Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘halte’

Si tu ne marches pas au-dedans (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019




    

Si tu ne marches pas au-dedans
vers la Source,
Où la trouverais-Tu ?

À quoi bon ces mirages
Pour capter tes eaux vives
Si tu n’oses manquer
Ce ciel inattendu ?

Il est en toi un printemps,
Un souffle inconnu,
Un éveil à la vie,
Un rendez-vous d’amour qui n’est pas advenu,
Une halte près d’un puits, une étape à midi,
Une fête au soleil qui n’est pas accomplie,

Un silence qui t’appelle,
Un désert traversé,
Un pauvre qui a soif, un dialogue secret,
Un Passant méconnu.

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres
Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La fente (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration:  Gustave Courbet
    
La fente

Si je regarde en toi fente

dans tes pentes dans tes plis sondant
Descendant par l’ombre et la moire à ton noir
Si je rôde et respire à tes alentours
Glissant du relief par la zone rose
Au secret gorgé de ce noir À la faille à la gorge, fente dans sa plissure avisant

Maintenant scrutant la buée belle à voir
Ce glissement à ta chaleur déjà liquide
Madame la fente où règne l’Odeur

O regardant par l’entaille le délice

de sueur, de fétide miel
Dans le val ce silence noir
De sombre suc musicien
Si descendant rôdant encore à cette orée
Je me tue à percer un chemin autre À la caverne visiteur épuisé de zèle
Quand la tonne parfumée exhale
Et coule en pluie à ta paroi

ruisselante robe définitive À ma bouche bien avant le drap des morts

O fente si je viens en toi

Par la langue et l’œil ouvrant ta nuit sacrée

Descendant par les haltes un songe noir comme un fleuve

Enfoui l’oubli muet dans tes pentes
Si j’allume au fond de la chambre
Cette lampe, fente, tes alentours sur la strie
Noire à l’ombre offrant la glu à me tuer
Visiteur encore rêvant mangeant la lumineuse suie

(Jacques Chessex)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

Le poisson rêve (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

Dao Hai Phong g08

Le poisson rêve, la Lune est pleine
belle perle rose de larmes
ornant le front noir de la peine
qu’apaise le choral des choses.

Éveil des formes, fleuve sans bord,
pas obscurs sur l’océan calme,
halte lumineuse des morts
où veille la lenteur des palmes.

(Claude Michel Cluny)

Illustration: Dao Hai Phong

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Terre aimée (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



Terre aimée

Jamais nous ne saurons nous satisfaire des chemins que
martèle le pas de décembre !
Notre enfance, nous ayant quittés, nous laissa cependant
l’amitié de son ombre.
La mouette, effleurant nos ravages, conjure l’image du
bourreau, rétablissant ainsi la tendre incertitude.

Qu’elle gronde la menace ! Qu’elle se plante en nous !
Nos vies surgiront de cette halte soudaine,
toujours plus éprises du grand soleil perdu.
Légers ou noirs, les jeux s’oublient.
Seule demeure l’eau jaillissante accordée aux saisons ;
Et de cette eau, même la douleur est saine.

Il est temps de croire.
Temps d’accepter notre terre trop concise.
Temps de se tourner, sans oraison,
vers le coeur qui nous réserve tout.

(Andrée Chedid)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

GRAMMAIRE DES ÉTOILES (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



Illustration: Noèla Morisot
    
GRAMMAIRE DES ÉTOILES

un livre des haltes
pour recueillir
le ciel épuisé

une boîte crânienne
où le désespoir
n’existerait pas

stèle de vie
pour mourir aux choses

chambre sans fin
de l’arc-en-ciel

on entre ici
dépeuplé
pour éprouver
tout son être

on ne fuit plus
le monde
c’est lui
qui nous quitte

pierre d’angle
du dernier tiers
de la nuit

pierre noire
au plus haut
de l’esprit

à l’extrême instant
d’un battement
de paupières

à l’affût de soi-même
pour s’arracher
au sommeil

ébloui
ébloui
devant les murs
du cœur

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment Proche suivi de Le désespoir n’existe pas
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’heureuse demeure (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



L’heureuse demeure

La nuit était si douce autour de ma demeure
Et la porte s’ouvrit en la touchant à peine
Je montai l’escalier sans aucun effort
Je retrouvai tout rangé dans la chambre.

Qu’y avait-il qui rendait l’ombre si légère et si belle ?
La fenêtre était un cerf-volant au-dessus du jardin
se dessinant là où  la veille encore
Chancelaient sous la pluie des maisons en démolition.

Si j’approchais des murs, les murs s’éloignaient
Ce n’était plus la chambre étroite de mon jour,
Sur la table des livres aux belles enluminures
Dans l’armoire le linge sentant la blancheur.

Je marchais sans toucher le plancher. Et je m’aperçus
Qu’il suffisait de penser à une chose
Pour que celle-ci apparût. Ainsi je dis la mer
Et la mer se joignit au cerf-volant de ma fenêtre.

Je nommai les vacances, je nommai les montagnes,
Je nommai la joie, l’amour, la quiétude,
Je nommai la halte auprès du ruisseau
Et à genoux je bus l’eau fraîche dans mes paumes.

J’essayai de me rappeler : qu’avais-je donc fait ?
D’Assy le seuil avait commencé ce miracle
Qu’est-ce qui pesait si lourd autrefois sur mes épaules ?
Quelle était cette tristesse et quels étaient les pleurs ?

Il n’y avait que les rires, les mots affectueux
Qui sonnaient à mes oreilles en cette nuit
J’étais comme un pommier ténébreux la veille
Et qu’à l’aube on trouve ivre de ses fleurs.

Ah Tout cela se passait au delà de mon âge
J’étais revenu là où j’avais tant souffert
Sans savoir que la peine aurai pu être douce
Ici où mon profil s’éclaire dans la mort.

(Ilarie Voronca)

Illustration: Edward Hopper

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Où cours-tu ? (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018



Illustration: Nathan Oliveira 
    
Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation
qui a le vide et le silence en horreur
d’entendre la petite phrase qui, à elle seule,
peut faire basculer une vie :
«Où cours-tu ?»

Il y a des fuites qui sauvent la vie :
devant un serpent, un tigre, un meurtrier.
Il en est qui la coûtent :
la fuite devant soi-même.
Et la fuite de ce siècle devant lui-même
est celle de chacun de nous.

«Où cours-tu ?»
Si au contraire nous faisions halte – ou volte-face –,
alors se révélerait l’inattendu :
ce que depuis toujours nous recherchons dehors
veut naître en nous.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: Le livre de poche

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

À la dernière halte du voyage (Pär Lagerkvist)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018



À la dernière halte du voyage, dans la maison du soir,
un pain est rompu et mangé en silence
sous la lumière crépusculaire pâlissant à la fenêtre.

Aucune lampe ne s’allume pour la nuit,
car aucune huile n’y suffirait,
et nul piétinement de cheval ne te réveillera
pour le départ d’un hôte dans la nuit.

Au loin au-dessus des arbres le matin
et des fleurs qui s’ouvrent pour orner la vie,
mais tu les as oubliés, toi, les fleurs et les arbres,
ce qui était chagrin et bonheur terrestres.

***

Vid färdens sista rast, i aftonhuset,
där bryts ett bröd och ätes under tystnad
i skymningsljus från fönstrets skumma ruta.

Det tänds ej någon lampa där för natten,
för ingen lampas olja skulle räcka,
och inget stamp av hästar skall dig väcka
för att en gäst skall vidare i natten.

Långt borta är det morgon över träden
och blommor öppnas för att livet smycka,
men du har glömt dem, blommorna och träden,
vad som var jordisk sorg och jordisk lycka.

(Pär Lagerkvist)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

TERRE AIMÉE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2018



??????????
    
TERRE AIMÉE

Jamais nous ne saurons nous satisfaire des chemins que martèle
le pas de décembre !
Notre enfance nous ayant quittés nous laissa cependant l’amitié
de son ombre.
La mouette, effleurant nos ravages, conjure l’image du bourreau,
rétablissant ainsi la tendre incertitude.

Qu’elle gronde la menace ! Qu’elle se plante en nous !
Nos vies surgiront de cette halte, toujours plus éprises du grand
soleil perdu.
Légers ou noirs, les jeux s’oublient.
Seule demeure l’eau jaillissante accordée aux saisons ;
Et de cette eau, même la douleur est saine.

Il est temps de croire.
Temps d’accepter notre terre trop concise.
Temps de se tourner, sans oraison, vers le coeur qui nous réserve
tout.

(Andrée Chedid)

Illustration: Kris Galli

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je danserais dans l’absolu (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018


derviche tourneur

 

Faut-il que j’aime
les dieux mauvais

pas une halte
où je m’en vais

folles promesses
trahies sans cesse

mais si l’histoire
avait voulu

je danserais
dans l’absolu

promesses folles,
les dieux s’envolent.

(Claude Esteban)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :