Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘pierre’

AUTOMNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

    

AUTOMNE

Le duvet de chardon voyage
Bien que les vents soient tous tranquilles
Tantôt là sur le pâturage
Tantôt gravissant la colline
Le courant qui vient de la source
A présent bout comme un chaudron
Et franchit d’innombrables pierres
En bouillonnant à gros bouillons

Le sol racorni craquelé
A la mine d’un pain trop cuit
Le gazon vert est saccagé
Ses tiges desséchées sans vie
Les jachères comme de l’eau
Miroitent à perte de vue
Les fils de la vierge tremblotent
D’une herbe à l’autre suspendus.

Les collines tel un fer ardent
Brûlent à leur faîte au soleil
Et les ruisselets dans leur cours
Flambent clair à de l’or pareils
L’air aussi est de l’or liquide
La terre brûle comme un four
Quiconque promène les yeux
Voit l’Éternité alentour

***

AUTUMN

The thistledown’s flying
Though the winds are all still
On the green grass now lying
Now mounting the hill
The spring from the fountain
Now boils like a pot
Through stones past the counting
It bubbles red hot

The ground parched and cracked is
Like overbaked bread
The greensward all wracked is
Bents dried up and dead
The fallow fields glitter
Like water indeed
And gossamers twitter
Flung from weed unto weed

Hill-tops like hot iron
Glitter hot i’ the sun
And the rivers we’re eyeing
Burn to gold as they run
Burning hot is the ground
Liquid gold is the air
Whoever looks round
Sees Eternity there

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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La vallée de la nuit (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018




    
La vallée de la nuit
ombre après ombre
pierre après pierre
lentement descend
lentement s’étire.

Alors entre les monts
ensommeillés
sans bruit s’élève
le pays où règne
l’être de l’absence.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Voici le long festin de pierres (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

Max Mitenkov  the_fogman_by_vimark-d462ddz

Voici le long festin de pierres
Toutes celles qui m’ont blessé
L’orgue moulu par les idoles
Dont les crocs ont percé le masque
Me joue une messe burlesque
Les yeux aimés la belle épaule
L’ange de moi s’est détourné
Tous les poisons sont vendangés

Voici le grand festin amer
Où tous mes regrets sont muets
Je n’ose pas les regarder
Un regard les ferait pleurer
C’est le festin du grand désert
Tous les mirages me condamnent
Encore au loin l’ange ricane
Tous les poisons il faut les boire

Voici qu’au grand festin de mots
Il règne un silence de mort
Les mots d’amour sont défendus
Et je consterne les convives
A peine ai-je osé murmurer
J’entends ses pas fuir mon ouïe
J’écoute et je m’entends mourir
Me souvenant des pas anciens

Quelques-uns dans les escaliers
En se hâtant vers quelque fête
Faisaient rouler un bruit de dés
Dans le coeur inquiet du poète
Et je gagnais en ce temps-là
Je te gagnais à chaque pas
As-tu oublié nos baisers
L’art du désert va m’effacer

Qui a joué qui a gagné
Ma sirène dans la tempête
Et moi je suis le naufragé
Reclus dans la terre promise
L’amour est là à partager
Personne ne vient y toucher
Et la maison qui abritait
Ce que l’amour pouvait sauver

Est vide et sur le palier noir
Dédié au parfum que tu laisses
C’est le froid seul qui est resté
Tu as oublié d’emporter
Ton souvenir que j’embrassais
Derrière la porte fermée
Toi la beauté qui n’apparais
Que pour chasser celle des autres

Sans fin les bruits du monde passent
Leur rouleau de fer sur mes rêves
Pour te préparer un chemin
Mais tu n’arrives pas j’écoute
Je n’entends que les pas des autres
Reviens reviens que je te dise
Ferme les yeux quand je t’embrasse
Que vois-tu je vois le beau temps

(Ernest Delève)

Illustration: Max Mitenkov

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Mais la source (Jean Mambrino)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



 

    

Mais la source

Mais la source
est toujours pleine
d’une fraîcheur
communiquée
elle a la forme
du visage
elle est l’aube pour les lèvres
la matière de l’origine
l’avenir qui ruisselle
sans qu’on puisse le
saisir
La chair du ciel
a donc ce goût
issue de la terre noire
entre deux pierres
que faire de tant de lumière
nourriture et rosée
sinon seulement
la recevoir ?

(Jean Mambrino)

 

 

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Instances du passé (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Instances du passé

Une fois passé le col
ce regard interdit en arrière
tu seras statue de pierre
ou de sel selon l’école

Elles bâillent derrière moi
géantes mais effacées
par la gomme de la Loi
les Instances du passé

Elles sont et ne sont pas
selon que ma claire pensée
leur prête vie ou trépas
Cet hiver j’en suis lassée

L’oubli n’est pas suffisant
c’est l’ennui le doux sésame
qui désintègre les drames
qu’on sème chemin faisant

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Intouchée par les saisons (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Intouchée par les saisons
quand le coeur s’allume
apparaît dans la brume
une belle maison

Elle est petite et claire
avec des murs de pierre
Elle a quatre balcons
où pousse l’Estragon

Sous la tonnelle une grenouille
chante les jours passés
à la chercher
quand l’espoir avait un goût de rouille

Un oiseau noir se pose
sur la table du jardin
Il semble attendre quelque chose
puis vient picorer dans ma main

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Jour puis nuit (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration: Jean-Jacques Grandville
    
C’était une pierre qui se plaignait
d’être à l’écart du chemin
« Où sont les joyeux pèlerins
et leurs bâtons et leurs paniers ?

— Tu exagères, répondait Soeur Verveine
je viens te voir de temps en temps
sur le dos de ma jument
Mon amitié serait-elle vaine?

— Facile à dire pour une amazone
qui sur tout l’Orient rayonne
Si j’en fais vraiment tout un plat
reste donc sept jours avec moi»

Verveine confia sa jument à une jeune cousine
et revint près de la pierre prendre racine

Jour puis nuit
il y eut la rosée du matin
le chant d’un serin
un rideau de pluie

Jour puis nuit
il y eut le ciel imberbe
une étoile qui fuit
la table d’émeraude de l’herbe

Jour puis nuit
le silence s’installa
l’envie de partir partit
Verveine voulut vivre là

Et il arrive assez souvent
qu’un pèlerin quitte le chemin
pour respirer son parfum
et s’asseoir sur la pierre un moment

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’ai le souvenir pâle (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Illustration 
    

À Maryam, Ibrahim, Karim et Keegan

J’ai le souvenir pâle comme l’oued
d’une cigogne sur un minaret
à côté d’un petit jardin
où circule un filet d’eau pure

Un enfant court après un chat
Le trèfle pousse entre les pierres
La lumière lentement décline
Un saint dort dans son tombeau

Dans mon souvenir pâle comme l’oued
les cigognes claquettent au couchant
et frôlent de leurs ailes noires
les remparts sur la colline

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Si suave est ton secret (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



 

Si suave est ton secret
si doux sa flamme ?
ses mots sont caresses dans le vent ?
on les devine sous l’eau ?
ou ne sont-elles lisibles
que sur les rides des pierres ?

(Luis Mizón)

Illustration: Yarek Godfrey

 

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Dans le café tassé de la nuit (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
Dans le café tassé de la nuit
le lait du jour goutte
nuage de clarté

Les arbres bleus découvrent sous leurs branches
la pierre rose de la montagne
La zaouia du saint se niche au sommet

En bas, l’eau transparente de la plage d’Hamilcar
Les mâts s’y reflètent bâtons d’un alphabet
de pattes d’oiseaux stries cils frémissants

La colombe sort de la manche du magicien

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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