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Poésie

Posts Tagged ‘ouvrir’

PORTES FERMÉES (Robert Vivier)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



PORTES FERMÉES

Ils ont entendu, oui
Mais ils n’ont pas ouvert…
C’était sans doute un jour
Où l’on a besoin d’être seul.

Être seul est très pur
Mais il faisait froid sur la terre,
Beaucoup d’oiseaux sont morts.

(Robert Vivier)

 

 

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Les maçons de la nuit (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



 

Misha Gordin shout2

Les maçons de la nuit ont muré portes et fenêtres

Yeux sans lumières nuit sans trou quel amour ouvrira la bouche
pour laisser voler quelques étoiles

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Misha Gordin

 

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La rue est blanche ma chambre est rouge (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019


 


Brendan Monroe_Taking_Time_and_Letting_Go

 

La rue est blanche
ma chambre est rouge
moi je suis noir

la rue a des yeux électriques
ma chambre n’en a pas
moi j’en ai d’avides

la rue ouvre devant moi
son sexe miraculeux et attendu
ça se donne ça se refuse
ça sait-il seulement ce que ça veut
le viol est en fleur

la rue m’épuise putain
je vais à la chambre
la chambre m’endort putain
je vais dans la rue
je rentre je sors
mon dieu où aller
dans le ciel ou en moi

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Ouvrez les portes (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019



 

Ettore Aldo Del Vigo  55)

Ouvrez les portes. Mon âme se ride. Avaler la nuit parce
que demain le soleil comme un fer à repasser me défrippera.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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SONNET DE LA JOCONDE RANIMÉE (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2019




    
SONNET DE LA JOCONDE RANIMÉE

Errant dans mon sommeil par cette galerie
Où de nuit et de jour sourit Mona Lisa,
Sur la bouche, soudain, de l’image chérie
D’un spontané transport ma bouche se posa.

Sa joue à mon toucher se fit tiède et fleurie;
A son front vint un feu, son regard s’attisa;
Un fin pleur remouilla sa paupière tarie;
Sa lèvre reprit musc, soufflant : « Dolce cosa!

« Ah! depuis cinq cents ans que, muette figure,
Je restais là figée en ma sèche peinture,
Sans que nul pour ma chair fit plus qu’un froid passant!

« Mais, en retour, prends-moi, toi qui crus à ma vie! »
Elle m’ouvrait les bras, à son cadre ravie.
L’étoffe s’abaissait sur son sein frémissant.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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A qui donc se confiera l’homme (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Spectrum-SMH

A qui donc se confiera l’homme que l’opacité blesse au ventre
A qui se confiera l’homme qui sait ses yeux pleins de litanie
et n’ouvrira pas sa bouche parce que sa bouche est pleine de litanie…
et que la litanie est étang aux oreilles et croulière à l’âme

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Euan Macleod

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Tel le vent (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019




    
Tel le vent
A Baptiste

Le poème libre en lui-même
tel le vent dans sa royauté
ouvre à loisir sa route
au coeur du monde.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Aux sables des tombeaux (Patrice Blanc)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustration: Alex Alemany
    
Aux sables des tombeaux

la belle exposition
de ton corps nu
ouvre les secrets
de l’océan

ton ventre
où la pluie lave les larmes
est un soleil écorché

le bel esprit de ton corps nu
délivre le soleil
des entrailles de l’océan

en ces lieux où mon sang s’égare
il vaut mieux mourir
et prendre ta main pure

en ces lieux où dure l’insupportable
il vaut mieux brûler dans la lumière
et prendre ta bouche soyeuse

[…]

(Patrice Blanc)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: De sang, de nerfs et d’os
Traduction:
Editions: du Contentieux

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A UNE JEUNE FILLE (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustration: Etienne Adolphe Piot
    
A UNE JEUNE FILLE

Tu es une goutte d’or tombée de la lumière de l’aurore
à l’extrême rivage de l’océan de ma vie.

Tu es la première fleur shiuli en mon automne,
fleur recouverte par la rosée.

Tu es l’arc-en-ciel, dans le ciel si loin,
se penchant pour baiser la terre.

Tu es la divination du premier croissant de lune
touchée par les blanches transparences d’un nuage.

Tu es le secret du ciel révélé à la terre
par quelque divine inadvertance.

Tu es la vision du poète,
vision d’un souvenir qui relève de sa naissance oubliée.

Tu es son petit chant perdu,
retrouvé par hasard.

Tu es le murmure de mots
qui vont au-delà de la parole.

Tu es l’esclavage
qui conduit à une liberté illimitée.

Tu ouvres la fenêtre, et tu m’appelles
à la fleur de lotus de la blanche et pure lumière.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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TÉLÉGRAMME (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
TÉLÉGRAMME

MOI JAMAIS CONTENT RESTER MÊME CHOSE
MOI TOUJOURS PARTIR NOUVEAU
FUIR ENNUI DU TOUJOURS MÊME
TOUJOURS ESPÉRER TROUVER FENÊTRE
AU BOUT TUNNEL APRÈS SUIE ET OMBRE
TOUJOURS VOULOIR BRISER ENTRAVES
OUVRIR PORTE SAUTER MONTER
LA-HAUT-LA OÙ NOIR-NOIR
S’ÉCARTE OÙ BRILLE AURORE
TOUJOURS FRAÎCHEUR TOUJOURS
INCONNU RECONNU.

(De nulle part. An zéro.
Signé : Personne.)

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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