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Poésie

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Le coeur est seul (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Plaisir brûlant l’âme qui s’exaspère,
Le coeur est seul – toujours seul est le coeur!

(Lord Byron)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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LA CIGALE (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



LA CIGALE

O Cigale, née avec les beaux jours,
Sur les verts rameaux dès l’aube posée,
Contente de boire un peu de rosée,
Et telle qu’un roi, tu chantes toujours!
Innocente à tous, paisible et sans ruses,
Le gai laboureur, du chêne abrité,
T’écoute de loin annoncer l’été ;
Apollon t’honore autant que les Muses,
Et Zeus t’a donné l’Immortalité !
Salut, sage enfant de la terre antique,
Dont le chant invite à clore les yeux,
Et qui, sous l’ardeur du soleil attique,
N’ayant chair ni sang, vis semblable aux Dieux!

(Leconte de Lisle)

 

 

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Un jour comme ça (Claude de Burine)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Un jour comme ça
Quand il y aura la grâce
On montera les dents du bonheur
La rivière saoulera d’histoires les poissons
Le canal gardera sa vieille péniche
Femme des combats

Te dire ce qu’ils se raconteront
Je ne sais pas
Mais la vie sera là, toujours
A prendre, à serrer, à mordre.

Il y a dans le caillou, les ronces
Un coeur, un chemin, vers la mer
Qu’il faut trouver.

(Claude de Burine)

 

 

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VILLE (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Sylvie Bartczak
    
VILLE

Ville!
De très loin tu m’as appelé
Avec tes écheveaux de fer,
Je te voyais toujours du haut des monts,
De très loin tu m’as attiré
Avec l’aimant
Des clartés, des miroitements,
Tu m’as leurré
Et tu m’as capturé !
Tu as transpercé
La paix de ma maison champêtre
Avec le sifflement des trains,
Effrité, fracassé,
Avec le tremblement des rails,
Dans les hauteurs toujours se balançait
Toujours s’avançait
L’inquiétude de tes échos ensorcelés,
Ville!
Tu m’as capturé !

Sous mes yeux éblouis
Ton corps de pierre omnipotent
S’étend à présent
Au hasard des champs et des bois,
Avec ses tuyauteries enracinées dans les profondeurs
de la terre,
Les bras écartelés,
Étage sur étage, cour sur cour,
Caisse sur caisse, pièce sur pièce,
Noir par le bas et scintillant dans l’altitude,
Aiguisé par les toits, dentelé par les tours,
De rails reptiliens noué et ceinturé,
Tendu, enchevêtré,
De toiles d’araignées de fer,
Ville !
Tu m’as capturé!

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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TOUJOURS (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



 

An He 5

TOUJOURS

Tu peux bien m’enfermer
Dans la neige et les fleurs
Me défendre d’aimer
Une saison nouvelle
Je regarde le ciel
Et je te porte en moi

Tu sauves les vergers
Ton rire mieux qu’une aile
Apprivoise en passant
Une étoile égarée
Les lièvres les oiseaux
Boivent dans tes prunelles

Tu es toute la vie
La glaise et le feuillage
Si j’écarte le vent
Je trouve ton visage
Dormant comme un ruisseau
Plein de frai lumineux

Ta main va se poser
Sur ma plus haute branche
Tu plantes des bleuets
Tout autour de mes yeux
L’océan accompagne
Au loin ta robe blanche

(René Guy Cadou)

Illustration: An He

 

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Le mouvement perpétuel (Delphine Popović)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019




    
Le mouvement perpétuel

Le désespoir même s’est lassé désormais
de rejouer la partie que je perds toujours
où il m’attend sans surprise
embusqué au bord du chemin
pour m’offrir un moment sa compagnie glacée
et s’éloigne
laissant entre nous la distance de son ombre
qui porte encore mes pas jusqu’au grand vide
dans l’abîme des rêves sans lumière
que n’éloigne plus le signe précaire de l’Aube
tremblant au fond du chemin.

(Delphine Popović)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: L’ouverture du miroir et autres poèmes

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ANIMAUX (Aron Lutski)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019



ANIMAUX

Les animaux sont toujours aux aguets,
On est tout tremblant,
Si l’on surprend,
Si l’on capture.
Toujours – un Si
Scintille – pupille,
Tressaille – le corps
Et si – la mort.

*

Tous les animaux sont sérieux,
Soucieux,
Amers,
Amoindris.
Les yeux des animaux, glauques d’humiliation.
L’éternité les a humiliés.
Toujours – méditatifs
Ainsi que des philosophes
Ainsi que des fenêtres
Ainsi que des champs désolés
Ainsi que le mutisme
Ainsi que la lune.

(Aron Lutski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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En secret seul je me hâte (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019




    
En secret seul je me hâte
vers le lieu de nos rencontres
tant d’années sont écoulées
J’y suis toujours enfermé

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIEN
Traduction:
Editions: Seghers

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Pour refaire la nuit… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019




    
Pour refaire la nuit…

Pour refaire la nuit il me fallait tes yeux,
Tes mains multipliées, ta bouche.
Ton corps était l’écran qui me masquait le jour,
J’étais aveugle à l’heure de l’amour.
Maintenant tu franchis les passes écumeuses,
Mon ombre est seule à tes côtés,
Sur les gravats, entre les rides
Des champs écartelés.
Il fait clair pour toujours,
Je me verrai toujours
Mes yeux, mes mains, ma bouche, sans ombre, sans faiblesse
Fichés dans l’horizon comme des flèches d’os.

(Jean Rousselot)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Pressentiment de la rose (Yanette Delétang-Tardif)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019



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Pressentiment de la rose
(Extraits)
À Paul Eluard

Une rose des sables
à côté d’un poète.
Il la prend dans ses mains,
la tient dans son désert
chaque jour imaginé.
Chambre couleur d’azur
porté par les arbres
les pétales de sable
ouvraient
un temps inhabité.
À travers cet espace
ce fut avec la rose
le pressentiment d’un poème
en plein cœur.

Par sa voix je regagne mon enfance
nageuse aux rubans d’algues.
Attendre est un naufrage
nous aimions les grandes vagues
et l’île inabordable
prêtée au sommeil des oiseaux

Les pouvoirs du songe
s’apprendront dans un baiser.

Il ne croit pas à l’immobile
son sommeil est plein de roseaux
qui cachent les dormeuses pâles
près de l’eau près du bonheur.

C’est pour toujours la forêt l’océan
C’est pour toujours le coeur perdu.
La fleur et le chien lui obéissent
Il croit à la peur
Il sait pleurer quand tout est fini.
Il aime l’enfant chéri des sources
Chantant l’heure de la surprise et des étoiles,
Le dénuement l’oubli des fables
La chair des légendes et des rivières.

(Yanette Delétang-Tardif)

 

Recueil: Bris de vers Les émeutiers du XXè siècle
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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