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Poésie

Posts Tagged ‘frise’

Tu n’écris pas pour obscurcir ce qui est clair (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019




    
Tu n’écris pas pour obscurcir
ce qui est clair,
tu es venu de la source
cherchant la transparence.

Tu es venu de la rose
et de l’intérieur du bleu,
cherchant la voix des yeux
avec sa frise de nuit.

Ce qui bouge en toi, ce que
tu donnes,
est un rivage léger.

Ce qui appelle en toi, voix
du proche, enseigne et construit
des signes d’éternité.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA DANSE DES FLEURS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LA DANSE DES FLEURS

Anthis, danseuse de Lydie, a sept voiles autour d’elle.
Elle déroule le voile jaune, sa chevelure noire se répand.
Le voile rose glisse de sa bouche.
Le voile blanc tombé laisse voir ses bras nus.

Elle dégage ses petits seins du voile rouge qui se dénoue.
Elle abaisse le voile vert de sa croupe double et ronde.
Elle tire le voile bleu de ses épaules,
mais elle presse sur sa puberté le dernier voile transparent.

Les jeunes gens la supplient : elle secoue la tête en arrière.
Au son des flûtes seulement, elle le déchire un peu,
puis tout à fait, et, avec les gestes de la danse,
elle cueille les fleurs de son corps.

En chantant : « Où sont mes roses ? où sont mes violettes parfumées ?
Où sont mes touffes de persil ?
— Voilà mes roses, je vous les donne.
Voilà mes violettes, en voulez-vous ?
Voilà mes beaux persils frisés. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Pour mon papa (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018



Pour mon papa

J’écris le mot agneau
Et tout devient frisé :
La feuille du bouleau,
La lumière des prés.

J’écris le mot étang
Et mes lèvres se mouillent ;
J’entends une grenouille
Rire au milieu des champs.

J’écris le mot forêt
Et le vent devient branche.
Un écureuil se penche
Et me parle en secret.

Mais si j’écris papa,
Tout me devient caresse,
Et le monde me berce
En chantant dans ses bras

(Maurice Carême)

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Un monde, c’est quelque chose que l’on mange (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018



Un monde, c’est quelque chose que l’on mange,
d’une façon ou d’une autre,
par la chair ou par les yeux,
par la flamme, le rabot du coeur
et ses bouquets de copeaux frisés
qui sentent le printemps.

(Maurice Blanchard)


Illustration

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Souvenir d’enfance (François Caradec)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



 

Illustration: René Magritte

    
Souvenir d’enfance

J’ai dû dans mon enfance une année croire en Dieu
c’était un père Noël mais en plus distingué
il portait des bretelles et un chapeau melon
sa barbe était frisée et toujours bien peignée
et blanche et seulement un peu jaunie
par l’abus du tabac.

Il y a bien longtemps je ne l’ai plus revu
je ne sais même pas si je le rencontrais
je le reconnaîtrais dans la rue.

(François Caradec)

 

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Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants (Abraham de Vermeil)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Puisque tu veux dompter les siècles tout-perdants
Par le rare portrait de ses grâces divines,
Frise de chrysoliths ses tempes ivoirines,
Fais de corail sa lèvre, et de perle ses dents ;

Fais ses yeux de cristal, y plaçant au dedans
Un cercle de saphirs et d’émeraudes fines,
Puis musse dans ces ronds les embûches mutines
De mille Amours taillés sur deux rubis ardents ;

Fais d’albâtre son sein, sa joue de cinabre,
Son sourcil de jayet, et tout son corps de marbre,
Son haleine de musc, ses paroles d’aimant ;

Et si tu veux encor que le dedans égale
Au naïf du dehors, fais-lui un corps d’opale,
Et que pour mon regard il soit de diamant.

(Abraham de Vermeil)

Illustration: James Sant

 

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SONNET ROMAIN (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2017



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SONNET ROMAIN

La belle Julia languissamment s’étale
Sur les gradins du cirque, assise au premier rang,
Sans voir l’œil inquiet du Samnite mourant
Dont la vie est pendue à son doigt de vestale.

La vierge songe bien à la clameur brutale
De la plèbe, au vaincu qu’un vain espoir reprend!
Elle songe, rêveuse et le cœur soupirant,
Au beau prêtre de la Vénus orientale,

Au Syrien frisé qui sait les chants d’amour
Et qui, le soir, marie aux sanglots du tambour
Sur un rythme voilé sa voix chaude et lascive.

Et la vierge, qui sent tressaillir son sein nu,
Se ferait avec joie enterrer toute vive
Pour connaître par lui le mystère inconnu.

(Jean Richepin)

 

 

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Remembrances I (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2015



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Remembrances I

Là-bas, où, sous les ciels attiques,
Les crépuscules radieux
Teignent d’améthyste les dieux
Sculptés aux frises des portiques ;

Où, dans le feuillage argenté
Des peupliers aux torses maigres,
Crépitent les cigales aigres
Ivres des coupes de l’été ;

Là-bas, où d’or fin sont les sables
Et d’azur rythmique les mers,
Où pendent les citrons amers
Dans les bosquets impérissables,

La vierge aux seins inapaisés
Plus belle que la Tyndaride,
Fit couler sur ma lèvre aride
Le dictame de ses baisers.

(Jean Moréas)

Illustration: Charles Edouard Boutibonne

 

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RETOUCHE A LA CITE DES MORTS (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2015



 

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RETOUCHE A LA CITE DES MORTS

Dans les jardins cubiques et nus
où les fleurs sont une frise de cendre
les familles font cuire un poulet.
Les disparus n’ont que des qualités.
Le croissant noir, graffite dans la chaux,
fait s’enrouler le mur de sable
en un cône qui s’évase
et chacun tend l’oreille
pour écouter la voix profonde
et les conseils indéchiffrables.

(Daniel Boulanger)

Illustration: Mark Kostabi

 

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Chrysalide (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 18 mai 2015



Des mots frisés
Bleus et roses
Se préparent
Quel poème sortira
De cette chrysalide

(Pierre Albert-Birot)


Illustration

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