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Posts Tagged ‘temps’

Ne reviens pas si tard (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2018



Illustration: Andrey Bobir
    
Ne reviens pas si tard
Romance

1
Viendras-tu? Viendras-tu? Il est tard!
Et dans la nuit
L’heure s’enfuit
Je revis ainsi qu’un cauchemar,
Tout notre amour et tes trahisons
Et tes yeux clairs et ton beau sourire
Mon coeur se déchire
Tout seul dans la maison.

Refrain 1
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Que l’heure passe, minute après minute,
Comme des gouttes d’eau qui pendant leur chute
Chanson du temps
S’accélèrent
Et retentissent dans mon coeur solitaire.
Ne rentre pas si tard quand tu sais que j’attends
Que tu sais que j’attends seul avec mes pensées.
Ne rentre pas si tard après la nuit tombée.

2
Pourquoi souffrir tout ce cauchemar
La vie passe
Et s’efface
Un jour tu reviendras, mais trop tard
J’aurai fui enfin tes trahisons
Et tes beaux yeux et ton sourire
Que pourras-tu dire
Seule dans la maison.

Refrain 2
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Que l’heure passe, minute après minute
Comme des gouttes d’eau qui pendant leur chute
Chanson du temps
S’accélèrent
Et retentissent dans mon coeur solitaire.
Ne rentre pas si tard, quand tu sais que j’attends
Car tu pourrais ne retrouver que le silence
Ne rentre pas si tard.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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O Fontaine… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
O Fontaine…

O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu
O Fontaine
Tu te tais en ce lieu
Et le soir se reflète et saigne en ton miroir.
Un pan de la nuit
Au ciel se déchire si tu fuis
Ah! les feux du soir
Tremblant au dortoir
Temps fermé
C’est en vain qu’à tes horloges
On frappe et interroge
Les bûchers sont en feu pour la mort du jour
Au son lourd des tambours

O Fontaine
Tu meurs en vain sur les cailloux
Toi blessée au feu,
Pleurant à genoux
Temps fermé
Temps mort
Tu te tais en ce lieu
Ta mort n’est qu’un jeu.
Et ta vie un désaccord.
O temps
O jours et nuits
O jardins pour personne

O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu
O Fontaine
Tu te tais en ce lieu
Et le soir se reflète et saigne en ton miroir.
Un pan de la nuit

Au ciel se déchire si tu fuis
Ah! les feux du soir
Tremblant au dortoir

Temps fermé
C’est bien en vain qu’en tes horloges
Temps
Au son lourd des tambours
Les bûchers sont en feu pour le remords du jour
Au son lourd des tambours
O Fontaine
Toi blessé(e) par le feu.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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J’aime la vie… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
J’aime la vie…

J’aime la vie,
La saison jolie,
Les yeux de mon amie.
Rien ne peut m’affoler.
J’aime la vie
Et ma tendre amie.
Rien ne peut m’affoler,
M’attrister
Ni mes amours changer.
Comme un feu d’artifice
Les dangers s’évanouissent.
J’aime la vie,
Et ma tendre amie.
La vie est belle
Profitons bien d’elle
Car le temps fuit trop vite.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Sangre y sombra (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
Sangre y sombra

1
À l’ouest l’océan Atlantique
Au sud le Maroc,
À l’ouest la Méditerranée
Au nord les Pyrénées.

2
Vieux rocs — longs couloirs — ô montagnes!
Cours d’eaux flots de sang
Ici, de tout temps l’Espagne…
Ici ton coeur, vieux monde…

3
Odeur — de la terre et de l’herbe
Saveur — de la mort
Ici — pourtant naît la vie
Ici — naît l’incendie.

4
Tout flambe — au soleil — et la cendre
Noircit — jusqu’au sang
Tout flambe — au soleil d’Espagne
Tout flambe — et s’illumine

5
La neige — a du sang — et reflète
Un ciel — déchiré
Le vent — est une blessure
Qui saigne — au flanc des nuages.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Chant de jeunesse (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Chant de jeunesse

Beau temps
Printemps
Vingt ans
Eh quoi le ciel est-il si vaste et si grande la terre
Que tant et tant d’immensité nous oblige à nous taire?

1
Vigueur! Vigueur! ô jeunesse
C’est jour de soleil et c’est jour de liesse
Devant nos pas c’est la vie
C’est jour de soleil et c’est jour de liesse
Nos coeurs jamais ne dévient
C’est jour de vigueur
C’est jour de chaleur
C’est jour de soleil et c’est jour de liesse

2
Un cri! un chant! Qu’on se lève
C’est nuit de désir et c’est nuit de rêve
C’est nuit de foi, nuit de noces
C’est nuit de désir et c’est nuit de rêve
O soif ardente et féroce
C’est nuit de l’amour
Avant le beau jour
C’est nuit de désir et c’est nuit de rêve

3
De nuit en jour, vol de plumes
Pour nous le soleil à son tour s’allume
Un cri lointain nous appelle
Pour nous le soleil à son tour s’allume
Adieu la nuit qui fut belle
Pour nous la vigueur
Pour nous le labeur
Pour nous le soleil à son tour s’allume!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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Jour et nuit nous rêvons… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2018




    
Jour et nuit nous rêvons…

Jour et nuit nous rêvons
À la belle saison
Soleil été printemps
Beaux temps et pourtant…

Ces jours gris, ces hivers nous les regretterons.
Chaque jour qui s’enfuit blanchit nos cheveux blonds
Jour et nuit nous vivons
En toutes les saisons
Soleil été printemps
Vous fuyez mais pourtant
Vous triomphez du temps
Jour et nuit nous rêvons
À la belle saison.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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La Clef des Songes (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 17 février 2018



Illustration: Nathalie Ragoust
    
La Clef des Songes

1
Cuisinière ou poétesse
Buss’nessman ou charpentier
Tout l’ monde aime la paresse
Le loisir, le sommeil et rêver
Car le rêve est un spectacle
C’est un billet de faveur
Dont la nuit fait cadeau au rêveur
Fortune qui nous est due
C’est un quotidien miracle
Une nuit sans rêver
Sans aimer
Est perdue.

Refrain 1
La Clef des Songes m’a dit
Rêver d’eau claire
Et de soleil qui resplendit
Ou qu’on perd une molaire
C’est bon signe
Voir un cygne
C’est bon signe
Voir des vignes
C’est bon signe
C’est l’amour le bonheur qui la nuit
Sont venus visiter votre lit
Écoutez la Clef des Songes
Même si c’est des mensonges
Rêvez en dormant
Car le jour on n’a pas le temps.

2
L’autre jour ma p’tite amie
Avec un gros va-nu-pieds
M’a trompé quelle infamie
Je l’ai su, je l’ai épiée
Et le soir dans ma colère
J’achetais un revolver
À six coups, bien en main, pour gangster
Méditant crime et suicide
J’hésitais sur la manière
Dont j’allais me venger
Et juger
La perfide.

Refrain 2
La Clef des Songes m’a dit
Dans son langage
Le lendemain après un’ nuit
De cauch’mars et de carnages
Bon présage
— L’encornage
Bon présage
— Rêver d’cage
Bon présage
Oui l’amour le bonheur cette nuit
Sont venus te bercer dans ton lit
Écoute la Clef des Songes
Et pardonne les mensonges
Pardonne à l’instant.
Car demain il n’ serait plus temps.

3
Au dernier tour de lot’rie
Je n’ai pas gagné un clou
Et j’ai juré sur ma vie
De ne plus risquer un sou
Dans un’ belle tirelire
J’aurais caché en secret
Mes gros sous, mon argent, mes billets
J’aurais amassé fortune
Pour ach’ter ce que j’ désire
Un’ maison un château
Une auto
Ou la lune.

Refrain 3
La Clef des Songes m’a dit
Dans son langage
Le lendemain après un’ nuit
D’additions et de mirage
Bon présage
Héritage
Bon présage
Bon présage
Prends courage
La chance et la fortun’ cette nuit
Sont venues t’inspirer dans ton lit
Écoute la Clef des Songes
Car ce n’est pas un mensonge
Prends l’ billet gagnant
Car demain il n’ sera plus temps.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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L’enfant au miroir (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



 

Eugène BEGARAT lauren pensive 37x22cm-600 [1280x768]

L’enfant au miroir

(A Mlle Emilie Bascans)

Si j’étais assez grande,
Je voudrais voir
L’effet de ma guirlande
Dans le miroir.
En montant sur la chaise,
Je l’atteindrais ;
Mais sans aide et sans aise,
Je tomberais.

La dame plus heureuse,
Sans faire un pas,
Sans quitter sa causeuse,
De haut en bas,
Dans une glace claire,
Comme au hasard,
Pour apprendre à se plaire
Jette un regard.

Ah ! c’est bien incommode
D’avoir huit ans !
Il faut suivre la mode
Et perdre un temps !…
Peut-on aimer la ville
Et les salons !
On s’en va si tranquille
Dans les vallons !

Quand ma mère qui m’aime
Et me défend,
Et qui veille elle-même
Sur son enfant,
M’emporte où l’on respire
Les fleurs et l’air,
Si son enfant soupire,
C’est un éclair !

Les ruisseaux des prairies
Font des psychés
Où, libres et fleuries,
Les fronts penchés
Dans l’eau qui se balance,
Sans nous hausser,
Nous allons en silence
Nous voir passer.

C’est frais dans le bois sombre,
Et puis c’est beau
De danser comme une ombre
Au bord de l’eau !
Les enfants de mon âge,
Courant toujours,
Devraient tous au village
Passer leurs jours !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Eugène Begarat

 

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L’attente (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Alexander Sulimov _1293737382

L’attente

Quand je ne te vois pas, le temps m’accable, et l’heure
A je ne sais quel poids impossible à porter :
Je sens languir mon coeur, qui cherche à me quitter ;
Et ma tête se penche, et je souffre et je pleure.

Quand ta voix saisissante atteint mon souvenir,
Je tressaille, j’écoute… et j’espère immobile ;
Et l’on dirait que Dieu touche un roseau débile ;
Et moi, tout moi répond : Dieu ! faites-le venir !

Quand sur tes traits charmants j’arrête ma pensée,
Tous mes traits sont empreints de crainte et de bonheur ;
J’ai froid dans mes cheveux ; ma vie est oppressée,
Et ton nom, tout à coup, s’échappe de mon coeur.

Quand c’est toi-même, enfin ! quand j’ai cessé d’attendre,
Tremblante, je me sauve en te tendant les bras ;
Je n’ose te parler, et j’ai peur de t’entendre ;
Mais tu cherches mon âme, et toi seul l’obtiendras !

Suis-je une soeur tardive à tes voeux accordée ?
Es-tu l’ombre promise à mes timides pas ?
Mais je me sens frémir. Moi, ta soeur ! quelle idée !
Toi, mon frère ! … ô terreur ! Dis que tu ne l’es pas !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alexander Sulimov

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Je respire la nudité de l’oubli (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



je respire la nudité de l’oubli

son odeur monte à mes narines
et
il
m’est
délectable

le linge danse à la fenêtre
l’armoire danse avec le vent

j’écrase sur le mur
le minuscule corps du délit
où se cache le temps

(Luis Mizón)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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