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Posts Tagged ‘s’unir’

TROIS CHEVAUX (Edmond Vandercammen)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2019



chevaux endormis 0

TROIS CHEVAUX

Trois chevaux dorment dans la prairie ;
Ils ont chaud de l’herbe et de leur sang,
La neige éternelle de leurs yeux
Doucement fond à leurs paupières.

Ils ont chaud du ventre de la terre :
Il leur suffit d’éprouver la flamme
Qui se défait dans la peur du vent.
ll leur suffit d’attendre la nuit.

Aucun homme n’effraye leur songe ;
Ils n’entendent plus gémir les âmes
Dont la marche dérange l’amour
Et la peine épargne la colère.

Suavement ils rêvent d’un arbre
Dont l’odeur est céleste et sauvage ;
Une ombre atteint l’ombre de leur corps
Et douce se couche maternelle.

Trois chevaux las sans rien pour s’unir
Respirent l’absence du désir.
Leurs flancs couvrent la piste des morts,
Et l’herbe pousse autour comme fait le silence.

(Edmond Vandercammen)

Illustration

 

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Sautillant sur l’eau (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019




    
Sautillant sur l’eau
avant de s’unir à elle
les gouttes de pluie.

***

Op het water dansend
vóór ze er één mee worden
de regendruppels

***

Bailan sobre el agua
antes de unirse con ella
gotas de lluvia

***

Dancing on water
before they begin to merge
the joyous raindrops

***

Ballan sull’acqua
prima di mescolarsi
gocce di pioggia

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Le muguet rougit (Richard Rognet)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018




Le muguet rougit — le
sang tire à soi
les blancs, nous
sommes suspendus
au-dessus du chagrin,

désarticulés, gauches,
paroles défleuries,
mémoire au rebut,

nous bourlinguons
dans nos noirceurs,
nos bouches s’unissent,
ténèbres — traversée
des étoiles mortes.

(Richard Rognet)

Illustration

 

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CIMETIÈRE MONTPARNASSE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Andrée Chedid   rl

CIMETIÈRE MONTPARNASSE

Sous un rectangle de pierre
Je me fondrai dans la glaise
De Paris

Mon lot de poussière
S’unira à ce sol
Tant parcouru
Tant chéri.

(Andrée Chedid)

 

 

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Silence (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




silence
je m’unis au silence
je me suis unie au silence
et je me laisse modeler
je me laisse boire
je me laisse dire

(Alejandra Pizarnik)

Illustration

 

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CONTEMPLATION (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




CONTEMPLATION

Les formes épouvantées moururent et il n’y eut plus
ni au-dehors ni au-dedans. Nul n’écoutait l’endroit
car cet endroit n’existait plus.
A seule fin d’écouter les voici qui écoutent l’endroit.
A l’intérieur de ton masque la nuit lance des éclairs.
On te transperce de croassements.
On te martèle avec des oiseaux noirs.
Des couleurs ennemies s’unissent dans la tragédie.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Caspar David Friedrich

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Ainsi allais-je (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2018




Illustration: Paul Delvaux
    
ainsi allais-je dévorant des ténèbres
une fleur dans ma main de somnambule
un sourire d’autre cloué à mes lèvres
mon corps nu comme un mot
mes désirs enlacés à son image
si seulement ils faisaient un brasier sur mes lèvres
pour brûler les syllabes qui ne s’unissent pas

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Approximations
Traduction: Etienne Dobenesque
Editions: Ypfilon

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Accolés l’un à l’autre (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
À l’attention de ceux qui se croient unis et de ceux qui ne croient pas pouvoir s’unir.

Accolés l’un à l’autre
soudés par tant de glus
hasardeuses
que figea l’ombre entre leurs chairs
calleuses

des abîmes
ignorés
les séparent

Mais ailleurs
l’un de l’autre si loin
séparés par de telles distances
visibles

un flux les noue
à l’impalpable corps
de l’espace
partagé

(Robert Mallet)

 

Recueil: Presqu’îles presqu’amours
Traduction:
Editions: Gallimard

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BATTANTS DE PORTE (Georges Themelis)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (57)

BATTANTS DE PORTE

Nous sommes différents, tellement différents
Dans le rapprochement, comme
Des battants de porte, qui tendent l’un vers l’autre,
S’unissent, s’embrassent mutuellement, se ferment,
Se partagent le sommeil, le baiser en deux,
Séparant leurs os,
Dans un grincement déchirant, dans le silence.

Nous sommes tellement divers dans le rapprochement

Deux tâches noires unies dans la lumière.
Deux points, deux battants, deux corps.

(Au-dehors dans les couloirs hurle la solitude.)

(Georges Themelis)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Ne sois pas un seul jour loin de moi (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Margarita Sikorskaia -  (32)

Ne sois pas un seul jour loin de moi, il est long
si long le jour, je n’arrive pas à le dire.
ou bien je t’attendrai comme on fait dans les gares
lorsque les trains se sont endormis quelque part.
Ne t’en va même pas pour une heure : en elle
alors s’unissent les gouttes de l’insomnie
et toute la fumée qui cherche une maison
pour tuer mon coeur perdu viendra peut-être encore.
Que ne se brise pas ton portrait sur le sable,
que ne s’envolent pas tes paupières sans moi :
ne t’en va pas une minute, bien-aimée,
un instant suffirait, tu t’en irais si loin
que je traverserais la terre en demandant
si tu vas revenir ou me laisser mourant.

***

No estés lejos de mí un solo día, porque cómo,
porque, no sé decirlo, es largo el día,
y te estaré esperando como en las estaciones
cuando en alguna parte se durmieron los trenes.
No te vayas por una hora porque entonces
en esa hora se juntan las gotas del desvelo
y tal vez todo el humo que anda buscando casa
venga a matar aún mi corazón perdido.
Ay que no se quebrante tu silueta en la arena,
ay que no vuelen tus párpados en la ausencia :
no te vayas por un minuto, bienamada,
porque en ese minuto te habrás ido tan lejos
que yo cruzaré toda la tierra preguntando
si volverás o si me dejarás muriendo.

(Pablo Neruda)

Illustration: Margarita Sikorskaia

 

 

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