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Poésie

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Avec douceur et délicatesse (Ingeborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021




    
Avec douceur et délicatesse

Quand cela ne fait que commencer commencer,
avec douceur et délicatesse,

Le voyez-vous amis, ne
le voyez-vous pas ? car

qui voudrait vivre, sans avoir
à respirer, la voile noire toujours hissée

Qui voudrait vivre
sans avoir à respirer,
la voile noire toujours hissée.

le jour seulement une nuit
la nuit seulement jour,
quand tout s’en va et
ne vient plus et
ne viendra jamais plus.

***

Mild und leise

Wenns auch nur anhebt
anhebt, mild und leise,

Seht ihr’s Freunde, seht
ihr’s nicht? denn

wer möchte leben,
wenn er zu Atmen
nicht hat, das schwarze
Segel immer aufgezogen

Wer möchte leben
wenn er nicht zu Atmen hat,
das schwarze Segel immer aufgezogen.
den Tag nur eine Nacht
die Nacht nur Tag,
wenn alles geht und
nicht mehr kommt und
nie mehr kommen wird.

(Ingeborg Bachmann)

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: de l’allemand (Autriche) Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Si tu le veux bien (Léon Randin)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021




    
Si tu le veux bien

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

L’aurore paraît, la nuit fuit le jour,
Pour toi l’oiseau dit ses chansons d’amour,
Et la fleur s’éveille, ô ma douce amie.
L’aurore parait, la nuit fuit le jour,
Et toi seule encor restes endormie.

Je connais au bois de vrais coins charmants,
Tout frais… et cachés, faits pour les amants,
Comme le bon Dieu rarement parsème.
Je connais au bois de vrais coins charmants
Où l’on est heureux, où toujours l’on s’aime.

Et là nous irons la main dans la main,
Sans s’inquièter ni du lendemain,
Ni du monde vain qui jamais ne rêve.
Viens, là, nons irons la main dans la main,
Enivrés et seuls, et rêvant sans trêve.

Viens, car le soleil monte dans le ciel
Plus étincelant et plus solennel,
Jetant sur les prés ses rayons de flammes.
Viens, car le soleil monte dans le ciel :
C’est l’heure d’aller où chantent les âmes.

De rêve et d’amour ce n’est point assez,
Dirons-nous tous deux mollement bercés
Par le chaud zéphir ou la folle brise.
De rêve et d’amour ce n’est point assez
Dira notre coeur qui, je crois, se grise.

Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Recherchant avide un regard divin
Et les habits blancs d’adorables anges.
Notre oeil se noiera dans l’azur serein,
Et nous chanterons de pures louanges.

Si tu le veux bien, enfant aux yeux bleus,
Au front doux et pur, au sourire heureux,
Nous irons aux champs dans les grandes herbes,
Si tu le veux bien enfant aux yeux bleus,
De mille bluets composer nos gerbes.

(Léon Randin)

 

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Le poème, chaque fois (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021



Illustration: Wordart Nuages de Mots    
    
Le poème, chaque fois, nous fait espérer
en ce mot qui, s’il était prononcé,
nous ouvrirait toutes grandes les portes du salut.

Ce mot n’appartient qu’à Celui qui a vécu,
une fois dans l’histoire, toute l’humanité,
avant de revenir entièrement
et pour toujours à la divinité.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Chaque poème que j’écris (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2021




    
Chaque poème que j’écris
existe depuis toujours

Voyageant avec la lumière
je le capte

Le faisant vibrer
avec les herbes du champ

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tous les endroits que je visite (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Tous les endroits que je visite
existent dans ma mémoire

j’y retourne depuis toujours

Comme mes ancêtres j’y
cherche l’eau au puits
une cruche sur la tête

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’air que je sens toujours prêt à manquer (René Char)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2021



Illustration: Georges Braque 
    
L’air que je sens toujours prêt à manquer à la plupart des êtres,
s’il te traverse, a une profusion et des loisirs étincelants.

(René Char)

 

Recueil:Lettera amorosa
Traduction:
Editions: Gallimard

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La Femme Peuplier (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2021



Illustration: Rémi Polack
    
La Femme Peuplier

Celle qui porte la joie
dans chaque frisson sur sa peau on l’appelle
La Femme Peuplier

Elle va
nue et souriante
les bras grands ouverts

Du Peuplier
elle a le frémissement à chaque souffle qui passe
Elle n’appelle rien mais tout va vers elle
Joyeuse elle s’offre à la caresse qui vient Sans retenue

Celui qui a la chance de la voir quand elle va ainsi nue et offerte
peut trouver la joie tout entière
dans chaque boucle de ses cheveux

Elle n’apparaît dans aucun rêve

Il faut
pour la voir
être celui qui chemine et que la chance aide

Certains passent à côté d’elle
et ne la voient pas

Son offrande est si vaste qu’elle est silencieuse

Ceux qui passent
la tête encombrée des bruits du monde
et du fracas des disputes vaines
n’ont aucune chance de poser la main sur son sein

Ils disent que la joie n’existe pas
que celui qui a été blessé un jour
garde sa blessure pour toujours.
Savent-ils que d’une caresse La
Femme Peuplier peut les rendre à
la joie du monde?

La Femme Peuplier s’est mise en route

Elle est cette femme qui marche dans les rues
et rien ne la distingue des autres femmes
Mais ceux qui l’approchent
sentent un souffle nouveau
les caresser
Ils repartent d’un pas plus léger
vers celles qui les attendent dans les maisons
celles qu’ils appellent leurs femmes
Ils sourient sans savoir pourquoi.

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: De bronze et de souffle, nos coeurs
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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PRINCIPES DE LA RAISON SUBLIME(André Welter)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2021




    
PRINCIPES DE LA RAISON SUBLIME

Je suis entré profondément
dans les principes de la raison sublime
et j’ai brisé les préoccupations terrestres
(Song Tche-wen)

Que le corps
sur la terre comme au ciel
dans les langes ou les limbes
jeté
à tous les horizons.

Que l’errance
de ce moment de nous
qui n’est que muscle et âme
nouée
à la pierre qui roule.

Que cela
qui naît venant d’ailleurs
qui meurt reprenant souffle
légué
à la danse du vent.

Que le sable
sans pays ni frontière
qui s’alloue toujours moins
gagné
à l’envers des conquêtes.

Que l’amour
le soleil à l’épaule
écrit avec une aile
joué
à la gloire de Faust.

Que le chant
des bêtes et des anges
pour être hors du temps
sauvé
à la grâce du feu.

(André Welter)

 

Recueil: La vie en dansant – Au cabaret de l’éphémère – Avec un peu plus de ciel
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES BLANCS OISEAUX (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 2 septembre 2021



 

    

LES BLANCS OISEAUX

Ah ! Si nous étions, mon amour, de blancs oiseaux sur l’écume de la mer !
Nous sommes las de la flamme du météore, qui va pâlir et disparaître ;
Et la flamme de l’étoile bleue du crépuscule si basse à la frange du ciel
A fait naître en nos coeurs, mon amour, une tristesse qui peut durer toujours.

Une langueur nous vient de ces rêveurs, perlés de rosée, le lys et la rose ;
Ah ! Chasse-les de tes rêves, mon amour; la flamme du météore qui passe
Ou la flamme de l’étoile bleue qui s’attarde à l’horizon quand tombe la rosée ;
Car je voudrais que nous soyons changés en oiseaux blancs sur l’écume vagabonde, toi et moi !

Mon esprit est hanté d’îles innombrables et de maints rivages Danéens
Où le temps sûrement nous oublierait, où le chagrin ne nous toucherait plus ;
Nous serions vite loin de la rose et du lys et de la turbulence des flammes,
Si nous n’étions que de blancs oiseaux, mon amour, portés sur l’écume de la mer !

***

THE WHITE BIRDS

I would that we were, my beloved, white birds on the foam of the sea!
We tire of the flame of the meteor, before it can fade and flee;
And the flame of the blue star of twilight, hung low on the rim of the sky,
Has awaked in our hearts, my beloved, a sadness that may not die.

A weariness cornes from those dreamers, dew-dabbled, the lily and rose;
Ah, dream not of them, my beloved, the fame of the meteor that goes,
Or the fame of the blue star that lingers hung low in the fall of the dew:
For I would we were changed to white birds on the wandering foam: I and you!

I am haunted by numberless islands, and many a Danaan shore,
Where Time would surely forget us, and Sorrow corne near us no more;
Soon far from the rose and the lily and fret of the flames would we be,
Were we only white birds, my beloved, buoyed out on the foam of the sea!

(William Butler Yeats)

 

Recueil: La Rose et autres poèmes
Traduction: de l’anglais (Irlande) Jean Briat
Editions: POINTS

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Chanson (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021



Chanson

Tu me donnes des mots
Pour que je t’invente
Des mots usés et sourds
D’avoir longtemps servi
Ce sont toujours les mêmes
Des mots qui n’ont plus rien
Que leur air de toujours
Et leurs mains bleues pourtant
S’agrippent à des rocailles
Machinalement
Et trouvent des oiseaux
A jeter dans le vent
Toujours le même vent
Et les mêmes oiseaux
Pour faire une musique
Chaque fois différente

(Robert Momeux)

Illustration

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