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Poésie

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Au clair de la lune (Imai Sei)

Posted by arbrealettres sur 27 septembre 2022



Au clair de la lune
dans tous les murs de pierre
dorment les serpents

(Imai Sei)

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Topaze (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Je te convie à la topaze,
à la niche
de la pierre jaune,
ses abeilles,
au miel gelé
de la topaze,
son jour d’or,
la famille
de la tranquillité réverbérante :
Il s’agit d’une église
minuscule, établie dans une fleur,
comme une abeille, comme
la contexture du soleil, feuille d’automne
de la plus jaune profondeur,
de l’arbre incendié
foudre à foudre, éclair à corolle,
insecte, miel, automne
se sont transformés en sel du soleil:
ce miel-là, ce frisson du monde,
ce blé du ciel
ont été travaillés pour se changer enfin
en soleil tranquille, en topaze pâle.

(Pablo Neruda)


Illustration

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Conforme à ta beauté (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022




    
Conforme à ta beauté

Conforme à ta beauté nocturne
Tu ouvres le soleil de tes jambes aiguës
Tu permets à l’été de déflammer l’été
Il n’y a plus la soif et l’eau
Il n’y a plus fièvre et fontaine
Mais, tout ensemble confondu
Ce qui fait mal et son vainqueur.
Je marche dans un monde blanc
Où brillent l’angle et la cétoine
Je m’unis à toi pour le temps
Jusqu’à la migration des pierres
Jusqu’à l’incendie des rivières
Jusqu’à l’âme, la chair de l’âme
Là où les corps ont leur envers.

(Luc Bérimont)

 

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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DIRE (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



 

Bryce Cameron Liston - (  8) [1280x768]

DIRE

Dire sans dire avec du ciel et du silence
Traduire un sang de feu que je ne comprends pas
Trouver les mots du saule et le gel de l’absence
Suivre le coup de dés fragile de tes pas
Dormir au fond de tes lisières de donneuse
Savoir pour que tu saches que tu ne sais plus
Entrer en toi par l’arbre la lune et l’yeuse
Eteindre le couchant pour toucher ton sein nu
Marquer en toi l’azur pour caresser la nue
Dissimuler que tu simules que je sais
La fuite des vivants et la nuit des statues
Et le matin d’un grand amour sur les genêts
Tout me dit la rosée et mon sang bat plus vite
Le feuillage s’exprime en verdures de mots
Je le sens dans les pales fleurs hermaphrodites
Je le vois dans le vert tendre de tes ormeaux
Et le vent d’émeraude au coude des rivières
Je détiens ce contour charnel que tu connais
Tes yeux ouvrent pour moi leur nacre d’ardoisière
Dans les aubes qui meurent en moi l’aube naît
Comment bercer tes mots avec mon sang qui parle
Des femmes sont éteintes je ne sais pas quand
Dans les fleurs de Paris et dans les pierres d’Arles
Et te voila sans mémoire et sans Alyscamps
Ton corps qui brille un jour prolongera ma cendre
Tu montes le destin que je vais redescendre
D’un regard à jamais nous nous tendons la main
Pour toi les blés d’hier refleuriront demain
La mer passe et ceux qui restent sont périssables
Et je pourrais ne pas avoir connu ce jour
Où nous étions deux corps parmi les grains de sable
Entre la dune d’ombre et l’enfer des labours
Et ce qui n’est ni caresse ni certitude
Propage le babil tremblant de mon émoi
Et je sais O femme d’abîme et d’altitude
Que peut-être ce soir tu rêves comme moi.

(Robert Goffin)

Illustration: Bryce Cameron Liston

 

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LES PETITS VOYOUS (Georges L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2022



LES PETITS VOYOUS

Les petits voyous s’en vont à l’école.
Ils ramassent des cailloux pointus pour rayer les voitures.
Les plus belles, le plaisir est plus fort.
Les pardessus des petits voyous sont trop courts.
La mère est manoeuvre à l’usine.
Elle taille dans les vieux effets,entre onze heures et minuit.
La baraque est froide. Ses doigts sont gourds.
Les enfants sont couchés dans le même lit.
Ils ont des yeux pour voir et des oreilles pour entendre la misère.
A force, la misère, elle met des pierres dans les mains.

(Georges L. Godeau)

Illustration

 

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La pierre (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2022


mur-de-pierre

La pierre

est-elle plus belle

dans le mur?

(Michel Deguy)

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Au centre (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2022



Ecrire,
Inscrire,
Marquer,
Graver,
Creuser,
Garder.

Pas n’importe où.
Pas même

Dans la pierre,
Dans le bois.

Rien
Que sur l’espace.

Au centre.

(Guillevic)

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Ce balbutiement blanc (André Du Bouchet)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



Ce balbutiement blanc
cette bulle
la figure
encore criblée de pierres
à côté de chaque roue
dans la paille
qui craque
près de la lumière.

(André Du Bouchet)

 

 

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OH ENFANTS (Margaret Atwood)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2022



Illustration
    
OH ENFANTS

Oh enfants, allez-vous grandir dans un monde sans oiseaux ?
Y aura-t-il des grillons, là où vous êtes ?
Y aura-t-il des asters ?
Des palourdes, au minimum.
Peut-être pas des palourdes.

Nous savons qu’il y aura des vagues.
Pas besoin de beaucoup de vie pour celles-là.
Une brise, une tempête, un cyclone.
Des ondulations, aussi. Des pierres.
Les pierres sont une consolation.

Il y aura des couchers de soleil, tant qu’il y aura de la poussière.
Il y aura de la poussière.

Oh enfants, allez-vous grandir dans un monde sans chansons ?
Sans pins, sans mousses ?

une grotte scellée avec un conduit d’oxygène,
jusqu’à ce qu’il y ait une panne de courant ?
Vos yeux s’éteindront-ils
comme les yeux blancs des poissons sans soleil ?
Et là-dedans, quel voeu ferez-vous ?

Oh enfants, allez-vous grandir dans un monde sans glace ?
Sans souris, sans lichens ?

Oh enfants, allez-vous grandir ?

***

OH CHILDREN

Oh children, will you grow up in a world without birds?
Will there be crickets, where you are?
Will there be asters?
Clams, at a minimum.
Maybe not clams.

We know there will be waves.
Not much life needed for those.
A breeze, a storm, a cyclone.
Ripples, as well.
Stones.
Stones are consoling.
There will be sunsets, as long as there is dust.
There will be dust.

Oh children, will you grow up in a world without songs?
Without pines, without mosses?
Will you spend your life in a cave, a sealed cave with an oxygen line, until there’s a power failure?
Will your eyes blank out like the eggwhite eyes of sunless fish?
In there, what will you wish for?
Oh children, will you grow up in a world without ice?
Without mice, without lichens?
Oh children, will you grow up?

(Margaret Atwood)

Recueil:Poèmes tardifs
Traduction: Christine Évain & Bruno Doucey
Editions: Pavillons

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Les yeux grands ouverts (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2022




    
les yeux grands ouverts
penchée au bord de quelques doutes
j’essaie de retenir
un peu de lumière de passage
sur un mur de pierres sèches

puis elle glisse et disparaît
je ne sais où

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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