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Poésie

Posts Tagged ‘temps’

Le temps ne se divise pas (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Illustration: Catherine Millet
    
Le temps
Ne se divise pas.

Avant, pendant, après
Se retrouvent en nous.

Maintenant ou plus tard.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Relier
Traduction:
Editions: Gallimard
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C’est bon, je vais me taire (Anthony Lhéritier)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



C’est bon, je vais me taire
Assez chanté pour vous, pour moi
J’adresse mon poème au Roi
— Même pas —
Je n’adresse rien à personne
Je ne sais plus, je m’abandonne
Je m’abandonne à qui ? Je m’abandonne à quoi ?
Je ne sais plus, je crois
Que la mort suffit à soi-même
Elle est venue avec le vent
Le vent la sème
Au long du temps

Il eût été peut-être
Trop simple et trop parfait
De n’être pas, de ne pas naître

Pourquoi tant de discours, pourquoi toutes ces heures
Comme des oiseaux blancs, comme, voyez ici
Ces mouettes dans la pluie
Dans le vent, dans la vie
Dans le vent de ma vie.

Inventons-nous, inventez-vous, moi je m’invente
En ciré sous la pluie
Par des envols, dans des novembres
Je me tais mais je chante.

Au convoi de Jopic Le Louz
Chacun pour soi et Dieu pour tous

(Antony Lhéritier)

Illustration: Jean-Michel Follon

 

 

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Je veux n’être qu’une pierre usée (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



Je veux n’être qu’une pierre usée
sur les ruines du temps
un dolmen
élevé sur le relief de ce cimetière
abandonné

(Alain Mabanckou)

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VIEILLESSE (Marie-Claire Bancquart)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2018



    

VIEILLESSE

Les douceurs, les rencontres
ne s’offrent plus à emporter (take away)

où serait-ce ? et pour quel petit temps ?

Mais, pour qui a souvent parcouru des espaces impitoyables,
plus belles les noces,
soleil, amitié, vignes,
à consommer sur place.

(Marie-Claire Bancquart)

 

Recueil: Avec la mort, Quartier d’orange entre les dents
Editions: Obsidiane

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Gens perdus (Jacques Charpentreau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2018



 

 

Gens perdus

J’ai connu gens de toutes sortes
Comme disait Maître François
Froc de bure et robe de soie
Vieux messieurs et dames accortes.

Il n’est rien que le temps n’emporte
De ce qu’on donne ou qu’on reçoit
Amis disparus où qu’ils soient
Bouquets fanés ou feuilles mortes.

Leur souvenir pourtant m’escorte
Et chacun je m’en aperçois
M’a fait cadeau d’un peu de soi
Leur amitié me réconforte.

J’aime cette étrange cohorte
Dont personne ne me déçoit.
Au milieu de vous je m’assois
Amis perdus de toutes sortes.

(Jacques Charpentreau)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Aron Wiesenfeld

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Passant (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2018



Illustration
    
Passant

Triste passant
Ton unique mal est de n’être pas !
Déjà s’enroule à ta cheville
le serpent du Temps
et toi tu crois marcher encore.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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Les manèges tournent (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Les manèges tournent
regardent passer les arbres
un pont trahit le ciel
Puis un corbillard ouvre ses ailes
une annonce est lue
à travers une vitre
On contemple les mêmes vies
qui s’enlisent dans les jours
Des connivences naissent
que le regard n’attend pas
d’humbles choses en quête de temps
chantent comme seuls
savent le faire les pauvres gens
dans les instants où rien
ne lacère leur ciel

(Georges Bonnet)

Illustration: Mark Gertler

 

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La Naissance d’Aphrodite (José-Maria de Hérédia)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018



Avant tout, le Chaos enveloppait les mondes
Où roulaient sans mesure et l’Espace et le Temps ;
Puis Gaia, favorable à ses fils les Titans,
Leur prêta son grand sein aux mamelles fécondes.

Ils tombèrent. Le Styx les couvrit de ses ondes.
Et jamais, sans l’éther foudroyé, le Printemps
N’avait fait resplendir les soleils éclatants,
Ni l’Été généreux mûri les moissons blondes.

Farouches, ignorants des rires et des jeux,
Les Immortels siégeaient sur l’Olympe neigeux.
Mais le ciel fit pleuvoir la virile rosée ;

L’Océan s’entr’ouvrit, et dans sa nudité
Radieuse, émergeant de l’écume embrasée,
Dans le sang d’Ouranos fleurit Aphrodité.

(José-Maria de Hérédia)

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Il n’est pas de faute irrémissible pour son amour (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018


Modigliani

Nous avons cru notre corps immortel
Et le paysage inchangé,
La terre insoucieuse, les murs inébranlables.

Nous avons oublié que meurent sous nos yeux les saisons,
Près des pagodes noires de la forêt,
Dans la dignité du silence.
Les saisons sans actions, sans geste, sans parole,
Chacun léger, si léger. Les nations,
Des gouttes qui s’égarent
Sur la paroi du seau.

Le temps
Fébrilement sépare, mais un souffle suffit
Pour nous unir, dépassant notre ardeur.
L’espérance nous rend graves. Il n’est pas
De faute irrémissible pour son amour.

(Philippe Delaveau)

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Il y a toujours ce visage (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2018


visage

C’est à peine si je te vois à travers les feuillages
Visage aperçu dans un vieil autobus
Ces feuillages mortels où l’âme n’est plus
Qu’une pousière lointaine prête à rendre son secret

Tu es debout sur la brisée des herbes
Je ne sais te dire que l’enclos de mes bras
Le biais de ce coeur mal accompli
Et je suis là brutal comme un coup de fusil
Au coeur de la forêt

De mes mains j’attends que renaissent
Les chemins désunis
Mais tu sais que j’essaie de retenir ton visage
Comme la flamme petite de l’allumette

Je t’appelle avec des mots comme des granges
Mais la porte du fond a glissé
Les forêts sont seules à revenir
Pourrons-nous rejoindre à temps l’émeute des blés

Sur cette terre qui bouge où je m’avance à contre-jour
Il y a toujours un visage qui voit clair pour moi
Pareil à une fenêtre ouverte dans la rue vide et sans écho
Il m’interdit l’accès des ténèbres
Un visage en clair qui me précède sous le ciel noir
Il fait son nid dans la libre existence de mes mains
Il prend la même route que les oiseaux
Quand les oiseaux portent l’aube plus haut que la mémoire
Il y a toujours devant moi ce visage dressé dans son été
Il enserre mon domaine et s’enchâsse dans ma nuit
Il pèse à peine le temps d’une parole
Il est ma première neige mon unique sommeil
Ma part de récolte mon lierre et je suis l’arbre
Il y a toujours ce visage qui me regarde par dessus-bord
Quand je m’arrête à bout d’usure aux premières portes

(Georges Drano)

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