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Posts Tagged ‘rouge’

LA FLEUR ROUGE (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



 

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LA FLEUR ROUGE

En travaillant tristement près de ma fenêtre, je me suis piquée au doigt ;
et la fleur blanche, que je brodais, est devenue une fleur rouge.

Alors, j’ai songé brusquement à celui qui est parti, pour combattre les révoltés ;
j’ai pensé que son sang coulait aussi, et des larmes sont tombées de mes yeux.

Mais j’ai cru entendre le bruit des pas de son cheval, et je me suis levée toute joyeuse ;
c’était mon coeur qui, en battant trop vite, imitait le bruit des pas de son cheval.

Je me suis remise à mon ouvrage, près de la fenêtre,
et mes larmes ont brodé de perles l’étoffe tendue sur le métier.

(Li Taï Po)

 

 

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AVANT (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



    

AVANT

Avant que la mort vienne,
écrire encore
un poème soigné,
avec de l’herbe
toute nue, un morceau
de ciel bleu et
des fleurs et des oiseaux
pour que ça bouge.

Que rien ne pleure, surtout
pas de pluie grise,
mais des femmes légères
et qui agitent
leurs jambes font rouler
leurs lèvres rouges
sur des mots ronds qui fondent

car tout va s’effacer
la vie se perdre,
si rien dans le poème
ne continue
comme un petit vent plein
de secrets et
qui ne souffle mot, mais
se contenterait

de respirer tout bas.

(Guy Goffette)

 

Recueil: L’adieu aux lisières
Traduction:
Editions: Gallimard

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POSTE RESTANTE (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



poste restante  -19

POSTE RESTANTE

On s’écrivait de tendres choses
Des mots pervers mais innocents
Et rouges comme notre sang
De les redire ici je n’ose

J’ai tenté de brûler ces pages
Rien à faire et je les relis
Tes arrondis les yeux remplis
De ces courbes à ton image

On s’écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes

Quand tu me griffais de ta plume
Je restais tout pâle interdit
Sous ta griffe encore aujourd’hui
Ma fièvre ancienne se rallume

Depuis lors sous d’autres couleurs
J’ai battu je me suis fait battre
Ta guerre seule est opiniâtre
Tu m’avais fait battre le coeur

Un jour ma lettre me revint
Tu n’allais plus jusqu’à la poste
Tu avais déserté le poste
Et mes lettres partaient en vain

Et revenaient me prendre ailleurs
Ici là je changeais d’adresse
Et m’atteignaient dans ma détresse
Tous ces retours à l’envoyeur

Que monte une flamme nouvelle
Sur cette cendre désormais
Si tu vois combien je t’aimais
Entre tes lignes se révèle

Ce qu’hier je n’ai pas su lire
Il faut du temps pour faire un coeur
N’as-tu pas détruit par rancoeur
Ce qu’hier je n’ai pas su dire

On s’écrivait poste restante
Au rendez-vous des apprentis
Au rendez-vous des sans-logis
Que sont les amours débutantes

(Guy Béart)

 

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Le houx (Bruno Grégoire)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Illustration    
    
Le houx est rouge, heureux, on dirait.
Mais ça pique de partout,
ça fait du mal à la peau,
ça entre.

(Bruno Grégoire)

 

Recueil: L’épingle du jeu suivi de Sans
Traduction:
Editions: Obsidiane

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LEVER DU JOUR EN ALABAMA (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



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LEVER DU JOUR EN ALABAMA

Quand je serai devenu compositeur
J’écrirai pour moi de la musique sur
Le lever du jour en Alabama.
J’y mettrai les airs les plus jolis
Ceux qui montent du sol comme la brume des marécages
Et qui tombent du ciel comme des rosées douces.
J’y mettrai des arbres très hauts très hauts,
Et le parfum des aiguilles de pins
Et l’odeur de l’argile rouge après la pluie
Et les longs cous rouges
Et les visages couleur de coquelicot
Et les gros bras bien bruns
Et les yeux pâquerettes
Des noirs et des blancs des noirs des blancs et des noirs,
Et j’y mettrai des mains blanches
Et des mains noires des mains brunes et des mains jaunes
Et des mains d’argile rouge
Qui toucheront tout le monde avec des doigts amis,
Qui se toucheront entre elles ainsi que des rosées
Dans cette aube harmonieuse,
Quand je serai devenu compositeur
Et que j’écrirai sur le lever du jour
En Alabama.

***

Daybreak In Alabama

When I get to be a composer
I’m gonna write me some music about
Daybreak in Alabama
And I’m gonna put the purtiest songs in it
Rising out of the ground like a swamp mist
And falling out of heaven like soft dew.
I’m gonna put some tall tall trees in it
And the scent of pine needles
And the smell of red clay after rain
And long red necks
And poppy colored faces
And big brown arms
And the field daisy eyes
Of black and white black white black people
And I’m gonna put white hands
And black hands and brown and yellow hands
And red clay earth hands in it
Touching everybody with kind fingers
And touching each other natural as dew
In that dawn of music when I
Get to be a composer
And write about daybreak
In Alabama.

(Langston Hughes)

Illustration

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Jetée (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2018



Illustration: Florence Coquais Foucault
    
Jetée

Le soir fêté dans l’air marin
Et les vaisseaux d’acier près de nos tables
Le vin vivant dans l’ombre des bras rouges

Je vois dans la dispersion d’or des lampes
Des bontés répandues sur l’étoffe des courants
Des remparts
Ouverts à la mer du marcheur

On s’éloigne le soir pleins de visions sonores
Les oiseaux s’ouvrent loin d’eux-mêmes
Comme l’élégance de jeunes cathédrales pour les yeux.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Verger (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



 

Illustration
    
Verger

Je revins
Ce verger me brûlait
Sombre feuillage rouge
Où tu perdais tes yeux

Nul regard
A peine un pas tenté
Vers la boue verte et noire
De ce verger brûlant mais aggravé de glace

La terre te peinait
Tu marchais à l’avant des pierres du chemin
Nul chemin ne te menait

Il y a tant de grâce en tes yeux clos
Tant de clarté où vibrent tes bras nus
Je te regarde comme l’étranger venu
Par passion du nuage où tournent des oiseaux

Mais ce verger brûlait jusqu’à tes yeux rompus
Jusqu’à la hâte de tes mains
Aux deux soleils sourds.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Le vent d’automne (Issa)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018



 

Le vent d’automne

Le vent d’automne
Oh comme elle aimait
cueillir ces fleurs rouges

(Issa)

Illustration

 

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Rouge-gorge (Pierre Garnier)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2018




    
rouge-gorge
que le rouge surveille.

(Pierre Garnier)

 

Recueil: Ornithopoésie
Traduction:
Editions: Des Vanneaux

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À Anna Akhmatova (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018



Anna Akhmatova
    
À Anna Akhmatova

Quand on vous dit — « La beauté est terrible » —
Indolente, sur vos épaules
Vous jetez un châle espagnol.
Dans vos cheveux — une rose rouge.

Quand on vous dit — « La beauté est simple » —
Vous couvrez, un peu maladroite,
L’enfant d’un châle bigarré.
La rose rouge a chu par terre.

Mais, indifférente à ces mots
Qui résonnent autour de vous,
Vous resterez pensive et triste
Tout en répétant pour vous-même :

« Je ne suis ni terrible ni simple :
Pas assez terrible pour tuer
Tout simplement ; ni assez simple
Pour ignorer que la vie est terrible. »

***

Анне Ахматовой

«Красота страшна» — Вам скажут, —
Вы накинете лениво
Шаль испанскую на плечи,
Красный розан — в волосах.

«Красота проста» — Вам скажут, —
Пёстрой шалью неумело
Вы укроете ребенка,
Красный розан — на полу.

Но, рассеянно внимая
Всем словам, кругом звучащим,
Вы задумаетесь грустно
И твердите про себя:

«Не страшна и не проста я;
Я не так страшна, чтоб просто
Убивать, не так проста я,
Чтоб не знать, как жизнь страшна».

***

To Anna Akhmatova

They say to you, « Beauty is terrible, »
And lazy, around your shoulders,
You wind your Spanish shawl,
You tuck a red rose in your hair.

They say to you, « Beauty is simple, »
And awkward, with your many-colored shawl,
You cover a child
And the rose falls to the floor

Distracted, you listen
to the words around you.
Sad, thoughtful
you say to yourself,

I am not so terrible
nor so simple as that,
Not terrible enough to kill simply
Or too simple to know
that life is terrible.

(Alexandre Blok)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le Monde terrible
Traduction: Pierre Léon – Lenore Mayhew and William McNaughton
Editions: Gallimard

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