Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘force’

Absente (Lucie Albertini)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2017



Absente
Etre personne
Et force
Comme pierre
Accrochée à un fil.

(Lucie Albertini)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Canzone aux souvenirs de ma jeunesse perdue? (Paul Fort)

Posted by arbrealettres sur 15 juin 2017



Canzone aux souvenirs de ma jeunesse perdue?

Temps sublime où j’errais,
plein de force et courage,
vivant ma libre vie
comme un poulain sauvage.

(Paul Fort)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LAMENTO POUR LES PAPILLONS DE NUIT (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017



    

LAMENTO POUR LES PAPILLONS DE NUIT

Une plaie a frappé les papillons de nuit, ils agonisent,
leurs corps tels des flocons de bronze gisant sur les tapis.
Les ennemis du délicat partout
Ont soufflé dans l’air une brume pestilentielle.

Lamento pour les papillons veloutés, car ils étaient charmants.
Leurs tendres pensées souvent, car ils pensaient à moi,
apaisaient les névroses qui hantent le jour.
Un mal invisible les a emportés à présent.

Je tourne dans les pièces sombres, ne peux rester calme,
je dois trouver où le traître assassin se cache.
Fébrilement je cherche et toujours ils tombent
aussi fragiles que cendres se brisant contre un mur.

À présent que cette plaie a emporté les papillons de nuit,
qui sera plus frais que des rideaux contre le jour,
qui viendra assez tôt apaiser doucement mon sort
quand je tourne dans les pièces sombres le coeur tourmenté ?

Donne-leur, ô mère des papillons de nuit et des hommes,
la force de revenir dans ce monde trop lourd,
car délicats étaient les papillons de nuit et très recherchés
ici dans un monde hanté par des bataillons d’ennui mammouth !

***

LAMENT FOR THE MOTHS

A plague has stricken the moths, the moths are dying,
their bodies are flakes of bronze on the carpets lying.
Énemies of the delicate everywhere
have breathed a pestilent mist into the air.

Lament for the velvety moths, for the moths were lovely.
Often their tender thoughts, for they thought of me,
eased the neurotic ills that haunt the day.
Now an invisible evil takes them away.

I move through the shadowy rooms, I cannot be still,
I must find where the treacherous killer is concealed.
Feverishly I search and still they fall
as fragile as ashes broken against a wall.

Now that the plague h as taken the moths away,
who will be cooler than curtains against the day,
who will come early and softly to ease my lot
as I move through the shadowy rooms with a troubled heart?

Give them, O mother of moths and mother of men,
strength to enter the heavy world again,
for delicate were the moths and badly wanted
here in a world by mammoth figures haunted!

(Tennessee Williams)

 

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Lever sa vie (Simone Weil)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2017



Simone Weil

Lever sa vie.
Mieux tendre de toutes ses forces vers un bonheur,
qui de tout ce que nous sommes nous serait une vision inépuisable.
Ne mourir que lorsqu’on serait à jamais le bonheur et la gloire de la vie que l’on a vécue.
On n’est soi que dans son coeur,on n’aime que ce qui nous fait de lui un asile.
On n’est heureux que par la façon que l’on a d’être l’être de soi-même

(Simone Weil)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Encore ! (James Joyce)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



James Joyce

Encore !
Viens, donne, cède-moi toute ta force !
De loin un mot murmure tout bas au cerveau brisé
Son calme cruel, misérable soumission,
Adoucissant son craintif respect comme à l’âme prédestinée.
Cesse, amour silencieux ! Mon destin !

***

Again !
Come, give, yield all your strength to me!
From far a low word bretahes on the breaking brain
Its cruel calm, submission’s misery,
Gentling her awe as to a soul predestined.
Cease, silent love! My doom!

(James Joyce)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Laisse-moi fleurir (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



Illustration: Nicole Boulet

    
Laisse-moi
fleurir à ton encontre
Beauté

Je veux dire
fleurir et
mourir

*

Dans
l’orchidée de mes rêves
je sens
la force
de mes chants
les années croître

***

Lass midi
dir entgegenblühn
Schönheit

Es heisst
blühn und
sterben

*

In meiner
Traumorchidee
spüre ich
die Kraft
meiner Lieder
die Jahre wachsen

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Je compte les étoiles de mes mots
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui es-tu et d’où viens-tu ? (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



 

    
Qui es-tu et d’où viens-tu ?

Où réside l’Esprit suprême et comment peut-il
se mêler à tous les jeux de la Création ?

Le feu est dans le bois; mais qui le réveille soudain ?
Le bois devient cendre et où va la force du feu ?

Le vrai Maître nous enseigne que l’Esprit n’a ni limite ni infinité.
Kabîr dit : « Brahma adapte sa parole à l’intelligence de ses auditeurs. »

(Kabîr)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le bonheur (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



    

Le bonheur

Quand l’aurore aux accents
D’une flûte champêtre
Saute sur ma fenêtre
Annonçant le beau temps
Quand au sommet du jour
Le soleil, dans sa force
Fier et bombant le torse
Fait rouler son tambour
Ou quand le soir descend
En posant sur la ville
Ses douces mains tranquilles
Dans mon ravissement
Je pense à ce bonheur
Dont nous rêvons sans cesse
Mais la simple sagesse
Me dit avec douceur

Le bonheur est chose légère
Que toujours, notre cœur poursuit
Mais en vain, comme la chimère
On croit le saisir, il s’enfuit
Il n’est rien qu’une ombre fugace
Un instant, un rayon furtif
Un oiseau merveilleux qui passe
Ravissant mais jamais captif
Le bonheur est chose légère
Il est là comme un feu brûlant
Mais peut-on saisir la lumière
Le feu, l’éclair, l’ombre ou le vent

En ce siècle de peur
De misère et de guerre
Il est pourtant sur terre
De très simples bonheurs
Ils sont là sous la main
Faits de très humbles choses
Le parfum d’une rose
Un beau regard humain
C’est le souffle léger
De l’enfant qui sommeille
C’est l’amitié qui veille
Et le pain partagé
Et puis voici qu’un jour
Le bonheur qu’on envie
Entre dans notre vie
Sur l’aile de l’amour

Le bonheur, dans le grand silence
De la nuit, c’est sur le chemin
Le bruit clair de ton pas qui danse
Ta main que je tiens dans ma main
Le bonheur, c’est toi, source vive
De l’amour, dans son vert printemps
Quand la nuit, dans mes bras captive
J’entends ton doux gémissement
Le bonheur, c’est de croire encore
Amants, que nous verrons un jour
Resplendir l’éternelle aurore
Qui sait, d’un immortel amour…

(Jean Villard–Gilles)

Découvert ici: https://petalesdecapucines.wordpress.com/

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il doit y avoir un lieu (Eugénio de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2017




    
Il doit y avoir un lieu où un bras
et un autre bras feraient plus que deux bras,
une chaleur de feuilles mordues par la pluie,
le matin si proche même à bout de forces.

(Eugénio de Andrade)

 

Recueil: Matière Solaire / Poids de l’Ombre / Blanc sur Blanc
Traduction:Michel Chandeigne, Patrick Quillier, Maria Antonia Câmara Manuel
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La poésie n’aurait-elle plus rien à nous dire ? (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2017



Zéno Bianu [800x600]

La poésie n’aurait-elle plus rien à nous dire ?
Ne serait-elle plus le lieu privilégié des interrogations humaines ?
D’Infiniment proche au Désespoir n’existe pas, dix ans ont passé.
Dix ans en prise avec le balancier de la vie.
Dix ans d’écriture.

Des poèmes de bord, comme autant de témoignages d’amitié, d’amour, d’admiration, de deuil.
Des poèmes animés par un pari farouche : transformer le pire en force d’ascension.
Des poèmes pour reprendre souffle et tenir parole.
Des poèmes pour ouvrir un espace aimanté, irriguer le réel dans une époque vouée à l’hypnose.

Transmettre quelque chose d’irremplaçable : une présence ardente au monde, une subversion féerique.
La poésie – ou la riposte de l’émerveillement.

(Zéno Bianu)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :