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Poésie

Posts Tagged ‘rêver’

La pluie faisait corps (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



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La pluie faisait corps
Sans failles
attentif au chétif
à l’écharpe des lisières

Le front contre la vitre
ils rêvaient longtemps
à ce qu’aurait été la vie
s’ils avaient été heureux

(Georges Bonnet)

 

 

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Mon amour en légers atours (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2017



Mon amour en légers atours
Va passant parmi les pommiers,
Là où les vents joyeux ne rêvent
Que de courir de compagnie.

Où s’attardent les vents joyeux
Pour courtiser les jeunes feuilles
Mon amour s’en va lentement
Penchée vers son ombre dans l’herbe.

Où le ciel tend sa coupe bleue
Par-dessus la terre qui rit,
Mon amour relève, légère,
Sa robe d’une exquise main.

***

My love is in a light attire
Among the apple-trees,
Where the gay winds do most desire
To run in companies.

There, where the gay winds stay to woo
The young leaves as they pass,
My love goes slowly, bending to
Her shadow on the grass;

And where the sky’s a pale blue cup
Over the laughing land,
My love goes lightly, holding up
Her dress with dainty hand.

(James Joyce)

Illustration

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Je m’en vais rêvant par les chemins… (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2017



Je m’en vais rêvant par les chemins
Du soir. Les collines
Dorées, les pins verts
Les chênes poussiéreux! …
Où peut-il aller, ce chemin?

Je m’en vais chantant, voyageur
Le long du sentier…
Le jour s’incline lentement.
« Devant mon cœur était clouée
L’épine d’une passion;
Un jour j’ai pu me l’arracher:
Je ne sens plus mon cœur. »

Et toute la campagne un instant
Demeure, muette et sombre,
Pour méditer. Le vent retentit
Dans les peupliers de la rivière.

Mais le soir s’obscurcit encore;
Et le chemin qui tourne, tourne,
Et blanchit doucement,
Se trouble et disparaît.

Mon chant recommence à pleurer:
« Epine pointue et dorée,
Ah! si je pouvais te sentir
Dedans mon cœur clouée. »

(Antonio Machado)


Illustration: Vincent Van Gogh

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Fille Sauvage (Richard Anthony)

Posted by arbrealettres sur 19 février 2017



Fille Sauvage

On n’a jamais su qui elle était
Ni de quel pays elle venait
Elle dansait la nuit, et au matin sans bruit
S’en allait, comme un regret

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Elle parlait du vent et de la pluie
Mais jamais de son coeur ou de sa vie
Elle riait de tout, en disant après tout
Que demain, est encore loin

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Mais j’ai bien compris qu’elle nous mentait
Et quoi qu’elle en dise son coeur battait
Elle rêvait souvent, devant un enfant
Et pour une fleur, versait des pleurs

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

Oh dis-moi fille sauvage
De quoi donc as-tu si peur
La vie n’est pas un mirage
Nous avons tous un coeur.

(Richard Anthony)


 

 

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Les murs de Poussière (Francis Cabrel)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2017



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Les murs de Poussière

Il rêvait d’une ville étrangère
Une ville de filles et de jeux
Il voulait vivre d’autres manières
Dans un autre milieu

Il rêvait sur son chemin de pierres
« Je partirai demain, si je veux
J’ai la force qu’il faut pour le faire
Et j’irai trouver mieux »

Il voulait trouver mieux
Que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
Trouver mieux que la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux
Le soleil sur les murs de poussière
Il voulait trouver mieux

Il a fait tout le tour de la terre
Il a même demandé à Dieu
Il a fait tout l’amour de la terre
Il n’a pas trouvé mieux

Il a croisé les rois de naguère
Tout drapés de diamants et de feu
Mais dans les châteaux des rois de naguère
Il n’a pas trouvé mieux

Il n’a pas trouvé mieux
Que son lopin de terre
Que son vieil arbre tordu au milieu
Trouver mieux que la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux
Le soleil sur les murs de poussière
Il n’a pas trouvé mieux

Il a dit « Je retourne en arrière
Je n’ai pas trouvé ce que je veux »
Il a dit « Je retourne en arrière »
Il s’est brûlé les yeux

Il s’est brûlé les yeux
Sur son lopin de terre
Sur son vieil arbre tordu au milieu
Aux reflets de la douce lumière du soir

Près du feu qui réchauffait son père
Et la troupe entière de ses aïeux

(Francis Cabrel)

 Illustration

 

 

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Dors-tu ? (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2017



 

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Dors-tu ?

Et toi ! dors-tu quand la nuit est si belle,
Quand l’eau me cherche et me fuit comme toi ;
Quand je te donne un coeur longtemps rebelle ?
Dors-tu, ma vie ! ou rêves-tu de moi ?

Démêles-tu, dans ton âme confuse,
Les doux secrets qui brûlent entre nous ?
Ces longs secrets dont l’amour nous accuse,
Viens-tu les rompre en songe à mes genoux ?

As-tu livré ta voix tendre et hardie
Aux fraîches voix qui font trembler les fleurs ?
Non ! c’est du soir la vague mélodie ;
Ton souffle encor n’a pas séché mes pleurs !

Garde toujours ce douloureux empire
Sur notre amour qui cherche à nous trahir :
Mais garde aussi son mal dont je soupire ;
Son mal est doux, bien qu’il fasse mourir !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Alberto Donaire 

 

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Automnale (Bernard de Louvencourt)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



Automnale

Tout fait silence au loin sous ta calme automnale…
Nature, rêves-tu quelque futur essor?
Pourquoi ne dis-tu rien — triste comme la mort
As-tu perdu de tout l’espérance finale?

Non ! dans les grands taillis tu fais des rêves d’or,
Plutôt que d’exprimer une plainte banale.
Puis tu resplendiras d’aube matutinale
Quand, après les beaux jours, viendront des jours encor…

Et c’est pourquoi souvent j’ai passé dans ta crèche,
Et, sentant sous mes pieds crier ta feuille sèche,
J’ai même quelquefois uni mon rêve au tien.

Et pourtant… c’est étrange… Oh ! dis-moi, je t’en prie,
Qu’il est beau ton regret, belle ta rêverie?
Dis-moi. Car j’ai si peur qu’elle ne rêve… à rien !

(Bernard de Louvencourt)

 

 

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Pensée d’amour (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Pensée d’amour

Je pense à ton âme aussi pure qu’elle,
Quand je vois la neige au soleil briller, –
Candeur où la grâce ardente étincelle…
Et j’aime à prier.

Je pense à l’étoile aussi claire qu’elles,
Quand, de leur regard trop longtemps privé,
J’évoque, le soir, tes chères prunelles…
Et j’aime à rêver.

Je pense à la rose aussi douce qu’elle,
Quand un tendre mot, d’amour velouté,
Passe sur ta lèvre et la fait plus belle…
Et j’aime à chanter !

(Albert Lozeau)

 

 

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Rêve (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



J’ai rêvé d’une barque blanche
Qui sur le lac se balançait.
Chaque jour était un dimanche
Et le bonheur recommençait.

Tous les petits oiseaux chantaient,
Tous les petits poissons nageaient,
Et les gros chats qui ronronnaient
Jamais, jamais ne les mangeaient.

(Brigitte Level)

Illustration

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DIRE : FAIRE (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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DIRE : FAIRE

1
Parmi ce que je vois et dis,
parmi ce que je dis et tais,
parmi ce que je tais et rêve,
parmi ce que je rêve et oublie,
la poésie.
Se glisse
parmi le oui et le non :
dit
ce que je tais,
tait
ce que je dis,
rêve
ce que j’oublie.
Ce n’est pas un dire :
c’est un faire.
C’est un faire
qui est un dire.
La poésie
se dit et s’entend :
est réelle.
Et à peine dis-je
est réelle
se dissipe.
Est-elle plus réelle ainsi ?

2
Idée palpable,
mot
impalpable :
la poésie
va et vient
parmi ce qui est
et ce qui n’est pas.
Tisse des reflets
et les défisse.
La poésie
semailles yeux sur la page,
semailles mots dans les yeux.
Les yeux parlent,
les mots regardent,
les regards pensent.
Entendre
les pensées,
voir
Ce que nous disons,
toucher
le corps de l’idée.
Les yeux
se ferment,
Les mots s’ouvrent.

(Octavio Paz)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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