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Poésie

Posts Tagged ‘forêt’

Elle a cet âge (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Illustration: Félix Vallotton
    
Elle a cet âge où l’on court devant soi, très droit,
très vite, en agitant les bras. elle se livre sans réserve
à chaque pas, à chaque pas elle retrouve l’équilibre.

Plus tard elle ira en forêt comme sous les étoiles,
mais sera-t-elle aussi farouche. émerveillée,
qu’à la lisière entre les dalles de ciment et la prairie
où elle s’arrête, où elle s’incline ? elle découvre l’herbe.

Nous qui n’étions que l’ombre derrière elle,
elle nous apparaît ruisselante de souffles
quand elle se retourne, et nous l’embrassons sur les joues.

(Pierre Dhainaut)

 

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Comme en forêt (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Comme en forêt le long des routes, nous allons
d’arbre en arbre, nous avons l’âge des rameaux
où se plaisent les fruits, le givre,
qui ne s’alarment pas de ce qu’ils durent,
l’humus et l’air, ensemble ils les célèbrent,
à l’ombre, l’accueil nous enracine

(Pierre Dhainaut)

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IL Y A …(Dominique Joye)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



 

Regard

IL Y A …

Il y a la forêt de roses, certains soirs dans l’extase
Où des orages de soleils coulent à la source de tes yeux.

Il y a les saisons de couleurs, des nuits de ton amour
Comme une étrange liberté à l’ivresse du temps perdu.

Il y a les papillons de lumière qui volent dans nos têtes
Pour oublier l’araignée de la faim endormie dans la raison du sommeil.

Il y a la perte des étoiles dans le froissement du vent
Et ta bouche sur la mienne qui donne l’énergie aux ténèbres.

Il y a la beauté de l’horizon dans la courbure des blés,
Comme la volupté de l’eau des désirs de mon corps.

Il y a la griffe du sang sur l’étendue de la mer
Où la main de notre espace cueille l’orchidée du matin.

Il y a la neige des vagues qui gonfle la voilure de l’ombre
Jusqu’à l’absence d’un regard dans la retenue des astres.

Il y a l’azur de la pluie bu par le pourpre des jasmins
Dans les champs de nénuphars où s’envolent des hirondelles.

Il y a l’étreinte de la souffrance, l’échange d’un sourire
Et le besoin de tes yeux jusqu’à la folie de vivre.

(Dominique Joye)

 

 

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QUE FERAY-JE? (Jean Boyer)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



 


    
QUE FERAY-JE?

Que feray-je ? Que diray-je ?
De quel costé tourneray-je,
Mes plus douloureux accents ?
A vous rochers et montagnes,
A vous forests et campagnes,
Qui m’estes icy présens.

Quoy ? pourray-je bien me plaindre,
Et vous dire sans rien craindre
Mes plus cuisantes douleurs ?
Le tourment qui trop m’afflige
A vous déclarer m’oblige
Le sujét de mes malheurs.

Oseray-je bien le dire
La cause de mon martire
Aux driades de ces bois ?
O ! passions non pareilles !
Les forests n’ont point d’oreilles
Pour ouï ma triste voix.

Je ferey donc pénitence,
Dans l’effroyable silence
Des plus solitaires lieux,
A toujours mourir et vivre :
Car c’est mourir que survivre
A la perte de son mieux.

***

What shall I do? What shall I say?
Where shall I turn,
My most painful tones?
To you, rocks and mountains,
To you, forests and countryside,
That are present here for me.

What? Might I really complain
And tell you without any fear
My most smarting pains?
The torment that afflicts me too greatly
Obliges me to declare to you
The subject of my ordeals.

Might I dare utter
The cause of my martyrdom
To the dryads of these woods?
O! matchless passions!
The forests have no ears
To hear my sad voice.

So I shall repent,
In the frightful silence
Of the most solitary places,
To ever die and live:
For to survive is to die
To the loss of his best.

***

Was werd‘ ich tun? Was werd‘ ich sagen?
In welche Richtung wende ich
Mein schmerzlichstes Fragen?
Euch ruf‘ ich‘s zu, ihr Felsen und Gebirge,
Ihr Wälder und Wiesen,
Die ihr hier liegt vor mir.

Wie? Könnt ich wohl hier klagen
Und euch ohn‘ Ängste sagen
Mein‘ allerschmerzlichste Pein?
Die Unruh‘, die mich zu sehr quält,
Euch zu erklär‘n mich pflichtet
Den Inhalt meines Unglücks.

Sollt‘ ich es denn wohl wagen,
Den Grund mein‘s Leid‘s zu sagen
Den Dryaden dieses Hains?
Oh, Leiden ohnegleichen,
Die Wälder können gar nicht lauschen,
Zu hören mein‘ traur‘ge Stimm‘.

Ich werde also büßen,
In der furchtbaren Stille
Der einsamsten Ort‘ alldort.
Ich werde immer sterben und auch leben,
Denn es heißt sterben, wenn man muss überleben
Sein Liebstes, das man verlor.

(Jean Boyer)

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Au midi des contradictions (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017




Au midi des contradictions

Il n’y a pas de vague plus fatale que la mer ;
pas d’arbre plus illustre que la forêt.

Ni du limon, ni de l’étoile ;
nous tenons de l’un et l’autre à la fois.
Les contraires embroussaillent nos chemins ;
notre avance se réalise à la lente cadence du choix.

Le souffle court, nous ne marchons que par étapes ;
le regard impatient, nous ne savons pas séjourner.
Avancer, reprendre joie, défier l’obstacle,
peut-être le vaincre, puis aller de nouveau : tels sont nos possibles.
Aimons les rayons d’un soleil menacé ;
qu’il nous soit cher l’étang qui retient sa part de ciel.

Incertains de nos sources, qu’aurons-nous à livrer à la nuit ?
Peut-être ces lueurs qui dénoncèrent l’opaque, peut-être
la trace bleue d’un bonheur qui fuit.

«L’amour est toute la vie », Il est vain de prétendre
qu’il y a d’autres équilibres.
Le dénué d’amour trace partout des cercles dont le centre n’est pas.

Ceux qui s’aiment dénouent, en leur saison privilégiée,
toutes les amarres.
Étrange et doux espace.
S’entremêlant, les fleuves chantent déjà la mer.

Le coeur se rit de l’absurde.
Sa vérité est au midi des contradictions.

Regarder, écouter, c’est un peu la même chose :
une attention passionnée à la transparence de l’ami.

(Andrée Chedid)


Illustration: Sylvie Lohmann   » Pensées Contradictoires »

 

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JARDIN PERDU (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



JARDIN PERDU

Ce jardin donnait sur la mer
Gorge d’oeillet
Il imitait le bruit de l’eau
On sous-entendait la forêt

Son coeur débitait l’air du large
En massifs calmes
Ses fleurs montaient à pas de feuilles
Vers les racines du jour tendre

Ce jardin donnait sur la terre
Ses caresses pesaient si peu
Que des allées en jaillissaient
D’elles-mêmes à chaque instant

Une gamme de perspectives
S’offrait aux courants de la vue
Et le soleil couleur d’avril
Animait un ciel végétal.

(Paul Eluard)

Illustration: Angélique Poirier

 

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Enlevé par l’oiseau (René Char)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017


femme oiseau

Enlevé par l’oiseau aux éparses couleurs,
Et laissé aux forêts pour un travail d’amour.

(René Char)

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DIALOGUE ENTRE DIEU ET L’HOMME (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017




    
DIALOGUE ENTRE DIEU ET L’HOMME

Dieu
J’ai fait le monde d’eau et d’argile,
Tu as fait l’Iran, la Tartarie et l’Ethiopie;
J’ai placé dans le sol le minerai de fer,
Tu as fait l’épée, la flèche et le fusil;
Tu as fait la hache pour l’arbre de la prairie,
Tu as fait la cage pour l’oiseau chanteur!

L’homme
Tu as créé la nuit et j’ai fait la lampe,
Tu as créé l’argile et j’ai fait la tasse,
Tu as créé les déserts, les montagnes et les forêts,
J’ai fait les vergers, les jardins et les bosquets;
C’est moi qui transforme la pierre en un miroir,
C’est moi qui transforme le poison en antidotes!

(Mohammad Iqbal)

 

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2e retouche à la force (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017




    
2e retouche à la force

autour de l’arbre mort
la forêt monte indifférente
et sans souci du ciel qui ferme mal

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: De laine et soie Retouches
Editions: Gallimard

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L’amour est un soleil (Younous Emré)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017




    
Ecoutez, ô mes amis, l’amour est un soleil
Le coeur sans amour est une pierre

Au coeur de pierre que pousse-t-il ? de sa langue sourd le poison
Il a beau dire des douceurs, ses mots font la guerre

Le coeur d’amour, lui, brûle, fond et devient cire
Quant aux noirs coeurs de pierre, ils sont pierre âpre et dure

Au service de ce seigneur, dans le registre saint
L’étoile des amoureux est toujours un messager

Traverse, Younous, les soucis, la forêt s’il le faut
A l’homme il faut d’abord l’amour, puis il est un derviche

(Younous Emré)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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