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Poésie

Posts Tagged ‘partout’

Traverser le vide? (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



Traverser le vide?

Innocent,
Tu veux rire!

Tu as dit déjà
Qu’il est toujours partout.

Simplement,
Tu as parfois le sentiment

Qu’il est lui-même
Affecté de vacance,
Ici ou là.

Et c’est sans doute
Quand véritablement

Vous formez un couple
A l’unisson.

(Guillevic)


Illustration: Jérôme Guilbot

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Je voudrais (David Herbert Lawrence)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Illustration: Gilbert Garcin
    
Je voudrais qu’il fasse partout obscur
sur moi, au-dehors, lourdement obscur
absolument.

***

I wish it would be completely dark everywhere,
inside me, and out, heavily dark
utterly.

(David Herbert Lawrence)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Lorand Gaspar et Sarah Clair
Editions: Gallimard

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RETOURS (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



 

Brad Kunkle Third-Sleep_lrg_web

RETOURS

I
Ainsi nous revenons
Les lieux sont les mêmes
Les événements différents
Et il y a tant d’absence
Nous reconstituons les scènes
Sans retrouver leur essence
Il y a de la nostalgie
La peine existe aussi
Sommes-nous revenus
Pour effacer du passé
Mettre fin à des époques
Intérieures
Antérieures
N’être plus là
Arriver enfin ici
Y être maintenant
Déjà passés aussi
Vers où

II
Il n’y a que ton silence
Tout partout
Ou bien au fond de moi
Il dit les mots d’avant
Les redit
Je l’entends
Je me tourne et ne te vois
Ma main n’atteint rien
N’étreint rien
Que le vide
Qui crie
Et qui croît
Dis-moi
Comment on arrive
À faire taire
La vie

(Bernard Pozier)

Illustration: Brad Kunkle

 

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PARTOUT ON TUE (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018



 

PARTOUT ON TUE

A quoi servirait-il de fuir ?
Partout on tue, on incarcère.
Le monde est lassé à mourir
De tant de haines et de guerres.

Et l’on a beau scruter le ciel,
Chercher derrière les nuages
Une lueur providentielle,
Rien que la nuit, que les orages.

Et l’on a beau vouloir parler
A cœur franc de ce qui nous hante.
La crainte nous serre le ventre,
Et personne n’ose parler.

Et l’on a beau vouloir crier
Qu’on a les pieds, les mains liés.
Comme personne ici ne crie,
On se tait par humilité.

(Maurice Carême)

Illustration: David Olère

 

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Présent, Passé, Avenir (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Présent, Passé, Avenir

Un instant, au passé, mon œil vague s’adresse.
Le présent le poursuit. Il ne peut se poser
Sur de vieux souvenirs. Non, il ne peut oser.
Le présent qui revient le tourmente sans cesse.

Le présent, le présent… toujours me tient en laisse.
Partout il me coudoie ! Je le vois aiguiser
Ses épines, hélas… promptes à m’inciser.
Il m’ôte tout espoir. Il me met en détresse.

Mais malgré la torture, il ne peut me ravir.
– Tout s’accomplit comme il est écrit – l’avenir!
L’avenir m’aidera sur mon chemin d’épines.

En l’avenir se glorifie l’être souffrant.
Me montrant le chemin, c’est toi qui m’illumines,
Avenir! Tous les deux, nous irons de l’avant.

(Attila Jozsef)

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Buvais-je à pleine goulée (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



Illustration: Robert Auer
    
Buvais-je à pleine goulée
ce rouge vin que tes mains –
tes mains qui serraient
gorge, coeur, tout le corps, –
répandaient partout,
y compris dans la bouche ?

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Dormir sept ans
Traduction:
Editions: De la Différence

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La peau fleurit (Philippe Sollers)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



La peau fleurit

La beauté d’une femme désirée augmente,
celle d’une femme non seulement désirée mais aimée
rejaillit partout comme une apparition d’au-delà.

Les petits signes de tendresse accompagnent le phénomène,
une lumière nouvelle passe dans les yeux, les lèvres, les doigts.

Ada pose des baisers légers sur mon front, mes mains, mes oreilles.
Elle s’attarde sur mes pieds, mes épaules, mon cou.
Je viens de mourir, elle m’aime encore.

Malheureux celui qui ne s’est pas fait aimer comme un mort.
Il y a un mot pour cela : délicatesse.

C’est profond, intime,
et à fleur de peau.
La peau fleurit,

(Philippe Sollers)

Découvert ici: http://cetairderien.com/

Illustration: Luis Falero 

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La Solitude (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
La Solitude

Je l’ai trouvée devant ma porte,
Un soir, que je rentrais chez moi.
Partout, elle me fait escorte.
Elle est revenue, elle est là,
La renifleuse des amours mortes.
Elle m’a suivie, pas à pas.
La garce, que le Diable l’emporte !
Elle est revenue, elle est là

Avec sa gueule de carême
Avec ses larges yeux cernés,
Elle nous fait le cœur à la traîne,
Elle nous fait le cœur à pleurer,
Elle nous fait des mains blêmes
Et de longues nuits désolées.
La garce ! Elle nous ferait même
L’hiver au plein cœur de l’été.

Dans ta triste robe de moire
Avec tes cheveux mal peignés,
T’as la mine du désespoir,
Tu n’es pas belle à regarder.
Allez, va t-en porter ailleurs
Ta triste gueule de l’ennui.
Je n’ai pas le goût du malheur.
Va t-en voir ailleurs si j’y suis !

Je veux encore rouler des hanches,
Je veux me saouler de printemps,
Je veux m’en payer, des nuits blanches,
A cœur qui bat, à cœur battant.
Avant que sonne l’heure blême
Et jusqu’à mon souffle dernier,
Je veux encore dire « je t’aime »
Et vouloir mourir d’aimer.

Elle a dit : « Ouvre-moi ta porte.
Je t’avais suivie pas à pas.
Je sais que tes amours sont mortes.
Je suis revenue, me voilà.
Ils t’ont récité leurs poèmes,
Tes beaux messieurs, tes beaux enfants,
Tes faux Rimbaud, tes faux Verlaine.
Eh ! bien, c’est fini, maintenant. »

Depuis, elle me fait des nuits blanches.
Elle s’est pendue à mon cou,
Elle s’est enroulée à mes genoux.
Partout, elle me fait escorte
Et elle me suit, pas à pas.
Elle m’attend devant ma porte.
Elle est revenue, elle est là,
La solitude, la solitude…

(Barbara)

 

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La beauté est partout (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



La beauté est partout
Même
sur le sol le plus dur
le plus rebelle
la beauté est partout
au détour d’une rue
dans les yeux
sur les lèvres
d’un inconnu
dans les lieux les plus vides
où l’espoir n’a pas de place
où seule la mort
invite le cœur
la beauté est là
elle émerge
incompréhensible
inexplicable
elle surgit unique et nue –
à nous d’apprendre
à l’accueillir
en nous

***

The loveliness is everywhere
even
in the ugliest
and most hostile environment
the loveliness is everywhere
at the turning of the corner
in the eyes
and on the lips
of a stranger
in the emptiest areas
where there is no place for hope
and only death
invites the heart
the loveliness is there
it emerges
incomprehensible
inexplicable
it rises in its own reality
and what we must learn is
how to receive it
into ours

(Kenneth White)


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Incapable de percevoir Ta forme (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018




    
Incapable de percevoir Ta forme,
Je te sens partout autour de moi,
Ta présence emplit mes yeux de Ton amour,
Elle rend mon cœur humble,
Car tu es partout…

***

You,
I find You all around me.
Your presence fills my eyes with Your love,
It humbles my heart, For You are everywhere…

(Anonyme)

Tiré du film « La forme de l’eau » (inspiré du Soufisme?) (Rûmî ? Sanaï Hakim ? … )

 

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