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Poésie

Posts Tagged ‘joyeux’

L’art (Herman Melville)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration: Eugène Delacroix
    
L’art

En des moments sereins, heureux, nous rêvons
A nombre de beaux projets inincarnés.
Mais pour donner forme, créer de la vie qui palpite,
Que de choses dissemblables doivent se rencontrer et s’unir
Flamme pour fondre — vent pour geler ;
Patience affligée — énergies joyeuses ;
Humilité — mais orgueil et dédain ;
Intuition et savoir — amour et haine ;
Insolence — respect. Tout cela doit s’unir
Et se fondre avec le coeur mystique de Jacob,
Pour lutter contre l’ange — l’art.

(Herman Melville)

 

Recueil: L’Oeil du Poète Herman Melville
Traduction: Christophe Marchand-Kiss et Charles Cestre
Editions: Textuel

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Du côté de Belmont (Alain Jean-André)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017




    
du côté de Belmont

ah ! glaise, boue, chemin
bleu des montagnes vert à croquer
partout dans ce pur matin
paroles d’herbes et de baies

fleurs jaune d’or qui éclosent
gros yeux d’une grenouille
combien sommes-nous ainsi joyeux
buvant penchés cette eau clairette

(Alain Jean-André)

 

Recueil: Chemins profonds
Editions: Jacques Brémond

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La Princesse Lointaine (Jaufré Rudel)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2017



Illustration: Alphonse Mucha
    
La Princesse Lointaine

Quand le ruisseau de la fontaine
S’éclaircit et la marjolaine
Au joyeux soleil du printemps
Et que du rossignol le chant
S’élève et module et s’affine
Sur les branches de l’aubépine,
Il faut que j’entonne le mien.

Amour de la terre lointaine
Pour vous tout mon corps est dolent,
Car ne fut plus gente chrétienne.
Heureux pour qui elle est parlant

De désir mon cœur est tiré
Vers cette dame qu’entre tous j’aime.
Pour elle ai toujours soupiré,
Mais ne veux pas que l’on me plaigne,
car de la douleur naît la joie.

Lorsque les jours sont longs en mai,
Le doux chant des oiseaux me plaît
Et quand peu à peu il s’éteint
D’un amour lointain me souvient.
Je marche alors tête baissée
Et non plus que saison glacée
Me plaît le chant d’oiseau
ou le gazouillis du ruisseau.
Je le tiendrai pour vrai Seigneur
Par qui verrai l’amour lointain,
Mais malgré l’espoir de tel heur
J’ai mal, car il est trop lointain.

Ah ! que ne suis-je pèlerin
Là-bas pour porter le bourdon
Et recevoir le meilleur don
D’être contemplé par ses yeux.
Jamais d’amour ne jouirai
Sinon de cet amour lointain,

Car femme ne connais meilleure
Ni plus gracieuse en cette heure
De nulle part, ni près ni loin.
Pour elle et pour lui rendre soin
Je consens à être captif
Là-bas au pays sarrasin.

Il dit vrai celui qui m’appelle
Le désireux d’amour lointain,
Car nulle autre joie ne révèle
que jouir de l’amour lointain,
Mes tous mes vœux sont inutiles
Et je me suis voué à ce sort
D’aimer toujours sans être aimé.

(Jaufré Rudel)

 

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Fleur bleue (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017


 


 

fleur bleue 20090523_132421_

Fleur bleue

{Refrain:}
Un doux parfum qu´on respire
C´est fleur bleue
Un regard qui vous attire
C´est fleur bleue
Des mots difficiles à dire
C´est fleur bleue
C´est fleur bleue
Une chanson qu´on fredonne
C´est fleur bleue
Un jeune amour qui se donne
Deux grands yeux qui s´abandonnent
C´est fleur bleue

On envoie des pneumatiques
A fleur bleue
Les dimanches sont poétiques
Tout fleur bleue
On se met du cosmétique
Dans les cheveux, oui parbleu, pour fleur bleue
On jure que l´on s´adore
Tous les deux
Et l´on jurerait encore
Si fleur bleue
Ne vous plaquait, ça c´est vache
Pour un dragon à moustache
Ah! Morbleu!…

Elle n´est pas revenue
Mystérieux
Oui à jamais disparue
Sans adieux
Et je suis seul dans la rue
Larmes aux yeux, larmes aux yeux, larmes aux yeux
Mais soudain le cœur bat vite
Ah, mon Dieu :
La voilà c´est la petite
L´air joyeux
Non ce n´est pas elle, quel drame
C´est une assez grosse dame
Pas fleur bleue.

Alors le printemps l´automne
Sans fleur bleue
Coulent des jours monotones
Ciel pluvieux
Et cet air que je fredonne
Sans fleur bleue, devient vieux, ennuyeux
Pourtant ne soyons pas triste
Pour fleur bleue
J´en ai là tout une liste
C´est bien mieux
Amourettes passagères
Joies peines de cœur légères
Oui, fleurs bleues.

{au Refrain}

(Charles Trenet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Un rien me fait chanter (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017



 

Christian Schloe  1_  500

Un rien me fait chanter

{Refrain:}
Un rien me fait chanter
Un rien me fait danser
Un rien me fait trouver belle la vie
Un rien me fait plaisir
Un rêve un désir
Un rien me fait sourire l´âme ravie
Quand le ciel est joyeux, je me sens le cœur heureux
Et même quand il pleut j´aime la pluie
J´aime la terre les fleurs la vie et le ciel bleu
Et puis les femmes les femmes les femmes qu´ont les yeux bleus

Venez avec moi
Je cours dans les bois
Je brûle des branches pourries
Au cœur de l´hiver
Il y a du bois vert
Au printemps la neige est fleurie
Et la marmotte dit à l´écureuil :
« Depuis trois mois je n´ai pas fermé l´œil »

{au Refrain}

Marmotte vous mentez voici venir l´été
Les oiseaux vont chanter dans la nature
Aimons nos pères nos mères la vie et le Bon Dieu
Et puis les femmes les femmes les femmes qu´ont les yeux bleus

Bonjour mes amis
Le ciel a permis
Que l´on chante encore par le monde
La joie et l´amour
Reviendront un jour
Chantons tous en chœur à la ronde
Ho là! là! garçons et filles jolies
Dites-vous bien chaque jour chaque nuit

{au Refrain}

(Charles Trenet)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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Moi j’écoute les chants aux vieilles cadences (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



Moi j’écoute les chants
aux vieilles cadences
que chantent les enfants
quand ils jouent en ronde
et qu’ils versent en choeur
leurs âmes qui rêvent,
comme versent leurs eaux
les fontaines de pierre:
sur un ton monotone
de rires éternels
qui ne sont pas joyeux,
avec de vieilles larmes
qui ne sont pas amères,
mais disent des tristesses,
des tristesses d’amour
d’anciennes légendes.

Sur les lèvres d’enfants
les chansons rapportent
confusément l’histoire
et clairement la peine;
ainsi que l’eau dit
sa fable, bien claire,
d’anciennes amours
que jamais on ne conte.

Jouant, dans l’ombre
d’une vieille place,
les enfants chantaient…

La fontaine de pierre
versait son éternel
cristal de légende.

Les enfants chantaient
les chants ingénus
d’une chose qui passe
et jamais n’arrive :
confuse l’histoire
et claire la peine.

La fontaine sereine
poursuivait son conte,
l’histoire effacée,
elle disait la peine.

(Antonio Machado)

Illustration: Hans Thoma

 

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Je suis ce nu minéral (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



Je suis ce nu
minéral :
écho du souterrain :
je suis joyeux
de venir de si loin,
du fond de tant de terre :
je suis dernier, à peine
viscères, corps et mains,
qui sans savoir pourquoi ont déserté
la roche maternelle,
sans espoir de trouver ici la permanence,
décidé à l’humain, au transitoire,
destiné à vivre et à s’effeuiller.

Ah! ce destin
de la perpétuité enténébrée,
de l’être en soi — granite sans statue,
matière pure, irréductible, froide :
j’ai été pierre : pierre obscure
et violente fut la séparation,
une blessure dans ma naissance étrangère :
je veux revenir
à cette certitude,
à ce repos central, à la matrice
de la pierre mère
d’où je ne sais comment et d’où je ne sais quand
on m’a détaché pour que je me désagrège.

(Pablo Neruda)


Illustration: Lehmbruck

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Pitié des choses (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



 

Octavio Ocampo _flor_del_triangulo

Pitié des choses

La douleur aiguise les sens ;
– Hélas ! ma mignonne est partie ! –
Et dans la nature je sens
Une secrète sympathie.

Je sens que les nids querelleurs
Par égard pour moi se contraignent,
Que je fais de la peine aux fleurs
Et que les étoiles me plaignent.

La fauvette semble en effet
De son chant joyeux avoir honte,
Le lys sait le mal qu’il me fait,
Et l’étoile aussi s’en rend compte.

En eux j’entends, respire et vois
La chère absente, et je regrette
Ses yeux, son haleine et sa voix,
Qui sont astres, lys et fauvette.

(François Coppée)

Illustration: Octavio Ocampo

 

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Lilas (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



Lilas

Le lilas s’est levé de bonne heure ce matin,
il a mis sa robe de fête, il s’est entouré de guirlandes,
voyez les jolies fleurs qui brillent dans ses cheveux.
Il n’y a pas de fleur plus aimable que le lilas,
un léger incarnat colore ses joues blanches,
elle a la taille souple et flexible;
sa physionomie candide a cependant un petit air espiègle qui fait plaisir.

Bonjour, charmante fleur.
Où vas-tu, joli petit lilas
—Le printemps est venu ce matin me dire: réveille-toi,
tu dors encore paresseuse; n’entends-tu pas le chant de l’alouette?
Viens m’aider dans mes travaux.
Que de choses nous avons à faire ensemble!

Le ruisseau emprisonné par la glace va redevenir libre,
ne faut-il pas qu’il retrouve ses bords couverts de mousse?
A sa vue, la mousse a reverdi, la rose,
piquée d’émulation, s’est entr’ouverte;
le saule s’est paré de feuilles verdoyantes;
le rossignol est venu se poser sur une de ses branches,
et de ses chants joyeux il a salué le lilas.

Le lilas attire les jeunes gens et les jeunes filles.
C’est la fleur confidente de la jeunesse.
Que de secrets on laisse envoler sous son ombre!
Mais le lilas est discret, il ne trahit jamais les secrets qu’on lui confie.
Qui s’est jamais repenti d’avoir ouvert son coeur au lilas?

(J.J. Grandville)

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Au commencement du déluge (Coplas Poèmes Andalous)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2017



&

nbsp;   
Au commencement du déluge
tous les hommes allaient joyeux,
se répétant les uns aux autres:
— Quelle bonne année nous aurons!

(Coplas Poèmes Andalous)

 

Recueil: Coplas Poèmes de l’amour andalou
Traduction: Guy Lévis Mano
Editions: Allia

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