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Poésie

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Un nuage énorme sur la lune (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2019




    
Un nuage énorme sur la lune,
troubles d’encre et d’argent, masque tordu
— qu’entoure le ciel étoilé tranquille, vissé d’astres.

Je pense à l’enfantine poésie de chercher mille ressemblances imparfaites de ce nuage,
mille chameaux, monstres, contrées
— tandis que sa valeur, sa poésie puissante et véritablement illimitée
est justement au contraire d’être informe, lui-même,
inaccessible aux mots, sans images.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Sur les genoux de Terre (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration 
    
Sur les genoux de Terre
Boire le lait tranquille
Et laisser aux feuilles dans le vent
Leur ingénuité — sans soins de
La pensée — Laisser inculte
La chose.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le grenier (Carlos Larronde)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



Le grenier

… Il est noir, l’escalier,
L’escalier qui monte au grenier,
au grenier où le plancher craque
C’est un endroit que l’on aime beaucoup.
La nuit s’y attarde ; on y trouve de tout :
Vieux livres, souvenirs, chapeaux à claque,
Et des rats sortant de leur trou.
On a peur ; il fait noir ; le plancher craque.
C’est bon d’être là, sous les tuiles,
seul et tranquille,
Pour avoir peur et pour penser.
La lucarne est garnie de vitres, bien ternes
avec des toiles d’araignées.
On l’ouvre sur la campagne moderne,
Quand on ne veut plus vivre avec le passé.

(Carlos Larronde)

Illustration

 

 

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Un arc de triomphe (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



 

hirondelles 2

Un arc de triomphe

Tout ce qu’ont dit les hirondelles
Sur ce colossal bâtiment,
C’est que c’était à cause d’elles
Qu’on élevait un monument.

Leur nid s’y pose si tranquille,
Si près des grands chemins du jour,
Qu’elles ont pris ce champ d’asile
Pour causer d’affaire, ou d’amour.

En hâte, à la géante porte,
Parmi tous ces morts triomphants,
Sans façon l’hirondelle apporte
Un grain de chanvre à ses enfants.

Dans le casque de la Victoire
L’une, heureuse, a couvé ses oeufs,
Qui, tout ignorants de l’histoire,
Eclosent fiers comme chez eux.

Voulez-vous lire au fond des gloires,
Dont le marbre est tout recouvert ?
Mille doux cris à têtes noires
Sortent du grand livre entr’ouvert.

La plus mince qui rentre en France
Dit aux oiseaux de l’étranger
« Venez voir notre nid immense.
Nous avons de quoi vous loger. »

Car dans leurs plaines de nuages
Les canons ne s’entendent pas
Plus que si les hommes bien sages
Riaient et s’entr’aimaient en bas.

La guerre est un cri de cigale
Pour l’oiseau qui monte chez Dieu ;
Et le héros que rien n’égale
N’est vu qu’à peine en si haut lieu.

Voilà pourquoi les hirondelles,
A l’aise dans ce bâtiment,
Disent que c’est à cause d’elles
Que Dieu fit faire un monument.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration

 

http://henriettel.canalblog.com/archives/2010/07/11/18545629.html

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II a plu tout un jour (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



II a plu tout un jour de grisaille et de brume,
Pareil à mon esprit tranquille et résigné
Qui se trouve chez lui sous le ciel déblayé.
Il a plu tout le jour et les vitres s’allument ;
Il a plu tout le jour et ce n’est pas fini…
Avant l’heure, l’après-midi lente s’achève ;
A tant de souvenirs mon coeur s’est rajeuni.

(Jean de la Ville de Mirmont)

Illustration

 

 

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La lumière universelle (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019



    La lumière universelle
Tire du ciel vaporeux
D’immuables étincelles
Pour les déserts bienheureux
Par une splendeur seconde
Le ciel tranquille féconde
Toutes les formes du jour
L’arbre éclate, se balance
Et jusque dans le silence
Remue un sonore amour

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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JARDIN DU VENDREDI (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2019




    
JARDIN DU VENDREDI

L’arbre est tranquille
mais son écorce éclate
entre le coeur et toi

Les feuilles leur exode
le dur amour le pain
et le nid déserté
où la tendresse rôde
sans trouver son voisin

Il fallait refuser
le soleil était proche
Je n’ai pas dit non
j’ai ouvert les mains

Alors le coq a fait l’orage.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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Jadis c’était la couleur du dire (Dylan Thomas)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2019



Illustration: Margaret Brohan
    
Jadis c’était la couleur du dire
Qui inondait ma table sur le versant le plus laid d’une colline
Avec un champ chaviré où une école se tenait, tranquille
Et un carré noir et blanc de filles s’y répandait en jeux ;
Les doux glissoires du dire je les dois détruire
Pour que les noyés enchanteurs se relèvent pour chanter comme coq et tuer.
Quand je sifflais avec des gamins joueurs à travers le parc du réservoir
Où la nuit nous lapidions les froids, les niais
Amants dans la boue de leur lit de feuilles,
L’ombre de leurs arbres était mot à plusieurs obscurités
Et lampe d’un éclair pour les pauvres dans la nuit ;
Maintenant mon dire doit me détruire,
Et je déviderai chaque pierre comme un moulinet.

(Dylan Thomas)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Vision et Prière (et autres poèmes)
Traduction: Alain Suied
Editions: Gallimard

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D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant (Théophile de Viau)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2019



 

D’un sommeil plus tranquille à mes Amours rêvant
J’éveille avant le jour mes yeux et ma pensée,
Et cette longue nuit si durement passée,
Je me trouve étonné de quoi je suis vivant.

Demi désespéré je jure en me levant
D’arracher cet objet à mon âme insensée,
Et soudain de ses voeux ma raison offensée
Se dédit et me laisse aussi fol que devant.

Je sais bien que la mort suit de près ma folie,
Mais je vois tant d’appas en ma mélancolie
Que mon esprit ne peut souffrir sa guérison.

Chacun à son plaisir doit gouverner son âme,
Mytridate autrefois a vécu de poison,
Les Lestrigons de sang, et moi je vis de flamme.

(Théophile de Viau)

Illustration

 

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Portraits (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2019



monstres

 

Quand il eut regardé de bien près tous les monstres
Et vu qu’ils étaient faits tous de la même étoupe,

Il put s’asseoir tranquille dans une chambre claire
Et voir l’espace.

(Guillevic)

 

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