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Poésie

Posts Tagged ‘brûlant’

Les sanglots d’or (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
Les sanglots d’or

Quel chagrin somptueux, cris rouges, sanglots d’or,
Flamboyante harmonie où le regard se blesse!
Le tragique soleil en de brûlant accords
Sur la lande déserte étale sa détresse.

Et voici que, tenant ses lévriers en laisse,
Se profile soudain parmi les beaux retors,
Plus svelte que n’était l’antique chasseresse
Et n’ayant pour péplos qu’un linceul noir, la Mort!

Mais pourquoi ces cris fous, ces plaintes fastueuses?
Les soleils ont-ils comme les hommes un coeur,
Un coeur qu’on peut trahir, des maîtresses menteuses,

Etoiles s’éclipsant dont la fausse lueur
Se glace en s’éloignant, puis un soir brumeux cesse
De s’unir à la leur? Est-ce qu’on les délaisse

Les soleils, pour qu’ils aient de tels cris de douleur!

(Marie Dauguet)

 

 

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Courante (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



 

 

Illustration: Pierre Corratgé
    
Courante

Mon coeur est lourd comme un caillou;
Le vent souffle on ne sait d’où
Piquant comme un buisson de houx;
Au bord de l’étang qui frissonne,
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Soleil couchant sur un champ d’orge,
Il est rouge autant qu’une forge
Mon coeur brûlant dedans ma gorge
Et qui, telle une enclume, sonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Fleurant la mousse et la bourdaine,
J’ai mis ma jupe de futaine
Et chaussé mes sabots d’ébène.
Au vent âpre qui tourbillonne
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Mon coeur est lourd! Ma gorgerette
Est de fin chanvre, ma cornette
D’indienne, mon épinette
Du Val d’Ajol vibre et résonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

Las, mé! mon corps est en lambeaux
Aussi pantelant que l’agneau
Qu’un loup déchire en son liteau,
Car mon bon ami m’abandonne.
Dansons,
Dansons, ma mie, ma mignonne,
Dansons, ma mie Jeanneton.

(Marie Dauguet)

 

 

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L’Inspiration (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Michael Putz-Richard 
    
L’Inspiration

Ah ! lorsque débordait ainsi la poésie,
Torrent impétueux, brûlante frénésie,
Dans mon âme vibraient d’indicibles accords ;
Comme sous l’ouragan bat la vague marine,
Sous la muse mon cœur battait dans ma poitrine,
Mais ma lyre jamais n’égalait mes transports !…
Par l’inspiration je restais oppressée,
Comme la Druidesse au sommet du Dolmen ;
J’implorais, pour donner un corps à ma pensée
Ton langage éthéré, musique, écho d’Eden !

Il est des sentiments, mystérieux, intimes.
Qu’aucun mot ne peut rendre, et que toi seule exprimes ;
Ces rêves, incompris du monde où nous passons,
Ces extases d’amour, d’un cœur qui vient de naître,
Alors, j’aurais voulu, pour les foire connaître,
Moduler sous mes doigts de séraphiques sons !

J’aurais voulu, penchée à la harpe sonore,
Répandre autour de moi l’âme qui me dévore,
Dans des flots d’harmonie aux anges dérobés !
Oui, j’aurais voulu voir, quand mon âme est émue,
Tous les cœurs palpitants, d’une foule inconnue,
Sous mes accents divins demeurer absorbés !

Vains désirs ! jeune aiglon, on a coupé mes ailes,
On a ravi mon vol aux sphères éternelles,
Pour me faire marcher ici-bas en rampant !
Si la Muse, parfois, vient visiter ma route,
Mon chant meurt sans écho, personne ne l’écoute ;
Et l’hymne inachevée en larmes se répand !

(Louise Colet)

 

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ÉLÉGIE (Evariste Parny)

Posted by arbrealettres sur 3 octobre 2017



 

Edward Hopper _Excursion into Philosophy

ÉLÉGIE

Que le bonheur arrive lentement !
Que le bonheur s’éloigne avec vitesse !
Durant le cours de ma triste jeunesse
Si j’ai vécu, ce ne fut qu’un moment.
Je suis puni de ce moment d’ivresse.
L’espoir qui trompe a toujours sa douceur,
Et dans nos maux du moins il nous console ;
Mais loin de moi l’illusion s’envole,
Et l’espérance est morte dans mon coeur.
Ce coeur, hélas ! que le chagrin dévore,
Ce coeur malade et surchargé d’ennui,
Dans le passé veut ressaisir encore
De son bonheur la fugitive aurore,
Et tous les biens qu’il n’a plus aujourd’hui ;
Mais du présent l’image trop fidèle
Me suit toujours dans ces rêves trompeurs,
Et sans pitié la vérité cruelle
Vient m’avertir de répandre des pleurs.
J’ai tout perdu ; délire, jouissance,
Transports brûlants, paisible volupté,
Douces erreurs, consolante espérance,
J’ai tout perdu : l’amour seul est resté.

(Evariste Parny)

Illustration: Edward Hopper

 

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Combien de temps te lamenteras-tu (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2017



Illustration
    
Si tu as dans ta bourse la monnaie de poésie,
Frotte-la à la pierre de touche de la vie

Longtemps tu t’es reposé sur un lit de soie :
Accoutume-toi au coton grossier!

Jette-toi sur le sable brûlant
Et plonge dans la source de Zemzem !

Combien de temps te lamenteras-tu comme le rossignol ?
Combien de temps feras-tu ta demeure dans des jardins?

(Mohammad Iqbal)

 

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Eveille-toi! (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2017




    
Petite fleur profondément endormie
Au narcisse pareille, montre-toi!
Vois! la charmille se penche et meurt
Dévastée par des froideurs chagrines, lève-toi!

L’air est plein de chants d’oiseaux
L’appel à la prière vient du muezzin là-bas.
Prête l’oreille aux soupirs brûlants
Des coeurs en proie à la passion, lève-toi!

De ton sommeil de plomb
De ton sommeil profond
Lève-toi!
De ton sommeil profond
Eveille-toi!

Le soleil qui pare de ses rayons
Le front lisse de l’aurore
Fait monter aux joues du matin
La rougeur cramoisie de l’amour.
Par-delà les montagnes, par-delà les plaines,
Des caravanes se sont mises en route,
Des yeux rendus brillants par ce qu’ils voient
Contemplent la merveille du monde, lève-toi!

De ton sommeil de plomb
De ton sommeil profond
Lève-toi!
De ton sommeil profond
Eveille-toi !

(Mohammad Iqbal)

 

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Par l’amour (Mohammad Iqbal)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2017




    
Ce point lumineux qui a pour nom le Moi
Est l’étincelle de vie sous notre poussière;
Par l’amour elle est rendue plus durable,
Plus vive, plus brûlante, plus ardente.

(Mohammad Iqbal)

 

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Cantique (Hadji Bayram Veli)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017




    
Cantique

Qu’est ce mien coeur devenu, qu’est ce mien coeur devenu ?
De ta peine et de ton chagrin s’est rempli mon coeur
Mon coeur a brûlé, mon coeur a brûlé
En brûlant, ce mien coeur a recouvré ses forces

C’est vrai qu’il a brûlé; il a brûlé pour le vrai
Il a pris tout entier la couleur de l’amour
Il s’est trouvé lui-même, il s’est trouvé lui-même
Tes désirs ont agréé à ce mien coeur

«Ma pauvreté est ma gloire, ma pauvreté est ma gloire»
Ne l’a-t-il pas dit, lui, la Gloire de ce monde ?
Invoque la Gloire, invoque la Gloire !
Dans ce néant, ce mien coeur a trouvé la Gloire !

Ville de majesté, Ville de majesté
Peut-être est-ce le Trône divin
Demeure du bien-aimé, demeure du bien-aimé
Et si maintenant l’était ce mien coeur ?

Je suis Bayram maintenant, je suis Bayram
Ils font la fête avec l’amant maintenant
Louange et grâces, louange et grâces
Avec l’amant il a fait la fête ce mien coeur.

(Hadji Bayram Veli)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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Nous sommes ces amants (Ebou Hamid)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2017



Illustration
    
Nous sommes ces amants sans peur,
Raison, pensée ne sont pas nos amies.
Du vin d’amour nous sommes ivres,
Jamais il ne nous étourdit.

Toujours vivants nous ne mourons pas,
Nous ne restons pas dans les ténèbres,
Ni pourriture ni poussière,
Pour nous il n’y a jour ni nuit.

Dans nos contrées lune et soleil
Se tiennent à jamais, fidèles.
Nul changement ne les atteint,
Il n’est croissant ni pleine lune.

Les roses de notre roseraie
Restent fraîches et ne se fanent pas;
A l’automne elles ne s’effeuillent pas
Il n’y a ni hiver ni printemps.

Pour avoir bu le vin d’amour,
Nous sommes partis au pays de renoncement;
Tout brûlants, à ton amour enflammés,
Il ne nous faut point d’ailes pour voler.

De tout temps à la clarté du soleil
Mon corps est une goutte d’atome
Cette goutte n’est pas comme la mer
Elle n’a ni fond ni rivage.

Ô Hamid ! Laisse ce qui est
Si tu veux voir cet amant,
Tu auras la vision sacrée
Il n’est pas de perfection au delà.

(Ebou Hamid)

 

Recueil: La montagne d’en face (Poèmes de derviches anatoliens)
Traduction: Guizine Dino, Michèle Aquien, Pierre Chuvin
Editions: Fata Morgana

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Le soleil (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2017




    
Le soleil est ton âme, les rayons du soleil sont les feux de ton âme,
ô Amour, Amour éternel.

Les astres d’or sont tes pensées, la poussière d’or de tes pensées,
ô Amour, Amour éternel.

Le vent d’été est ton haleine, le souffle brûlant de tes lèvres,
ô Amour, Amour éternel.

Les fleurs aimantes sont tes soupirs, sont tes regards et tes baisers,
ô Amour, Amour éternel.

Et la femme est la fleur suprême, le plus ardent de tes baisers,
Amour, ô Amour éternel.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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