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Poésie

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Ils écrivaient ce qui leur venait (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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Ils écrivaient
ce qui leur venait sous la plume

les lointains ne vivent que par signes
les pierres distillent le temps

Le désir a des vertiges d’étoiles
la mémoire ses troupeaux perdus

(Georges Bonnet)

 

 

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On trouvait au jardin (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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On trouvait au jardin trois ruches
sous les noisetiers au ras d’un escalier de pierre
l’eau claire d’un bassin
à la recherche d’un visage
Le matin une rosée maternelle
comme une main posée sur une autre main

L’agonie d’un rosier
sanglotée alentour
des outils amoncelés
qui ne vieillissent plus

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Les quolibets étaient cactus (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



 

Les quolibets étaient cactus
les injures jetaient des pierres
mais ils s’émouvaient du bleu des mers
asservi en mappemondes
ou du ciel abattu par l’étang

Les soirs de pleine lune des appels
indéfinissables pouvaient leur parvenir
d’avant le temps
quand rien n’avait de nom

(Georges Bonnet)

 

 

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D’une promenade ordinaire le dimanche (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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D’une promenade ordinaire le dimanche
il ne reste parfois
posée contre un mur
qu’une vitre brisée en araignée
des brindilles de bois mort
dans les rides d’un fossé
A la sortie de la ville
des pierres sans demeure
près d’un cimetière juste né

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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L’automne encore (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



 

L’automne encore
le drapé des champs
à l’infini la fuite des sillons
Les graines à leur métier
la friche
ses pierres saignées à blanc
dans la quiétude de la terre

(Georges Bonnet)

 Illustration: Claude David

 

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Le corps d’Eurydice (2/4) (Claude Adelen)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Certains soirs elle ne savait pas
Ce qui, d’elle, était devenu insaisissable:
Une poignée de plumes rousses
Sur le ciel lisse, où volaient les fleurs du cerisier.
Où l’atteignait, porté par quelque souffle,
Un parfum indéfinissable. Etait-ce
Le laurier rose, dont la feuille est empoisonnée?
Sinon quel souvenir, ou quel désir
Aurait meublé les couches de lumière déclinante,
Et l’espace qui était en elle ce miroir
Obscurci, ce point de fuite, une heure
Avec de légers nuages sur le ciel pâle?
Un moment du monde aurait passé:

« Reprendre le chemin qui ramène
Vers ce lieu de moi-même où tout s’apaise
Et s’équilibre, est-ce tellement difficile
Mère mauvaise? Et me fondre dans ce qui m’appelait:
La nuit accueillante où le corps ne vieillit pas. »

Une vivante. Elle a fait son deuil d’elle-même.
Elle a erré parmi les petits noms de l’amour,
Les objets familiers: beaucoup de fleurs,
D’étoffes, de bijoux, pour embellir une vivante.
Pour retenir sur elle la lumière. Et la passion?
Et le manque, et le besoin, et le plaisir?
Enfin pour finir cette chambre
Sans lit et sans miroirs, où elle se dévisageait
Un moment dans une fenêtre blanche,
Avant de se détourner tout à fait du dehors,
Respirant profondément l’odeur douceâtre
Des bouquets fanés sur la table:

« Nue dans la mémoire, comme dans l’amour,
C’est là que j’ai appris à être impitoyable
Avec ma vie, à n’être plus que du temps
Sans désir comme le soleil sur les pierres nues,
Les pages, désertées d’êtres écrites. »

Ce qui, d’elle, était devenue méconnaissable,
Une partie d’elle-même donc, sa main seulement
Ou sa personne tout entière, les concours
De ce qu’on nomme l’âme? Et beaucoup plus tard
Ce furent d’autres fleurs, celles des paulownias
Qui forment une sorte de ciel mauve
Quand le vrai ciel s’emplit de noir.
Ce qu’il faudrait, de toute urgence, ressaisir,
Elle ne savait toujours pas. – Et pourquoi
Saisir plutôt que se laisser saisir?
Elle regardait alors ces grappes de fleurs,
Respirait cette brume mauve. Elle était capable
D’en jouir. Puis le bleu plus profond
Se mettait tout autour, c’était
Un chef-d’oeuvre de tendresse,
De distraction, ou de destruction:

« Mère mauvaise, non, je n’ai pas changé ma vie.
Mais je suis revenue, parmi les miens, quel que fût
Cet inconnu qui me forçait à aimer l’amour.
Dérobée à lui-même, mes gestes mutilés,
Ceux d’une autre? Sa tête perdue. »

(Claude Adelen)

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Encore une fois le jour (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Encore une fois le jour
ses désirs de fontaines

La folie des bourgeons
Liesses et chevauchements

Les renoncements de la pierre

(Georges Bonnet)

 

 

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Le silence se répand comme une onde (Radovan Ivsic)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Le silence se répand comme une onde
autour de la pierre tombée dans un lac immobile, béant,
où pas même l’écho ne peut sauver le passé.

Dans mon oeil quelque chose bouge
comme le jeu joyeux des cailloux du torrent
et puis il y a l’arbre
comme une ombre que je voudrais visiter
mais je reste pétrifié.

Il me semble que je ne peux bouger
qu’à la manière du tournesol,
en suivant le soleil.

(Radovan Ivsic)


Illustration

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Un soleil, un silence, une source (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Un soleil, un silence, une source
le vol transparent d’une libellule
l’ombre bleue où lézarde un parfum d’herbe rousse
tous les présents joyeux des canicules
désirés par les coeurs et par les brins de mousse
heureux mais alarmés de tant de chaleurs douces

et ma main solitaire se brûle
malgré l’amitié de l’eau fraîche
sur la pierre polie et sèche
au souvenir des vies offertes
et des corps qui désertent.

(Robert Mallet)

Illustration

 

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Le matin étrange (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2017



 

Le matin étrange des monuments
et des cimetières

La mousse douce sur les noms gravés
dans la pierre des vieilles tombes

Des fleurs se fanent
Chaque pétale perdu
S’ajoute au silence

(Georges Bonnet)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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