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Poésie

Posts Tagged ‘trait’

SERPENT (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




Illustration: Alphonse Osbert
    
SERPENT

La mélancolie enseigne que le trait définit tout,
depuis l’émotion du visage
jusqu’à la montagne au soleil couchant.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



 

Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux.
Comme le soleil fait serein ou pluvieux
L’azur dont il est l’âme et que sa clarté dore,
Tu peux m’emplir de brume ou m’inonder d’aurore.
Du haut de ta splendeur, si pure qu’en ses plis
Tu sembles une femme enfermée en un lys,
Et qu’à d’autres moments l’œil qu’éblouit ton âme
Croit voir, en te voyant, un lys dans une femme,
Si tu m’as souri, Dieu ! tout mon être bondit ;
Si, madame, au milieu de tous, vous m’avez dit,
À haute voix : Bonjour, monsieur, et bas : Je t’aime !
Si tu m’as caressé de ton regard suprême,
Je vis ! je suis léger, je suis fier, je suis grand ;
Ta prunelle m’éclaire en me transfigurant ;
J’ai le reflet charmant des yeux dont tu m’accueilles ;
Comme on sent dans un bois des ailes sous les feuilles,
On sent de la gaîté sous chacun de mes mots ;
Je cours, je vais, je ris ; plus d’ennuis, plus de maux ;
Et je chante, et voilà sur mon front la jeunesse !
Mais que ton cœur injuste un jour me méconnaisse ;
Qu’il me faille porter en moi jusqu’à demain
L’énigme de ta main retirée à ma main :
— Qu’ai-je fait ? qu’avait-elle ? Elle avait quelque chose.
Pourquoi, dans la rumeur du salon où l’on cause,
Personne n’entendant, me disait-elle vous ? —
Si je ne sais quel froid dans ton regard si doux
A passé comme passe au ciel une nuée,
Je sens mon âme en moi toute diminuée ;
Je m’en vais courbé, las, sombre comme un aïeul ;
Il semble que sur moi, secouant son linceul,

Se soit soudain penché le noir vieillard Décembre ;
Comme un loup dans son trou, je rentre dans ma chambre ;
Le chagrin — âge et deuil, hélas ! ont le même air —
Assombrit chaque trait de mon visage amer,
Et m’y creuse une ride avec sa main pesante.
Joyeux, j’ai vingt-cinq ans ; triste, j’en ai soixante.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Les serins et le chardonneret (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2020




    
Les serins et le chardonneret

Un amateur d’oiseaux avait, en grand secret,
Parmi les œufs d’une serine
Glissé l’œuf d’un chardonneret.
La mère des serins, bien plus tendre que fine,
Ne s’en aperçut point, et couva comme sien
Cet œuf qui dans peu vint à bien.
Le petit étranger, sorti de sa coquille,
Des deux époux trompés reçoit les tendres soins,
Par eux traité ni plus ni moins
Que s’il était de la famille.
Couché dans le duvet, il dort le long du jour
À côté des serins dont il se croit le frère,
Reçoit la béquée à son tour,
Et repose la nuit sous l’aile de la mère.
Chaque oisillon grandit, et, devenant oiseau,
D’un brillant plumage s’habille ;
Le chardonneret seul ne devient point jonquille,
Et ne s’en croit pas moins des serins le plus beau.
Ses frères pensent tout de même :
Douce erreur qui toujours fait voir l’objet qu’on aime
Ressemblant à nous trait pour trait !
Jaloux de son bonheur, un vieux chardonneret
Vient lui dire : il est temps enfin de vous connaître ;
Ceux pour qui vous avez de si doux sentiments
Ne sont point du tout vos parents.
C’est d’un chardonneret que le sort vous fit naître.
Vous ne fûtes jamais serin : regardez-vous,
Vous avez le corps fauve et la tête écarlate,
Le bec… oui, dit l’oiseau, j’ai ce qu’il vous plaira,
Mais je n’ai point une âme ingrate,
Et mon cœur toujours chérira
Ceux qui soignèrent mon enfance.
Si mon plumage au leur ne ressemble pas bien,
J’en suis fâché, mais leur cœur et le mien
Ont une grande ressemblance.
Vous prétendez prouver que je ne leur suis rien,
Leurs soins me prouvent le contraire.
Rien n’est vrai comme ce qu’on sent.
Pour un oiseau reconnaissant
Un bienfaiteur est plus qu’un père.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Trait par trait pli sur pli (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020




Trait
Par trait
Pli sur pli
Espace éclos
Vide médian
Souffles primordiaux
Au creux de la main
Alors que se déplie
L’éventail des désirs
Tendre nuit qu’un lys déchire
Jailli de la mousse un cerf !
Ô jet de lait ô flux de sang
Quel aigle au feu diurne arraché
Chute d’une plume à flanc d’abîme…
S’ouvre la vallée d’onde en onde
Défaits refaits les plis du cœur
Du tréfonds monte l’écho
Né de l’ombre d’un cyprès
Aux purs gestes d’amour
Signant l’unique été
Non point pétrifié
Non plus putréfié
Mais périclite
A l’infini
Pli sur pli
Trait par
Trait

(François Cheng)

Poème découvert chez Lara: ici

 

 

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AMRUTLAL (Udayan Thakker)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2020




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish, Gujarati

Poem of the Week Ithaca 651
« Amrutlal », Udayan Thakker, India

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***
AMRUTLAL *

A l’encre verte, parfois rouge,
Amrutlal écrivit ses poèmes,
de façon soignée, d’un trait élégant,
dans un journal relié en cuir.
Parfois il avait un cauchemar
qu’il mourait de la peste
que ses poèmes ne seraient jamais publiés,
jamais découverts

Mais Amrutlal vécut une longue vie
(Il était mon ami)
Durant sa vie il vit
la naissance de ses Poèmes Réunis
il vit aussi
leur vieillesse et leur fin.

* Nom d’une personne (littéralement ‘ Immortel’)

(Udayan Thakker)

Traduction Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

AMRUTLAL *

Met groene inkt, soms met rode,
schreef Amrutlal zijn gedichten neer,
zeer zorgvuldig, in keurig handschrift,
in een in leder gebonden dagboek.
Soms had hij een nachtmerrie
dat hij stierf aan de pest
dat zijn gedichten nooit gepubliceerd,
nooit ontdekt zouden worden

Maar Amrutlal leefde een lang leven.
(Hij was mijn vriend.)
Tijdens zijn leven zag hij
de geboorte van zijn Verzamelde Gedichten,
hij zag ook
hoe ze verouderden en stierven.

* Naam van een persoon (Letterlijk ‘Onsterfelijk’).

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

AMRUTLAL *

Con tinta verde, a veces con roja,
escribía Amrutlal sus poemas
con mucho cuidado, con una escritura limpia
en un diario encuadernado en cuero.
A veces tenía esta pesadilla
que murió de la peste
que sus poemas nunca fueron publicados
ni siquiera se encuentra

Pero Amrutlal vivió una larga vida.
(Era mi amigo.)
Durante su vida vio
el nacimiento de su Colección de Poemas,
también los vio
envejecer y morir.

* Nombre de una persona. (Literalmente, Immortal)

Traducción Germain Droogenbroodt

***

AMRUTLAL *

With green ink, sometimes with red,
Amrutlal would very carefully, in neat handwriting,
write down his poems
in a leather-bound diary.
Sometimes he had a nightmare
that he died of the plague,
that his poems were never published
not even found.

But Amrutlal lived a long life.
(He was my friend.)
During his lifetime,
he sawthe birth of his Collected Poems.
But he also saw them
age and die.

* Name of a person. (Literally, ‘Immortal.’)

Translation Udayan Thakker – Stanley Barkan

***

AMRUTLAL *

Con inchiostro verde, o a volte rosso,
Amrutlal con attenzione, con calligrafia chiara,
scriveva le sue poesie
su un diario dalla copertina di pelle.
A volte sognava
di morire di peste,
e che le sue poesia non sarebbero state pubblicate
nemmeno mai trovate.

Ma Amrutlal visse lunghi anni.
(era un mio amico.)
nel corso della sua vita,
vide la nascita delle suePoesie scelte.
Ma le vide anche
invecchiare and morire.

* nome proprio il cui significato letterale è Immortale

Traduzione Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

Amrutlal *

Mit grüner, manchmal mit roter Tinte,
schrieb Amrutlal seine Gedichte nieder
sehr sorgfältig, in sauberer Handschrift,
in einem ledergebundenen Tagebuch.
Manchmal hatte er diesen Albtraum
dass er an der Pest starb,
dass seine Gedichte nie veröffentlicht,
nie entdeckt wurden.

Aber Amrutlal lebte ein langes Leben.
(Er war mein Freund.)
In diesen Jahren sah er
die Geburt seiner Gesammelten Gedichte,
er sah sie auch
altern und sterben.

* Name einer Person, (Wörtlich “Unsterblich“’).

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into Germain by Wolfgang Klinck

***

AMRUTLAL *

Com tinta verde, às vezes vermelha,
Amrutlal escrevia os seus poemas
com muito cuidado, a escritura limpa,
num diário encadernado em couro.
Tinha muitas vezes este pesadelo:
tinha morrido da peste
sem que os seus poemas fossem publicados
nem encontrados jamais

Mas Amrutlal sobreviveu muitos anos.
(Foi meu amigo)
em vida pode ver
o nascimento de sua Antologia de poemas,
também os viu
envelhecer e morrer.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

AMRUTLAL *

Cu nchiostru virdi, quacchi vota russu,
Amrutlal scriveva lentamenti
e cu calligrafia pulita
li so puisii
nta nu diariu
câ cupertina di peddi.
Quacchi vota ci vineva
un incubu unni iddu mureva di la pesti
eunni li so puisii non vinevanu mai pubblicati
e mancu truvati.

Ma Amrutlal appi na vitalonga
(era un amicu)
Mentri era ancora vivu
Vitti la nascita di li so Puisii Cugghiuti.
Ma li vitti puru
nvicchiari e moriri.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into by Gaetano Cipolla

***

AMRUTLAL *

Cu cerneală verde, uneoriroșie
și-a scris cândvaAmrutlal poeziile,
trecându-le pe curat, foarte atent,
într-un jurnal legat în piele.
Îl bântuia,din când în când,coșmarul
că ar muri de ciumă, timpuriu,
iar poeziilesale ar rămâne
uitate, nedescoperite.

Dar Amrutlal a avut viață lungă.
(Mi-a fost prieten.)
În anii care i-au fost dați, a apucat să vadă
cum se năștea propria luiCulegere de Poezii
dar și cum ele
au îmbătrânit și au murit.

* Numele unei persoane, (tradus literal: “Nemuritorul”)

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

AMRUTLAL/NIEŚMIERTELNY *

Zielonym, a niekiedy czerwonym atramentem
Amrutlal bardzo uważnie, misternym pismem
notował swoje wiersze
do oprawionego w skórę dziennika.
Nierazmiewałkoszmary
że umiera od zarazy,
że jego wiersze nigdy nie zostały wydane
nawet ich nie odnaleziono.

Amrutlal żył jednakdługim życiem.
(Był moim przyjacielem)
Zażycia
zobaczył narodziny swychWierszy zebranych.
Ale zobaczył też,
jak się starzeją i umierają.
.
* Imię osobowe w Indiach (dosłownie ‘Nieśmiertelny ‘)

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by : Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΑΜΡΟΥΤΛΑΛ ο Ποιητής

Με πράσινο μελάνι, και μερικές φορές κόκινο
έγραφε τα ποιήματα του ο Αμρουτλάλ
στο ημερολόγιο με το δερμάτινο κάλυμα.

Μερικές φορές είχε κι εφιάλτες
πως είχε πεθάνει από λιμό
και πως κανείς δεν είχε βρει
τα ποιήματα του.

Μα ο Αμρουτλάλ έζησε πολλά χρόνια
(ήταν και φίλος μου)
Έζησε να δει μια συλλεκτική έκδοση
όλων των ποιημάτων του
αλλάέζησεναδεικαιτηνπαρακμήτους.

* Name of a person. (Literally, ‘Immortal.’)

ΜετάφρασηΜανώληΑλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

阿姆鲁特拉尔 *

用绿墨水,有时用红墨水,
阿姆鲁特拉尔会非常仔细,工整地,
写下他的诗歌
在一个皮革壳的日记本里。
他曾做过一个噩梦:
他死于瘟疫,
他的诗从未出版
甚至找不到了。
但阿姆鲁特拉尔活得很长。
(他曾是我的朋友。)
在他有生之年,
他看到了自己诗集的诞生。
但也看到了诗集的
衰老和死亡。
原作:印度尤达彦·特哈克
英译:尤达彦·特哈克-斯坦利·巴坎
汉译:中国周道模

*一个人的名字。(字面意思是“不朽”。)
Translation into Chinese by William Zhou

***

أمروتلال

بحبرأخضر،وأحياناأحمر،
وبخطأنيقبمنتهىالعناية،
دوّنأمروتلالقصائده،
وسطرهابدفترمذكراتمنالجلد.
أحياناكانيراودهكابوس
بأنهماتبالطاعون
ولمتنشرأشعاره
وماعثرعليهاقط.
لكنأمروتلالعاشحياةطويلة.
(فهوصديقي.)
وخلالحياتهتلك،
شهدولادةمجموعتهالشعرية.
لكنهرآهاأيضا
تشيخوتموت.

أودايانثاكر،الهند
ترجمتهعنالإنجليزيةسارةسليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

अमृतलाल *

हरी स्याही के साथ, कभी-कभी लाल के साथ,
अमृतलाल बहुत सावधानी से, साफ लिखावट में,

उनकी कविताएँ लिखो
एक चमड़े की बाउंड्री डायरी में।
कभी-कभी उसे बुरा सपना आता था

कि प्लेग से उसकी मृत्यु हो गई,
उनकी कविताएँ कभी प्रकाशित नहीं हुईं

मिला भी नहीं।

लेकिन अमृतलाल ने लंबा जीवन जिया।

(वह मेरा मित्र था।)
अपने जीवनकाल के दौरान,

उन्होंने अपनी एकत्रित कविताओं का जन्म देखा।

लेकिन उसने उन्हें भी देखा
उम्र बढ़ने और मरने में।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

アムルトラル

緑のインクで、時々は赤のインクで
アムルトラルは革の手帳に
とても丁寧に、美しい字で
詩を書いたものだった
時々彼は悪夢を見た
自分が疫病で死ぬ夢
自分の詩が出版されない夢
さらには詩が消失する夢

アムルトラルは結局長く生きた
(彼は私の友人であった)
そして生前に詩集を出すことができた
しかし、その詩集が古くなり、
朽ちていくことも目にしなければいけなかった
*アムルトラルは人の名
(ウダヤン・タッカー,インド)

Translation into Japanese by by Dr. Manabu Kitawaki

***

امروتلال *

با جوهرى سبز، گاهى قرمز،
امروتلال با دقت بسيار ،
و دست خطى منظم،
اشعارش را مى نوشت
در دفتر خاطرات چرمى اش.
گاهى كابوس مى ديد
كه از طاعون مرده است،
و اشعارش هرگز چاپ نشده
و حتى پيدا نشده.

اما امروتلال عمری طولانی کرد.
( او دوستم بود.)
در زمان حياتش،
او تولد مجموعه اشعارش را ديد.
اما مرگ و پير شدنشان را هم دید.

اودايان تاكر، هند
ترجمه: سپیده زمانی

* نام شخص ( ادبی، جاودانی.

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

Амрутлал*

Със зелено мастило, понякога с червено,
Амрутлал написа много внимателно,
с изящен почерк своите стихотворения
вбележник с кожена подвързия.
Понякога той имаше кошмар,
че умира по време на епидемия,
че стиховете му не бяха публикувани,
нито дори намерени.

Но Амрутлал живя дълъг живот.
(Той беше мой приятел.)
Докато беше жив
той видя раждането на своите „Събрани съчинения“.
Но той също ги видя
даостаряватида умират.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

EILÍFUR

Með grænu bleki og stundum rauðu
skrifaði Eilífur ljóðin sín
vandlega með snoturri rtithönd
í dagbók með leðurbandi.
Stundum fékk hann martröð
og fannst hann deyja í plágunni,
og að ljóðin hans væru aldrei gefin út
og fyndust ekki einu sinni.

En Eilífur lifði langa ævi.
(Hann var vinur minn.)
Og hann lifði það
að sjá Heildarsafn ljóða sinna gefið út.
En hann sá þau líka
eldast og deyja.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

Амрутлал *

Зелеными и красными чернилами
записывал Амртулал свои стихи.
Сверхаккуратно, четкимпочерком
в красивой кожаной тетради.
Бывало, ночьювидел онкошмары,
чтоумираетотчумы,
а стихи так и не опубликованы,
никто их даже не нашел.

Но Амрутлал прожил долгую жизнь.
(Яснимдружил).
За свою долгую жизнь виделон
как рождался Сборник его стихов,
и также видел он,
как его стихистарились и умирали.

* Имя человека (буквально «Бессмертный»)

ПереводнарусскийязыкДарьиМишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

AMRUTLAL *

Kulayberdengtinta, minsankulay pula
MaingatnamaingatsiAmrutla, samaayosnasulatkamayisinusulatniya angkanyangmgatulasakanyangtalaarawangtakipnayarisabalat ng hayop.
Minsanbinabangungotsiyanasiya ay namataysasalot,
at ang kanyangmgatula ay hindinailathalahindi man natagpuan.
Pero mahaba ang nagingbuhayniAmrutlal (Siya ay akingkaibigan)
Sa panahongsiya ay nabubuhay,
Nakita niya ang pagsilang ng mgakoleksyonn’yangtula.
Subalitnakitarinniyaitongtumanda at namatay.

* Name of a person. (Literally, ‘Immortal.’)

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

נצח *

בִּדְיוֹיְרֻקָּה, לִפְעָמִיםאֲדֻמָּה,
נֶצַח,בִּזְהִירוּתרַבָּה, בִּכְתַב-יָדמְסֻדָּר,
כּוֹתֵבאֶתשִׁירָיו
בְּיוֹמָןבִּכְרִיכַת-עוֹר.
לִפְעָמִיםהָיָהלוֹסִיּוּט-לַיְלָה
שֶׁהוּאמֵתבְּמַגֵּפָה,
שֶׁשִּׁירָיולֹאפֻּרְסְמוּמֵעוֹלָם
אֲפִלּוּלֹאנִמְצְאוּ.

אֲבָלנֶצַחחַיחַיִּיםאֲרֻכִּים
(הוּאהָיָהחֲבֵרִי).
בִּימֵיחַיָּיו
רָאָהאֶתהַלֵּדָהשֶׁלמִבְחָרשִׁירָיו.
אַךְהוּאגַּםרָאָהאוֹתָם
מַזְקִינִיםוּמֵתִים.

Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

அம்ருத்லால்

பச்சை மையினால், சில நேரங்களில் சிகப்பு
அம்ருத்லால் கவனமாக , அழகான கையெழுத்தில்
அவருடைய கவிதைகளை எழுதுவார்
ஒரு அழகாக பைண்டான டயரியில் நாள் குறிப்பேட்டில்
சிலநேரங்களில் கொடுங்கனவு வரும்
அவர் ப்ளேக் -கொள்ளை நோயால் இறந்ததாக.
அவருடைய கவிதைகள் என்றுமே பிரசுரிக்கப்படாமலே
எங்கு இருக்கிறது என்பது கூடத்தெரியாமல்.
ஆனால் அம்ருத்லால் நீண்ட வாழ்க்கை வாழ்ந்தார்
(அவர் எனது நண்பர்)
அவரது வாழ்நாட்களில்
அவரது கவிதைத் தொகுப்பு பிறந்ததைக் கண்டார்
அவைகளும் யது ஆகி இறந்ததையும்
கண்டார்.

Translation into Tamil by by Dr. N V Subbaraman

***

AMRUTLAL *

Bi divîtakesk, carna bi yasor,
Amrutlalhelbestênxwe
pirbibaldarî û bipaqijî di deftereke
bergpêstkirî, rojmêrî de dinivisîn.
Carnaewdikete nav şevbestê,
kuewê bi reşavêbimire,
û helbestênwînetênebelavkirin,
netênaskirin.

Lê Amrutlaljiyanekdirijbihurand.
(Ewdostê min bû).
Di salênjiyanaxwe de
wîderketinaçapa
helbestênxwedît
wîpîrîtî û mirin jîdît.

Navêmirov e, bi wateyanemir,

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

অমৃতলাল *
কখনোসবুজআবারকখনোলালকালিতে,
অমৃতলালখুবযত্নেরসাথেপরিচ্ছন্নহাতেরলেখায়,
রচনাকরতেনতাঁরকবিতাগুলি
তারচামড়ারবাধাইকরাডাইরিতে।
কখনোতারদুঃস্বপ্নে
তিনিমৃত্যুবরণকরতেনপ্লেগমহামারীতে,
আরতারকবিতাগুলিকখনোহতোনাপ্রকাশিত
কখনো আরখুঁজেপাওয়াযেতনাতারকবিতাগুলিকে।
কিন্তুঅমৃতলালদীর্ঘজীবীছিলেন।
(তিনিছিলেনআমারসখা।)
তারজীবদ্দশায়,
তিনিদেখেছিলেনতারসংগ্রহীতকবিতাগুলোরপ্রকাশ
তবেতিনিপ্রত্যক্ষকরেছেনতারকবিতাগুলির
বার্ধক্যআরমৃত্যু।
উদয়নথ্যাকার,ভারত
অনুবাদ:উদয়নথ্যাকার- স্ট্যানলিবারকান
* একজনব্যক্তিরনাম। (সাহিত্যিক, ‘অমর।’)

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

Amrutal*

Bhreacadh Amrutal síos a chuid dánta
I ndúch glas, uaireanta dearg,
É an-chúramach, lámhscríbhneoireacht néata,
Ina dhialann de chumhdach leathair.
Thagadh tromluí uafásach air anois is arís
Gur cailleadh sa phlá é
Nár foilsíodh a chuid dánta
I ndiaidh a bháis
Nár thángthas orthu fiú

Ach bhí saol fada ag Amrutal
(Cara liom ab ea é)
Le linn dó a bheith beo
Chonaic sé a bhailiúchán dánta i gcló
Chonaic sé ag dul in aois é chomh maith
Is ag fáil bháis

[*ainm duine a chiallaíonn ‘Neamhbhásmhar’ sa Ghúisearáitis].

Translation into Irish by Gabriel Rosenstock

***

અમરતલાલ

અમરતલાલ બહુ ચીવટથી કવિતા લખતા
અને લખ્યા પછી નોટબુકમાં ઉતારી લેતા
એમને ઘણી વાર એક ભયાનક સ્વપ્ન આવતું

સ્વપ્ન પણ કેવું ?
તો કે પોતે જાણે મરકીના રોગમાં મરી ગયા
ને પોતાની કવિતાઓ છપાઈ કે વંચાઈ નહીં
અરે, કોઈને હાથ જ ન ચડી !
પણ અમરતલાલ સ્વયં તો ઘણું લાંબુ જીવ્યા
(મારા મિત્ર હતા )
પોતાની જિંદગી દરમિયાન તેમણે
પોતાના કાવ્યસંગ્રહને
જન્મતો, વૃદ્ધ થતો
અને મરતો જોયો.

-ઉદયન ઠક્કર

Translation into Gujarati by by Udayan Thakker

(Udayan Thakker)

 

Recueil: ITHACA 651
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
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India: https://nvsr.wordpress.com; https://ourpoetryarchive.blogspot.com>
USA-Romania: http://www.iwj-magazine.com/journal02

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Jean Ruet aussi est mort (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration
    
… Jean Ruet aussi est mort ;
Il avait vingt-quatre ans ;
C’était un gars de Saint-Ay
Dans les vignes, sur la Loire.
Jean Ruet a été tué !
Qui donc aurait pu croire
Que celui-là mourrait ?
Il était si vivant
Que c’était grand plaisir
De voir ce garçon-là,
Son nez humant l’espace,
Ses fins sourcils farceurs
Ses gestes de danseur,
Et d’entendre son rire !
Son œil, quand il lisait
La guerre dans les journaux,
Était l’œil de Panurge
Écoutant Dindenault.
Et la belle santé
Excluant la rancune,
Nos grands chefs militaires
Excitaient sa gaîté.
Il est mort un matin
Qu’il pliait son grand corps
Pour saisir aux épaules
Un mort dans un boyau.
Un obus est tombé
Au bord du parapet
Et sa gerbe a criblé
Notre gentil Jean Ruet.
Sur le brancard j’ai vu
Son corps blanc et splendide :
La mort n’avait pas pu
Abîmer sa poitrine.
Hélas ! j’ai vu ses traits
S’amincir et se fondre
Pendant qu’il répétait
L’adresse de sa mère.
Nous l’avons enterré
Dans un bas-fond d’Argonne ;
J’ai vu trois jours après
L’eau qui couvrait la place.
[…]

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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D’être (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



 

 

Sarolta Bán ao1_500 [1280x768]

d’être
ces traits d’éphémère

semelles lestées
attachées à la terre

(Martine Broda)

Illustration: Sarolta Bán

 

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En ce jour de neige (Rotei)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2020




    
En ce jour de neige
seul le cours de la rivière
trace un mince trait

(Rotei)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Je me rappelle — instant de grâce (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020




    
Je me rappelle — instant de grâce :
Quand tu parus à mes côtés,
Je fus saisis, — vision fugace
Du pur génie de la beauté.

Dans la langueur désespérante,
Dans le fracas des vanités,
Longtemps vibra ta voix pressante,
Longtemps, tes traits m’ont habité.

Les ans passèrent. Dans l’orage
Mes rêves furent emportés,
Et j’ai perdu ta douce image,
Ta voix pressante m’a quitté.

Claustrés au fond d’un lourd silence,
Paisiblement passaient mes jours,
Sans poésie, sans transcendance,
Sans vie, sans larmes, sans amour.

Mais l’âme a retrouvé la grâce,
Tu reparais à mes côtés,
Divinité, vision fugace
Du pur génie de la beauté.

Et, de nouveau, la renaissance,
Et la lumière est de retour —
La poésie, la transcendance,
La vie, les larmes et l’amour.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud

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L’HOMME ET SON OMBRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2020



Illustration
    
(Recueil Pages d’écriture)
L’HOMME ET SON OMBRE

La déroute des idoles n’a pas étouffé en nous le désir
de construire quelques êtres démesurés, étrangers à la raison,
capables de contenir toutes nos craintes, et, en même temps,
de nous conduire aux portes d’un empire incorruptible, paré
des augustes prestiges de l’impersonnalité.
Mais, par un bizarre paradoxe, puisque nulle chose, même
au bord du néant, ne peut nous arracher au souvenir de notre
condition, il semble qu’aujourd’hui la première de ces figures
mythiques, encore obscure et tremblante comme un monde
naissant, ne soit autre que l’Homme lui-même. Dans les
définitions qu’il se donne de sa propre nature et de son propre
destin, il n’est pas un trait, pas une notion qui ne le dépasse.
Son ombre gigantesque l’entraîne et il la suit en gémissant.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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