,
пока не выдохнется ночь.
ВЕНУС ИЧЕР МЕХИЙЯ, Гондурас (1979)
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian: Daria Mishueva

***
ALVURES
In custa tzitade ‘inta
sos àlvurs sunt istètios impresonados
cum tressas de cimentu.
Dae sa ventana mia
bio sas naes issoro chilcare de lomper
a un’isprigu in tremuleu ch’inserrat
su dromire de su ‘entu.
Est pro custu,
chi galu istùgiu su retratu de sas fozas issoro
in d-un’ora suspèndida;
e dromu in su filu de unu punzale
fintas a candu isvanessida no sea sa note.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Traduzione di Germain Droogenbroodt – Luca Benassi

***
DRVEĆE
U gradu punom nasilja
drveće je uhapšeno
i zatvoreno u kaveze
napravljene od betonskih šipki.
Sa mog prozora
vidim mu grane kako pokušavajuda dopru do drhtavog ogledala
oko spavajućeg vetra.
Zbog toga
čuvam portret njihovog lišća
u prostranstvu vremena
a ja spavam na oštrici kame
dok se noć ne rastopi.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
S engleskog prevela S. Piksiades

***
ARBURI
Nta sta città di vastuniati
Li arburi sunnu mpriggiunati
Cu blocchi di cimentu.
Dâ me finestra
Viju i so rami ca cercanu di spincirisi
Versu lu trimanti specchiu ca rinchiudi
lu ventu addurmisciutu.
Pi chissu
Tegnu lu ritrattu dî so fogghi
Nta na ura suspisa,
E dormu supra lu tagghiu d’un pugnali
Finu a quannu la notti si dissolvi.
VENUS IXCHEL MEJIA, Honduras (1979)
Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***
மரங் கள்
தாளங்களின் இந்த நகரில்
கான்க்ரீட் பாளங்களால்
மரங்கள் சிறைப்படுத்தப் பட்டுள்ளன
எனது ஜன் னலிலிருந்துதூங்கும் காை்றினால் அறைக்கப் பட்ட
மரக்கிறளகள்
நடுங்கும் கை் ைாடிறைப்பபால!
அதனால்தான்
நான் அறைகளின் இறலகளின்
படத்றத இன்னும் றைத்திருக்கிபைன்
ததாங்கும் பநரத்தில்
நான் ஈட்டி முறனயில் தூங்குகிபைன்
இரவு மறையும் ைறர!
VENUS IXCHEL MEJÍA, Honduras (1979)
ஆக்கம் தமாழிமாை்ைம்
Translation into Tamil: DR. N V Subbaraman
Recueil: ITHACA 742
Editions: POINT
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