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Posts Tagged ‘désirer’

Le phénix (Jean-Pierre Claris de Florian)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2020



    

Le phénix

Le phénix, venant d’Arabie,
Dans nos bois parut un beau jour :
Grand bruit chez les oiseaux ; leur troupe réunie
Vole pour lui faire sa cour.
Chacun l’observe, l’examine ;
Son plumage, sa voix, son chant mélodieux,
Tout est beauté, grâce divine,
Tout charme l’oreille et les yeux.
Pour la première fois on vit céder l’envie
Au besoin de louer et d’aimer son vainqueur.
Le rossignol disait : jamais tant de douceur
N’enchanta mon âme ravie.
Jamais, disait le paon, de plus belles couleurs
N’ont eu cet éclat que j’admire ;
Il éblouit mes yeux et toujours les attire.
Les autres répétaient ces éloges flatteurs,
Vantaient le privilège unique
De ce roi des oiseaux, de cet enfant du ciel,
Qui, vieux, sur un bûcher de cèdre aromatique,
Se consume lui-même, et renaît immortel.
Pendant tous ces discours la seule tourterelle
Sans rien dire fit un soupir.
Son époux, la poussant de l’aile,
Lui demande d’où peut venir
Sa rêverie et sa tristesse :
De cet heureux oiseau désires-tu le sort ?
– Moi ! Mon ami, je le plains fort ;
Il est le seul de son espèce.

(Jean-Pierre Claris de Florian)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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À CLAIRETTE (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020



Illustration: Irina Vitalievna Karkabi
    
À CLAIRETTE.

Croyez-moi, mignonne, avec l’amourette
Que nous gaspillons à deux, chaque jour
(Ne vous moquez pas trop de moi, Clairette),
On pourrait encore faire un peu d’amour.
On fait de l’amour avec l’amourette.

Qui sait ? connaissons un peu mieux nos cœurs.
Qui sait ? cherchons bien…pardon, je m’arrête ;
Vous avez la bouche et l’œil trop moqueurs
(Ne vous moquez pas trop de moi, Clairette) :
Qui sait ? connaissons un peu mieux nos cœurs.

Voyons, si j’avais dans quelque retraite
Le nid que je rêve et que j’ai cherché,
(Ne vous moquez pas trop de moi, Clairette),
On aime bien mieux quand on est caché.
Si j’avais un nid dans quelque retraite !

Un nid ! des vallons bien creux, bien perdus.
Plus de falbalas, plus de cigarette ;
Champagne et mâcon seraient défendus,
(Ne vous moquez pas trop de moi, Clairette)…
Un nid, des vallons bien creux, bien perdus.

Quel bonheur de vivre en anachorète,
Des fleurs et vos yeux pour tout horizon,
(Ne vous moquez pas trop de moi, Clairette) !
Par le dieu Plutus, j’ai quelque raison
Pour désirer vivre en anachorète.

Eh bien ! cher amour, la nature est prête,
Le nid vous attend… Comment ! vous riez ?
(Ne vous moquez pas trop de moi, Clairette),
C’était pour savoir ce que vous diriez.

(Alphonse Daudet)

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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Aimer c’est dire «tu ne mourras pas!» (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020


 

Nous sommes clôture et finitude
Pourtant c’est entre nous
Que sans fin jaillira
Ce que la vie désire
de plus vaste
de plus haut
d’indéfiniment transmuable
Aimer c’est être
en avant de soi
Aimer c’est dire
«tu ne mourras pas!»

(François Cheng)

Illustration

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L’inamour est l’enfer sans cieux (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2020




    
l’inamour est l’enfer sans cieux:foyer sans flamme

des ombres connaissables(et qui rattrapent sur l’heure
chacun des riens que tout fantôme sans âme proclame
substance;et toute apparition sans coeur,bonheur)

les amants seuls vêtent la lumière. Vérité pleine

que matière ne recèle;que cerveau ne révèle
(plus que toute mort vivante et que toute vie
mourante) et qui jamais n’a été ni ne sera dite

seulement se chante—et les amants en sont le chant.

Ici(juste ici)est la liberté:toujours ici nul
après d’hiver ne vaut l’à présent printemps;
un jour d’avril transcende une année de novembre

(telle est l’éternité sans jusqu’à
où finir qu’à jamais j’ai deux fois vécu en un sourire)

je porte en moi ton coeur(le gardant tout au fond
de mon cœur)je ne suis jamais sans(aussi loin que
j’aille tu vas,ma chérie;et tout ce que font mes
mains est fait par toi,mon amour)

je ne crains
nul destin(car tu es mon,ma douce)ne désire nul
univers(car vraie tu es le mien,ma belle) et c’est
toi ce qu’une lune a toujours voulu dire c’est toi
ce que toujours chantera un soleil

tel est le grand secret dont pas un ne se doute
(racine de la racine et bouton de la fleur et ciel
du ciel d’un arbre appelé vie;qui pousse plus haut
que l’âme n’espère ou que l’esprit ne voile) et la
merveille qui fait tourner rond les étoiles

je porte en moi ton coeur(tout au fond de mon coeur)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

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Le monde n’était fait que pour nous (Descartes)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2020



Nous avons tant de fois éprouvé dès notre enfance, qu’en pleurant, ou commandant,
nous nous sommes fait obéir par nos nourrices,
et avons obtenu les choses que nous désirions,
que nous nous sommes insensiblement persuadés que le monde n’était fait que pour nous,
et que toutes choses nous étaient dues…

(Descartes)

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Je puis prendre mon parti de n’être pas poète (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2020



Illustration: Josephine Wall 
    
Je puis prendre mon parti de n’être pas poète :
je n’oublierai pas ce que c’est que Poésie.
Murmure de l’Eternel,
et cela enfin qui fait que nous pouvons désirer de vivre.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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La marque la plus voyante de l’homme (Pierre Oster)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2020



Illustration
    
La marque la plus voyante de l’homme,
c’est qu’il s’use à désirer ce qu’en vain il possède.

(Pierre Oster)

 

Recueil: Paysage du Tout
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ne désire point ce qui existe (Paul-Marie Lapointe)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2020



Ettore Aldo Del Vigo -  (32)

 

Ne désire point ce qui existe, mais ce qui n’existe pas.
Ainsi éviteras-tu la mort terrible.

(Paul-Marie Lapointe)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Retouche au mélancolique (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



 

jeu_de_l_oie

retouche au mélancolique

l’âme en jeu d’oie
errant de case en case
il désire prison
dont nul dé ne délivre

(Daniel Boulanger)

 

 

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Grâce (Carole Zalberg)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020


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Elle avance
et voit palpiter l’air autour,
caresse qui la suit à pas de loup

Elle avance, avance
et sent que c’est un de ces jours
où tout s’enlace:
les regards, le vent, l’instant
ce qu’elle désire et ce qui l’attend

elle avance, avance, avance
laisse sa trace
de parfum, de lumière, de silence doux
c’est un frisson, une joie dense
et la voilà qui court.

(Carole Zalberg)

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