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Poésie

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Voici le mois de mai (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2023




    
Voici le mois de mai

Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent
Voici le mois de mai où les fleurs volent au vent
Où les fleurs volent au vent si jolie mignonne,
Où les fleurs volent au vent si mignonnement.

Le fils du roi s’en va, s’en va les ramassant
Le fils du roi s’en va, s’en va les ramassant
S’en va les ramassant si jolie mignonne,
S’en va les ramassant si mignonnement.

Il en ramasse tant qu’il en remplit ses gants
Il en ramasse tant qu’il en remplit ses gants
Qu’il en remplit ses gants si jolie mignonne,
Qu’il en remplit ses gants si mignonnement.

Il les porte à sa mie pour lui faire un présent
Il les porte à sa mie pour lui faire un présent
Il les porte à sa mie si jolie mignonne,
Il les porte à sa mie si mignonnement.

Prenez, prenez, dit-il, prenez voici mes gants
Prenez, prenez, dit-il, prenez voici mes gants
Prenez, prenez ces gants, si jolie mignonne,
Prenez, prenez ces gants, si mignonnement.

Vous ne les mettrez guère que quatre fois par an
Vous ne les mettrez guère que quatre fois par an
Que quatre fois par an si jolie mignonne,
Que quatre fois par an si mignonnement.

À Pâques, à la Toussaint, Noël et la Saint-Jean
À Pâques, à la Toussaint, Noël et la Saint-Jean
Noël et la Saint-Jean, si jolie mignonne,
Noël et la Saint-Jean si mignonnement.

(Anonyme)

 

Recueil: Les plus belles chansons du temps passé
Traduction:
Editions: Hachette

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L’art des nids (Corinne Albaut)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2023



Illustration: Catherine Fichaux
    
L’art des nids

Pour faire un nid secret,
Choisir un coin touffu,
Dans un arbre feuillu.
Pour faire un nid parfait,
Tresser quelques brindilles
Volées dans la charmille.
Pour faire un nid douillet,
Le tapisser de mousse
Et de plumes bien douces.

(Corinne Albaut)

Recueil: Comptines des secrets de la Forêt
Traduction:
Editions: Actes Sud Junior

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OCCUPATION (Nissim Ezekiel)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2023



 


   
OCCUPATION

J’ai regardé la nuit,
J’ai écouté la pluie.
Scène de tempête :
Tonnerre, éclairs,
Une multitude de spectres parmi les arbres,
L’obscurité, le froid et l’agitation,
Un hibou hurlait, des chauves-souris,
Beaucoup de voix étranges.
Quelqu’un pleurait, un enfant peut-être,
Une femme sur la route glissante,
Des cloches, au loin,
Deux hommes, plusieurs hommes,
Un long trait de lumière volant vers moi,
Puis une corde de silence autour de ma gorge

Quand je me suis réveillé il faisait déjà jour.
J’ai refait la même chose :
Regarder et écouter la nuit.

(Nissim Ezekiel) (1924-2004)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA CHANSON AU BOUT DU MONDE (Satprem)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2023



Illustration: Rabi Khan
    
LA CHANSON AU BOUT DU MONDE

J’ai aimé
J’ai aimé tant de choses qui passent

J’ai aimé le grand vent
et le ressac
et l’oiseau libre sur son rocher
J’ai aimé ce tendre visage
et cette mère comme le large
j’ai aimé
j’ai aimé tant de choses qui passent

Mais ce vent me disait autre chose et ce
visage me souriait d’ailleurs et cet
oiseau volait par mon coeur
depuis
depuis des âges

J’ai aimé
J’ai aimé tant d’infortunes
et promené un chagrin comme les âges

Et j’ai aimé enfin
ce qui battait dans mon cœur
partout
ce qui chantait dans mes chagrins
partout
ce qui souriait dans tout

J’ai aimé Toi qui es mon voyage et mon grand large
et mon océan au bout des peines et des chemins

Ô Toi, mon oiseau
si vieux
si chantant toujours
je ne savais pas
je ne savais pas
que je t’aimais toujours
depuis toujours

Tu es mon ciel et mon enfer et ma joie et ma peine
et ce qui chante toujours-toujours

Avec un cri aussi
de ne pas t’avoir aimé toujours
de n’avoir pas su
ce que je savais depuis des âges
avec les rochers et le ressac
et le n’importe quoi
qui passe
qui passe
qui est toujours

(Satprem) (1923-2007)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Parcourons la nouvelle maison américaine (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2023




    
Parcourons la nouvelle maison américaine

Il y a des portes
qui veulent être libres
de leurs gonds pour
voler avec de parfaits nuages.

Il y a des fenêtres
qui veulent être
détachées de leur
chambranle pour courir avec
les daims à travers les prés
de l’arrière-pays.

Il y a des murs
qui veulent rôder
avec les montagnes
à travers les premières
lueurs de l’aube.

Il y a des sols
qui veulent digérer
leurs meubles pour en faire
des fleurs et des arbres.

Il y a des toits
qui veulent voyager
gracieusement avec
les étoiles à travers
des cercles d’obscurité.

***

Let’s Voyage into the New American House

There are doors
that want to be free
from their hinges to
fly with perfect clouds.

There are windows
that want to be
released from their
frames to run with
the deer through
back country meadows.

There are walls
that want to prowl
with the mountains
through the early
morning dusk.

There are floors
that want to digest
their furniture into
flowers and trees.

There are roofs
that want to travel
gracefully with
the stars through
circles of darkness.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Au loin disparu (Su Wu)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Au loin disparu

Le cygne déploie ses ailes agiles et laisse le vent le porter au loin.
Un air vif le rappelle au souci et il tourne la tête, incertain.
Un cheval livre ses pas lourds à la steppe désertée — les siens sont partis.
Son coeur s’enlise dans des pensées interdites comme ses sabots dans la glaise meuble.
Le destin s’abat sans pitié sur deux dragons que leurs ailes opposent.
Il reste pourtant les chants qui savent révéler les amours secrets.
À l’ami qui s’en va, je joins les mots du ruisseau où coulent mes larmes.
L’écho des tambours exalte les vertus mâles et déchire les coeurs des compagnons vaincus.
La solitude des vers alimente le brasier du souvenir
Et plombe mon âme mon âme brisée dans l’horizon des peines.
J’aimerais pouvoir entonner encore les airs de l’enfance,
Ton pays est loin désormais — il t’ignore jusqu’au trépas.
Le mal me dévisage et il pleut sur les joues des filets d’amertume.
Les cygnes volent leur vie entière deux à deux
Mais pour nous, hommes, qui ne pouvons nous envoler ensemble
Il n’y a que routes mornes aux destins séparés.

(Su Wu)

(140-60)

 

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Le « fu » de la Chouette (Jia Yi)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2022



Illustration: Shan Sa
    
Le « fu »* de la Chouette

Le grand homme ne fléchit pas.
Il reste droit au coeur de mille changements ;
Ils ne sont pour lui qu’une même compromission.
L’homme abêti s’enchaîne aveugle à la coutume
Et souffre sans fin comme un prisonnier qui s’engeôle.
Le sage sait plier au bel abandon des choses.
Il lie sa vie au rythme saint du Tao seul.
Mais voici la foule qui s’enténèbre
Dans la soif et la haine qui plombent leur coeur.
Limpide et calme, l’homme véritable
Trouve la paix céleste dans le Tao seul.
Écartant la sagesse, oublieux des formes,
Dégagé, hors du souci de soi, vif et sauvage,
Plein d’une ampleur vide, il vole sur les ailes du Tao.
Porté par le flux, il navigue à la proue du monde.
Il trouve repos sur les îlots du fleuve,
Libérant son corps au destin,
Départie des craintes égoïstes,
Sa vie est flottaison,
Sa mort est grand repos.
Dans le calme tranquille
Qui rappelle au coeur des printemps,
Une barque sans amarre au courant sans objet.
Il regarde la perle de vide que sa vie a sertie.
Son destin ajouré le libère du chagrin d’exister.

(Jia Yi)

(201-169)

(*Fu: poème chinois en prose)

Recueil: Nuages immobiles Les plus beaux poèmes des seize dynasties chinoises
Traduction: Alexis Lavis
Editions: l’Archipel

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Chanson (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022




Chanson, vole là-bas
où tout est immobile.
Ne dis rien:
les larmes ne coulent plus
au souvenir de ces vives campagnes,
quand une douleur plus forte me les sèche.
Tu es le dernier soupir d’une langue
tombée à nouveau sur des coeurs oubliés.

(Pier Paolo Pasolini)

Illustration: Hélène Repnine

 

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Les pigeons (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2022




Les pigeons

Ils brillent sur les ombres
du garçonnet courbé
les feux d’un temps qui s’est enfui
avec le vol des pigeons.

Dans sa gorge naît
un semblant de parole,
secret comme les fraises
entre les feuilles des prés.

Et les cris et les paroles
ses amis sous les peupliers :
les pigeons du sentier
volent les embrasser.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

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Retouche à la force (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2022


sirene rosee

maître du peuple des sirènes
soleil ceint de poignards
un cheveu dans l’oeil un nuage
et elles t’échappent
et fuient
et l’alizé fleuri te les vole au passage

(Daniel Boulanger)

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