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Posts Tagged ‘brûlant’

SUR L’ILE AUX OISEAUX (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2018



 

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SUR L’ILE AUX OISEAUX

Né du moi confus
du corps troublé et de l’esprit dément
né des pages du savoir
jetées au vent
né du vol de la mouette rieuse
et des échos de son cri
né des images embrasées
dans le sombre océan de la nuit
né de tant de contradictions
glace brûlante et feu gelé
le blanc, le vide, le nu
c’est cela que j’ai toujours recherché

***

Out of the personal chaos
the vagaries of body and mind
out of the leaves of knowledge
cast on the wind
out of the laughing gull’s throat
and the knife-edge of its flight
out of the blaze of images
in the black sea of night
out of the many contradictions
as of burning ice and frozen fire
the white, the empty, the naked
is what I desire

(Kenneth White)

Illustration
 

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De l’eau… de l’eau (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2018



 

Theodore Clement Steele  morning-by-the-stream-1893 [1280x768]

De l’eau… de l’eau

J´ai traversé plus d´une fois le désert
Pour retrouver tous les trésors enfouis,
Les fabuleuses richesses millénaires,
Mais je n´ai plus qu´un seul rêve la nuit :

{Refrain:}
De l´eau, de l´eau fraîche pour ma gorge
Qui se dessèche, de l´eau…
Par pitié, de l´eau…

Le ciel trop clair, le soleil trop brûlant
M´ont aveuglé, m´ont fait perdre l´esprit.
Je donnerais mon or pour une caresse du vent
Et, pour calmer la soif qui me poursuit,

{Refrain}

Un jour, je sais, la vie quittera mon corps
En plein milieu de ce maudit désert.
Le sable blanc sera mon lit de mort,
Mais je verrai par mes yeux entrouverts

{Refrain}

Alors, mon Dieu qui m´accueillerez là-haut,
Faites qu´avant que je quitte la terre
Je puisse entendre la chanson de l´eau
Et découvrir au creux d´une rivière

{Refrain}

(Georges Moustaki)

Illustration: Theodore Clement Steele 

 

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Tendre regret (anonyme eskimo)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018


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J’ai brûlant regret de tous les soleils
Soleils des matins où rit ton sommeil
Soleils des adieux où luit le chagrin
Soleils de nos nuits aux tendres refrains
Mille vies
Mille envies
Soleil de ma vie

(anonyme eskimo)

Illustration

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Grêlons (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



Ma joue fut assaillie de coups:
une grêle soudain
s’abattit et rebondit sur la route.

Quand le ciel s’éclaircit à nouveau
s’était retiré quelque chose
plein de savoir et de force cinglante

me laissant là avec mon destin.
Je fis une petite boule dure
d’eau brûlante fuyant dans la main

tout comme je tire ceci maintenant
de la neige fondante de la réalité
qui me brûle en s’évanouissant.

(Seamus Heaney)

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Le jour vide ses poches (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



 

Un pont, le macadam brûlant,
le jour vide ses poches,
une chose après l’autre.
Seul dans le soir catatonique.

Le paysage : froissure de fond de fossé,
cicatrice ardente dans l’ombre qui scintille.
Crépuscule. Le rayonnement me glace,
le soleil m’aveugle. Jamais je n’oublie, c’est l’été.

C’est l’été et la chaleur foudroie.
Debout, et je sais leurs ailes immobiles,
les oiseaux, comme chérubins en flamme
dans des cages aveuglées, hérissées d’échardes.

Te souviens-tu ? Au commencement fut le vent ;
puis la terre ; puis la cage.
Feu et crottin. Et de temps en temps
quelques coups d’ailes, des réflexes vides.

Et soif. Alors j’ai demandé à boire.
J’entends encore les gorgées fiévreuses,
et j’endure impuissant, telle la pierre,
et j’éteins les scintillements.

Des années passent, années, et l’espoir —
comme une vieille casserole renversée dans la paille.

(János Pilinszky)

Illustration: Michael Whelan

 

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Chantent les grillons-carillon (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Chantent les grillons-carillon,
C’est la fièvre qui frémit,
Crisse le four desséché,
C’est une soie rouge qui brûle.

Les souris s’aiguisent les dents
Sur le fond ténu de la vie.
Une hirondelle ou bien l’enfant
Aura détaché mon esquif.

Que chuchote au toit la pluie —
C’est une soie noire qui brûle —
Mais le merisier entendra
Jusqu’au fond des mers — adieu.

Vu que la mort est innocente
Et qu’on ne peut rien y changer —
Dans la fièvre du rossignol
Le coeur est encore brûlant.

(Ossip Mandelstam)


Illustration

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Crépuscule d’automne (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



Crépuscule d’automne

A mon cher professeur, Bêla Tettamanti

Sous les flocons neigeux de l’automne expirant,
Le crépuscule brun palpite faiblement.

Mon épaule perçoit ton cou chaud plein de grâce.
Ah! ton baiser lointain qui sur ma lèvre passe!

Le froid gémit et je ne peux mettre à l’abri
Sur ton giron brûlant mon visage meurtri.

Triste est le crépuscule et tu sembles lointaine
Et tombent les flocons… Ils reflètent ma peine.

(Attila Jozsef)


Illustration

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En attendant une femme près d’une statue de femme (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018



En attendant une femme près d’une statue de femme

Je rêve d’une femme, ah, qu’elle est sensuelle!
Brûlantes, ses si belles mains
Labourent mes cheveux et me soudent contre elle.

Femme à la peau qui luit dans le jour en déclin
Comme cette autre: la statue,
Que la lune salue de son rayon si fin.

Sa lèvre veut s’offrir comme celle, ingénue,
De pierre… offrant à la lueur,
A la lune en émoi, sa belle forme nue.

Sainte et lointaine femme au baiser enchanteur!
Sainte bouche enflammant ma bouche
Et s’y collant comme une pieuvre avec fureur!

Son parfum flotte, épais, m’étouffe sur sa couche,
Et mon cœur tremble en l’adorant
Tel un palmier haut et touffu que le vent touche.

Je montre la statue. Elle se met devant.
0 toi, statue incandescente,
Tu changerais la lune en un baiser fervent.

Près de toi, j’imagine une femme vivante.
Que la statue est froide! Oui, mais…
Ses seins luisants et fiers, dans ma bouche béante…

Amplement, je les mets.

(Attila Jozsef)


Illustration

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L’expérience du désert (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 7 juin 2018



L’expérience du désert a été, pour moi, dominante.
Entre ciel et sable, entre le Tout et le Rien,
la question est brûlante.

Elle brûle et ne se consume pas.
Elle brûle pour elle-même, dans le vide.
L’expérience du désert, c’est aussi l’écoute, l’extrême écoute
(…)

J’ai, comme le nomade son désert,
essayé de circonscrire le territoire de blancheur de la page ;
d’en faire mon véritable lieu ;
comme, de son côté, le Juif qui, depuis des millénaires,
du désert de son livre, a fait le sien ;
un désert où la parole, profane ou sacrée, humaine ou divine
a rencontré le silence pour se faire vocable ;
c’est-à-dire parole silencieuse de Dieu et ultime parole de l’homme.

Le désert est bien plus qu’une pratique du silence et de l’écoute.
Il est une ouverture éternelle.
L’ouverture de toute écriture,
celle que l’écrivain a, pour fonction, de préserver.

Ouverture de toute ouverture.

(Edmond Jabès)

Illustration: Leila Horchani Destination Désert

 

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J’aurai de ton rien la pensée foisonnante (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



 

Jean-Pierre Augier_Couple (hache)

Tu t’en vas et alors que tu t’en vas
tu me dis: « Suis désolée. »
Tu penses ainsi me donner un peu de paix.
Tu me promets un souci constant, brûlant
quand tu seras seule et même parmi les gens.
Tu me dis: « Mon amour tu me manqueras.
Et toi tous ces jours qu’est-ce que tu feras? »
Moi je te réponds: « Je t’aurai toujours présente,
j’aurai de ton rien la pensée foisonnante. »

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Jean-Pierre Augier

 

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