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Poésie

Posts Tagged ‘désirer’

Nous les aimons (René Char)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019



Nous désirons rester inconnus
à la curiosité
de celles qui nous aiment.
Nous les aimons.

(René Char)

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VERBE ET MATIÈRE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019



Illustration
    
VERBE ET MATIÈRE

J’ai je n’ai pas
J’avais eu je n’ai plus
J’aurai toujours

Un béret Un cheval de bois Un
jeu de construction Un père
Une mère Les taches de soleil à
travers les arbres Le chant du
crapaud la nuit Les orages de
septembre.

J’avais je n’ai plus
Je n’aurai plus jamais

Le temps de grandir, de dési-
rer. L’eau glacée tirée du puits
Les fruits du verger Les veufs
frais dans la paille. Le grenier
La poussière Les images de
femmes dans une revue légère
Les gifles à l’heure du piano Le
sein nu de la servante.

Si j’avais eu
j’aurais encore

La fuite nocturne dans les
astres
La bénédiction de l’espace
L’adieu du monde à travers la
clarté La fin de toute crainte
de tout espoir L’aurore démas-
quée Tous les pièges détruits
Le temps d’avant toutes choses.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’amour est une sorte d’aporie (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2019



Illustration: Edvard Munch
    
L’amour est une sorte d’aporie,
car soit on aime absolument
et l’amour privant d’être on est plus là pour aimer,
soit on a un être et c’est que l’on n’aime pas vraiment.

L’amour est donc ce qu’on appelle une idée, ou un miracle,
une union dans l’impossibilité…
et c’est une prière.

Les amants sont les fantômes de l’amour
sans être qui à travers eux désire.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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La nudité, l’appel, le corps qui cherche (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2019



Illustration: Lucie Llong   
    
La nudité, l’appel,
le corps qui cherche son unité à travers d’autres corps,
sa présence.

Le désir dans le crâne percé,
le sang qui cherche furieusement
à se brancher sur le nerf magique d’un destin
qui lui donnerait l’immortalité d’un sens.

Un baiser referme le monde dans sa nuit.
Un baiser plus profond que la tombe,
et le corps aimé n’est plus corps,
mais oubli, éternité.

Les corps s’aiment
parce qu’ils sont perdus,
pour se retrouver.

Nous avons tous un coeur
proche de se déchirer et prendre feu.
Un corps désiré ranime le goût blessé du vide…

Tomber dans un cri inconnu à travers le corps
qu’on sent à tel point qu’on ne le sent plus.

Le désir cherche à toucher,
mais le contact attendu
est celui de l’essence de la présence.

Aimer voudrait n’avoir pas de corps
pour aller au plus près.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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De tout notre monde ensoleillé (Edith Södergran)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
De tout notre monde ensoleillé
Je ne désire qu’un banc de jardin
Où un chat se chauffe au soleil…
C’est là que je m’assoirais,
Une lettre dans mon corsage,
Une seule petite lettre.
Tel est mon rêve…

(Edith Södergran)

 

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Tu me désires (Hanner Bramnes)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2019




    
Tu me désires
j’existe

***

Du lengter etter meg
og jeg finnes

(Hanner Bramnes)

 

Recueil: Le poids de la lumière
Traduction: Anne-Marie Soulier
Editions: Erès

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EN VITRAUX D’HIRONDELLES (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019



Illustration
    
EN VITRAUX D’HIRONDELLES

Fonds sans repos où je suis
l’oublieuse, nourrie des jours
où je me lave d’elle, où sans passé
je redeviens spore d’azur, chair ajourée
ou lampée d’eau, soleil liquide allié au rivage
qu’on dirait en vitraux d’hirondelles
Derrière la lumière des vagues
l’alphabet du vivant semble un instant
écarter l’ombre sous les mots
et je me plais à voir s’y inventer
le jeu muet de lèvres de sourires
et de feux désirés que je ne peux atteindre
le désir n’en invente-t-il pas l’instant heureux

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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LA VIE DES VAGUES (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2019



Illustration: Kupka Frantisek
    
LA VIE DES VAGUES

Vies mêlées par d’impossibles liens
les vies composées de tant d’autres
les présentes, les disparues, les oubliées,
tissu des vies mêlées et moirées d’ombre
que les heures défont refont
analogue à la nostalgie fine de la mer,
elles adhèrent au vent, à la vie neuve en lui,
toujours les mêmes vagues sur le souffle
sans repos de la mer désirent sous nos yeux
une lumière jamais vue, et bercées d’elle
nous bercent sans l’atteindre jamais

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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L’homme et le chien (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2019




L’homme et le chien

Il ne voyait rien, il ne cherchait rien,
Il se contentait d’avoir un grand chien

A qui il parlait, à qui il riait
Comme à un ami qui lui ressemblait.

A deux, ils formaient sûrement quelqu’un,
Quelqu’un de très bon, quelqu’un de très bien

Traversant la vie sans souci aucun,
Simplement content d’être très content,

De ne désirer rien d’autre vraiment
Que d’être ici-bas un homme et un chien.

(Maurice Carême)

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Ils sen vont, tu les aimais (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    

Ils s’en vont, tu les aimais.
Debout dans l’embrasure
d’une nuit sans voix,
désirant. tu cherches souffle.

Tu es au bord d’une immense
absence, là où se dissipent
toute chose et toute fable,
où le temps n’est plus le temps,

Ni poussière ni fantôme
ni même image, mais une pause
infinie, résolution

De l’infime, rien qu’une pluie
de mains impalpables qui ne saisissent
rien ni personne.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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