Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘temps’

Le temps viendra (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017




    
Le temps viendra où nous aurons vu éclater
le temps, les distances et la vitesse

— l’absolu de la vitesse étant l’immobilité,
puisqu’on serait arrivé avant que d’être parti

(Pierre Della Faille)

 

Publicités

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DANS MON SILENCE (Carlo Betocchi)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Illustration: Odilon Redon
    
DANS MON SILENCE

Silence. C’est ma vie
qui dit silence.
Elle n’oublie pas mais se tait.
C’est le matin d’un autre temps,
le nôtre. Avec son silence
mon âme bande ses plaies
Et croit, infiniment croit
au changement. Et s’y coule.
Tout est accompli
et tout à accomplir.
Dans mon silence.

***

NEL MIO SILENZIO

Silenzio. È la mia vita
che dice silenzio.
Non dimentica, ma tace.
E la mattina d’un altro tempo,
il nostro. Col suo silenzio
la mia anima benda le sue ferite.
E crede, infinitamente crede
al mutamento. E vi scivola
dentro. Tutto è compiuto
e tutto è da compire.
Nel mio silenzio.

(Carlo Betocchi)

 

Recueil: PRISMA
Traduction: Philippe Renard
Editions: OBSIDIANE

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Brûlants comme une greffe (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



Voir ne pas s’approcher
Les temps qui sont promis.
Les porter contre soi,
Brûlants comme une greffe.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Le temps est le bâillement d’un dieu (Auguste Bonel)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Le temps est le bâillement
d’un dieu sur la haletante
respiration du monde
cet écho dont le feu est la prémisse
a tant envoûté le vide
que le silence y laisse
plis et rides
avant de s’évaporer
en d’abondantes formes closes

l’absolu vibre à limite du possible

(Auguste Bonel)

Illustration: Messerschmidt Franz Xaver

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Feuilles mortes (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Feuilles mortes que le vent chasse en cette fin d’automne,
Vous êtes les signaux de la nature sauvageonne
Nous menant malgré nous vers des espaces sans message,
sans oiseaux, sans bourgeons pour égayer notre passage.

On n’entend que la vie, mais est-ce un cri ce craquement
Des feuilles sur le monde obéissant aux lois du vent?
N’est-ce pas plutôt cette peine offerte à tout vivant
Et que rien ne peut entraver puisque s’use le temps?

(Roger Foulon)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au pays blanc des aubépines (Roger Foulon)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Au pays blanc des aubépines

Au pays blanc des aubépines,
Se promener est un délice.
Le coeur travaille dans la joie
Et l’âme est pleine d’hosannas.
Chaque pente est une montagne
Que la neige pare de bulles.

Dans la jeunesse de notre âge
Les aubépines nous sacraient,
Tu étais la reine du jour,
Je te couvrais de mes baisers
Et mes caresses sur ton corps
Posaient des pétales d’amour.

Il me reste pour te louer
Le souvenir des aubépines
Et la neige de mes poèmes

Puisque s’use le temps

(Roger Foulon)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LAISSE ICI TON BAGAGE D ESPOIR… (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017



Illustration
    
LAISSE ICI TON BAGAGE D’ESPOIR…

Laisse ici ton bagage d’espoirs,
De peurs secrètes, de ténèbres,
Tes oripeaux d’enfance, tes ferveurs,
Et tous les morts qui t’accompagnent
De leurs paisibles voix aimées.
Tu dois poursuivre seul,
Lourd de tes mots, de tes silences,
Sans autre recours que ton dénuement,
Pour mesurer ta vie
A l’abandon des êtres et des rêves,
Pour que ton âme s’illumine
De ce qu’elle a quitté.

Ce qui est écrit sur la pierre
Ne t’apprend rien que tu ne saches.
Méfie-toi de ces mots qui voudraient
Te parler de toi. Ils sont leurres.
Ce qu’ils cherchent à dire
Demeure en deçà des paroles.
Fouille en toi plus profond,
Jusqu’à cette lueur qui tremble
En ce miroir embué de ténèbres
Où ton visage dort encore.
Ne désespère pas, tout est si proche,
Ta lumière ici fait silence.

Toutes les routes sont promises
A qui les rêve sans les voir.
L’une s’ouvre à tous les voyages,
L’autre avec toi s’enfonce au coeur du temps,
La troisième fait don d’une enfance
A celui qui n’en avait plus,
Une autre encore à l’errance t’incite
Vers une terre en friche où naisse enfin
L’espoir sous la parole et toute paix
Dans le regard des hommes.
Tu t’inventes, les yeux fermés,
Le seul chemin qui ne mène qu’à toi.

Ce que le monde te raconte,
Préserve-le comme un secret
Scellé sous l’écorce de la chair.
Au fond de tes yeux veille encore
L’innocence du premier regard.
Chaque syllabe en toi fait don
De sa lumière au jour qui la suscite
Et, d’un souffle, renait pour mourir
D’une autre vie, d’elle-même jaillie.
L’été, la nuit, tout t’habite à jamais,
La neige, le galet, l’oiseau perdu
Et cette flaque où le ciel nu respire.

(Pierre Gabriel)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A tout instant se dire (Pierre Gabriel)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
A tout instant se dire que le temps
ne dissout de soi que la cendre.

(Pierre Gabriel)

 

Recueil: Revue Vagabondages
Editions: Cherche Midi

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Le merveilleux absent (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




   
Le merveilleux absent

Le soleil a noyé le fleuve de son sang;
Près d’une eau violette
J’attendrai l’éternel et merveilleux absent
Dont le couchant dessine au loin la silhouette.

Et tout est immobile et d’un fixité…!
Les nombres et les êtres
Et l’espace et le temps ont cessé d’exister;
Seul un merle gazouille aux branchages d’un hêtre.

Pressant contre mon coeur la palme avec l’anneau,
Tulipe sur sa tige,
Je viendrai sur la rive en somptueux manteau;
Le soleil dans mon coeur lugubrement se fige.

Les prés sont de sardoine et le ciel est d’onyx.
Qu’il est cruel de tendre
Au merveilleux absent, sous les noirs tamaryx
Le geste de mes bras que la mort vient surprendre.

(Marie Dauguet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je me chauffe au soleil (Masako Ôta)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



Carolus-Duran une-femme-nue-assise-vue-de-dos-regardant-la-mer

Je me chauffe au soleil —
Ce temps d’oisiveté aussi
file inexorablement !

(Masako Ôta)

Illustration: Carolus-Duran 

 

Posted in haïku, poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »