Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘réponse’

Suppliques (Badawi al-Jabal)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2023




    
Suppliques
(extrait)

Comme j’ai foi en sa bonté,
entre Dieu et moi il y a une Porte.
Je m’y réfugie toujours,
les divans et les lieux me connaissent.

Seigneur, ta Porte ne repousse pas
ceux qui s’y protègent,
Voile est sur elle.

Sa clé dans mes mains est Certitude,
le doute ne l’effleure pas.

Et si l’on me questionne sur mes péchés,
mes larmes sont la réponse.

Elles en sont le Livre, dans ma main droite
lorsque je la tends à ta miséricorde.

(Badawi al-Jabal)

***

 

Recueil: Poésie Syrienne contemporaine
Traduction:de l’Arabe par Saleh Diab
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

DÉCOUVRIR (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2023




    
DÉCOUVRIR

Je dénude le ciel
Sans réponse
Je dépiste le ciel
Sans voix
J’explore d’autres domaines
J’invente mon langage
J’explore la Poésie
Et m’évade

Dans ce terre à terre
À voix basse
J’y découvre
Inventions et soucis.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Extrêmement se perdre aux bornes de soi-même (Jean Cocteau)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2023




    
Extrêmement se perdre aux bornes de soi-même
Grâce au fil qui nous fut donné
Aboutira peu loin mais c’est le seul extrême
Permis par un monde borné.
Si dans sa propre nuit le voyageur s’enfonce
Il n’en peut atteindre le bout.
Un sphinx garde la porte et ne donne réponse
Autre que ses yeux de hibou.

(Jean Cocteau)

 

Recueil: Clair-obscur
Traduction:
Editions: Points

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il pleut en amour (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2023




    
Il pleut en amour

Je ne sais pas ce qui se passe,
mais je ne me fais pas confiance
quand je commence à beaucoup aimer
une fille.

Ça me rend nerveux.
Je ne dis pas ce qu’il faut
ou peut-être que je commence
à examiner,
évaluer,
calculer
ce que je suis en train de dire.

Si je dis : « Tu crois qu’il va pleuvoir ? »
et qu’elle me dit : « Je ne sais pas », je me mets
à gamberger : je lui plais vraiment ?

Autrement dit
je deviens un peu lourd.

Un de mes amis a dit un jour :
« C’est vingt fois mieux d’être ami
avec quelqu’un
plutôt que d’en tomber amoureux. »

Il a raison, à mon avis, et à côté de ça
il pleut quelque part,
ça programme des fleurs
et ça rend les escargots heureux.
Tout ça, c’est réglé.

MAIS

Si une fille m’aime beaucoup
et commence à être vraiment nerveuse
et soudain se met à me poser de drôles de questions
et a l’air triste si je donne les mauvaises réponses
et me dit des trucs du style :
« Tu crois qu’il va pleuvoir ? »
et que je dis : « Je n’en sais rien »
et qu’elle dit : « Oh »,
et prend son petit air triste pour regarder
le ciel bleu clair de Californie,
je pense : Dieu merci, c’est toi, baby, cette fois-ci,
et non pas moi.

***

It’s Raining in Love

I don’t know what it is,
but I distrust myself
when I start to like a girl
a lot.

It makes me nervous.
I don’t say the right things
or perhaps I start
to examine,
evaluate,
compute
what I am saying.

If I say, « Do you think it’s going to rain? »
and she says, « I don’t know »,
I start thinking: Does she really like me?

In other words
I get a little creepy.

A friend of mine once said,
« It’s twenty times better to be friends
with someone
than it is to be in love with them. »

I think he’s right and besides,
it’s raining somewhere,
programming flowers
and keeping snails happy.
That’s all taken care of.

BUT

if a girl likes me a lot
and starts getting real nervous
and suddenly begins asking me funny questions
and looks sad if I give the wrong answers
and she says things like,
« Do you think it’s going to rain? »
and I say, « It beats me »,
and she says, « Oh »,
and looks a little sad
at the clear blue California sky
I think: Thank God, it’s you, baby, this time
instead of me.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le frisson dans les bruyères (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2022




    
Le frisson dans les bruyères qu’étonne
l’aile de l’oiseau

l’infini lavis rose que laisse le soleil le soir
après l’averse

une parcelle de silence entre les bruits

ou la voix jaillie d’un commencement

il est ainsi de ces beautés infimes
qui touchent au centre parfait du jour

et les perçoit l’âme ajustée au simple
comme un chemin par elles vers elle-même

alors nous habitons
réellement
nous n’attendons plus de réponse

alors une joie avance en nous
fleur profonde
déliée de la grande mort

nous voilà savants
comme avant la parole

(Jean-Pierre Siméon)

 

Recueil: Là où dansent les Éphémères 108 poètes d’aujourd’hui
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Quoi de neuf aujourd’hui? (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2022



L’arbre est devant la fenêtre du salon.
Je l’interroge chaque matin:
« Quoi de neuf aujourd’hui? »
La réponse vient sans tarder,
donnée par des centaines de feuilles:
« Tout. »

(Christian Bobin)


Illustration: Carmen Meyer

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 4 Comments »

Peut-être que le poème n’est pas une réponse (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2022



Illustration: Henri Matisse
    
Peut-être que le poème n’est pas une réponse
et qu’il n’est pas non plus une question
ou bien il est une question
à l’absence de réponse
et une réponse à l’absence de question
peut-être que le pourquoi
le poème le pose comme une certitude
et le parce que, le poème le pose
comme un désarroi

(Laurent Albarracin)

Recueil: Nous, avec le poème comme seul courage
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les yeux (Robert Frost)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022



 

David Alfaro Siqueiros portrait-of-dramatist-margarita-urueta-1947

Les yeux en quêtant la réponse d’autres yeux
Tirent à eux les étoiles
Et tirent à eux les fleurs
Et concentrent ainsi la terre et les cieux,
Si bien que nul n’a plus peur de l’immensité.

(Robert Frost)

Illustration: David Alfaro Siqueiros

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dictée d’air (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022


abandon

belle de vent
belle de feuilles

proche qui appelle
proche qui oublie

labile parole
au plus fort

et nulle réponse
le visage qui rouit

(Mohammed Dib)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

Des filles chantent (Rainer-Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022



Illustration: Anne-François-Louis Janmot
    
Des filles chantent:

L’époque dont les mères ont parlé
n’a pas trouvé l’accès de nos alcôves,
et tout y est resté lisse et clair. Elles
nous disent qu’elles se brisèrent lors
d’une année fouaillée de tempête.

Nous ne savons pas : qu’est-ce que c’est la tempête ?

Nous habitons toujours dans les profondeurs de la tour,
et parfois, de loin seulement, nous entendons
dehors les forêts bruire dans le vent ;
une fois, une étoile étrangère
s’est arrêtée chez nous.

Et puis si nous sommes au jardin, nous
tremblons que cela ne commence, et
nous attendons jour après jour —
Mais il n’est nulle part un vent
qui voudrait nous plier.

***

Longtemps nous avons ri dans la
lumière, et chacune apportait à l’autre
des brassées d’oeillets et de résédas,
solennellement, comme à une promise
et c’était devinette et réponse.

Puis avec le nom de la nuit,
lentement, le silence s’est étoilé.
Nous fûmes alors comme réveillées de tout, et
très éloignées l’une de l’autre :
nous avons appris le désir, qui rend triste,
comme une chanson…

***

Les filles, sur la pente du jardin,
ont ri longtemps,
et en chantant,
comme si elles avaient fait une longue marche,
se sont fatiguées.

Les filles à côté des cyprès
tremblent : l’heure
commence où elles ignorent
de qui seront toutes choses.

(Rainer-Maria Rilke)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :