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Poésie

Posts Tagged ‘rossignol’

LYS (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020


 


 

LYS

Gerbe de temps, cheveux de lune
Qu’une main de nuit importune
Aux linières de la rosée
Un rossignol chantait pour l’une
Ou l’autre de ses bien-aimées.

Le bruit blanc du vent dans les feuilles
L’horizon s’ouvrait comme un oeil
Et déjà de jeunes lumières
Aux souplesses de chèvrefeuille
Lavaient l’aube dans la rivière

Et les eaux pâles de la Lys
Charriant d’éteintes étoiles
De la nuque au tréfond des moelles
Mélangeaient l’aurore aux pétales
Des femmes de cygne et de lys.

Aube à la margelle des saules
Où se turent les rossignols
Redevenus d’autres oiseaux
je me désaltérais aux geôles
Charnelles de ton sable chaud.

Et quand les fenêtres bleuirent
Aux vannes d’azur du soleil
J’essayais en vain de traduire
La chair de femme qui soupire
De rossignol et de sommeil.

(Robert Goffin)

Illustration: Pascal Renoux

 

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À la claire fontaine m’en allant promener (Anonyme XVIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




À la claire fontaine
M’en allant promener
J’ai trouvé l’eau si belle
Que je m’y suis baigné

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Sous les feuilles d’un chêne,
Je me suis fait sécher.
Sur la plus haute branche,
Le rossignol chantait.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Chante, rossignol, chante,
Toi qui as le cœur gai.
Tu as le cœur à rire…
Moi je l’ai à pleurer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

J’ai perdu mon amie
Sans l’avoir mérité.
Pour un bouquet de roses
Que je lui refusais…

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierais

Je voudrais que la rose
Fût encore au rosier,
Et que ma douce amie
Fût encore à m’aimer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai

(Anonyme XVIIIème siècle)

Illustration: Pierre Duchesne

 

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CHAQUE ANIMAL (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2020



CHAQUE ANIMAL

Chaque animal sait prendre une autre forme
et pour cela son poète est choisi.
Les chants des geais, des rossignols s’entendent
et tout poème est bestiaire ardent.

Suis-je l’oiseau, le lion, la panthère
ou la fourmi ? D’amours zoologiques,
je suis épris sans savoir si je rampe
ou si je nage ou si je marche ou vole,

mais que je sois de pelage ou de plumes,
insecte ou ver, ingénument licorne,
hibou, saumon, rhinocéros, abeille,
je vois partout l’ombre du Grand Chasseur.

(Robert Sabatier)

 

 

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BESTIAIRE DES AMANTS (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2020



Illustration: Pierre Paul Rubens
    
BESTIAIRE DES AMANTS

Amants endormez-vous
après de tendres soins
serrez-vous aimez-vous
vos rêves iront loin
Bien au-delà du jour
au profond du sommeil
du bon-chaud de l’amour
renaîtra le soleil
Un écureuil viendra
Entre vos deux orteils
un lézard glissera
Tous vos amis de nuit
la loutre et le renard
le chat et la fourmi
accourront sans retard
à pas feutrés de rêve
jusqu’au chant de l’alouette
et se mélangeront
sans mordre ni crier
au jaune hérisson
à la fauvette huppée
Les hôtes amicaux
viendront à pas feutrés
jusqu’au cocorico
d’un grand coq très distrait
qui chassera enfin
cette ménagerie
que la soif ni la faim
n’auront jamais surpris
Sur la main de l’enfant aimée
un rossignol vient et se pose
(La gazelle viendrait aussi
mais elle a peur et elle n’ose)

La truite et le chien de mer
s’en vont naviguant de conserve
Le toucan l’étoile de mer
restent tous deux sur la réserve
Devant le bélier qui insiste
pour que le chat touche à ses cornes
ne sachant trop si elle existe
longuement pleure la licorne
La taupe et le corbeau
s’en vont à petits pas
Le renard les chevaux
marchent tout près du rat
et la chauve-souris
veille sur la dormeuse
tandis qu’une perdrix
lui chante une berceuse
La girafe et le chien
le lion le pangolin
le zèbre et la vigogne
flairent les endormis
les lèchent doucement
et parlent en amis
aux fidèles amants
qui s’éveillent enfin
lorsque le réveil sonne
et leur rend leur matin
de vraies grandes personnes.

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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MA VIEILLE BRANCHE (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Léo Ferré [1280x768]

MA VIEILLE BRANCHE

T’as des cheveux comme des feuilles mortes
Et du chagrin dans tes ruisseaux
Et l’ vent du nord qui prête main-forte
À la mère pluie qu’est toute en eau
Ma vieille branche

T’as des prénoms comme des gerçures
D’azur tout gris dans tes chiffons
Et l’ vent du Nord et ses coutures
Où meurent tranquilles les papillons
Ma vieille branche

T’as l’ rossignol qui t’ fait des dettes
Et les yeux doux en coup d’ brouillard
Ce p’tit chanteur, c’est qu’une girouette
T’as qu’à lui mettre ton vieux foulard
Ma vieille branche

T’as les prés comme un chapeau d’ paille
De quand l’été se faisait tout beau
Et des guignols que l’on empaille
À faire s’en aller tes oiseaux
Ma vieille branche

T’as l’ cul tout nu comme les belles gosses
Arrivées là pour un moment
Mais toi, ma vieille, il faut qu’ tu bosses
Pour arriver jusqu’au printemps
Ma vieille branche

T’as rien pour toi qu’une pauvre frimousse
Un vieux sapin qui t’ fait crédit
Deux, trois p’tites fleurs va-que-j’te-pousse
Et puis l’hiver au bout d’ ta vie
Ma vieille branche d’automne

(Léo Ferré)

 

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L’oiseau-merci (Marcelin Pleynet)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2020




L’oiseau-merci

J’ai vu un rossignol par la queue

J’ai récolté les fils de la vierge
glané les roses de la rosée
fait un bouquet de ces poissons d’argent qui vivent dans mon ombre

J’ai vu un merle qui avait toute la noblesse de la rivière

(Marcelin Pleynet)

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POEME (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2020



 

rosier_sauvage

POEME

Le rossignol dans le buisson d’épines
Tressaillit
Et chanta;
La blanche fleur du rosier sauvage
Saigna…

Le buisson d’épines mûrit
Au milieu des déserts blancs,
Comme des gouttes de sang
Se forment ses fruits,
Sur les blancs éboulis
Des plaines karstiques
— là-bas sera ton coin.

(Srecko Kosovel)

Illustration

 

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Il est riche d’un soleil (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



 

Duy Huynh (18) [1280x768]

Il possède une cage
mais pas de rossignol
un miroir
mais pas de visage
sa maison a un seul mur

Il est riche d’une bougie éteinte
et d’une échelle sans marches

Il détient une craie pour dessiner le vide
un charbon pour dessiner le plein
et des traits pour combler ses silences

Il est riche d’un soleil réduit à un point.

(Vénus Khoury-Ghata)

Illustration: Duy Huynh

 

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LE SOIR (Taras Chevtchenko)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020




Illustration:  Kyriak Kostandi
    
LE SOIR

La cerisaie qui entoure la chaumière
Est livrée au tumulte de bourdonnements sauvages,
Les paysans poussent laborieusement leurs attelages
Les filles chantonnent la ritournelle en rentrant chez elles
Les mères attendent le reste de la famille pour le souper.
La famille se restaure autour de la demeure ;
L’étoile du soir se lève à cette heure ;
La fille sert le repas …
Sa mère veut la conseiller,
Mais le taquin rossignol couvre sa voix.
Autour de la maison, la mère
Couche ses petits enfants,
Et s’endort ensuite à leurs côtés.
Tout est devenu si silencieux … Seules les filles
Et le rossignol sont en éveil.

***

ВЕЧІР

Садок вишневий коло хати,
Хрущі над вишнями гудуть,
Плугатарі з плугами йдуть,
Співають ідучи дівчата,
А матері вечерять ждуть.
Семья вечеря коло хати;
Вечірня зіронька встає;
Дочка вечерять подає…
А мати хоче научати,
Так соловейко не дає.
Поклала мати коло хати
Маленьких діточок своїх,
Сама заснула коло їх.
Затихло все… Тілько дівчата
Та соловейко не затих.

***

NOITE

O pomar de cerejas que rodeia a casa
É entregue ao tumulto dos rugidos selvagens,
Os camponeses laboriosamente empurrar suas equipes
As meninas cantarolam o refrão quando chegam em casa
As mães esperam pelo resto da família para o jantar.
A família está restaurando em volta da casa;
A estrela da noite se levanta a esta hora;
A garota serve a refeição …
Sua mãe quer aconselhá-la,
Mas a provocação rouxinol cobre sua voz.
Ao redor da casa, a mãe
Camada de seus filhinhos
E depois adormece ao lado deles.
Tudo ficou tão quieto … Só garotas
E o rouxinol estão acordados.

(Taras Chevtchenko)

 

Site : http://artgitato.com/
Traduction: Français Jacky Lavauzelle / Ukrainien / Portugais Jacky Lavauzelle
Editions:

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En sourdine (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



 Joseph Noel Paton -« Hesperus »

En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos coeurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme les yeux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton coeur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

(Paul Verlaine)

Illustration: Joseph Noel Paton

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