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Étreindre le lieu lent (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Étreindre le lieu lent
Lampe
Parmi les lampes
Que d’autres n’ont pas vu

Cri d’homme
En forêt claire
Feuillages amplifiés

L’épars
De nos présences
Qu’un lointain unifie

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre
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Quand la porte se souvient (Hamid Tibouchi)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



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Quand la porte se souvient

Quand le porte se souvient,
Quand la table se souvient,
Quand la chaise, l’armoire, le buffet, la fenêtre se souviennent
Quand ils se souviennent intensément
De leurs racines, de leur sèves, de leurs feuilles
De leurs branches,
De tout ce qui les habitait,
Des nids et des chansons
Des écureuils et des singes
De la neige et du vent
Un frisson traverse la maison
Qui redevient forêt.

(Hamid Tibouchi)

 Illustration

 

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La vie descend (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018




    
La vie descend

Fraicheur dans l’étendue où sont les sources noires
Peu à peu on pénètre une infidélité

La vie descend
On peut marcher
Des mains saluent l’apparence du soir

Le chemin s’ouvre aux verdures rêvées
Des vieillesses d’oiseaux s’élancent
En sommeillant

Tout tarde, aux pentes réelles
Et vois tout se maintient dans le temps constellé

Là-bas, là-bas sont les jardins de feuilles
Les pierres sous l’eau mûre, là-bas sont les oiseaux
Et d’autres meurent de faim auprès des mains fertiles

La vie descend, on peut marcher
Le pas éclaire
L’immense peur d’être soi dans le temps

Des portails d’acier sont nos deux mains d’amande

Et vois comme il fallait tout l’amour des forêts
Pour adopter les yeux de l’invisible.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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LE SOLEIL (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

LE SOLEIL

Jour après jour le soleil jaune arrive sur la colline.
Belle est la forêt, le sombre animal,
L’homme ; chasseur ou berger.

Rougeoyant le poisson remonte dans l’étang vert.
Sous le ciel rond
Le pêcheur va doucement dans la barque bleue.

Lentement mûrissent le raisin, le blé.
Lorsque le jour calmement s’incline,
Tout prêt se tient un bien et mal.

Quand vient la nuit,
Le voyageur lève doucement les lourdes paupières ;
Du soleil perce dans un ravin obscur.

***

DIE SONNE

Täglich kommt die gelbe Sonne über den Hügel.
Schön ist der Wald, das dunkle Tier,
Der Mensch ; Jäger oder Hirt.

Rötlich steigt im grünen Weiher der Fisch.
Unter dem runden Himmel
Fährt der Fischer leise im blauen Kahn.

Langsam reift die Traube, das Korn.
Wenn sich stille der Tag neigt,
Ist ein Gutes und Böses bereitet.

Wenn es Nacht wird,
Hebt der Wanderer leise die schweren Lider ;
Sonne aus finsterer Schlucht bricht.

(Georg Trakl)

Illustration: Carlo Carra

 

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AU JEUNE ELIS (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

AU JEUNE ELIS

Elis, quand dans la profonde forêt le merle appelle,
C’est que tu sombres.
Tes lèvres boivent la fraîcheur de l’eau bleue des roches.

Laisse, quand saigne ton front,
Les très vieilles légendes
Et le sens obscur du vol de l’oiseau.

Toi cependant tu vas à pas doux dans la nuit
Tendue de grappes empourprées
Et tes bras dans le bleu ont des gestes plus beaux.

Tinte un buisson d’épines
Où sont tes yeux de lune.
Comme il y a longtemps, Elis, que tu es mort.

Ton corps est devenu jacinthe,
Un moine y plonge ses doigts de cire.
Notre silence est un trou noir

D’où sort de temps en temps une bête très douce
Qui laisse lourdement retomber ses paupières.
Sur tes tempes tombe une rosée noire,

Le dernier or d’étoiles abîmées.

***

AN DEN KNABEN ELIS

Elis, wenn die Amsel im schwarzen Wald ruft,
Dieses ist dein Untergang.
Deine Lippen trinken die Kühle des blauen
Felsenquells.

Lass, wenn deine Stirne leise blutet
Uralte Legenden
Und dunkle Deutung des Vogelflugs.

Du aber gehst mit weichen Schritten in die Nacht,
Die voll purpurner Trauben hängt,
Und du regst die Arme schöner im Blau.

Ein Dornenbusch tönt,
Wo deine mondenen Augen sind.
O, wie lange bist, Elis, du verstorben.

Dein Leib ist eine Hyazinthe,
In die ein Mönch die wächsernen Finger taucht.
Eine schwarze Höhle ist unser Schweigen,

Daraus bisweilen ein sanftes Tier tritt
Und langsam die schweren Lider senkt.
Auf deine Schläfen tropft schwarzer Tau,

Das letzte Gold verfallener Sterne.

(Georg Trakl)

Illustration

 

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ELIS (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

ELIS

1

Accompli le calme de ce jour doré.
Sous de vieux chênes
Tu apparais, Elis, un gisant avec des yeux ronds.

Leur bleu transmet le sommeil des amants.
Sur ta bouche
Se sont éteints leurs soupirs couleur de rose.

Le soir le pêcheur retire les lourds filets.
Un bon pâtre –
Conduit son troupeau à l’orée de la forêt.
O ! Comme tous tes jours, Elis, sont justes.

Lentement descend
Contre des murs froids le calme bleu de l’olivier,
Meurt le sombre chant d’un vieillard.

Une barque dorée,
Berce, Elis, ton coeur sur le ciel solitaire.

2

Un doux jeu de cloches tinte dans la poitrine d’Elis,
Le soir,
Alors que sa tête s’enfonce dans le noir coussin.

Un gibier bleu
Saigne lentement dans le hallier d’épines.

Un arbre brun est là, debout, séparé ;
De lui sont tombés ses fruits bleus.

Les signes, les étoiles
Sombrent lentement dans l’étang.

Derrière la colline l’hiver est venu.

La nuit, des pigeons bleus
Boivent la sueur glacée
Qui coule du front de cristal d’Elis.

Toujours tinte
Contre des murs noirs le vent solitaire de Dieu.

***

ELIS

I

Vollkommen ist die Stille dieses goldenen Tags.
Unter alten Eichen
Erscheinst du, Elis, ein Ruhender mit runden Augen.

Ihre Bläue spiegelt den Schlummer der Liebenden.
An deinem Mund
Verstummten ihre rosigen Seufzer.

Am Abend zog der Fischer die schweren Netze ein.
Ein guter Hirt
Führt seine Herde am Waldsaum hin.
O ! wie gerecht sind, Elis, aile deine Tage.

Leise sinkt
An kühlen Mauern des Ölbaums blaue Stille,
Erstirbt eines Greisen dunkler Gesang.

Ein goldener Kahn
Schaukelt, Elis, dein Herz am einsamen Himmel.

2

Ein sanftes Glockenspiel teint in Elis’ Brust
Am Abend,
Da sein Haupt ins schwarze Kissen sinkt.

Ein blaues Wild
Blutet leise im Dornengestrüpp.

Ein brauner Baum steht abgeschieden da ;
Seine blauen Früchte fielen von ihm.

Zeichen und Sterne
Versinken leise im Abendweiher.

Hinter dem Hügel ist es Winter geworden.

Blaue Tauben
Trinken nachts den eisigen Schweiss,
Der von Elis’ kristallener Stirne rinnt.

Immer tönt
An schwarzen Maueren Gottes einsamer Wind.

(Georg Trakl)

Illustration

 

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ÉTÉ (Georg Trakl)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



 

ÉTÉ

Au soir se tait la plainte
Du coucou dans la forêt
Plus bas s’incline l’épi,
Le rouge pavot

Un orage noir menace
Au-dessus de la colline
Le vieux chant du grillon
Meurt dans la campagne

Plus rien n’émeut la frondaison
Du châtaignier.
Sur l’escalier tournant
Frémit ta robe

Calme brille la bougie
Dans la pièce obscure ;
Une main d’argent
L’éteignit ;

Le vent se tait, nuit sans étoiles.

(Georg Trakl)

Illustration: Arnold Böcklin

 

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Sombre forêt (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018




    
Sombre forêt
Loin vont tes arpèges

Violons et guitares
Gardent la voix des ramures

Le souvenir des larmes
Sous l’écorce.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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A quels bruissements (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Aron Wiesenfeld
    
A quels bruissements
Reconnais-tu
L’intime voix
D’un chant venu d’ailleurs
Abîme où se côtoient
La foudre et l’arc-en-ciel
S’y accordent les rêves
Nouveau-nés
Avant de hanter
L’antre des forêts
Ou de dormir
Dans le secret berceau
de nos coeurs.

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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Pins de l’océan (Anne Goyen)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Marc Pfund

    

à Antoine Faivre
Pins de l’océan

Grands vaisseaux charpentés
Pour les vagues du vent
Dans la forêt des mâts
Et des haubans
Vous accueillez
Les fables hauturières

A quels rêves
De long voyage
Nous invite
Votre immobilité ?

Beau peuple terrien
Vous nous accompagnez
Depuis les premiers âges
De vos rumeurs
Et de vos ombres
Est-ce votre amitié
Qui nous enseigne
Contre l’oubli
D’offrir dans la ferveur
De nos paumes levées
Une âme assez rendue
A son mystère ?

(Anne Goyen)

 

Recueil: Arbres, soyez
Traduction:
Editions: Ad Solem

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