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Poésie

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Le temps de vivre (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2022



 

Fidel Garcia  - Mexican Figurative and Abstract Expressionist painter - Tutt'Art@ (24)

Le temps de vivre

Nous prendrons le temps de vivre
D´être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

Viens, je suis là, je n´attends que toi
Tout est possible, tout est permis

Viens, écoute ces mots qui vibrent
Sur les murs du mois de mai
Ils nous disent la certitude
Que tout peut changer un jour

Viens, je suis là, je n´attends que toi
Tout est possible, tout est permis

Nous prendrons le temps de vivre
D´être libres, mon amour
Sans projets et sans habitudes
Nous pourrons rêver notre vie

(Georges Moustaki)

Illustration: Fidel Garcia

 

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La fatigue a des couleurs (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022



 

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La fatigue a des couleurs
comme les saisons. Elle a
ses douceurs et ses éclats,
ses silences. Mais surtout
ce qu’elle permet de voir :
d’une chose à son image,
imperceptible, une sorte
de distance sans distance.
L’incertitude du monde.
Comme un vacillement bref.

C’est, quand tombe la lumière,
une sorte de césure
qui fait que plus rien ne bouge.
Dans chaque chose, un éclat
qui brûle. Comme ce qui,
dans la phrase, vibre plus
que les mots et les traverse
vers ce qu’ils ne disent pas.
C’est une attente, on dirait,
mais rien ne vient. Ne s’en va.

(Jacques Ancet)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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LA SIMPLE PAROLE (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022



 

Brad Kunkle   1280 [1280x768]

LA SIMPLE PAROLE

Toute fraîche, un peu dégrafée, comme une fille au jardin.
Elle vibre si bien à cause du sang profond.
Si elle résonnait en terre on l’entendrait battre comme un coeur.
Si elle éclatait au ciel, on la prendrait pour une comète.
Mais elle a jailli du matin, sans but, et personne ne l’écoute.
Quand les lampes seront allumées, on lira dans les livres des phrases qui parlent de Rome,
du Kremlin, des cataractes du Niagara ou des Pyramides d’Egypte.
Car chacun aujourd’hui doit avoir fait son tour du monde.
Mais la simple parole perdue dans l’air, si quelqu’un l’avait écoutée,
elle l’aurait conduit tout droit à tout.

(Franz Hellens)

Illustration: Brad Kunkle

 

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POÈME (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




    
POÈME

Même si nous sommes tous sérieux
ce n’est pas si facile d’être profond
et de s’en sortir. Eschyle
et Jimmy Schuyler y arrivent pourtant.
Les fleurs de Jimmy plongent dans une version
plus vibrante d’elles-mêmes tout en restant
exactement les mêmes. Comment font-elles?
La surface de cette table
est un blanc doux qui se met à suggérer
autre chose et puis rien. C’est
juste le dessus de la table. Quand je laisse courir mes doigts
dessus, ils font un doux froufrou.
Encore une fois. Doux froufrou.

(Ron Padgett)

 

Recueil: On ne sait jamais
Traduction: Claire Guillot
Editions: Joca Seria

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Très loin dans le silence (Elsa Cross)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2022


meditation

Il va très loin dans le silence.
Les choses se replient sur elles-mêmes,
elles vibrent doucement
et disparaissent.

(Elsa Cross)

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Aujourd’hui, le dégel (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2022



Illustration: Jill Battaglia
    
Aujourd’hui, le dégel, aujourd’hui,
Debout, près de la fenêtre, de nouveau
Apaisée, regard dégrisé, plus encore,
Et ma poitrine — plus libre.

Je ne sais pourquoi. Peut-être
L’âme simplement fatiguée,
Et sans envie de toucher
Au crayon rebelle.

Debout, ainsi, dans le brouillard —
Au loin du bien et du mal,
Je tambourine d’un doigt léger
Sur la vitre qui vibre à peine.

Ni meilleure ni pire — par l’âme,
Que le premier venu — au hasard —
Ou que les flaques dans lesquelles
Le ciel répand ses perles,

Ou qu’un oiseau qui passe,
Ou qu’un chien qui erre, ou,
Même, qu’une chanteuse pauvre
Qui ne m’a pas fait pleurer.

Déjà, mon âme a retrouvé
L’art subtil de l’oubli.
Dégel, aujourd’hui, dans l’âme,
Pour le vaste sentiment.

(Marina Tsvétaïéva)

 

Recueil: Insomnie et autres poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quand l’être à l’unisson (Michel Lermontov)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2022




    
Quand l’être à l’unisson avec l’infini vibre,
Il n’est plus limité par l’espace, il est libre.

(Michel Lermontov)

Recueil: Michel Lermontov Poèmes
Traduction: Igor Astrow
Editions: Du Tricorne

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Sensations (Hippolyte Taine)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Sensations

Des cils roides et longs, antennes hérissées,
Font sentinelle autour de son nez frémissant ;
Et le plus léger bruit qui le frôle en passant
Élargit sur son front ses oreilles dressées.

Quand la nuit a brouillé les formes effacées,
Il voit ; le monde noir à son regard perçant
Ouvre ses profondeurs ; il distingue, il pressent ;
Ses sens plus acérés aiguisent ses pensées.

Des craquements de feu courent sur son poil roux ;
Tout le long de sa moelle un tressaillement doux
Conduit l’émotion en son âme inquiète.

Les poils de son museau vibrent à l’unisson,
Et sa queue éloquente a le divin frisson,
Comme une lyre l’or aux mains d’un grand poète.

(Hippolyte Taine)

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Une tombe en Lucanie (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



 

Otto Dix   La Guerre

Une tombe en Lucanie

La figure
de plumes et de griffes (oiseau et démon)
se tient en arrière, mais prête à
bondir. Il la sent
mais il ne la voit pas, le jeune soldat
qui l’a derrière lui. Il la sent
et il la voit peut-être, l’adversaire
qui s’apprête, javelot au poing, à faire vibrer
le coup mortel. Nulle haine dans leur visage
mais une attention profonde, car doit s’accomplir vite
ce qui doit s’accomplir, et chacun d’eux porte
la triste conscience de l’amer destin
de l’homme en guerre. Au vainqueur,
rien n’assure que demain, sous le coup d’un autre
ce ne sera pas lui le vaincu, lui le tué.
Du condamné d’aujourd’hui l’âme reflue
avec son sang. Mystérieux comme sa Parque, un joueur de
flûte donne le signal. Les bras
serrés sur la poitrine ou levés
vainement au ciel, les femmes peuvent
commencer à pleurer.

(Margherita Guidacci)

Illustration: Otto Dix

 

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Jardin du mois de Mai (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

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Jardin du mois de Mai

Chérie, comme il fait doux. Le vent s’est endormi.
Déjà, la brume vient danser après la pluie.
Une hirondelle bleue écrit des mots d’amour
Dans le ciel et je pense aux beaux jours…

Jardin du mois de mai, où êtes-vous ce soir ?
Jardin fleuri, nos cœurs se sont aimés
Par une nuit de tendre espoir.
Jardin du souvenir, mon premier rendez-vous.
Désir charmant et soudain désir fou.
Tout tourne autour de nous.
Depuis, j’ai voyagé là-haut souvent dans de beaux nuages,
Changeant d’amour comme l’oiseau change de paysage…
Mais rien n’a pu changer au jardin de mon cœur.
Mon seul amour y dort vivant et nu comme une belle fleur…

Je vous écris de loin, d’un pays merveilleux
Où les choses vous parlent quand on ferme les yeux.
La chambre que j’habite est chambre de voleur
Car j’abrite la vie, le temps, les heures…

Jardin du mois de mai, vous êtes là ce soir,
Jardin fleuri où nos cœurs vont s’aimer
Dans l’ombre ardente du ciel noir.
Tes bras qui vont s’ouvrir, je les caresse encor.
Comme autrefois ta bouche est près de moi.
Je sens vibrer ton corps.
Depuis j’ai voyagé là-haut souvent dans de beaux nuages,
Changeant d’amour comme l’oiseau change de paysage…
Mais rien n’a pu changer au jardin de mon cœur.
Mon seul amour y dort vivant et nu comme une belle fleur…

(Charles Trenet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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