Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pierre’

La pierre brûlante (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



La pierre brûlante
La lampe au loin
Les dahlias calcinés
Le bonheur est dans nos mains
Depuis le premier jour.

(Jean Rousselot)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

TON FRONT SOUS MES DOIGTS (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2019



Ton front sous mes doigts,
Comme un fleuve chaleureux,
Comme le neuf aubier.
Ton front couronné de chemins
Où jamais je n’accompagne
Mon ombre.

Sous les feuilles, je cherche ainsi
La terre,
Pour que ma joie ne puisse
A droite, à gauche, s’en aller,
Pour qu’elle reste en moi
Dans ma liberté de pierre.

(Jean Rousselot)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les pierres (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    

Les pierres

Ce matin je suis descendu
vers les pierres, oh les pierres!
Et j’ai provoqué et estampé
un pugilat de pierres.

Notre Mère, si mes pas
dans le monde font souffrir,
c’est qu’ils sont les feux
d’une aurore absurde.

Les pierres n’outragent pas; ne convoitent
rien. Elles ne demandent
que de l’amour pour tous, et demandent
même de l’amour pour le Néant.

Et si certaines d’entre elles
vont tête baissée, ou sont
contrites, c’est bien
qu’elles font quelque chose d’humain…

Mais, il y a toujours quelqu’un
pour en frapper une pour le plaisir.
Ainsi, la lune est pierre blanche
que fit voler un coup de pied…

Notre Mère, ce matin
je me suis glissé dans les lierres,
en voyant la bleue caravane
des pierres,
des pierres,
des pierres…

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

JE PLONGE EN TOI… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



JE PLONGE EN TOI…

Je plonge en toi comme un forçat
Dans les douves de sa prison :
L’eau se referme et l’enracine
De tout son ventre, mais, au bord,
Dans les fusils monte en silence
La sève noire de la mort.

Qu’importe, puisqu’il est au fond
De lui-même comme une pierre
En son ciment d’éternité,
A sa belle, à sa libre étoile,
Pour la première fois couché.

Qu’importe, puisque dans ces chambres
Où l’on se jette en haletant,
Je vis en toi le seul instant
Où les choses sont dans le monde
Ce que les font mes mains aimantes !

Dehors, la salve et la curée !
Dedans, la bête se fait homme :
Je suis nageur, je suis poumon,
Je suis la vague, je suis l’air
Qui me manquera tout à l’heure
Quand je tomberai sous les coups,
Emerveillé d’avoir vu naître
Ma propre image dans ta chair.

(Jean Rousselot)

Illustration: Pascal Renoux

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les grenouilles (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2019



Les grenouilles

Elles s’en vont au loin s’accroupir sur les pierres,
Sur les champignons plats, sur les bosses des troncs
Et clignotent bientôt leurs petites paupières
Dans un nimbe endormeur et bleu de moucherons.

Emeraude vivante au sein des herbes rousses
Chacune luit en paix sous le midi brûlant ;
Leur respiration a des lenteurs si douces
Qu’à peine on voit bouger leur petit goître blanc.

Elles sont là, sans bruit, rêvassant par centaines,
S’enivrant au soleil de leur sécurité ;
Un scarabée errant, du bout de ses antennes,
Fait tressaillir parfois leur immobilité.

Les autres, que sur l’herbe un bruit laisse éperdues
Ou qui préfèrent l’onde au sol poudreux et dur,
A la surface, aux bords, les pattes étendues,
Inertes, hument l’air, le soleil et l’azur.

(Maurice Rollinat)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Agathe (Remy de Gourmont)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2019



 

Jean-Baptiste Frénet -MARTYR-D-UNE-SAINTE

Agathe

Joyau trouvé parmi les pierres de la Sicile,
Agathe, vierge vendue aux revendeuses d’amour,
Agathe, victorieuse des colliers et des bagues,
Des sept rubis magiques et des trois pierres de lune,
Agathe, réjouie par le feu des fers rouges,
Comme un amandier par les douces pluies d’automne,
Agathe, embaumée par un jeune ange vêtu de pourpre,
Agathe, pierre et fer, Agathe, or et argent,
Agathe, chevalière de Malte,
Sainte Agathe, mettez du feu dans notre sang.

(Remy de Gourmont)

Illustration: Jean-Baptiste Frénet

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pierres (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2019


mur-de-vigne-vierge09

Pierres de parement
au devant du mur
Parures du chemin et de la vigne
qui veillent dans l’humus
Hermétique adresse d’un lieu
qui attend.

(Georges Drano)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MAÇONNERIE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



 

MAÇONNERIE

Tu m’as pris
pour un homme qui voulait mourir.
Pierre indifférente, réfractaire à l’enclume la plus verte,
la terre était page, l’attente la plus
sereine avant le mot, et c’était toi,
faille où l’oeil commençait
à voir, c’était toi qui mourais,
à me garder vivant. Au-delà du mur
tu taillais la pierre,
et quand les pierres furent assez petites
pour défier la terre, tu les enfouis, voix dans l’urne,
et les brisas pour les faire
se ranimer sous tes pieds, comme si elles
chantaient, pour qu’elles me guérissent,
bestiaire exsangue
du souffle, et me coupent
de leurs arêtes vives.
Tu me fis saigner.

(Paul Auster)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ces marches de pierre (Tawara Machi)

Posted by arbrealettres sur 13 août 2019



Ne sont nullement taillées pour moi
ces marches de pierre que ne cesse
de gravir en rêve

(Tawara Machi)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Que je suis nu enfin! (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que je suis nu enfin !
Aujourd’hui je donnerai voix aux tourterelles
A l’encens à la pierre et aux vertes saisons
Prêtez-moi jour objets de la lumière
Bien disposés sur une immense nuit sans fond
Pour la laver d’erreurs essentielles
Et qu’au milieu des villes criminelles
A la recherche des cavaliers blancs
J’erre
Moi faible et qui faiblis toujours du même flanc.

(Pierre-Jean Jouve)

 

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :