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Poésie

Posts Tagged ‘sauvage’

Le jardin (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Le jardin a toujours cette allure
A laquelle je n’ai jamais pu me faire
D’être immense et sauvage
Alors qu’il est sage et petit à tout prendre
Le gravier a cet air que je lui connais
d’avoir conservé la chaleur de l’été
Même si le ciel est couvert de nuages .
Il fait penser — et je ne sais pourquoi —
A une femme triste qui penche la tête.

(Robert Momeux)

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Après avoir longtemps marché (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2021



Après avoir longtemps marché
je me suis assis sur un talus
au bord d’une route
qui ne mène nulle part
où ne passe personne.
Mais j’y suis resté
car les fleurs sauvages
sentaient si bon.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2021




    
Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage

Maintenant je suis une plante, une herbe sauvage
Suspendue, vacillante
Sur un rebord escarpé;
Maintenant une longue herbe brune
Qui tremble comme la flamme;
Je suis un roseau;
Une vieille coquille qui toujours chante
La même chanson;
Un débris de jonc;
Une pierre blanche, toute blanche;
Un os;
Avant qu’à nouveau
En sable je m’en aille
Et tourne et vole
Deci, delà,
Au bord de la mer
Dans la lumière évanescente.
Car la lumière s’évanouit.
Mais si tu venais, tu ne pourrais dire :
Elle ne m’attend plus ici. Elle a oublié.»
Dans nos jeux n’étions-nous pas
Plantes, pierres et herbes sauvages,
Tandis que les navires étranges passaient
Gravement, laissant derrière eux un panache d’écume
Qui doucement se déroulait autour de notre île…
Bulles d’écume qui sur la pierre brillaient
Comme des arcs-en-ciel. Regarde, mon amour !
Non, ils sont partis,
Et leurs voiles blanches se sont fondues dans le sillage du ciel…

***

Now I am a plant, a weed

Now I am a plant, a weed,
Bending and swinging
On a rocky ledge;
And now I am a long brown grass
Fluttering like flame;
I am a reed;
An old shell singing
For ever the same song;
A drift of sedge;
A white, white stone;
A bone;
Until I pass
Into sand again,
And spin and blow
To and fro, to and fro,
On the edge of the sea
In the fading light —
For the light fades.
But if you were to come you would not say:
« She is not waiting here for me;
She has forgotten ». Have we not in play
Disguised ourselves as weed and stone and grass
While the strange ships did pass
Gently, gravely, leaving a curl of foam
That uncurled softly about our island home…
Bubbles of foam that glittered on the stone
Like rainbows? Look, darling! No, they are gone.
And the white sails have melted into the sailing sky…

(Katherine Mansfield)

 

Recueil: Poèmes
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Arfuyen

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J’ai peur (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2021



J’ai peur
Que les chevaux sauvages et libres
Par crainte du vent
Passent la nuit
Dans l’étable des moutons

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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Elles ne le savent pas encore (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



Ce chemin
Depuis des années
Est abandonné
Elles ne le savent pas encore
Les fleurs sauvages

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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L’eau qui se perd (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



L’eau qui se perd
Irrigue
Les herbes sauvages

(Abbas Kiarostami)


Illustration: Julie Kerekes

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Quand pourrai-je, quittant les soins inutiles (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Quand pourrai-je, quittant les soins inutiles

Quand pourrai-je, quittant tous les soins inutiles
Et le vulgaire ennui de l’affreuse cité,
Me reconnaître enfin, dans les bois, frais asiles,
Et sur les calmes bords d’un lac plein de clarté !

Mais plutôt, je voudrais songer sur tes rivages,
Mer, de mes premiers jours berceau délicieux.
J’écouterai gémir tes mouettes sauvages,
L’écume de tes flots rafraîchira mes yeux.

Ah, le précoce hiver a-t-il rien qui m’étonne ?
Tous les présents d’avril, je les ai dissipés,
Et je n’ai pas cueilli la grappe de l’automne,
Et mes riches épis, d’autres les ont coupés.

(Jean Moréas)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Je respire où tu palpites (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J’en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini

Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.

Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;
L’ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant :  » Où donc est ma soeur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

(Victor Hugo)

Illustration:Edvard Munch

 

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Je suis gourmand de toi (anonyme eskimo)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021


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Je suis gourmand de toi
Ma baie sauvage
Acide et sucre
Ma truite vive
Qu’on croque crue
Ma chair chaude
Pulpe et sang

Je suis gourmand de toi
Hanche de colline mûre
Bouche de ruisseau gorgé
Ventre de fauve repus

Je suis gourmand de toi
Printemps fondant
Eté croquant
Automne pulpeux
Hiver savoureux

Je suis gourmand de toi
Ma baie sauvage
Ma truite vive
Ma chair chaude

Par delà toute aurore
Par delà toute vie
Je suis gourmand de toi
De toi

(anonyme eskimo)

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Semblable (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Semblable aux géométries changeantes
d’un vol d’oies sauvages
cette petite part de soi
là-haut
où l’intime n’a plus lieu d’être

(Bernard Montini)


Illustration

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