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Poésie

Posts Tagged ‘forêt’

L’ARBRE FRAPPE (René Char)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2019



L’ARBRE FRAPPE

I
La foudre spacieuse et le feu du baiser
Charmeront mon tombeau par l’orage dressé.

II
Enlevé par l’oiseau à l’épaisse douleur,
Et laissé aux forêts pour un travail d’amour.

(René Char)

 

 

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PETIT FEU (Jean Mogin)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2019



PETIT FEU

Dans le petit matin, j’allume un petit feu,
Dans le petit matin, mon petit feu de joie,
Avec un brin d’espoir, avec un rien de paille
Un petit peu de feu, un petit feu de peu.

J’allume un feu de bois au fond de ma forêt.
J’allume au plus épais de moi ce peu de joie
Pour rallier de loin mes animaux errants,
Pour rappeler ici mes âmes en errance.

(Jean Mogin)

 

 

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Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2019



 

 

David Hockney  url

Quand le livre où s’endort chaque soir ma pensée,
Quand l’air de la maison, les soucis du foyer,
Quand le bourdonnement de la ville insensée
Où toujours on entend quelque chose crier,

Quand tous ces mille soins de misère ou de fête
Qui remplissent nos jours, cercle aride et borné,
Ont tenu trop longtemps, comme un joug sur ma tête,
Le regard de mon âme à la terre tourné ;

Elle s’échappe enfin, va, marche, et dans la plaine
Prend le même sentier qu’elle prendra demain,
Qui l’égare au hasard et toujours la ramène,
Comme un coursier prudent qui connaît le chemin.

Elle court aux forêts où dans l’ombre indécise
Flottent tant de rayons, de murmures, de voix,
Trouve la rêverie au premier arbre assise,
Et toutes deux s’en vont ensemble dans les bois !

(Victor Hugo)

Illustration: David Hockney

 

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Il composait dans la forêt (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


 

Jeanie Tomanek evening

Il composait dans la forêt son plus beau poème…
les oiseaux l’accompagnaient… et happaient avec avidité les paroles qui sortaient de sa bouche…
Il aimait les oiseaux, il ne les dispersait pas…
Les oiseaux avaient mangé son poème.
Parfois… ils lui récitaient un vers, parfois groupés,
ils imprimaient dans le ciel tout son poème.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

 

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VIEILLE MÉLODIE (Amir Or)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



 

Illustration: Luc Thébault
    
VIEILLE MÉLODIE

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
la vue de ce que nous étions s’est effacée,
elle choit de nos yeux et n’est plus,
accumule un automne de plus sur nos poitrines.

Même la séparation la plus légère est chargée de tristesse :
mais quand deux amants s’en vont, chacun son chemin
le cœur brûle sans se consumer, déraciné mais non sans racines,
le cœur trop lourd à porter.

Même si nous avons partagé l’ombre d’un arbre en chemin,
ces vies à nous ont passé comme des ombres ;
et si sous un coucher de soleil, nous avons partagé du bonheur
notre soleil s’est couché avec lui
dans une mer sombre.

Mais dans l’enveloppe du crépuscule, dans l’apaisement du vent
là, au-delà de la lumière qui noircit,
quand ils auront encerclé l’horizon du ciel,
nos yeux s’ouvriront sous des paupières de brume :

l’esprit souffle encore dans la forêt, l’ombre dans le feuillage,
et dans le paysage du coucher de soleil qui n’en finit pas
nous nous séparons vers un amour infini.

(Amir Or)

 

Recueil: Dédale
Traduction: Isabelle Dotan
Editions: MAËLSTROM

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Un mot m’a échappé (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019



Illustration: René Magritte
    
Un mot m’a échappé
Il a filé comme un serpent
Dans les taillis
De ma mémoire

Perdu parmi les traces
Et les décombres
Du déjà vu

Rivières qui coulent vers le ciel
Vents d’antan
Tonnerre nommé désir

Rues sans lune
Forêts vidées d’oiseaux

Les souvenirs ne sont plus
Ce qu’ils étaient

Pas de quoi pleurer

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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L’infini microcosme (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



    

L’infini microcosme

Nuit et jour infinis dans une effusion du Temps,
Un seul aperçu au milieu,
Une soirée agréable, un courant d’air,
L’ivresse d’union entre obscurité tamisée et lumière :
Juste à son coeur un jasmin simple et minuscule
Un soupçon de parfum avec une goutte de sourire
A peine accessibles ses toutes petites lèvres
Continue à s’épanouir dans la joie
Avant même sa chute dans la joie.
Au fond de cet aperçu l’Infini tout entier
Devient jasmin en lisière d’une forêt.
L’Infini se manifeste au coeur de l’instant.
Au passage du temps se détache la fleur,
L’Infini rentre en lui-même.

***

Infinity, Miniscule

Infinite day and night in an effusion of Time,
Only one glimpse in its midst,
A lovely evening, a breeze,
The drunkenness of union between soft darkness and light:
Right at its core merely a tiny jasmine,
A shade of perfume with a drop of smile
Hardly approachable its tiny lips
Keeps on blossoming out of its joy
Before it falls even out of its joy.
Entire Infinity within that glimpse
Becomes a jasmine by the side of a forest.
Infinity manifests at the heart of the moment.
With the passing of the moment falls the flower,
Infinity returns within itself.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Marines (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



Marines

1

Sirène énigmatique
Et égérie des marins
Tu tiens tout un port dans ta main
Avec tous les navires
Voiles et cheminées
En instance de départ
Amarres bientôt larguées.
Tu refermes la main sur la rade
Et la mer s’éloigne
En agitant le ciel
Tandis que les oiseaux donnent des coups de bec
A la brise du large.
Une ombre de paix se déploie sur la muraille.
Sirène énigmatique
Et égérie des marins
La vague déjà froide te flatte le bas du corps
Tu la chevauches et elle t’enlace
Tu redeviens la fille de l’écume.

2

Beauté délicate
Sous la lumière de la lampe
Et près d’un feu généreux
Tu écoutes l’ombre s’avancer
Et tu finis par la toucher.

Dans le luxe du printemps
Où le jour limpide
Eclaire un horizon de moissons.
Un sang juvénile coule en toi
Et ton regard s’imprègne
Tantôt du vert du feuillage
Tantôt du bleu de la mer
Quand tu foules le sable ravi
Où sautillent de joyeuses vagues
Ou que tu traverses une forêt

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Herbert James Draper

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Si tu ne parles pas (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019




    
Si tu ne parles pas, certes j’endurerai ton silence;
j’en emplirai mon coeur.
J’attendrai tranquille, la tête bas penchée,
et pareil à la nuit durant sa vigile étoilée.

Le matin sûrement va venir;
la ténèbre céder, et ta voix va s’épandre en jaillissements d’or ruisselant à travers le ciel.
Tes paroles alors s’essoreront en chansons de chacun de mes nids d’oiseaux
et tes mélodies éclateront en fleurs sur toutes les charmilles de mes forêts.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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LE CHEVALIER À L’ARMURE ÉTINCELANTE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019



Illustration: Jérôme Royer
    
LE CHEVALIER À L’ARMURE ÉTINCELANTE

Vieil homme vieil homme
arbre à la dure écorce
de quels bourgeons es-tu capable encore ?

Est-ce que soudain tu recommences ?
Est-ce bien toi qui regardes qui entends?
Où vas-tu, mon chemin ?
Je ne te voyais plus dans la forêt
Un éclair, mille éclairs
percent l’ombre et m’illuminent

Qui a vécu vivra
Un reflet perdu
Une voix chante et s’éloigne

Pour un rayon pour un regard pour un visage
j’adore ton retour sans fin
O vie interrompue
toujours reprise

De ce torrent source cachée
je détourne le cours
jusqu’à l’infinitude
au-delà de la mort.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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