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Poésie

Posts Tagged ‘brûlant’

Il n’y a pas de passé (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021




Il n’y a pas de passé.
Il n’y a qu’aujourd’hui et, dans aujourd’hui,
serrés et brûlants comme à l’intérieur d’une clochette de muguet,
tous les morts que nous avons aimés.

(Christian Bobin)

 

 

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NATURE MORTE AVEC DES CISAILLES (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020



Illustration: Edouard Manet
    
NATURE MORTE AVEC DES CISAILLES

Cet homme qui quitte la ville
au matin pluvieux
son cœur emballé sous un imperméable
cache une gomme dans la main.

Tour à tour il efface
la vision du chameau de Marrakech
agenouillé au bord du lit
où une lune toute mouillée
allaitait son impatience,
les sanglots des jarres le long du couloir
et l’avertissement de la machine à coudre
exilée sous l’escalier en bois.

Il descend la rue pavée
une clé brûlante dans sa poche
et il jette un dernier regard
vers la maison
où, dans leur ignorance,
dorment encore
côte à côte
la rose et les cisailles.

Mais la pluie a déjà retaillé les rideaux
des saisons et inondé la serrure.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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AUTRE (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



AUTRE

CAR tu vis en toutes les femmes
Et toutes les femmes c’est toi.
Et tout l’amour qui soit, c’est moi
Brûlant pour toi de mille flammes.

Ton sourire tendre ou moqueur,
Tes yeux, mon Styx ou mon Lignon,
Ton sein opulent ou mignon
Sont les seuls vainqueurs de mon coeur.

Et je mords à ta chevelure
Longue ou frisée, en haut, en bas,
Noire ou rouge et sur l’encolure
Et là ou là — et quels repas !

Et je bois à tes lèvres fines
Ou grosses, — à la Lèvre, toute !
Et quelles ivresses en route,
Diaboliques et divines !

Car toute la femme est en toi
Et ce moi que tu multiplies
T’aime en toute Elle et tu rallies
En toi seule tout l’amour : Moi !

(Paul Verlaine)

Illustration: Charles J. Dwyer

 

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UN CERISIER A FAIT SES FLEURS (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 juin 2020



Illustration: Emile Eisman-Semenowsky
    
UN CERISIER A FAIT SES FLEURS

Tu m’as attendu
Comme un précipice attend la cataracte,
Comme, les mains liées, l’esclave attend la lame
Que dans la poitrine va lui planter
Le prêtre de Montezuma,
Comme une forêt attend l’orage
Qui renversera ses arbres,
Comme une plaine l’inondation,
Comme les sarments desséchés l’étincelle,
Comme le printemps la première hirondelle
Qui sillonnera noire ses vallées bleues,
Comme une fenêtre
Attend l’éclosion rouge du géranium.

Tu étais seule,
Ta bouche était brûlante.
Quand je t’ai serrée dans mes bras,
Un cerisier a fait ses fleurs.

(Mihai Beniuc)

 

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L’ÉTOILE QUI FLAMBE (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2020



 

Zdzislaw Beksinski 14638

L’ÉTOILE QUI FLAMBE

Pierres lancées des hauteurs
nous nous écrasons. A quoi bon ?
Pour ne devenir, à coup sûr,
que de la boue au cimetière.

Et s’il doit en être ainsi
telle l’étoile qui flamboie
dans la flamme et le feu
de la chute éperdue

traversons donc brûlants,
flamboyants, projetés,
la fournaise du vide
que fut notre existence

et sans savoir la fin
qui attend notre vie
que celui qui a pu
la voir passer se dise :

qu’elle fut éblouissante !

(Gyula Illyès)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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Ce recommencement (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

Ernesto Arrisueño 601

ce recommencement

comme un trait brûlant
la peau et suppliant
l’énigme désirer

ce recommencement tant

quand lasse
incline

un regard un retrait une

(Martine Broda)

Illustration: Ernesto Arrisueño

 

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MOUVEMENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2020



Illustration: Hélène Grasset
    
MOUVEMENT

Si tu es la jument d’ambre
je suis le chemin de sang
Si tu es la première neige
je suis celui qui allume le brasier de l’aube
Si tu es la tour de la nuit
je suis le clou brûlant dans ton front
Si tu es la marée du petit matin
je suis le cri du premier oiseau
Si tu es le panier d’oranges
je suis le couteau de soleil
Si tu es l’autel de pierre
je suis la main sacrilège
Si tu es la terre couchée
je suis le roseau vert
Si tu es le saut du vent
je suis le feu enterré
Si tu es la bouche de l’eau
je suis la bouche de la mousse
Si tu es la forêt de nuages
je suis la hache qui les fend
Si tu es la ville profanée
je suis la pluie de consécration
Si tu es la montagne jaune
je suis les bras rouges du lichen
Si tu es le soleil qui se lève
je suis le chemin de sang

(Octavio Paz)

 

Recueil: Le feu de chaque jour précédé e Mise au net et D’un mot à l’autre
Traduction: Claude Esteban – Roger Cailloix – Jean-Claude Masson
Editions:

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Bref et brûlant (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2020



 

Maria Cristina Romero Duarte Sublimacion 1,50mt X 1,20mt_ [1280x768]

bref et brûlant
comme la douleur

(Martine Broda)

Illustration: Maria Cristina Romero Duarte

 

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L’EAU DISCRÈTE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Pascal Baudot
    
L’EAU DISCRÈTE

Une eau glacée qui coule On l’entend sans la voir
(La pensée de l’été qui chantonne sous l’herbe)
Les toutes petites abeilles noires leur bourdon continu
(Le rêve que le soleil fait à bouche fermée)

À onze heures en août le monde est transparent
Il sera brûlant après la méridienne
Une très modeste éternité baigne de clarté vive
l’eau qui court les abeilles le soleil triomphant

Une éphémère éternité qui nous habite toi et moi
Elle fondra dans le jour comme le sucre dans l’eau
comme le temps dans le temps

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Le coeur est seul (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Plaisir brûlant l’âme qui s’exaspère,
Le coeur est seul – toujours seul est le coeur!

(Lord Byron)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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