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Poésie

Posts Tagged ‘enfance’

Accoudé à la rambarde métallique (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



Accoudé à la rambarde métallique
en ce froid dimanche
il jette aux canards de l’étang
le pain rassis de son enfance

(Bernard Montini)


Illustration

 

 

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Regarde plutôt (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Regarde plutôt la splendeur
Des songes égarés
Dans l’herbe de ton enfance

(Alain Mabanckou)


Illustration: William Lamboley

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LE TEMPS QUI BRÛLE (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
LE TEMPS QUI BRÛLE
à Nelly.

Lente, gloire lente, femme lente,
Lente, tu es lente,
A l’heure somptueuse du corps.
Tu es le temps qui console
Tu es le sablier de la douceur
Ton corps mesure en moi la force des marées
Ton corps indique le temps infini
Encore un instant de bonheur !
Encore l’oubli, encore une victoire glorieuse sur la mort !
Encore toi, encore ta haute vague !
Encore ta jeunesse qui brûle !
Encore ta gloire, encore ton délire !
Lente, gloire lente, femme lente,
Tes cheveux, tes cuisses, tes os,
Ton enfance, tes poupées, ta joie
Pénètrent jusque dans mes os.
Lente, gloire lente, femme lente
Tes caresses me suivront jusque dans la poussière !

(René Depestre)

 

Recueil: Journal d’un animal marin
Traduction:
Editions:

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Encore une approche manquée… (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019




    
Encore une approche manquée…

Trop de mots, décidément.
Trop de mots tonitruants.

Elle n’hésite plus, désormais,
à se montrer au grand jour,
au creux de la main,
au fond de la gorge,
la faucheuse…
Il n’est plus temps de jouer
à déclarer mille fois son amour.
La terre, jusqu’à nouvel ordre,

n’a rien d’un théâtre
où se déploie le merveilleux.
Seul le froid s’invite dans l’air,
s’infiltre, se resserre,
épaissit le silence.
Il m’accompagne depuis l’enfance
ce silence glacé
dans le calme accablant
du noir.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Plus bas (Alain Veinstein)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2019



 


   
Plus bas

Quand l’obscurité me paraît céder en un point,
blanchir un peu de lumière,
c’est toujours un effet sans lendemain.
J’ai beau suivre les points brillants
dans la pénombre,
j’arrive chaque fois en bas
et chaque fois, de plus en plus bas,
là où je risque de ne plus prendre part à la vie.

Depuis le temps, j’aurais dû m’en douter:
c’est comme ça –

je finis toujours par m’abandonner
à des idées noires
comme si l’obscurité me saisissait en plein jour
et n’avait cessé depuis l’enfance
d’effriter la terre dans mes mains,
quand bien même je travaillerais,
avec l’obstination d’un dément,
essayer de rendre les choses plus visibles.

(Alain Veinstein)

 

Recueil: Voix seule
Traduction:
Editions: Seuil

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Les pas lointains (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2019




    
Les pas lointains

Mon père dort. Son auguste visage
figure un coeur serein ;
il est maintenant si doux…
s’il est en lui quelque chose d’amer, ce doit être moi.

Il y a de la solitude au foyer; on prie;
et pas de nouvelles des enfants aujourd’hui.
Mon père s’éveille, ausculte
la fuite en Égypte, l’adieu apaisant.
Il est maintenant si proche;
s’il est en lui quelque chose de lointain, ce doit être moi.

Et ma mère se promène là-bas dans les jardins,
savourant une saveur désormais sans saveur.
Elle est maintenant si suave,
si aile, si départ, si amour.

Il y a de la solitude au foyer sans tumulte,
sans nouvelles, sans vert, sans enfance.
Et s’il est quelque chose de brisé ce soir,
et qui descend et qui grince,
ce sont deux vieux chemins blancs, courbés.
Mon coeur les parcourt à pied.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Que de chaque rencontre naisse un poème! (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2019



Que de chaque rencontre naisse un poème!
Pour qui n’est infidèle ni bavard, peu de poèmes dans une vie entière.
Plus j’avancerai sur le chemin sans but,
sur la route de terre qui tout à coup débouche dans la nuit,
plus je vous bercerai en moi paroles et visages !

Il a suffit d’aller t’attendre.
Enfance du monde redevenue, ô mon enfance !
J’étais seule dans une rue, et toutes les choses et toi au loin vous m’entouriez.
L’écorce des platanes avait la couleur du pavé,
et les taches sur les troncs les mêmes contours que sur les pierres.

Les branches nues, peintes de la même pâleur que le ciel,
inscrivaient dans l’air des motifs si dépouillés et si patients que j’étais près des larmes et du sourire.
Un soleil blanc fit un trou là-haut et sur le fleuve un cercle scintillant.
A cet instant ton pas fut derrière moi.
Il avait le rythme de mon coeur.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

 

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Mon âme, soeur des soirs, amante du silence (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2019



Toi qui te connais mal et que les autres n’aiment
Qu’en de vains ornements qui ne sont pas toi-même,
Afin que ta beauté natale ne se fane,
Mon âme, pare-toi comme une courtisane.

Lorsque reviendra l’ombre et que tu seras nue,
Seule devant la nuit qui t’aura reconnue
Et loin de la cité dont la rumeur t’offense,
Tu te retrouveras pareille à ton enfance,

Mon âme, soeur des soirs, amante du silence.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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Le fou (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019



Il était bon comme une figue brune
il était fort comme un désir de loup
il était seul comme un chien dans la lune
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il était beau comme un pitre en Sorbonne
sérieux aussi comme un enfant qui joue
il était fier comme un air de trombonne
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il s’exaltait comme un désert qui danse
il rêvait grand comme un oeil de hibou
il s’affolait comme un cri d’ambulance
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il est parti comme un cheval sauvage
il s’est défait comme brume au mois d’août
il a vécu comme un oiseau sans âge
il était fou, fou comme l’amour fou.

Il fut amant comme on l’est en enfance
il en souffrit mais au fond ce fut doux
il s’est perdu comme on part en vacances
il était fou, fou comme l’amour fou.

(Henri Gougaud)

Illustration

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Lorsque éloigné du bruit (Nicolas-Germain Léonard)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019



 

Charles Guilloux  5oo1_500

Lorsque éloigné du bruit, dans ma douce tristesse,
Je marche à la lueur du nocturne flambeau,
J’aime à me rappeler les jours de ma jeunesse,
Mes parents endormis dans la nuit du tombeau,
L’ami de mon enfance, une aimable maîtresse ;
Tout ce qui fut jadis l’objet de ma tendresse
Repasse devant moi comme un léger tableau.

… Errant sur les débris de ceux que j’ai perdus,
Délaissé maintenant et plein de leur image,
Je traverse le monde où je ne les vois plus,
Et je confie aux bois mes regrets superflus…

(Nicolas-Germain Léonard)

Illustration: Charles Guilloux

 

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