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Poésie

Posts Tagged ‘rouge’

Sur ta gorge (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



Sur ta gorge mes mains voyagent,
sur tes hanches, dans la forêt,
et dans la nuit rouge des branches
elles vont vers où je vais:
sur les sables d’une grève
où dans le soleil et le vent
s’entremêlent les amants.

(Jean Joubert)


Illustration: William Bouguereau

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Présage (Birago Diop)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2017



Présage

Un soleil tout nu – un soleil tout jaune
Un soleil tout nu d’aube hâtive
Verse des flots d’or sur la rive
Du fleuve tout jaune.

Un soleil tout nu – un soleil tout blanc
Un soleil tout nu et tout blanc
Verse des flots d’argent
Sur le fleuve tout blanc.

Un soleil tout nu – un soleil tout rouge
Un soleil tout nu et tout rouge
Verse des flots de sang rouge
Sur le fleuve tout rouge.

(Birago Diop)


Illustration

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Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »? (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2017


benoit-extase

Oses-tu voir une Ame en « Incandescence »?
Alors blottis-toi sur le seuil –
Le Rouge – est la teinte commune du Feu –
Mais lorsque le vif Minerai

A surmonté l’épreuve de la Flamme –
Il frémit au sortir de la Forge
Sans autre couleur que la Lumière
Du Brasier non consacré –

Le moindre Village, est fier d’avoir son Forgeron –
Son Enclume dont le son égal
Est le symbole de la Forge plus subtile
Qui sans bruit travaille – au dedans –

Affinant avec Brasier, et Marteau
Ces impatients Minerais
Jusqu’à ce que la Lumière choisie
Répudie la Forge –

(Emily Dickinson)

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Quand viendront les Rouges-Gorges (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017


faune-rouge_gorge

« Quand viendront les Rouges-Gorges
Si je ne suis plus en vie
Donne au cravaté de Rouge
Une miette Commémorative.

Si dans mon sommeil profond
Je ne puis te dire merci,
Sache que je m’y essaie
Avec la lèvre de Granit! »

(Emily Dickinson)

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Écrit sur une lamelle d’un wagon (Avrom Sutzkever)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017



Écrit sur une lamelle d’un wagon

Si un jour quelqu’un doit trouver des perles
enfilées sur une ficelle de soie rouge-sang
qui, près de la gorge, courent aux plus minces des jours
comme le chemin propre de la vie jusqu’à qu’il s’en aille
quelque part dans un brouillard pour ne pas être vu,

Si quelqu’un doit trouver ces perles
Dites-lui comment –froides, distantes -elles ont illuminé
les dix-huit ans, de la danseuse de Paris,
au cœur impatient, Marie.

Maintenant, traîné à travers la Pologne inconnue –
Je lance mes perles à travers la grille.

Si un jeune homme les trouve
Que ces perles ornent sa petite amie.
Si une fille les trouve
Qu’elle les porte, elles lui appartiennent.
Et si elles sont trouvées par un vieil homme
laissez-le, pour ces perles, réciter une prière.

(Avrom Sutzkever)

 

 

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LES VIERGES VEUVES (Pascal Bonetti)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2017




LES VIERGES VEUVES

Ceux que nous attendons ne viendront plus, mes soeurs!
Voici déjà l’automne en larmes sur les routes,
Et puis, les doigts chargés de rêves obsesseurs,
Voici venir le soir, l’heure lourde entre toutes !

Ceux que nous attendons ne viendront plus ! Nos fronts
S’inclinent sans espoir sur les calmes venelles.
Désormais, c’est en vain, mes soeurs, que nous viendrons
Mirer au lac des nuits notre attente éternelle.

Nul de tous les passants qui croisaient nos chemins
Ou même s’attardaient aux rondes des dimanches,
N’a senti les frissons dont s’agitaient nos mains
Ni les rouges vouloirs qui couvaient sous nos hanches ;

Nul, au fond de nos silences, n’a su saisir,
Tels ces grands nénuphars qui d’une eau morne émergent,
Nos amours de l’Amour, nos désirs du Désir,
Ni les candides impudeurs de nos chairs vierges !

Et c’est pourquoi, des blonds matins aux mauves soirs,
Avares d’un trésor que chaque heure mutile,
Nous allons, aux regards discrets de nos miroirs,
Compter en soupirant nos joyaux inutiles.

Nous inventons les mots d’aveux et de douceurs
Que nous auraient chantés les amants de nos songes ;
Mais vous savez dans quels mauvais sanglots, Ives soeurs,
S’achèvent, chaque fois, nos amoureux mensonges !

Nous savons bien que c’est fini, que nos doigts blancs
Ne passeront jamais l’anneau des épousailles,
Que la houle jamais ne connaîtra nos flancs,
Qu’il ne germera pas de fruits dans nos entrailles !

Nous savons bien que c’est fini, que nos genoux
N’endormiront jamais de douleurs enfantines
Et nous sentons déjà l’oubli pousser sur nous
Comme une ronce noire au milieu des ruines !

Et c’est ainsi, mes soeurs de peine et de secret,
Que chacune de nous s’empoisonne ou s’abreuve,
De l’impossible espoir à l’éternel regret,
De ses larmes de vierge à ses larmes de veuve.

(Pascal Bonetti)

Illustration: Katia Poulin

 

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Sur un dossier de chaise (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



echarpe-rouge

Sur un dossier de chaise une robe
encore respirante

L’extase d’un miroir
le silence
à sa place dans le temps

Le rouge d’une écharpe
jamais ne se repose

(Georges Bonnet)

 Illustration

 

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Le gris du ciel (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



Le gris du ciel
dans les vitres

Un grand chagrin
et sa traîne

Le rouge du vin
fleur d’oubli

(Georges Bonnet)

 

 

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Rien ne voulait mourir (Georges Bonnet)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2017



 

Rien ne voulait mourir
ni à la fenêtre le récit des feuillages
ni la rose rouge
porteuse de son chant

Ils parlaient à la vie
comme la fleur à l’abeille
l’abeille à la fleur

En désirs de fontaines
leurs paroles jaillissaient

Détournée de la mort
l’absence
se faisait bienveillante

(Georges Bonnet)

 

 

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Les corbeaux croassent (Richard Wright)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2017



 

Les corbeaux croassent
Tandis que s’approfondit
Le rouge des coquelicots.

***

While crows are cawing,
Poppies are dutifully
Deepening their red.

(Richard Wright)

Illustration

 

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