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Posts Tagged ‘grenouille’

Le chant des cloches (Pier Paolo Pasolini)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022




Le chant des cloches

Lorsque le soir s’égare dans les fontaines
mon pays perd sa couleur.

Je suis au loin, je me souviens de ses grenouilles,
de la lune, du triste chant des grillons.

Rosari sonne et s’époumone dans les prés
je suis mort au son des cloches.

Etranger, lorsque je volerai doucement au-dessus de la plaine,
n’aie pas peur: je suis un esprit d’amour
qui, de loin, revient au pays.

(Pier Paolo Pasolini)

 

 

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Viens, je te mettrai des boucles d’oreilles de cerises (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



Viens, je te mettrai des boucles d’oreilles
de cerises
et je te montrerai les longues treilles
où volent des merles bleus et des grives.
Viens, c’est la saison des grandes chaleurs
et des fleurs.
Sur les fossés poudreux les carottes blanches
poussent : il y a encor deux ou trois pervenches.
Dans le fond des bois frais les oiseaux crient.
Le ciel cuit.
Dans les mares il y a des joncs longs,
et les grenouilles grises font des bonds.
Dans les endroits chauds et frais, vois les sources
qui sont douces.
Dans le terrain rouge, ou bien sur la mousse,
elles coulent près des abeilles rousses.

(Francis Jammes)

 

 

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La solitude est verte (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022


Chasseresse ou dévote ou porteuse de dons
La solitude est verte en des landes hantées,
Comme chansons du vent aux provinces chantées
Comme le souvenir lié à l’abandon.

La solitude est verte.

Verte comme verveine au parfum jardinier
Comme mousse crépue au bord de la fontaine
Et comme le poisson messager des sirènes,
Verte comme la science au front de l’écolier.

La solitude est verte.

Verte comme la pomme en sa simplicité,
Comme la grenouille, cœur glacé des vacances,
Verte comme tes yeux de désobéissance,
Verte comme l’exil où l’amour m’a jeté.

La solitude est verte.

(Louise de Vilmorin)

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LES BLÉS (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2022



LES BLÉS

Elle chantait
Devant le mur d’une grosse ferme
Des chants de bonne.

C’était un jour de ses vacances,
Demain elle ira à la pêche aux grenouilles,
Tout à l’heure en partant dîner
Elle arrachera des fleurs au sentier,
Mardi on mangera le poulet qui encore
Tout à l’heure se sauvait
Par l’échelle dans le grenier,
Et mercredi s’il ne pleut pas
On ira en carriole
Chez des voisins très riches
Prendre un autre bon repas.

Elle chante de plus en plus belle
Et tricote en avançant parfois ses bras,
Sa vie se trouve dans mon air
Devant le mur d’une ferme.

(Pierre Morhange)

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Il est une grenouille (Pierre Menanteau)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2022




Il est une grenouille
Qui file sa quenouille
Sur le bord d’un étang
Et le fil, quand il mouille,
Glisse plus finement.

Sur le bord d’un étang,
Il est une grenouille
Qui cherche, qui débrouille
Un fil d’or et d’argent.

Parfois, tout en rêvant,
Le doigt tire la houle
De l’averse et du vent
Qui vont se dévidant,

Mais vite il se reprend,
Et soutenu d’un chant
Qui sans fin se déroule,
Il coupe à la quenouille
Le fil du mauvais temps.

(Pierre Menanteau)

 

 

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Passé, présent, futur (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2022




    
Passé, présent, futur

Je fus. Mais ce que je fus je ne m’en souviens déjà plus :
Mille couches de poussière masquent, voiles,
Ces quarante visages inégaux,
Si marqués par le temps et les mascarets.

Je suis. Mais ce que je suis est si peu :
Grenouille échappée de la mare, qui a sauté,
Et lors du saut qu’elle fit, aussi haut qu’elle pouvait,
L’air d’un autre monde l’a fait éclater.

Il manque de voir, si cela manque, ce que je serai :
Un visage recomposé avant la fin,
Un chant de batracien, même rauque,
Une vie qui court comme ci comme ça.

***

Passado, presente, futuro

Eu fui. Mas o que fui já me não lembra:
Mil camadas de pó disfarçam, véus,
Estes quarenta rostos desiguais,
Tão marcados de tempo e macaréus.

Eu sou. Mas o que sou tão pouco é:
Rã fugida do charco, que saltou,
E no salto que deu, quanto podia,
O ar dum outro mundo a rebentou.

Falta ver, se é que falta, o que serei:
Um rosto recomposto antes do fim,
Um canto de batráquio, mesmo rouco,
Urna vida que corra assim-assim.

(José Saramago)

 

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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CLAIR DE LUNE (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2020




    
CLAIR DE LUNE

La lune bleuit le jardin et, dans l’ombre, Zeineh rêve.
Elle est accroupie tout au bord du ruisseau limpide,
un jasmin aux lèvres, l’âme resplendissante d’amour.
Chaque battement de son cœur scande le nom du bien-aimé
et la chanson de l’eau le lui répète.
Zeineh sourit ; la fleur de jasmin palpite.
L’heure s’écoule. Le jardin bleuit davantage.
La lune a quitté le palmier dentelé et glisse derrière la colline ;
un rossignol prélude ; ses notes énamourées s’égrènent une à une dans la nuit écouteuse.
Zeineh lève le visage et rit.
Mais la fleur de jasmin s’est échappée de ses lèvres.
Elle est recueillie par le ruisseau où ne se mire plus la lune.
Zeineh tressaille. Son regard cherche les pétales tombés au fil du courant.
Mais le courant a emporté la fleur de jasmin et, là-bas,
la grenouille mélancolique semble pleurer une joie évanouie.
La fleur de jasmin est loin ; elle parfume l’eau fuyante.
Dans le cœur de Zeineh plus rien, que le souvenir du parfum.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

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La Grenouille et le Bœuf (Isaac de Benserade)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration: Marc Chagall
    
La Grenouille et le Bœuf.

La grenouille superbe, en vain tâche de s’enfler
Pour atteindre la taille d’un bœuf. Elle n’y peut aller ;
Mais en simple grenouille au marais élevée,
N’est dans son espèce qu’une grenouille crevée.

Le marquis fait le duc, le duc fait le prince ;
Chacun s’enfle, et enfin chacun devient si mince,
Qu’ainsi que la grenouille, il crève avec éclat.
On se perd à vouloir sortir de son état.

(Isaac de Benserade)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Un bond soudain (Sôkan de Yamazaki)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2020



    

Un bond soudain
et puis elle se rasseoit
la grenouille

(Sôkan de Yamazaki)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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À tant crier (Rakugo)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2020




    
À tant crier
elles n’entendent la cloche du soir
ces grenouilles

(Rakugo)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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