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Poésie

Posts Tagged ‘réponse’

Nous n’avons pas la réponse aux questions que pose le silence (Amina Saïd)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2019



 

nous n’avons pas la réponse
aux questions que pose le silence
ni d’explication aux rêves
à peine devinons-nous certains signes

que savons-nous du miracle qui nous réunit
puis de ce qui lentement nous sépare
de ce qui se dit à travers nous
lorsque nous tentons d’écrire
de l’objet réel de notre quête
ou de ce qu’est la plus belle chose du monde

nous ne connaissons ni la part non vécue
de nos vies ni ce que nous ne sommes pas
ni même ce que nous sommes vraiment
ou ce que nous aurions pu être

nous ne connaissons ni la raison du soleil
ni le pourquoi du cercle de la terre du ciel
de la ronde des naissances et des morts

ni les autres noms du néant ceux de la lumière
ni même la vraie couleur du temps
ou les limites de l’âme
ou les chiffres liés à la disparition des astres

pas plus que le centième nom du rien

(Amina Saïd)

 
Illustration: Annabelle Delaigue

 

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Cette nausée (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2019




    
cette nausée
n’est pas une maladie.
C’est une une réponse.

(Yannis Ritsos)

 

Recueil: La nuit dans le miroir et autres poèmes
Traduction: Dominique Grandmont
Editions: Gallimard

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Le poème (Jürgen Theobaldy)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Le poème n’est pas un rêve
mais la réponse au rêve.

***

Das Gedicht its kein Traum,
es ist die Antwort auf den Traum

(Jürgen Theobaldy)


Illustration: Théodore Chassériau

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FÊTE AUX VILLAGES (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



FÊTE AUX VILLAGES

Le matin, nous passerons
— Nous deux, le cousin Alphonse —
Nos joues à la pierre ponce
Et puis nous emprunterons
Le char-à-bancs du Léonce.

A la fête nous irons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour manger des macarons
Poursuivre des laiderons
Jusqu’au coeur des haies de ronces,

Tirer à la loterie
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Pour des vases compliqués
Pour qu’au fond un oeil y rie
De nos culs alambiqués.

Le soir nous nous saoulerons
– Nous deux, le cousin Alphonse —
Dans les fossés roulerons
Au jour les jôs chanteront,
Nous n’y ferons point réponse !

L’endemain nous reprendrons
– Nous deux, le cousin Alphonse-
La charrue les mancherons
Et nous nous dessoulerons
Sur la terre où l’on enfonce

Quelle vie que nous vivons
– Nous deux, le cousin Alphonse !

(Maurice Fombeure)

 

 

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Cela se fit en silence (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Cela se fit en silence –
Il me demanda si j’étais Sienne –
Je ne lui fis pas réponse de Langue,
Mais réponse d’Yeux –

Alors il m’emporta dans les airs
Devant ce bruit mortel
À une vitesse comme de Chariots –
Une distance – comme de Roues –

Le Monde se détacha
Comme Comtés – des pieds
De Qui se penche d’un Ballon –
Sur une Rue d’Éther –

Le Gouffre par-derrière – n’était plus —
Les Les Continents – étaient nouveaux —
C’était – l’Éternité – avant
L’Éternité prévue –

Point de Saisons – pour nous –
Point de Nuit – ni de Midi –
Car le Soleil levant – s’arrêta en ce Lieu –
Pour le fixer – en Aube –

***

It was a quiet Way –
He asked if I was His –
I made no answer of the Tongue,
But answer of the Eyes –

And then he bore me high
Before this mortal noise
With swiftness as of Chariots –
And distance – as of Wheels –

The World did drop away
As Counties – from the feet
Of Him that leaneth in Balloon –
Opon an Ether Street –

The Gulf behind – was not –
The Continents – were new –
Eternity – it was – before
Eternity was due –

No Seasons were – to us –
It was not Night – nor Noon —
For Sunrise -stopped opon the Place —
And fastened it – in Dawn –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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LE FIL (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2018




    
LE FIL

Seule la vierge connaît l’histoire de la vie,
Le mythe implicite dans le bourgeon soyeux
Dont les feuilles sont les pages jamais ouvertes du coeur.

Les filandres de son rêve flottent dans la nuit;
Leurs fils fragiles portent la somnambule
(Que nul n’éveille ma bien-aimée, ou elle est perdue).

Quand l’ange est venu elle connaissait son visage
Et à une question étrange de l’étranger
Elle donna la réponse de tout temps prédestinée.

Les jeunes araignées tissent d’abord des toiles parfaites
Puis avec l’âge leur travail devient moins sûr.
La vieillesse tisse des haillons, des lambeaux, des loques.

Mater Dolorosa, à la fin d’un mythe usé,
Se souvenant du passé, mais non du futur,
A perdu son fil, telle une vieille araignée.

Car le temps nous défait, l’obscurité efface
Les figures du rouet nocturne de Pénélope.
Les étoiles qui tournent cassent les fils ténus de la rêverie
Et la vieille fileuse emmêle ses écheveaux de mort.

***

THE CLUE

Only the virgin knows the life story,
The myth implicit in the silk-spun bud
Whose leaves are the unopened pages of the heart.

The gossamer of her dream frets out across the night;
Its fragile thread upholds the somnambulist —
(Let none awaken my beloved, or she is lost)

When the ange’ came, she knew his face
And to the stranger asking a strange thing
Gave the answer predestined before time.

Young spiders weave at first their perfect webs,
Later, less certain, they weave worse.
Old age spins tattered cobwebs, rags and shreds.

Mater Dolorosa, at the end of a spent myth,
Remembering the part, but not the future,
Has lest ber due, like an old spider,

For time undoes us, darkness defaces
The figures of Penelope’s night loom.
Revolving stars wind up the tenuous threads of day-dream
And the old spinner ravels skeins of death.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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La faïence blanche (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2018



 

La faïence blanche
fait aux imaginations lasses
une réponse de néant.

(Jean Follain)

 

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Les mots ne sont pas une réponse (Serge Nunez Tolin)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
Liminaire

Les mots ne sont pas une réponse.

Les mots sont une présence de plus, inutile à la présence des choses.

L’homme n’est pas une unité.

Le monde n’est pas une unité dont on ne serait pas même un fragment
qui laisserait supposer le remembrement possible.

(Serge Nunez Tolin)

 

Recueil: Noeud noué par personne
Traduction:
Editions: Rougerie

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Chaque pierre (Jean-Claude Izzo)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2018



 

Chaque pierre
cache son mystère,
chaque pierre insinue
une réponse aux questions informulées.

(Jean-Claude Izzo)

 

 

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NAVIGUER (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018



 

Berit Kruger Johnsen - (12)

NAVIGUER

J’ai navigué
De nuits de jours

J’ai dérivé
Chaviré
Parmi les flots
Sans havre
Au creux des ouragans

J’ai cherché un écho
A ma voix souterraine
Le passage se murait

A mains pleines
Amassant ma terre
En sa quête rebelle
Sa réponse
Suffirait.

(Andrée Chedid)

Illustration: Berit Kruger Johnsen

 

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