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Poésie

Posts Tagged ‘forêt’

Le corps de ta Conscience (Shankara)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2023




    
Le corps de ta Conscience
est un trait de lumière
fait du soleil, de la lune et du feu,
au-delà des six lotus du corps,
dans la forêt au millier de pétales,

les grands esprits qui le perçoivent,
avec une pensée
vide de toute forme,
font naître en eux un océan
de béatitude insondable.

(Shankara) (VIIIe siècle)

Recueil: Un feu au coeur du vent Trésor de la poésie indienne Des Védas au XXIème siècle
Traduction:
Editions: Gallimard

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JE CHASSE LE MOT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2023



Illustration: Wordart Nuages de Mots
    
JE CHASSE LE MOT

Je chasse le mot
Qui me déplaît
Je le débusque
Et le refoule
Je l’éconduis
Je l’expulse
Je l’exile
Je le déporte
En un mot
Je le bannis

Je cherche en vain
Le mot qui fuit
Sans nom
Sans vie Invisible
Est-il tout près
Dans un buisson ?

Est-il tout loin
Ce mot invincible
Sommeillant
Dans une forêt indicible ?

(Andrée Chedid)

 

Recueil: L’Étoffe de l’univers
Traduction:
Editions: Flammarion

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Un mégot de cigarette (Richard Brautigan)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2023




    
Un mégot de cigarette

Un mégot de cigarette n’a rien de
joli.
Ce n’est pas comme les arbres imposants,
les prairies vertes ou les fleurs
de la forêt.
Ce n’est pas comme un faon délicat, un
oiseau chanteur ou un lapin
bondissant.
Mais tout cela a disparu maintenant,
Et, à la place de la fôret, se trouve
Un monde noirci d’arbres calcinés
et de chair pourrissante —
Les restes d’un autre feu de
forêt
Un mégot de cigarette n’a rien de
joli.

***

A Cigarette Butt

A cigarette butt is not a pretty
thing.
It is not like the towering trees,
the green meadows, or the for
est flowers.
It is not like a gentle fawn, a
singing bird, or a hopping
rabbit.
But these are all gone now,
And in the forest’s place is a
Blackened world of charred trees
and rotting flesh —
The remnants of another forrest
fire
A cigarette butt is not a pretty
thing.

(Richard Brautigan)

 

Recueil: C’est tout ce que j’ai à déclarer Oeuvres poétiques complètes
Traduction: Thierry Beauchamp, Frédéric Lasaygues et Nicolas Richard
Editions: Le Castor Astral

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Bonne année (Rosemonde Gérard)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2022



Bonne année à toutes les choses,
Au monde, à la mer, aux forêts.
Bonne année à toutes les roses
Que l’hiver prépare en secret.

Bonne année à tous ceux qui m’aiment
Et qui m’entendent ici-bas.
Et bonne année quand même
À tous ceux qui ne m’aiment pas.

(Rosemonde Gérard)

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POUR VIVRE ICI (Paul Éluard)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2022




POUR VIVRE ICI

I

Je fis un feu, l’azur m’ayant abandonné,
Un feu pour être son ami,
Un feu pour m’introduire dans la nuit d’hiver,
Un feu pour vivre mieux.

Je lui donnai ce que le jour m’avait donné :
Les forêts, les buissons, les champs de blé, les vignes,
Les nids et leurs oiseaux, les maisons et leurs clés,
Les insectes, les fleurs, les fourrures, les fêtes.

Je vécus au seul bruit des flammes crépitantes,
Au seul parfum de leur chaleur;
J’étais comme un bateau coulant dans l’eau fermée,
Comme un mort je n’avais qu’un unique élément.

II

Le mur de la fenêtre saigne
La nuit ne quitte plus ma chambre
Mes yeux pourraient voir dans le noir
S’ils ne se heurtaient à des ruines

Le seul espace libre est au fond de mon coeur
Est-ce l’espace intime de la mort
Ou celui de ma fuite

Une aile retirée blessée l’a parcouru
Par ma faiblesse tout entier il est cerné
Durerai-je prendrai-je l’aube
Je n’ai à perdre qu’un seul jour
Pour ne plus même voir la nuit

La nuit ne s’ouvre que sur moi
Je suis le rivage et la clé
De la vie incertaine.

III

La lune enfouie les coqs grattent leur crête
Une goutte de feu se pose sur l’eau froide
Et chante le dernier cantique de la brume

Pour mieux voir la terre
Deux arbres de feu emplissent mes yeux

Les dernières larmes dispersées
Deux arbres de feu me rendent la vie

Deux arbres nus
Nu le cri que je pousse
Terre

Terre vivante dans mon coeur
Toute distance conjurée
Le nouveau rythme de moi-même
perpétuel

Froid plein d’ardeur froid plein d’étoiles
Et l’automne éphémère et le froid consumé
Le printemps dévoué premier reflet du temps
L’été de grâce par le coeur héros sans ombres

Je suis sur terre et tout s’accommode du feu.

IV

Autour des mains la perfection
Mains pâles à déchirer le sang
Jusqu’à ce que le sang s’émousse
Et murmure un air idéal

Autour de tes mains la nature
Compose ses charmes égaux
À ta fenêtre
Aucun autre paysage
Que le matin toujours

Toujours le jour au torse de vainqueur

La jeunesse comblant la chair

En caressant un peu la terre
Terre et trésor sont mêlés
En écartant quelques brins d’herbe
Tes mains découvrent le soleil
Et lui font de nouveaux berceaux.

V

Aucun homme n’est invisible
Aucun homme n’est plus oublié en lui-même
Aucune ombre n’est transparente

Je vois des hommes là où il n’y a que moi
Mes soucis sont brisés par des rires légers
J’entends des mots très doux croiser ma voix sérieuse
Mes yeux soutiennent un réseau de regards purs

Nous passons la montagne et la mer difficiles
Les arbres fous s’opposent à ma main jurée
Les animaux errants m’offrent leur vie en miettes
Qu’importe mon image s’est multipliée
Qu’importe la nature et ses miroirs voilés
Qu’importe le ciel vide je ne suis pas seul.

(Paul Éluard)

Illustration

 

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Noël (Jean-Louis Vanham)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2022



Les-3-sapins

Noël

Trois petits sapins
Se donnaient la main
Car c’était Noël
De la terre au ciel.

Prirent le chemin
Menant au village
Jusqu’à l’étalage
D’un grand magasin.

Là, ils se couvrirent
De tout ce qui brille:
Boules et bougies,
Guirlandes pour luire,

Et s’en retournèrent
La main dans la main
Par le beau chemin
De l’étoile claire

Jusqu’à la forêt
Où minuit sonnait,
Car c’était Noël
De la terre au ciel.

(Jean-Louis Vanham)

 

 

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Écoute bien, ma sœur d’ici (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2022



Écoute bien, ma sœur d’ici.
C’était la vieille chambre bleue
De la maison de mon enfance.
J’étais né là.
C’est là aussi
Que m’apparut jadis, dans le recueillement de la vigile,
Mon premier arbre de Noël, cet arbre mort devenu ange
Qui sort de la profonde et amère forêt,
Qui sort tout allumé des vieilles profondeurs
De la forêt glacée et chemine tout seul,
Roi des marais neigeux, avec ses feux follets
Repentis et sanctifiés, dans la belle campagne silencieuse et blanche :
Et voici les fenêtres d’or de la maison de l’enfant sage.

Vieux, très vieux jours ! si beaux, si purs ! c’était la même chambre
Mais froide pour toujours, mais muette, mais grise.
Elle semblait avoir à jamais oublié
Le feu et le grillon des anciennes veillées.

Il n’y avait plus de parents, plus d’amis, plus de serviteurs !
Il n’y avait que la vieillesse, le silence et la lampe.

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

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Si j’étais cantate de Jean-Sébastien Bach (Tahar Bekri)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2022




    
Si j’étais cantate de Jean-Sébastien Bach
Dans la forêt aux mille chênes
Pierre de chapelle
Sans calvaire
Près de la source
Où les hortensias
Ont remplacé les lavandières
Où tes pas
Caressaient les néfliers sauvages
Par les chemins ombreux
Bordés de mûriers et de fougères
Je sèmerais ton nom
Fleur de sel
Perle des jours
Parmi les embruns nourris
Des ailes du goéland

(Tahar Bekri)

 

Recueil: Je te nomme Tunisie
Editions: Al Manar

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Lire (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022



Les mots traversent l’éther de la page.
A peine veut-on les saisir, entre deux doigts de fée,
qu’ils meurent et renaissent plus loin :
comme à ce jeu, vous en souvenez-vous,
où il est question d’un bois,
et où demande est faite au loup de signaler sa présence.
Semblablement, le lecteur y est lorsque l’auteur n’y est plus,
tous deux se cherchant en vain dans la forêt de Langue d’Or.

Lire.
Déplier l’échelle qui est dans l’âme,
dont les degrés se perdent de vue,
vers le haut comme vers le bas.

(Christian Bobin)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration

 

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Légèreté de l’oiseau (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Légèreté de l’oiseau
qui n’a pas besoin pour chanter
de posséder la forêt,
pas même un seul arbre.

(Christian Bobin)

Illustration

 

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