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Poésie

Posts Tagged ‘renoncer’

Je Voudrais Vous Revoir (Jean-Jacques Goldman)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2019




Je Voudrais Vous Revoir

Cette lettre peut vous surprendre
Mais sait-on ? peut-être pas
Quelques braises échappées des cendres
D’un amour si loin déjà

Vous en souvenez-vous?
Nous étions fous de nous

Nos raisons renoncent, mais pas nos mémoires
Tendres adolescences, j’y pense et j’y repense
Tombe mon soir et je voudrais vous revoir

Nous vivions du temps, de son air
Arrogants comme sont les amants
Nous avions l’orgueil ordinaire
Du « nous deux c’est différent »
Tout nous semblait normal, nos vies seraient un bal
Les jolies danses sont rares, on l’apprend plus tard
Le temps sur nos visages a soumis tous les orages
Je voudrais vous revoir et pas par hasard

Sûr il y aurait des fantômes et des décors à réveiller
Qui sont vos rois, vos royaumes ? mais je ne veux que savoir
Même si c’est dérisoire, juste savoir
Avons-nous bien vécu la même histoire ?

L’âge est un dernier long voyage
Un quai de gare et l’on s’en va
Il ne faut prendre en ses bagages
Que ce qui vraiment compta
Et se dire merci
De ces perles de vie
Il est certaines
Blessures au goût de
Victoire
Et vos gestes, y reboire
Tes parfums, ton regard
Ce doux miroir
Où je voudrais nous revoir

(Jean-Jacques Goldman)

Illustration: Ekaterina Moré

 

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Inoubliable (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



Illustration: Torii Kiyonaga 
    
Inoubliable,
Conviens-en et goûte au moins
À ce souvenir !
Je renonce à te convaincre
Du violet, fleur d’automne !

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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Les oiseaux libres (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



 

Les oiseaux libres
ne souffrent pas qu’on les regarde.
Demeurons obscurs,
renonçons à nous,
près d’eux.

(René Char)

 

 

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Puisqu’il faut renoncer (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



 

Kris Galli g46 [1280x768]

Puisqu’il faut renoncer
A ce qu’on ne peut retenir,
Qui devient autre chose
Contre ou avec le coeur, –
L’oublier rondement,

Puis battre les buissons
Pour chercher sans trouver
Ce qui doit nous guérir
De nos maux inconnus
Que nous portons partout.

(René Char)

Illustration: Kris Galli

 

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Renoncer à cette servitude (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2019



Renoncer à cette servitude
qu’est l’attirance féminine.

(Albert Camus)

Illustration: Jean-Auguste-Dominique Ingres

 

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S’endormir (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2019



Illustration: F.A. Moore
    
S’endormir

L’homme qui s’endort, s’abandonne, se fie à quelque chose;
se remet aux choses, et à son corps, première chose ;
s’adapte en dedans,
s’adapte à n’être pas et,
comme il s’adaptait à être,
à se séparer.

Le voici qui s’assimile à ce qui existe de plus stable,
au plus petit potentiel compatible avec la vie,
— à l’état où on ne soit pas encore;
renonce à ce qui est à quelque distance ;
se retire, obéit;
immole le réel, devient tout réel,
consent à n’être que soi-même ;

change d’espèce.

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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CHEMIN DES RONCES (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2019



    
CHEMIN DES RONCES

I
Mon amour mon amour
je t’appelle sans répit
je te donne des noms inutiles
des noms sans magie
des noms qui n’éclatent pas
comme un mauvais fruit

Mon amour si mal appris
mon détour ma belle eau sale
mon corsage de l’été
déserté par le désir

Tout est toujours à renoncer
à partir d’une larme
le cri de l’oiseau
l’honneur du pain bis
le fruit qui séduit
le pli de la nappe

Et toi mon amour
mon oeillet de soufre
ma nuit qu’il faudrait refaire
pour donner une chance au soleil.

II
Cette larme si terrible
que j’ai serrée dans un mot
maintenant elle déclenche
tous les jeux de l’océan

Dieu connaît le sang des choses
il séduit le naufragé
avant que j’aie dérobé
cette mémoire frivole
il avait planté un cèdre
dans mon coeur pour le nouer

Regarde ce puits confident
cette larme si terrible
ce voile de Véronique
où j’ai préservé ton nom.

III
Poète des chaos
des amours fous des épines
d’un royaume sans pitié
d’un visage sans appel

Par le sacre de la mort
je retrouve l’innocence
je justifie la parole
j’en fais une eau amicale.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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L’essence de l’Éternité (Angelus Silesius)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2019



 

Homme, si tu veux exprimer l’essence de l’Éternité,
Il te faut d’abord renoncer au langage.

(Angelus Silesius)

 

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Pour écrire Il te faut partir (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019



Illustration: Alberto Giacometti
    
Pour écrire
Il te faut partir

Tu ne peux demeurer
Que dans l’éclat des routes
La ferveur des ciels
Les embruns de l’aube
Les tâches du soleil

Aucune cage ne te donnera
Le goût du large
L’espace généreux où t’envoler
Aucun remède

Renonce à tout savoir
Rends-toi à l’inconnu
Laisse aujourd’hui tes ailes te porter

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Une poignée de monde (Ludovic Janvier)

Posted by arbrealettres sur 29 octobre 2018



 

Une poignée de monde

À supposer que les oiseaux se taisent
toujours une branche craque au bord de l’écoute

à supposer que le bois ne s’étire pas
toujours on y devine une rumeur de vent

à supposer qu’on n’entende plus le moindre souffle
dans le calme il y a toujours un bruit qui se prépare

à supposer que l’imminent demeure imperceptible
il y a ce bruit de voix que fait la pensée

à supposer que la pensée elle aussi renonce
il reste ce murmure en moi parce que je t’attends

à supposer qu’un jour je renonce à t’attendre
le silence écoutera toujours venir la fin d’attendre

(Ludovic Janvier)

Découvert chez Lara ici
 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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