Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘forêt’

VIENS (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017



Illustration: Gustav Klimt
    
Rythme dans la Forêt

VIENS, nous irons vers la Nature,
Les abîmes et les forêts
Dont se crispe la chevelure,
Et vers l’automne aux longs regrets.

L’ombre, qui voit les lourdes fièvres
Se ralentir et s’apaiser,
Me verra boire sur tes lèvres
Le soupir profond du baiser.

Pour mes voluptés de poète,
J’amalgamerai les couleurs,
Je tresserai les chants de fête
Et je ferai jaillir les fleurs.

(Paule Riversdale)

 

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Nacre sur fond d’or (Paule Riversdale)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
Nacre sur fond d’or

La forêt s’attendrit à l’écho de ta voix ;
Les lucioles d’or aiguisent leurs lumières ;
Je ceins d’iris ton front de vierge, et je revois
Le frisson blanc de tes paupières.

Mon coeur a réfléchi ton coeur pervers et pur :
Je cueillerai pour toi les roses des allées
Où le couchant s’attarde, ivre d’antique azur
Et de poussières étoilées.

La nacre mêle à l’or ses reflets irisés.
Au loin l’âcre sanglot de la mer s’atténue
Et, sous l’acharnement tiède de mes baisers,
Jaillit la fleur de ta chair nue.

(Paule Riversdale)

 

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Arbres dans la nuit (Brigitte Level)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2017




    
Arbres dans la nuit

Les grands arbres de la forêt
Semblent s’animer dans la nuit,
Et nous, tout seuls sur le sentier,
Nous frémissons au moindre bruit.

Comme d’énormes bras, les branches
Ont l’air de vouloir nous saisir :
Sur le sentier le vent les penche,
Et nous ne savons comment fuir.

Menaçantes, terrifiantes,
Les voilà qui vont nous frôler !
Horrible pieuvre !… L’épouvante
Nous paralyse tout glacés !

Soudain, bonheur ! Un oiseau chante
Et son chant clair nous rend la paix.
Non la forêt n’est pas méchante :
L’oiseau le dit, l’oiseau le sait.

(Brigitte Level)

 

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Hallucination (Maurice Federman)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



Hallucination

La forêt m’apporta les reflets
des images égarées et lointaines…
Son silence m’enveloppa
Comme le regard de tes yeux
Et je rêvais aux nuits chaudes et inquiètes…

Leurs images se confondent…
Etendant leurs ombres fragiles
Sur les montagnes et disparaissent…
Je ne vois plus que ton corps
qui m’étreint de sa chaleur…
Et des flèches de sang
tachent l’eau cristalline
de la rivière de ma jeunesse…

Un éclat de rire retentit
L’éclair bleuit tes dents blanches
Je vois sombrer l’espace…

(Maurice Federman)

Découvert ici chez Lecture/Ecriture

Illustration: Carolus-Duran

 

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CRÉPUSCULE (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



CRÉPUSCULE

Du sommet de la colline, je regardais le lac tempétueux
qui secouait une barque, image de notre destinée.
Elle disparut bientôt dans la brume.

De l’autre côté du ciel, le soleil, à son déclin, rougeoyait,
n’éclairant plus que les cimes des montagnes.
Des pans d’ombre s’abattaient sur la plaine.
Les îles du lac ressemblaient à des perles noires enchâssées dans une immense améthyste.
Au delà du fleuve, la forêt, imbibée de nuit,
était une longue chevelure que dominait,
comme un peigne d’argent, le croissant de la lune.

J’ai pris mon luth,
et j’ai chanté jusqu’à l’heure où se fanent les bouquets des constellations.

(La Flûte de Jade)

 

 

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Ô CHAMPS plein de silence (Théodore de Banville)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



Alexandre Pavlenko  1974 - Ukrainian Pointillist painter (54) [1280x768]

 

Ô CHAMPS plein de silence,
Où mon heureuse enfance
Avait des jours encor
Tout filés d’or!

Ô ma vieille Font-Georges,
Vers qui les rouges-gorges
Et le doux rossignol
Prenaient leur vol!

Maison blanche où la vigne
Tordait en longue ligne
Son feuillage qui boit
Les pleurs du toit!

Ô claire source froide,
Qu’ombrageait, vieux et roide,
Un noyer vigoureux
A moitié creux!

Sources! fraîches fontaines!
Qui, douces à mes peines
Frémissiez autrefois
Rien qu’à ma voix!

Bassin où les laveuses
Chantaient insoucieuses
En battant sur leur banc
Le linge blanc!

Ô sorbier centenaire,
Dont trois coups de tonnerre
Avaient laissé tout nu
Le front chenu!

Tonnelles et coudrettes,
Verdoyantes retraites
De peupliers mouvants
A tous les vents!

Ô vignes purpurines,
Dont, le long des collines,
Les ceps accumulés
Ployaient gonflés;

Où, l’automne venue,
La vendange mi-nue
A l’entour du pressoir
Dansait le soir!

Ô buissons d’églantines,
Jetant dans les ravines,
Comme un chêne le gland,
Leur fruit sanglant!

Murmurante oseraie,
Où le ramier s’effraie,
Saule au feuillage bleu,
Lointains en feu!

Rameaux lourds de cerises!
Moissonneuses surprises
A mi-jambe dans l’eau
Du clair ruisseau!

Antres, chemins, fontaines,
Âcres parfums et plaines,
Ombrages et rochers
Souvent cherchés!

Ruisseaux! forêts! silence!
Ô mes amours d’enfance!
Mon âme, sans témoins,
Vous aime moins

Que ce jardin morose
Sans verdure et sans rose
Et ces sombres massifs
D’antiques ifs,

Et ce chemin de sable,
Où j’eus l’heur ineffable,
Pour la première fois,
D’ouï sa voix!

Où rêveuse, l’amie
Doucement obéie,
S’appuyant à mon bras,
Parlait tout bas,

Pensive et recueillie,
Et d’une fleur cueillie
Brisant le cœur discret
D’un doigt distrait,

A l’heure où les étoiles
Frissonnant sous leurs voiles
Brodent le ciel changeant
De fleurs d’argent.

(Théodore de Banville)

Illustration: Alexandre Pavlenko

 

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Sans toi (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Sans toi

Sans toi je suis la source sans eau
sans toi je suis la forêt sans vie
sans toi je suis la mort sans couteau
sans toi je suis l’amant sans amie.

(Armand Lanoux)

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Forêt d’Eu (Jean Rivet)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Forêt d’Eu

Quand, dans le plein hiver,
le petit garçon prenait le chemin de la forêt,
il entendait les hêtres gémir
et le vent du Nord raconter
l’histoire des villages traversés.
Mais il n’oubliait pas pour autant que,
dans le passé, il y avait vu
le vol d’automne des pigeons ramiers,
le chevreuil fuyant,
le lièvre effrayé,
le lapin effronté,
le renard se couler dans le taillis,
la buse tourner,
le coucou passer,
le pic tambouriner.
Et le petit garçon poursuivait son chemin,
car la véritable aventure
ne commençait que dans les rangs serrés des sapins où,
même dans le grand été,
le jour ne parvenait jamais.

(Jean Rivet)


Illustration

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Mais j’ai oublié … (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



Alexander Nedzvetskaya  6 [800x600]

Mais j’ai oublié que tes mains ont contenté
la racine, arrosant le buisson et ses roses,
jusqu’à faire fleurir l’empreinte de tes doigts
sur la paix de la nature en sa plénitude.
Comme tes bêtes préférées la houe et l’eau
t’accompagnent, et mordent et lèchent la terre,
et c’est ainsi qu’en travaillant il naît de toi
le frais oeillet fougueux dans sa fécondité.
Je réclame et l’hommage et l’amour des abeilles
pour tes mains confondant leur souche diaphane
dans la terre, s’ouvrant pour féconder mon coeur,
de sorte que je suis une pierre brûlée
qui soudain avec toi chante : elle a reçu
l’eau des forêts, et c’est ta voix qui l’apporta.

***

Pero olvidé que tus manos satisfacían
las raíces, regando rosas enmarañadas,
hasta que florecieron tus huellas digitales
en la plenaria paz de la naturaleza.
El azadón y el agua como animales tuyos
te acompañan, mordiendo y lamiendo la tierra,
y es así como, trabajando, desprendes
fecundidad, fogosa frescura de claveles.
Amor y honor de abejas pido para tus manos
que en la tierra confunden su estirpe transparente,
y hasta en mi corazón abren su agricultura,
de tal modo que soy como piedra quemada
que de pronto, contigo, canta, porque recibe
el agua de los bosques por tu voz conducida.

(Pablo Neruda)

Illustration: Alexander Nedzvetskaya 

 

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L’ÉCHO (Théodore Botrel)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



L’ÉCHO

Rôdant, triste et solitaire,
Dans la forêt du mystère,
J’ai crié, le coeur très las :
La vie est triste ici-bas !
… L’écho m’a répondu : Bah !

Écho, la vie est méchante !
Et, d’une voix si touchante
L’écho m’a répondu : Chante !

Écho, écho des grands bois,
Lourde, trop lourde est ma croix ! »
L’écho m’a répondu : « Crois ! »

« La Haine en moi va germer :
Dois-je rire ? ou blasphémer ? »
Et l’écho m’a dit : « Aimer ! »

Comme l’écho des grands bois
Me conseilla de le faire :
J’aime, je chante et je crois…
… Et je suis heureux sur terre !

(Théodore Botrel)

 

 

 

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