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Posts Tagged ‘rossignol’

Ils portaient en eux (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



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Ils portaient en eux
plusieurs montures

Avaient des désirs
lourds de feuillages
aux mains multiples

L’espace appelait
Un rossignol affolait
les bois de l’été

(Georges Bonnet)

 Illustration: Max Ernst

 

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LE MAUDIT (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



LE MAUDIT

J’ai mené mon chagrin maudit dans les prairies
Où je me suis roulé, sanglotant comme un fol ;
Mes pleurs salés faisaient des brûlures au sol
Et laissaient des trous noirs dans les herbes fleuries.

Je l’ai conduit au bois et dans les closeries
Pour entendre le gai pinson, le rossignol ;
Mais les oiseaux bien loin de nous prenaient leur vol
Devant l’épouvantail de nos mines flétries.

Alors je l’ai traîné jusqu’au bord de la mer
Où les pleurs en tombant se noient au gouffre amer.
Où l’on n’a pour témoins que la vague et la roche ;
Mais la roche restait muette de stupeur,
La vague en frissonnant fuyait à mon approche,
Et les monstres marins en avortaient de peur.

(Jean Richepin)

Illustration

 

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LA CHANSON DES CHANSONS (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2017



LA CHANSON DES CHANSONS

J’ai vu les prés, les bois, les étangs, les buissons,
Et les petits oiseaux m’ont appris leurs chansons.

Je sais, faisant rouler dans ma gorge une perle,
Flûter comme un bouvreuil et siffler comme un merle.

Je connais le refrain des cailles dans le foin,
Et des perdreaux perdus qui s’appellent au loin.

Je peux dire d’un trait la cantilène douce
Que file la mésange en dansant sur la mousse.

J’ai retenu la gamme aux bonds capricieux,
Trilles de l’alouette en fusant vers les cieux.

Je répète la brusque et stridente ariette
Du pinson, du linot et de la mauviette.

J’imite jusqu’aux cris éclatant tout à coup
Du geai, du loriot, du pivert, du coucou.

J’ai gardé sûrement au cœur de ma mémoire
La romance de la fauvette à tète noire.

Enfin j’ai su noter la merveille des voix.
Le grand air tout entier du rossignol des bois.

Comment donc se fait-il quêta voix me paraisse,
Mignonne, plus belle et plus enchanteresse?

Pourquoi tous ces concerts me semblent-ils moins doux
Que ta parole quand je suis à tes genoux?

Maîtresse, ta voix gaie, amoureuse et tendre,
Ces chanteurs aimeraient eux-mêmes à l’entendre.

Viens voir les prés, les bois, les étangs, les buissons.
Je veux que les oiseaux apprennent tes chansons.

(Jean Richepin)

 

 

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Désir (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2017


Rien que ton coeur brûlant,
Rien d’autre.

Mon paradis: un champ
Sans rossignols
Ni lyres,
Avec une fontaine
Et un filet d’eau vive.

Pas de vent qui éperonne
Les frondaisons
Ni d’étoile qui veuille
Se faire feuille.

Un jour immense
Y serait
Le ver luisant
D’un autre jour
Dans un champ de
Regards brisés.

Lumineux repos
Où tous nos baisers,
Grains de beauté sonores
De l’écho,
Iraient là-bas éclore.

Et ton coeur brûlant,
Rien d’autre.

(Federico Garcia Lorca)

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Le rossignol (Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2017



Comme un vol criard d’oiseaux en émoi,
Tous mes souvenirs s’abattent sur moi,
S’abattent parmi le feuillage jaune
De mon coeur mirant son tronc plié d’aune
Au tain violet de l’eau des Regrets,
Qui mélancoliquement coule après,
S’abattent, et puis la rumeur mauvaise
Qu’une brise moite en montant apaise,
S’éteint par degrés dans l’arbre, si bien
Qu’au bout d’un instant on n’entend plus rien,
Plus rien que la voix célébrant l’Absente,
Plus rien que la voix – ô si languissante! –
De l’oiseau qui fut mon Premier Amour,
Et qui chante encore comme au premier jour;
Et, dans la splendeur triste d’une lune
Se levant blafarde et solennelle, une
Nuit mélancolique et lourde d’été,
Pleine de silence et d’obscurité,
Berce sur l’azur qu’un vent doux effleure
L’arbre qui frissonne et l’oiseau qui pleure.

(Verlaine)

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Le rossignol (Issa)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



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Le rossignol!
son chant du matin
trempé par la pluie

(Issa)

 

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Canzone du rossignol multiplié (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Canzone du rossignol multiplié

Le rossignol au clair de lune, on le voit,
on ne le voit plus,
le rossignol au clair de lune fond
dans la douceur de son chant.

S’il reparaît on voit les champs s’approcher de l’arbre où il chante,
s’il reparaît on voit les champs, les entend plutôt plus et plus
devenir eux-mêmes des chants, quittant le sol, devenant sols, rés, mis, sols,
gazouillant aux cols bercés de saules, d’aulnes, d’autres

arbres fleuris de rossignols. Ah ! bercés du plus doux des vents
perdant ces feuilles une à une,
des plus doux chants sur plus doux vents
les rossignols du clair de lune.

(Paul Fort)

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L’HEURE D’INSPIRATION (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



 

L’HEURE D’INSPIRATION

C’est l’heure où, dans les bois, le rossignol, qui veille,
Prodigue de ses chants la plaintive merveille :
Où, de ses rendez-vous égayant les déserts,
L’amour a des aveux, plus doux que ces concerts :
Où les eaux du ruissel, que le vent contrarie,
Font, en se débattant, naître la rêverie.
C’est l’heure, où dans le thym s’appellent les grillons :
Où, comme des esprits, d’inquiets papillons
Viennent voir, aux vitraux qu’enflamment nos lumières,
Si nous parlons des morts, au moins dans nos prières.
C’est l’heure, où sur la mousse, au feu du ver luisant,
Les sylphes font pousser des fraises, en dansant.
Échos capricieux de leurs folles cadences,
Les feux-follets dans l’air se font des confidences :
La fleur pompe du soir la molle humidité :
Le ciel d’étoiles d’or sable l’obscurité,
Et cet or, réfléchi dans une onde courante,
Reproduit le Pactole et sa richesse errante.

Des nuages foncés, qui bordent l’horizon,
La lune, en se levant, disperse la prison :
L’azur bruni des cieux descend sur la verdure :
Une ombre transparente a baigné la nature,
Et d’un charme inconnu l’imprègne, en l’effleurant :
C’est l’heure, où l’on devient poète, en l’admirant.

(Jules Lefèvre-Deumier)

 

 

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Depuis que je t’ai vue… (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 21 janvier 2017



Depuis que je t’ai vue,
Le chant du rossignol, le doux chant de l’oiseau
Se fait encor plus beau.
Et, dissipant la nue,
L’éclat du grand soleil
Est soudain sans pareil.
Mais nul mot ne me vient de ta bouche menue,
Nul sourire pour l’éclairer…
Doucement. Et celui qui t’aime
N’est plus que l’ombre de lui-même.
Il voudrait t’embrasser. Il voudrait te serrer.

Depuis que je t’ai vue, ô toi, femme cruelle,
Dans les champs, je perçois
Une senteur nouvelle.
Plus fines qu’autrefois
Sont les fragrances, plus câlines,
Et l’orgueilleux rosier ne porte plus d’épines.
Mais ton âme est de glace et trop fier est ton cœur.
Ce qui fut la brise du désespoir, ô Femme,
A présent brûle avec ardeur
Et devient amoureuse flamme!

Depuis que je t’ai vue – et pourquoi le nier! –
Le ciel, pour moi, est toujours printanier.
Aucun oiseau n’est prisonnier d’aucune fille.
Et moi seul, ton captif, suis derrière une grille.
Il me sera doux de mourir.
Car mon cœur douloureux à toi n’a pu s’offrir.
En quittant cette terre,
En me sentant partir,
J’exhalerai le nom de celle qui m’est chère.

(Attila Jozsef)


Illustration: William Bouguereau

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PLAISIR D’UNE NUIT D’ÉTÉ (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2017



Shizuo Ashikaga Fauvette D

PLAISIR D’UNE NUIT D’ÉTÉ

Nous nous éloignons de la montagne bleue, et la lune nous suit.
La rosée alourdit nos manches.
Nous nous retournons
afin d’évaluer la distance que nous avons parcourue,
mais une brume blanchâtre noie la campagne.

La main dans la main,
nous voici devant la barrière de la rustique demeure
où des amis nous attendent.

A présent, nous cheminons dans un sentier bordé de bambous
qui nous frôlent au passage.

Nous sommes tous réunis. Quel bonheur!
On me verse du vin parfumé.
Je chante la Chanson du Vent dans les Pins.
Les rossignols, les grenouilles et les insectes chantent aussi.

(La Flûte de Jade)

 Illustration: Shizuo Ashikaga 

 

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