Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘partout’

LA DOUBLE MÉPRISE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



LA DOUBLE MÉPRISE

Cloaque partout,
et la vie c’est donc: patauger, disait Elvire.
Quand elle leva pour la première fois le regard vers les étoiles : merveilles partout,
et la vie c’est donc planer, disait Elvire.
Mais non, mais non, Elvire, tu te trompes encore.

(Norge)

Publicités

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Reflet des choses (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Reflet des choses

Je suis le reflet des choses;
Je ris jusqu’au bout des doigts.
Je ne suis ni vert ni rose,
Je suis vous et je suis moi.

Hé! je me métamorphose
Parfois en petit Chinois,
Je suis le reflet des choses;
Je ris jusqu’au bout des doigts.

Oui, je ris, je ris sans cause
De tout, de vous et de moi.
Jamais je ne me repose.
Je luis partout à la fois.
Je suis le reflet des choses.

(Maurice Carême)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Des frères partout (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



Illustration: Gao-Xingjian
    
Oui, des frères partout.
(Je le sais, je le sais!)

Ils sont seuls comme nous.
Palpitants de tristesse.

La nuit, ils nous font signe!

(Jules Laforgue)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Perpetuum mobile (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2018



 

Andrey Remnev  (30) [1280x768]

Perpetuum mobile

Pour toutes les jeunes filles
de tous les âges
qui parcourent

les rues de cette ville
en silence ou en caquetant
posant

un pied
devant l’autre
un deux

un deux elles
s’arrêtent parfois devant
une vitrine et

reforment la ligne
depuis ici
jusqu’en Chine partout

de long en
large et de long en large
et de long en large

***

Perpetuum mobile
To alf the girls
of all ages
who walk up and down on

the streets of this town
silent or gabbing
putting

their feet down
one before the other
one two

one two they
pause sometimes before
a store window and

reform the fine
from here
to China everywhere

back and
forth and back and forth
and back and forth

(William Carlos Williams)

Illustration: Andrey Remnev

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vers le milieu l’après-midi (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2018




    
Vers le milieu l’après-midi, un silence s’est fait partout dans le pré.
Le ciel soudain a pâli comme quelqu’un qui on vient d’annoncer une mort.
Il n’y avait plus rien. Et puis tout s’est rallumé.

C’est quelque chose qui arrive très souvent,
vers le milieu de l’après-midi.
On ne le remarque guère.

Il faut être prisonnier ou malade,
ou assis devant une table, en train d’écrire, pour s’en apercevoir :
l’étoffe du jour est trouée.

Par les trous on voit le diable
— ou, si vous préférez ce mot plus
calme : le néant.

Il y a un instant où le monde est laissé seul.
Abandonné.

C’est comme si Dieu retenait son souffle.
Un intervalle de néant entre deux domaines de la lumière

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

SOUS LE CERISIER BLANC (Christophe Langlois)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018



Illustration: Emile Eisman-Semenowsky  
    
SOUS LE CERISIER BLANC

Un temps de désir sans nom
un temps de dôme
et d’attente nue
un temps lavé par les vents

une heure de solitude peut-être ?

une heure de regard perdu sous mes rosiers de nuit

le Bien-Aimé me tourne alors, me serpente, me parcourt
me crie grâce de jurer son amour
pour n’être plus moi-même
que cette passion qui entoure

le serment seul est vivifiant
en prière d’être partout
ce qui regarde
ce qui attend

(Christophe Langlois)

 

Recueil: L’amour des longs détours
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le centre est là (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




Le centre est là
partout qui manque,
et le poète,
avec ses paroles qui s’avancent et se reprennent,
qui repartent,
ne pourrait que former,
comme une marguerite,
une couronne,
qui se déploierait alentour du pressenti
oeuf d’or, trop éblouissant
pour que jamais
il se puisse voir.

(André Frénaud)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Traverser le vide? (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Traverser le vide?

Innocent,
Tu veux rire!

Tu as dit déjà
Qu’il est toujours partout.

Simplement,
Tu as parfois le sentiment

Qu’il est lui-même
Affecté de vacance,
Ici ou là.

Et c’est sans doute
Quand véritablement

Vous formez un couple
A l’unisson.

(Guillevic)


Illustration: Jérôme Guilbot

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Je voudrais (David Herbert Lawrence)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Illustration: Gilbert Garcin
    
Je voudrais qu’il fasse partout obscur
sur moi, au-dehors, lourdement obscur
absolument.

***

I wish it would be completely dark everywhere,
inside me, and out, heavily dark
utterly.

(David Herbert Lawrence)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Lorand Gaspar et Sarah Clair
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

RETOURS (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Brad Kunkle Third-Sleep_lrg_web

RETOURS

I
Ainsi nous revenons
Les lieux sont les mêmes
Les événements différents
Et il y a tant d’absence
Nous reconstituons les scènes
Sans retrouver leur essence
Il y a de la nostalgie
La peine existe aussi
Sommes-nous revenus
Pour effacer du passé
Mettre fin à des époques
Intérieures
Antérieures
N’être plus là
Arriver enfin ici
Y être maintenant
Déjà passés aussi
Vers où

II
Il n’y a que ton silence
Tout partout
Ou bien au fond de moi
Il dit les mots d’avant
Les redit
Je l’entends
Je me tourne et ne te vois
Ma main n’atteint rien
N’étreint rien
Que le vide
Qui crie
Et qui croît
Dis-moi
Comment on arrive
À faire taire
La vie

(Bernard Pozier)

Illustration: Brad Kunkle

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :