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Poésie

Posts Tagged ‘jeune’

UN PEU DE TEMPS (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Illustration: Kitty Crowther
    
UN PEU DE TEMPS

Un peu de temps encore, dit la tortue.
Elle vient de souffler ses mille bougies.
Elle reprend sa respiration,
ensuite salue la lune.
Ailleurs, c’est peut-être la guerre,
mais ici, dans la forêt,
la lune vient parfois s’asseoir
sur la carapace de son amie.
Elles parlent du temps passé
qui ne passe plus vraiment,
puis rient comme deux papillons
qui oublient de dormir.
Encore un peu de temps, répète la tortue,
je me sens bien trop jeune
pour aller danser
au bal des étoiles.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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La pomme tombe dans l’herbe (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2022




    
La pomme tombe dans l’herbe
Le jeune enfant essaie
De la remettre dans l’arbre

(Anonyme)

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LA PATURE (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022



 

LA PATURE

Je vais aller au pré pour curer la fontaine.
Je me contenterai de retirer les feuilles.
(Et peut-être attendrai-je que le flot soit clair.)
Je ne serai pas parti bien longtemps. Viens donc!

Je vais ramener avec moi le petit veau
Qui est toujours avec sa mère. Il est si jeune
Que lorsqu’elle le lèche, il vacille et chancelle.
Je ne serai pas parti bien longtemps. Viens donc!

(Robert Frost)

Illustration

 

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Les jeunes époux (Halwâ al-Abbâr « al-Miknâsiyya »)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022




Les jeunes époux

Combien souffrent les jeunes époux,
quand, dos à dos et en silence,
l’orgueil les empêche de se réconcilier !

Mais quelle joie quand soudain ils se retournent
et mettent fin à la querelle d’amour :
elle en lui, lui en elle !

(Halwâ al-Abbâr « al-Miknâsiyya »)

 

 

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Il y a un moment (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2022



Il y a un moment j’étais jeune.
Depuis un moment je suis vieux.
Il y a un moment j’étais vivant.
Depuis un moment je suis mort.

Quelqu’un épie dans un coin
l’aberration du temps.
Quelqu’un attend dans un coin
que tout cela passe.

Et d’un autre coin
ou peut-être du même
monte une pluie
qui va effacer le ciel.

(Roberto Juarroz)


Illustration: Hans Baldung Grien

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Ton art (Rupi Kaur)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2022



Illustration: René Baumer
    
ton art
n’est pas de savoir
le nombre de personnes
qui aiment ton travail
ton art
est de savoir
si ton coeur aime ton travail
si ton âme aime ton travail
si tu es honnête avec toi-même
et tu ne dois jamais
troquer l’honnêteté
pour l’art de plaire

– à vous tous jeunes poètes

(Rupi Kaur)

Recueil: lait et miel
Traduction: de l’anglais (USA) par Sabine Rolland
Editions: Charleston

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Nocturne (Germaine Beaumont)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2022



Illustration: George Hyde Pownall
    
Nocturne

Des Irlandaises vendaient sous les portes
des pommes de terre qui me brûlaient les doigts.
Quel vent désolé vous apporte
Londres, mon Londres d’autrefois ?

Les chats cousaient les maisons l’une à l’autre
d’un fil noir, d’un fil roux, d’un fil blanc.
Ils faufilaient le jour et la nuit l’un à l’autre.
Des « derelicts » dormaient, distingués, sur des bancs.

La Tamise montait, mais en nappes légères
d’odeurs et de brouillards ténus.
Que de songes ainsi, dans l’ombre, sont venus
se prendre à vos chapeaux, nocturnes passagères !

L’Adelphi, vers le flot glissait en froides pentes
qu’une lanterne transperçait.
Et l’ivresse nouait sa forme titubante
aux « street lamps » qu’elle enlaçait.

Parfois un rat, qu’un bruit insolite déloge
s’enfonçait dans la vase avec un sifflement.
L’éternité bat dans vos cœurs comme une horloge,
Pèlerins de la nuit qui marchez en dormant.

J’ai frôlé, jeune encor, sans mesurer le risque,
ces épaves du temps perdu,
Cléopâtre dressant sa petite obélisque,
montrait le ciel d’un doigt tendu.

Elle perçait de l’aiguille,
votre opaque intensité,
nuit de Londres où scintille,
l’astre du déshérité.

Le bruit d’un pas, ce tendre ami des rues désertes
sonne encor dans mon souvenir.
Mon cœur attend au seuil d’une porte entrouverte,
ce qui ne peut plus revenir.

Mon cœur perçoit au loin le convoi qui déraille
avec ses morts et ses vivants.
Quelqu’un court dans la nuit derrière un brin de paille
mais c’est le vent, mais c’est le vent.

(Germaine Beaumont)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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Beaucoup ne verront plus… (Cécile Périn)

Posted by arbrealettres sur 4 juillet 2022




    

Beaucoup ne verront plus…

Beaucoup ne verront plus palpiter la lumière,
Ni l’éclat délicat des matins de printemps.
Un doux soleil entr’ouvre en vain les primevères ;
Je pense aux jeunes morts qui n’avaient pas vingt ans.

Le destin les coucha dans l’ombre, à peine en vie.
Et les vieillards et les femmes regarderont,
La flamme vacillant dans ces mains engourdies,
S’éteindre les divins flambeaux ; — et survivront.

Mais ils ne pourront plus connaître cette ivresse
Qui les envahissait, jadis, au temps joyeux.
Pour un rayon posé sur les pousses qui naissent,
Pour un jeune arbre en fleur, pour un pan de ciel bleu.

Ils n’auront plus jamais l’exaltation douce
De ceux que la beauté seule autrefois rythmait.
Leur coeur se souviendra de l’horrible secousse
Quand l’oubli s’étendra sur les jardins de Mai.

(Cécile Périn)

 

Recueil: Poésie au féminin
Traduction:
Editions: Folio

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Ils étaient huit jeunes hommes (Charles Camproux)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022




    
Ils étaient huit jeunes hommes

Ils étaient huit jeunes hommes, nus, nus et qui tremblaient
ils étaient descendus, gelés, enchaînés,
l’un derrière l’autre, nus, les mains dans le dos
et ils savaient pour sûr, ils se savaient condamnés:
le grand camion, au fond, le long de la grande allée,
l’allée des longs cyprès, longs, hauts, est venu s’arrêter,
et les huit jeunes hommes nus, blancs, sans mot sont descendus
entre des hommes verts, vert clair, qui les font se tenir:
se tenir, blancs, nus, devant la grande tombe,
devant le grand trou, long, profond, tout juste creusé,
là tout le long, là, le long de l’allée,
derrière les tombeaux, tout le long, comme une longue tranchée:
par la mitraillette, d’un coup, ils ont tous plongé
dans la longue tranchée, blancs, nus, avec un peu de sang
sur leurs torses blancs, blancs, nus, aux premières aurores:
ils étaient huit jeunes hommes, nus, dépouillés de lendemains.

(Charles Camproux)

Recueil: Guerre à la guerre
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Chanson du Sud-du-Fleuve (Li Yi)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2022



Illustration: Chai Qiu Nong
    
Chanson du Sud-du-Fleuve

Mariée jeune à un marchand-voyageur
Jour après jour attendre en vain son retour
Si j’avais su combien fidèle était la marée
J’aurais épousé, pour sûr, un joueur de vagues

(Li Yi)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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