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Poésie

Posts Tagged ‘brûlant’

Ce recommencement (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2020



 

Ernesto Arrisueño 601

ce recommencement

comme un trait brûlant
la peau et suppliant
l’énigme désirer

ce recommencement tant

quand lasse
incline

un regard un retrait une

(Martine Broda)

Illustration: Ernesto Arrisueño

 

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MOUVEMENT (Octavio Paz)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2020



Illustration: Hélène Grasset
    
MOUVEMENT

Si tu es la jument d’ambre
je suis le chemin de sang
Si tu es la première neige
je suis celui qui allume le brasier de l’aube
Si tu es la tour de la nuit
je suis le clou brûlant dans ton front
Si tu es la marée du petit matin
je suis le cri du premier oiseau
Si tu es le panier d’oranges
je suis le couteau de soleil
Si tu es l’autel de pierre
je suis la main sacrilège
Si tu es la terre couchée
je suis le roseau vert
Si tu es le saut du vent
je suis le feu enterré
Si tu es la bouche de l’eau
je suis la bouche de la mousse
Si tu es la forêt de nuages
je suis la hache qui les fend
Si tu es la ville profanée
je suis la pluie de consécration
Si tu es la montagne jaune
je suis les bras rouges du lichen
Si tu es le soleil qui se lève
je suis le chemin de sang

(Octavio Paz)

 

Recueil: Le feu de chaque jour précédé e Mise au net et D’un mot à l’autre
Traduction: Claude Esteban – Roger Cailloix – Jean-Claude Masson
Editions:

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Bref et brûlant (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2020



 

Maria Cristina Romero Duarte Sublimacion 1,50mt X 1,20mt_ [1280x768]

bref et brûlant
comme la douleur

(Martine Broda)

Illustration: Maria Cristina Romero Duarte

 

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L’EAU DISCRÈTE (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2020



Illustration: Pascal Baudot
    
L’EAU DISCRÈTE

Une eau glacée qui coule On l’entend sans la voir
(La pensée de l’été qui chantonne sous l’herbe)
Les toutes petites abeilles noires leur bourdon continu
(Le rêve que le soleil fait à bouche fermée)

À onze heures en août le monde est transparent
Il sera brûlant après la méridienne
Une très modeste éternité baigne de clarté vive
l’eau qui court les abeilles le soleil triomphant

Une éphémère éternité qui nous habite toi et moi
Elle fondra dans le jour comme le sucre dans l’eau
comme le temps dans le temps

(Claude Roy)

 

Recueil: Claude Roy un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Le coeur est seul (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2020



 

Plaisir brûlant l’âme qui s’exaspère,
Le coeur est seul – toujours seul est le coeur!

(Lord Byron)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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À DEVENIR SOURD (Leib Kvitko)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2020




Illustration: ArbreaPhotos … Oradour
    
À DEVENIR SOURD

À devenir sourd
J’affinai mon ouïe.
Jusqu’à être aveugle
J’aiguisai ma vue,
Avec une acuité morbide,
Évaluant tout chuchotement
Pour le livrer totalement
À mon âme endolorie,
À ma chair brûlante,
Cherchant où se cacher
Tourbillonnent en moi
Tous les bruits et toutes les ombres,
Croissent en moi, fructifient,
Enfouis profondément dans mon fiel et mon sang.
Alors qui veut, quel bruit
Quel coup,
Celui du massacre des jeunes gens
Sur les toits de chaume ?
Celui sauvagement qui hurle et qui s’échappe
Des lits comblés ?
Chaque chose à son heure :
Tout, de mes ennemis, jour et nuit
Vit en moi.

(Leib Kvitko)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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SUR UN LIT… (Menahem Boraisha)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Illustration: Jules Bastien-Lepage
    
SUR UN LIT…

Sur un lit dur, derrière un mur de planches
On entend des pas comme un chuchotis,
La femme des bois fait bruire les branches,
Sa robe se froisse à longs plis.

Pareils à l’eau d’un lac ses seins ondoient,
Cordes nouées ses nattes sont de chanvre,
Vaste est son ventre, il oscille et se ploie
Au balancement de ses hanches.

Pour celui-là qui lui barre la route,
Homme viril qui saura la saisir,
Sa forme soudain devient frêle et douce,
Sa chair frémit d’attendre le plaisir.

À l’abandon les épaules pesantes,
Ses seins sont brûlants d’un feu germinal
Et sa beauté dévoile, consentante,
Le bois sauvage et le giron natal.

La moisson neuve ayant comblé ses sens
Elle a quitté son complice de chair,
Rêvant déjà retrouver la puissance
D’un autre amant sur les chemins déserts.

Où la terre est de mousse et sont tendres les touffes
Ses enfants furent allaités,
Dans chaque appel que la forêt étouffe
Lui vient l’écho de sa fécondité.

Tombent les plis, s’apaise la rumeur,
La femme des bois retient son élan,
Quelqu’un puissamment en elle demeure
Désir éternel et violent.

(Menahem Boraisha)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Fraternité (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019




    
Fraternité

Tout est coups et blessures brûlantes,
sans pardon à qui que ce soit.
Blessée comme toi et blessante,
je vivais en fonction de toi.

Le pur frôlement, celui de l’esprit,
que chaque frôlement accroît,
nous l’éprouvons en vieillissant
inversé en silence le plus froid

***

Bruderschaft

Alles ist Wundenschlagen,
und keiner hat keinem verziehn.
Verletzt wie du und verletzend,
lebte ich auf dich hin.

Die reine, die Geistberührung,
um jede Berührung vermehrt,
wir erfahren sie alternd,
ins kälteste Schweigen gekehrt.

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Café (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2019



Dans un petit moulin,
Un moulin à café,
Le temps passait,
Le temps passait.

Et du soir au matin,
On voyait par-dessus,
Le temps moulu,
Le temps moulu.

Dans une jolie tasse,
Une tasse à café,
Le temps coulait,
Le temps coulait.

De profil et de face,
Je voyais dans la tasse
Le temps tassé,
Le temps tassé.

J’ai bu le café brûlant :
Il faut bien passer le temps.

(Carl Norac)

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CONSEILS A UN AMI (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Boris Vian
    

CONSEILS A UN AMI

Ami, tu veux
Devenir poète
Ne fais surtout pas
L’imbécile
N’écris pas
Des chansons trop bêtes
Même si les gourdes
Aiment ça.

N’y mets pas
L’accessoire idiot
Ou le sombrero
Du Mexique
N’y mets pas
Le parfum brûlant
Ou le cormoran
Exotique.

Mets des fleurs
Et quelques baisers
Tendrement posés
Sur ses lèvres
Mets des notes
En joli bouquet
Et puis chante-les
Dans ton coeur.

Ami, tu veux
Devenir poète
N’essaie surtout pas
D’être riche
Tu feras
De petits bijoux
Que l’on te paiera
Vingt-cinq sous.

L’éditeur
Va te proposer
De te prostituer
Sans vergogne
L’interprète
Va te discuter
Et va suggérer
Que tu rognes.

Tu riras
De ce qu’on dira
Et tu garderas
Dans ta tête
Ce refrain
Toujours inconnu
Que tu siffleras
Dans la rue…

(Boris Vian)

 

Recueil: Cantilènes en gelée
Traduction:
Editions: Le Livre de poche

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