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Poésie

Posts Tagged ‘plonger’

À L’ERMITAGE DE BEIQING (Li Shangyin)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration    
    
À L’ERMITAGE DE BEIQING

Le soleil plonge à l’ouest
derrière les monts de Yan. Je cherche l’ermite
près de sa chaumière. Parmi toutes ces feuilles
qui chutent
où se trouve-t-il ?
La sente se perd dans les volutes de la brume.

Seul au crépuscule
il frappe le gong de pierre.
J’écoute, immobile,
appuyé sur mon bâton de rotin.
Un grain de poussière peut résumer le monde entier.
A quoi bon l’amour à quoi bon la haine ?

(Li Shangyin)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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PAYS SECRET DENUDE (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2021



 

Alex Alemany dialogos-con-el-viento

PAYS SECRET DENUDE
(Fragments)

Tu es une eau verte Tu dors Je plonge de si loin en toi
depuis le temps des os des chairs à naître que je dessine
ton corps avec des tremblements mathématiques des robes déchirées
par les couteaux des ongles des muscles : statue lasse mouvante
et draperie N’était le corail de ton regard Le foin de ta nuque
lorsque l’aube est nue

Eau jade mon amie Je hale le chaland au long de toi te nomme
Mes doigts ébauchent le chemin creux la croix des hêtres l’orme
Je veux le cercle de ton ventre l’oeuf entre les lèvres le sel
des reins Aisselles

Je geins dans le pourtour ouaté Chaud

Ni la main qui te crée La langue qui t’éveille Le reflux
du songe où tu te multiplies Le sexe noir soleil Le baiser
te lisse s’y vautre Tu es ma bauge

(Hubert Juin)

Illustration: Alex Alemany

 

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Omniprésence (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2021




    
Omniprésence

Il est en moi, autour de moi, faisant face de tous côtés.
Emmuré dans l’ego pour exclure Son droit
je me tiens sur ses bornes et plonge mon regard
jusqu’aux frontières de l’Infini.

Chaque chose finie que je vois est une façade ;
de ses fenêtres m’observe l’Illimitable.
En vain d’un corps séparé fut faite ma prison ;
Sa présence occulte brûle en chaque cellule.

Il est devenu ma substance et mon souffle,
Il est mon angoisse et mon extase,
ma naissance est le signe de Son éternité,
ma mort un passage vers Son immortalité.

Mes abîmes muets sont Sa secrète demeure ;
dans la chambre de mon coeur vit le Dieu inadoré.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Dans le marais (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Dans le marais

Je goûte à la pomme
A la pulpe du jour
Dans ce pays du rocher
Fouetté par le flot
Du granit austère
Du schiste qui s’effeuille
En ardoises pour le toit
De la lande où le vent
Conte des légendes
Pays amphibie de la fougère
De la pomme de terre et du cidre
Du goémon et de l’huître
Je vis en liberté
Dans la paix du rivage
Sur une langue de sable qui plonge
Dans les vagues où rêvent les poissons.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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Pourquoi ce vide pourquoi ce manque (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2021



Illustration: Anne-Marie Zilberman
    
pourquoi ce vide
pourquoi ce manque

j’ai faim de ta voix claire
mais si doux soient tes mots
ils ne délivrent pas
ce qu’attendait ma nuit

pourquoi ce vide
pourquoi ce manque

j’ai faim de ton regard
mais quand je le reçois
il ne m’est rien donné
qui pourrait m’assouvir

pourquoi ce vide
pourquoi ce manque

j’ai faim de ton visage
mais quand il s’offre à moi
je tremble de voir le temps
cheminer dans tes rides

*

j’ai faim de tes flancs nus
mais quand je les pétris
la houle ne s’apaise pas
qui déferle à mes tempes

pourquoi ce vide
pourquoi ce manque

j’ai faim de ton secret
mais quand je plonge en toi
c’est un peu plus d’angoisse
qui s’ajoute à la mienne

pourquoi ce vide
pourquoi l’attente

pourquoi ce tourment
qui nous rend étrangers
cette creusante nostalgie
qui nous livre à l’exil
nous laisse déçus amers avides

nous laisse déçus amers

avides

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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S’asseoir sous la cascade de branches bruissantes (Brigitte Garel)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2021



    

S’asseoir sous la cascade de branches bruissantes
Contempler la tendre esquisse de feuilles transparentes et moussues
Savourer l’averse de couleur de ces pompons fragiles
Caresser les mamelons baignés de lumière rasante
Plonger dans l’eau azur de la rivière nuage

Renouer, relier, fusionner
S’apaiser
Saisir avec urgence
Cet éphémère tableau
D’un avril enchanté

Murmurer avec la fontaine feuille
L’intensité de la sève toujours renaissante
Clamer avec l’azalée de papier
Le puissant vertige des saisons
Je suis un maillon du grand monde
Ne suis que cela

(Brigitte Garel)

 

Recueil: Bruissement d’elles
Traduction:
Editions: L’Harmattan

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L’allée est droite et longue (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




    
L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver
Se dressent hardiment les grands arbres de fer,
Vieux ormes dépouillés dont le sommet se touche.
Tout au bout, le soleil, large et rouge, se couche.
À l’horizon il va plonger dans un moment.
Pas un oiseau. Parfois un léger craquement
Dans les taillis déserts de la forêt muette ;
Et là-bas, cheminant, la noire silhouette,
Sur le globe empourpré qui fond comme un lingot,
D’une vieille à bâton, ployant sous son fagot.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Nirvâna (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



Illustration
    
Nirvâna

Tout est aboli, hormis le Seul muet.
Le mental affranchi de la pensée et le coeur de la peine
deviennent dès lors étonnamment inexistants ;
il n’y a plus ni Je, ni Nature, connu-inconnu.
La ville, théâtre d’ombres sans couleur,
flotte et tremble, irréelle ; des formes sans relief
passent comme de vagues silhouettes dans un film ; tel un récif
sombrant dans les abysses sans rivage, le monde n’existe plus.

Le Permanent illimitable, seul,
est ici. Une Paix prodigieuse, sans visage, immobile
remplace tout — ce qui naguère était Je, est en Elle
un vide sans nom, silencieux, satisfait
de disparaître dans l’Inconnaissable
ou de plonger dans l’extase des mers lumineuses de l’Infini.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Tandis que j’essaie d’habiller le monde (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2020



 Illustration: Nathalie Montel
    
À ma fille Théa

Tandis que j’essaie d’habiller
le monde derrière la porte vitrée
en couleurs chaudes
elle plonge un pinceau
dans le ciel de ses cinq ans
et son rire se met à couler
de l’horizon de la serrure
vers le seuil.

Un jour elle comprendra
que chacune de nous a son fleuve
où elle se réveille avec des yeux de femme,
puis entasse des silences dans sa gorge,
les plie en barques de papier
et s’endort avec des yeux de poisson.

À présent son rire gonfle les toiles
de toutes les barques
ensablées dans le delta du monde.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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NOËL (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




    
NOËL

Je n’ai pas désir
de plonger
dans une pelote
de routes

J’ai tant
de lassitude
sur les épaules

Laissez-moi donc
comme une
chose
posée
dans un
coin
oubliée

Ici
on ne sent
rien d’autre
que la bonne chaleur

Je demeure
avec les quatre
cabrioles
de fumée
de l’âtre

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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