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Poésie

Posts Tagged ‘rond’

LE MONDE (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2022



Illustration: Julie Bernard
    
LE MONDE

Le monde est rond. C’est une pomme.
Il ne faut pas trop la croquer
ni la salir, la réchauffer,
lui faire manquer d’air,
la laisser pourrir, dépérir,
ou l’arracher à la branche de l’univers.
IL ne s’agit pas d’une brillante étoile
ni du plus géant soleil,
voilà notre fruit, notre décor.
Mais c’est bien là,
sur cette pomme qui nous ressemble,
que nous voulons ensemble
vivre encore.

(Carl Norac)

 

Recueil: Le livre des beautés minuscules / Images de Julie Bernard
Traduction:
Editions: RUE DU MONDE

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La soupe maison (Michel Besnier)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2022



Illustration: Henri Galeron
    
La soupe maison
fait de la maison
une soupière qui
sent bon

Qui sent bon les
mots ordinaires
pomme de terre
persil potiron

Qui sent bon le
jardin le vert les
mots bien ronds
ceux de ma mère

(Michel Besnier)

 

Recueil: Cuisine au beurre noir
Traduction:
Editions : Møtus

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Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux (Christian Bachelin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2022



Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux
D’une alouette sonnant les matines du soir
Simplement d’une abeille cognant sur la vitre
Si déjà la rumeur ne réveille l’écho
D’une autre nostalgie plus vaste que l’oubli
Et nous qui sommes fous d’irréel de mystère
Pourquoi nous éblouir seulement d’une pomme
Toute ronde vêtue de clarté coutumière
Comme si par le charme ultime d’un regard
L’intemporel devait s’enraciner ici
A l’ombre d’un seul jour au ciel d’un seul pays.

(Christian Bachelin)

Illustration: http://epire.fr/galerie3.html

 

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Sur les remparts (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022


Toujours mille flèches de soleil, chacune est pour nous.
Il fait chaud ici comme la terre est ronde comme l’oeil est visible du bonheur.
Au-dessus des remparts où le soleil couchant éparpille sa boule énorme entre les orangers,
toi, tout à l’heure, tu laisseras monter tes seins dans mes paumes
pour dorer notre nuit.

(André Frénaud)

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Où étais-tu cachée? (Comptine du folklore Russe)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Où étais-tu cachée?

Qui vient là? Mais c’est ma chatte
Une brindille à la patte.
Le dos rond, elle passe le pont
Puis s’avance, l’oeil fripon.
Minou, minou, mounette,
Où étais-tu cachée?
Mounette répond tout net
Qu’elle gardait les poulettes
Depuis le déjeuner.

(Comptine du folklore Russe)

Traduction: Fabienne Finifter

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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Le Petit Chat (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le Petit Chat

C’est un petit chat noir effronté comme un page,
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s’assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps, il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge,
Qu’on fait pour essuyer les plumes, ressemblant.

Quand il s’amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m’accroupis pour suivre sa mimique
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d’abord de son nez délicat il le flaire,
La frôle, puis, à coups de langue très petits,
Il le happe ; et dès lors il est à son affaire
Et l’on entend, pendant qu’il boit, un clapotis.

Il boit, bougeant la queue et sans faire une pause,
Et ne relève enfin son joli museau plat
Que lorsqu’il a passé sa langue rêche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l’air étonné d’avoir déjà fini.
Et comme il s’aperçoit qu’il s’est fait quelques taches,
Il se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Ses yeux jaunes et bleus sont comme deux agates ;
Il les ferme à demi, parfois, en reniflant,
Se renverse, ayant pris son museau dans ses pattes,
Avec des airs de tigre étendu sur le flanc.

Mais le voilà qui sort de cette nonchalance,
Et, faisant le gros dos, il a l’air d’un manchon ;
Alors, pour l’intriguer un peu, je lui balance,
Au bout d’une ficelle invisible, un bouchon.

Il fuit en galopant et la mine effrayée,
Puis revient au bouchon, le regarde, et d’abord
Tient suspendue en l’air sa patte repliée,
Puis l’abat, et saisit le bouchon, et le mord.

Je tire la ficelle, alors, sans qu’il le voie,
Et le bouchon s’éloigne, et le chat noir le suit,
Faisant des ronds avec sa patte qu’il envoie,
Puis saute de côté, puis revient, puis refuit.

Mais dès que je lui dis : « Il faut que je travaille,
Venez vous asseoir là, sans faire le méchant ! »
Il s’assied… Et j’entends, pendant que j’écrivaille,
Le petit bruit mouillé qu’il fait en se léchant.

(Edmond Rostand)

Recueil: Les Musardises
Traduction:
Editions:

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Tu récites pour toi seul (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022



Illustration
    
Tu récites pour toi seul des vers anciens
et tout en toi-même est plus proche et plus nu.

sous le masque du dormeur le temps doucement va
les années les minutes les semaines les mois.

il te souvient des femmes dans la rue l’une
aux maigres épaules portant des choses lourdes.

l’autre passait avec des gestes d’adieu belle
comme une île ou une phrase inachevée.

celle-ci qui riait aux éclats dans le feuillage
obscur et dont le nom était imprononçable.

et celle-là voyageuse aux couleurs du monde
avec ses énormes bagages et ses robes lyriques.

à l’autre bout de ta nuit ceux que nul ne connaît
qui ne font aucun détour posant cartes sur table.

et ceux qui emportent dans leur coeur leur ordure
et leur toit des chiens morts des rouleaux secrets des fleurs nouvelles.

ta mère aux bras flottants qui ne pouvait comprendre
toute ronde si petite et les yeux couleur d’encre.

tu as pris dans ses yeux le goût de l’être et des iris
mais tout s’éloigne ainsi qu’un vol d’oiseaux. le ciel

se déplace. et ça n’en finit pas les errances
à travers nuits et jours au gré des vents, la vie

ses mornes champs ses gares ses travaux ses villages
ses grimaces, la tristesse sur la face des gens.

et l’infini désert recommence au matin :
tu récites pour toi seul des vers anciens.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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SUR LE LAC DU PARC AUX SENTEURS DE MOUSSE (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



    

SUR LE LAC DU PARC AUX SENTEURS DE MOUSSE

cerné de noir,
glisse dans une écume irisée
le silencieux cygne haut et rond.

CYGNE BLANC

***

ÜBER DEN MOOSRIECHENDEN

schwarzumrandeten Parksee
gleitet im regenbogenfarbenen Schaum
der hohe ruhige runde Schwan.

WEISSER SCHWAN

(Egon Schiele)

 

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

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Entrechat (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



 

chat-tigre  [1280x768]

Entrechat

Longue oreille, des crocs intacts, des vrais ivoires,
Le corps svelte quoique râblu,
Son beau pelage court et gris à barres noires
Lui faisant un maillot velu ;

Des yeux émeraudés, vieil or, mouillant leur flamme
Qui, doux énigmatiquement,
Donnent à son minois le mièvre et le charmant,
D’un joli visage de femme.

Avec cela rôdeur des gouttières, très brave,
Fort et subtil, tel est ce chat,
Pratiquant à loisir le bond et l’entrechat,
Au grenier comme dans la cave.

(Maurice Rollinat)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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Immense, l’Océan (Hubert Juin)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2021



 

Immense, l’Océan dessoude mon poème, puis le rameute,
troupeau des mots dans tout le vert des prairies d’eau,
le chante à voix mi-basse et scande soudain les strophes impératives,
puis revient en ses cavernes et murmure l’Océan même aux mille bouches de l’Océan :
un poème qui est rond et se dit à lui-même le poème qu’il est, qui n’est rien.

(Hubert Juin)

 

 

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