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Poésie

Posts Tagged ‘brûlant’

Le coeur est seul (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Plaisir brûlant l’âme qui s’exaspère,
Le coeur est seul – toujours seul est le coeur!

(Lord Byron)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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À DEVENIR SOURD (Leib Kvitko)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020




Illustration: ArbreaPhotos … Oradour
    
À DEVENIR SOURD

À devenir sourd
J’affinai mon ouïe.
Jusqu’à être aveugle
J’aiguisai ma vue,
Avec une acuité morbide,
Évaluant tout chuchotement
Pour le livrer totalement
À mon âme endolorie,
À ma chair brûlante,
Cherchant où se cacher
Tourbillonnent en moi
Tous les bruits et toutes les ombres,
Croissent en moi, fructifient,
Enfouis profondément dans mon fiel et mon sang.
Alors qui veut, quel bruit
Quel coup,
Celui du massacre des jeunes gens
Sur les toits de chaume ?
Celui sauvagement qui hurle et qui s’échappe
Des lits comblés ?
Chaque chose à son heure :
Tout, de mes ennemis, jour et nuit
Vit en moi.

(Leib Kvitko)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fraternité (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019




    
Fraternité

Tout est coups et blessures brûlantes,
sans pardon à qui que ce soit.
Blessée comme toi et blessante,
je vivais en fonction de toi.

Le pur frôlement, celui de l’esprit,
que chaque frôlement accroît,
nous l’éprouvons en vieillissant
inversé en silence le plus froid

***

Bruderschaft

Alles ist Wundenschlagen,
und keiner hat keinem verziehn.
Verletzt wie du und verletzend,
lebte ich auf dich hin.

Die reine, die Geistberührung,
um jede Berührung vermehrt,
wir erfahren sie alternd,
ins kälteste Schweigen gekehrt.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Café (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



Dans un petit moulin,
Un moulin à café,
Le temps passait,
Le temps passait.

Et du soir au matin,
On voyait par-dessus,
Le temps moulu,
Le temps moulu.

Dans une jolie tasse,
Une tasse à café,
Le temps coulait,
Le temps coulait.

De profil et de face,
Je voyais dans la tasse
Le temps tassé,
Le temps tassé.

J’ai bu le café brûlant :
Il faut bien passer le temps.

(Carl Norac)

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CONSEILS A UN AMI (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Boris Vian
    

CONSEILS A UN AMI

Ami, tu veux
Devenir poète
Ne fais surtout pas
L’imbécile
N’écris pas
Des chansons trop bêtes
Même si les gourdes
Aiment ça.

N’y mets pas
L’accessoire idiot
Ou le sombrero
Du Mexique
N’y mets pas
Le parfum brûlant
Ou le cormoran
Exotique.

Mets des fleurs
Et quelques baisers
Tendrement posés
Sur ses lèvres
Mets des notes
En joli bouquet
Et puis chante-les
Dans ton coeur.

Ami, tu veux
Devenir poète
N’essaie surtout pas
D’être riche
Tu feras
De petits bijoux
Que l’on te paiera
Vingt-cinq sous.

L’éditeur
Va te proposer
De te prostituer
Sans vergogne
L’interprète
Va te discuter
Et va suggérer
Que tu rognes.

Tu riras
De ce qu’on dira
Et tu garderas
Dans ta tête
Ce refrain
Toujours inconnu
Que tu siffleras
Dans la rue…

(Boris Vian)

 

Recueil: Cantilènes en gelée
Traduction:
Editions: Le Livre de poche

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SOIR COMPLICE… (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



Soir complice, soir triste où rôde le péché
— Ta fumée immobile au ras des toits penchés
Est là, comme un désir fiévreux que rien n’apaise.
Je suis l’enfant que trouble une pensée mauvaise
Dans l’éparse douceur d’énervants crépuscules
— Celui que j’ai connu, déchiré de scrupules,
Et qui fermait les yeux et secouait la tête…
Mais il sent mieux hélas! Que ta douceur persiste,
O chaud baiser du soir sur mon âme inquiète!
Et rêvant d’un amour qui le laisserait triste,
Et goûtant la langueur morte du paysage
— Il attend de brûlantes mains sur son visage…

(François Mauriac)

 

 

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La pierre brûlante (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 17 septembre 2019



La pierre brûlante
La lampe au loin
Les dahlias calcinés
Le bonheur est dans nos mains
Depuis le premier jour.

(Jean Rousselot)

 

 

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Les cloches et les larmes (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2019



 

Cloche

Les cloches et les larmes

Sur la terre où sonne l’heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.

L’orgue sous le sombre arceau,
Le pauvre offrant sa neuvaine,
Le prisonnier dans sa chaîne
Et l’enfant dans son berceau ;

Sur la terre où sonne l’heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.

La cloche pleure le jour
Qui va mourir sur l’église,
Et cette pleureuse assise
Qu’a-t-elle à pleurer ?… L’amour.

Sur la terre où sonne l’heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.

Priant les anges cachés
D’assoupir ses nuits funestes,
Voyez, aux sphères célestes,
Ses longs regards attachés,

Sur la terre où sonne l’heure,
Tout pleure, ah ! mon Dieu ! tout pleure.

Et le ciel a répondu :
« Terre, ô terre, attendez l’heure !
J’ai dit à tout ce qui pleure,
Que tout lui sera rendu. »

Sonnez, cloches ruisselantes !
Ruisselez, larmes brûlantes !
Cloches qui pleurez le jour !
Beaux yeux qui pleurez l’amour !

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

 

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J’ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2019



puma

J’ai faim de tes cheveux, de ta voix, de ta bouche,
sans manger je vais par les rues, et je me tais,
sans le soutien du pain, et dès l’aube hors de moi
je cherche dans le jour le bruit d’eau de tes pas.

je suis affamé de ton rire de cascade,
et de tes mains couleur de grenier furieux,
oui, j’ai faim de la pâle pierre de tes ongles,
je veux manger ta peau comme une amande intacte,
et le rayon détruit au feu de ta beauté,

je veux manger le nez maître du fier visage,
je veux manger l’ombre fugace de tes cils,
j’ai faim, je vais, je viens, flairant le crépuscule

et je te cherche, et je cherche ton coeur brûlant
comme un puma dans le désert de Quitratúe.

***

Tengo hambre de tu boca, de tu voz, de tu pelo,
y por las caltes voy sin nutrirme, callado,
no me sostiene el pan, el alba me desquicia,
busco el sonido líquido de tus pies en el día.

Estoy hambriento de tu risa resbalada,
de tus manos color defuriosogranero,
tengo hambre de la pálida piedra de tus uñas,
quiero comer tu piel como una intacta almendra.

Quiero comer el rayo quemado en tu hermosura,
la nariz soberana del arrogante rostro,
quiero comer la sombra fugaz de tus pestañas

y hambriento vengo y voy olfateando el crepúsculo
buscándote, buscando tu corazón caliente
como un puma en la soledad de Quitratúe.

(Pablo Neruda)

 

 

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