Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ramper’

Une mouche (Ko Un)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018



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Une mouche avec une aile perdue
péniblement rampe

un jour encore s’en va

(Ko Un)

Illustration

 

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Ils se sont assemblés (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018



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Ils se sont assemblés
De leurs petites vies qu’entend-on
leurs rires m’éclaboussent
Je passe
des mots poisseux s’attachent
et l’ennui m’asphyxie

On ne peut pas partir
On traîne tant de choses qu’on croit voir derrière soi
l’encrier bâille sur ma table
un bruit seul a glissé
contre le mur des espoirs rampent
Je me pétrifie

Où sauter
une crainte s’évapore
Le silence
puis une lettre s’insinue
Il faudrait arracher des nuages
S’en aller

(Philippe Soupault)

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ODE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

ODE

Chair.
Ou un homme au tréfonds d’une femme : clonique
dans la chair du matin.
Et celui qui habite l’enfant
saura que le ventre
est parole
plus nue qu’homme
ou femme.

Dressé à jamais
contre le couperet du vent
qui tombe,

un corps,

mais seulement l’immense
corps de la terre,

comme un homme
qui ramènerait la terre
vers nous,
au-dessus du champ d’épurge radieux
qui point
de l’autre côté
du silence,

l’enfant
qui rampe hors de la bouche
d’effroi.

(Paul Auster)

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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L’ombre d’un arbre (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2018




Ce n’était que l’ombre d’un arbre
Entrant à midi dans la chambre,
L’ombre candide d’un érable,
Une ombre d’or et d’ambre.

Pourquoi eut-il si peur
Quand elle vint heurter la table?
D’où provenait cette lueur?
Tout paraissait inexplicable.

Un matin, il abattit l’arbre.
Il se crut délivré.
A midi, l’ombre de l’érable
Rampa lentement vers ses pieds.

Lorsqu’il tenta de se lever
Pour fuir dans la chambre voisine,
Il resta stupéfait: ses pieds
Avaient pris racine.

(Maurice Carême)

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SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



 

Illustration: Jean-Jacques Henner
    
SONNET

J’ai peur de la femme qui dort
Sur le canapé, sous la lampe.
On dirait un serpent qui mord,
Un serpent bien luisant qui rampe.

Je ne suis pas un homme fort,
Mais ce soir le sang bat ma tempe.
L’amour va bien avec la mort;
Mon poignard, essayons ta trempe.

Arrêtons son rêve menteur.
Nulle langueur, nulle senteur,
Acier, n’empêchera ton oeuvre.

Ô lâcheté! le lendemain
J’aspirais l’odeur de jasmin
De ma triomphante couleuvre!

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce n’était pas la Mort (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Ce n’était pas la Mort, car j’étais debout
Et que tous les Morts, gisent –
Ce n’était pas la Nuit, car toutes les Cloches,
Langue dardée, sonnaient Midi.

Ce n’était pas le Gel, car sur ma Chair
Je sentais – ramper – des Siroccos –
Ni le Feu – car le seul Marbre de mes pieds
Eût gardé frais, un Sanctuaire –

Pourtant, j’éprouvais tout cela ensemble,
Les Formes que j’ai vues
Apprêtées, pour l’Enterrement,
Me rappelaient la mienne –

Comme si pour l’adapter à un cadre,
On eût rogné ma vie,
Et qu’elle ne pût respirer sans clé,
On aurait dit Minuit –

Quand tout ce qui tictaque – stoppe –
Et que partout – bée l’espace –
Ou que l’Affreux gel – aux matins d’Automne,
Abolit le Sol Palpitant –

Mais surtout, le Chaos – Sans bornes – froid –
Sans une Chance, ou un espar –
Ni même l’Annonce d’une Terre –
Pour justifier – le Désespoir.

(Emily Dickinson)


Illustration: Sabin Balasa

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Dans ton nom est le sans-mesure (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



 

Dans ton nom est le sans-mesure,
Et la rousse pénombre de tes yeux
Cache une infidélité de serpent
Et tout une nuit d’orageuses légendes…

Entre en rampant tel un serpent qui rampe,
Assourdis-moi par un sourd minuit,
Torture-moi de tes lèvres langoureuses,
De ta natte noire étrangle-moi !

(Alexandre Blok)

Illustration: Cesar Santos

 

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Encore? (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2017




    
Encore?

Dis-moi que tout n’est pas fini de mon enfance
que je n’ai pas épuisé les jeux,
ceux où l’on rampe,
ceux où l’eau coule dans la poussière,
que je rirai de nouveau dans un tablier blanc.

Dis-moi que mon âme sera tendre
et que de belles mains inconnues doucement
la couvriront de fleurs
qu’on cherchera encore mon âme
dans mes yeux levés vers le ciel.

Qui sera là tout près de moi ?
quelle voix tranquille assurera
la musique en mon coeur ?

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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LÉNA (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



 

ALEXANDER ANUFRIEV  (4)

LÉNA

Je pense à toi
et ton image bâtit autour de moi une forteresse à tel point
inébranlable
que ni le bélier des nuages
ni la poix molle de la pluie
ne peuvent rien
ô ma citerne de silence
contre le mur percé d’étoiles dont tu m’as circonscrit

Les chiens rampent et les gens
jouent des coudes ou poussent des cris
Le manège sans orgue ni flonflons du monde
tourne
avec son auréole d’yeux d’enfants
jeu de bagues des Paradis

Je rêve en toi
ma citadelle sans fossés ni pont-levis
sans murs sans tours sans pierres ni mâchicoulis

Je m’endors en buvant le vin très dense de ton ombre
qui couvre de son architecture sans autre poids que celui qui
se compte aux balances d’obscurité et de lumière
us les monts et tous les champs
toutes les vignes et tous les pays

Jadis
ma bouche narguait le beau temps
alors que mes regards ne redoutaient rien tant
que l’ouragan de l’univers
Ignorant si j’étais une bête
un arbre
un homme
des vents absurdes me drossaient
mes bras en tous sens battaient l’air
et mon destin tombait comme tombent des pommes

Mais aujourd’hui
ô toi si pâle
parce que tu es mon ciel et le double miroir qui multiplie les
murs et verse l’infini dans ma prison
j’écoute le sifflet des nuages
je ne crains plus rien ni personne
je parle aux neiges de l’hiver

(Michel Leiris)

Illustration: Alexander Anufriev

 

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La petite lampe (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017



 

Remedios Varo Uranga 280 [1280x768]

La petite lampe

J’allume à ma fenêtre une petite lampe,
une petite lampe bleue comme mon coeur
afin que tous les mots qui traînent dans la nuit
– les mots perdus, les mots blessés,
les mots ivres de clair de lune,
les mots amoureux de la brume,
les bons mots, les mauvais mots,
les petits et les gros mots,
les mots qui volent, qui rampent,
les mots qui luisent,
les mots qui chantent,
les obscurs,
les délaissés –
afin que tous les mots de la nuit
sachent qu’il y a ici, au bord du ciel,
la maison d’un poète
qui est prêt à les accueillir
pour les bercer, les réchauffer,
les serrer contre son cœur.

(Jean Joubert)

Illustration: Remedios Varo Uranga

 

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