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Poésie

Posts Tagged ‘manquer’

La lune est là (Bashô)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
La lune est là,
mais quelqu’un me manque –
Eté à Suma

(Bashô)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

 

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Les vrais amants (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Raymond Peynet
    
les vrais amants à chaque irruption de leur coeur
vivent plus longtemps que tout ce qu’ils et chacun qui;
quoi que l’espoir affirme et quoi que nie la peur,
tous deux prouvant le vrai le faux est démenti

(tout doute ou certitude,que bons ou méchants fourrent
parmi les purs semblants de leurs pauvres cervelles
—grimace des singeries de durée:seul l’amour
qui passe l’entendement nous arrive immortel)

tellement à jamais l’un ou l’autre à présent
d’aimer,et chaque ici un partout se révèle
que plus vrais grandiraient les plus fidèles amants
si de minuit tombaient plus qu’il n’est de soleils

(oui; que le temps questionne son était par souci
du sera,leurs yeux ne sauraient manquer un oui)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Fameux Imperméable bleu (Leonard Cohen)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018




    
Fameux Imperméable bleu

Il est quatre heures du matin, fin décembre
Je t’écris maintenant juste pour savoir si tu vas mieux
Il fait froid à New York mais j’aime l’endroit où je vis
Il y a de la musique à Clinton Street durant la soirée.

J’ai entendu dire que tu as construit ta petite maison au fond du désert
Maintenant tu n’as plus de raison de vivre, j’espère que tu gardes des traces écrites.

Oui, et Jane est passée avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître
As-tu seulement disparu ?
La dernière fois que nous t’avons vu tu semblais tellement plus vieux
Ton fameux imperméable bleu était déchiré à l’épaule
Tu es allé à la gare pour voir chaque train
Tu étais rentré à la maison seul sans Lili Marlène.

Et tu as considéré ma femme comme un épisode de ta vie
Et quand elle est revenue, elle n’était plus la femme de personne

Eh bien, je te vois, il y a une rose entre tes dents,
Un voleur gitan maigre de plus
Bien, je vois que Jane est réveillée —

Elle t’envoie ses amitiés.
Et que puis-je te dire, mon frère, mon assassin
Que puis-je éventuellement te dire ?
Je pense que tu me manques, je pense que je te pardonne
Je suis heureux que tu te trouves sur ma route.

Si jamais tu viens ici pour Jane ou pour moi
Ton ennemi dort, et sa femme est libre

Oui, et merci pour la gêne que tu as ôtée de ses yeux
Je pensais qu’elle était là pour de bon alors je n’avais jamais tenté.

Et Jane est passée avec une boucle de tes cheveux
Elle a dit que tu la lui avais donnée
Cette nuit où tu avais prévu de disparaître.

***

Famous Blue Raincoat

It’s four in the morning, the end of December
I’m writing you now just to see if you’re better
New York is cold, but I like where I’m living
There’s music on Clinton Street all through the evening

I hear that you’re building your little house deep in the desert
You’re living for nothing now, I hope you’re keeping some kind of record

Yes, and Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear
Did you ever go clear?

Ah, the last time we saw you you looked so much older
Your famous blue raincoat was torn at the shoulder
You’d been to the station to meet every train, and
You came home without Lili Marlene

And you treated my woman to a flake of your life
And when she came back she was nobody’s wife

Well I see you there with the rose in your teeth
One more thin gypsy thief
Well, I see Jane’s awake
She sends her regards

And what can I tell you my brother, my killer
What can I possibly say?
I guess that I miss you, I guess I forgive you
I’m glad you stood in my way

If you ever come by here, for Jane or for me
Well, your enemy is sleeping, and his woman is free

Yes, and thanks, for the trouble you took from her eyes
I thought it was there for good so I never tried

And Jane came by with a lock of your hair
She said that you gave it to her
That night that you planned to go clear

(Leonard Cohen)

 

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CANTILÈNE (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2018



Illustration: Francine Van Hove
    
CANTILÈNE

les doigts fuyants de la lumière
chaque jour tentent de nous apprendre
les rudiments du vrai deuil

vous mes muettes condisciples
tant usées que vous devenez pieuses
choses fêlées passées dépareillées
vous me devancez d’un souffle
pour savoir et pour oublier

qui fera boire les verres qui se brisent
crier la voix qui se manque

un soir tout juste un peu plus sombre
le silence aux yeux en amande
viendra vers notre amour sans geste
bénir en nous l’enfance errante
avec un léger tremblement

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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Il y a un vers à soi (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
Il y a un vers à soi
que l’on ne dit à personne
Je crois l’avoir entendu
un jour de tristesse
éphémère il se cache de moi

Cet air insaisissable flottant libellule
me manque
Je le respirais avant
fleur cueillie sur le chemin de l’école
parfum des Amadeus en pleurs

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les lointains sont invisibles (Jean-Louis Chrétien)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2018




    
les lointains sont invisibles
nos larmes dépareillées
les morts inexperts reviennent
chercher dans nos voix désertes
un peu du poids qui leur manqua

avec des bribes d’enfance
des jeux qui n’en finissaient pas
des rires au goût de fruit mûr
des regards à la dérobée
nous ne ferons pas même une heure

la paix du galet sur ta paume
ne la bois pas toute entière
laisse au vent prendre sa part
des mots dont tu voudrais qu’ils crient

(Jean-Louis Chrétien)

 

Recueil: Entre Flèche et Cri
Traduction:
Editions: Obsidiane

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L’ENFANT DE LA BALLE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018



Illustration: Gilles Candelier
    
L’ENFANT DE LA BALLE

Ce soir
Ce soir ou un autre
La corde
Pour rire cinq cents personnes
Et la corde
Qu’est-ce qu’on fera d’un mort
Qu’est-ce qu’on fera de cet idiot qui s’est tué
Comme ça avec toutes les lampes allumées
La corde et la fausse note
Mais dans la roulotte arrêtée
Un soir
Pas d’allumette sous le réchaud
Pas de visage dans la cuvette
Le pied qui manque
Les chaussettes vertes
Cinq cents personnes
La corde.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Les mots que j’écris (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration

    

— Les mots que j’écris
sont l’air que je respire,
sans eux mes poumons s’étiolent,
sans eux mon sang s’épaissit,
sans eux, je ne peux vivre,

Asthmatique du verbe,
je m’efforce d’aspirer
les mots qui me manquent,
dont je me nourris,

Si je les trouve,
mes poumons s’emplissent
mes côtes se détendent,
mon sang se liquéfie,
mon angoisse s’éteint.

Les mots que j’écris
sont l’air qui me fait vivre ;

(Yves Mabin Chennevière)

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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MENDIANT (Martine Hadjedj)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



MENDIANT

Mendiant, sur mon chemin, ton regard me dérange,
Car tes yeux qui m’implorent, tels deux miroirs étranges,
Me dévoilent ce que de moi je préférerais ne pas savoir,
Et m’obligent à affronter ce que je cache dans le noir.

A contre cœur, du bout des doigts, je jette quelques miettes
Mais ce n’est pas mon amour qui soulage ta diète,
C’est juste mon ego, cet orgueilleux tyran,
Qui verse son tribut, au regard des passants.

Mendiant, dans ma conscience, ta présence jette un froid
La main que tu me tends, qu’attend elle de moi ?
De la pitié, je n’en ai pas, de la bonté, encore moins
Mon cœur n’est qu’un taudis où l’amour crève de faim.

Car sous mes beaux habits, derrière ma mine sereine,
Je cache une misère bien plus grande que la tienne,
La peur, de donner, de manquer, misérable est ma foi !
Comprends tu, de nous deux, le vrai mendiant, c’est moi !

(Martine Hadjedj)

Illustration

 

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Raison des larmes (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017



Illustration: Caroline Duvivier
    

Raison des larmes

La nuit parce qu’elle est triste manque de frontières,
Son ombre, rebelle comme l’écume,
Brise les murs fragiles,
Honteux de leur blancheur ;
Nuit qui ne peut être rien d’autre que nuit.

Peut-être les amants poignardent-ils des astres,
Peut-être l’aventure apaisera-t-elle une tristesse.
Mais toi, nuit, portée par les désirs
Jusqu’à la pâleur de l’eau,
Tu attends toujours debout on ne sait quels rossignols.

Au-delà frémissent les abîmes
Que peuplent des serpents entre les plumes,
Chevet d’hommes malades
Qui ne fixent rien d’autre que la nuit
Tandis que leurs lèvres se referment sur l’air.

La nuit, la nuit éblouissante,
Qui, aux coins des rues, tortille des hanches
Et qui attend, qui sait,
Comme moi, comme tous.

***

Razón de las lagrimas

La noche por ser triste carece de fronteras.
Su sombra, en rebelión como la espuma,
Rompe los muros débiles
Avergonzados de blancura;
Noche que no puede ser otra cosa sino noche.

Acaso los amantes acuchillan estrellas,
Acaso la aventura apague una tristeza.
Mas tú, noche, impulsada por deseos
Hasta la palidez del agua,
Aguardas siempre en pie quién sabe a cuáles ruiseñores.

Más allá se estremecen los abismos
Poblados de serpientes entre pluma,
Cabecera de enfermos
No mirando otra cosa que la noche
Mientras cierran el aire entre los labios.

La noche, la noche deslumbrante,
Que junto a las esquinas retuerce sus caderas,
Aguardando, quién sabe,
Como yo, como todos.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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