Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rouge’

Lettres (Vincent Van Gogh)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2017



Lettre à son frère Théo

J’ai aperçu de magnifiques terrains
rouges plantés de vignes,
avec des fonds de montagnes du plus fin lilas.
Et les paysages dans la neige
avec les cimes blanches
contre un ciel aussi lumineux que la neige,
étaient bien comme les paysages d’hiver
qu’ont fait les Japonais.

Lettre à sa mère et Will

Quant à moi, je suis entièrement absorbé par cette étendue infinie,
vaste comme la mer, des champs de blé qui couvrent les collines,
par la beauté des jaunes, la beauté des verts tendres,
le bel indigo des terres sarclées et labourées,
avec cette marqueterie régulière du vert des plants de pommes de terre en fleur,
tout cela dans une belle lumière aux tons
bleus, blancs, rosés, violets.
Je suis tout à fait dans la disposition,
presque de trop grand calme,
dans la disposition qu’il faut pour peindre cela.

Lettre à Paul Gauguin

J’ai encore de là-bas un cyprès avec une étoile, un dernier essai
-un ciel de nuit avec une lune sans éclat,
à peine le croissant mince émergeant de l’ombre projetée opaque de la terre –
une étoile à éclat exagéré, si vous voulez,
éclat doux de rose et vert dans le ciel outremer où courent des nuages.
En bas une route bordée de hautes cannes jaunes,
derrière lesquelles les basses Alpines bleues,
une vieille auberge à fenêtres illuminées orangée,
et un très haut cyprès, tout droit, tout sombre.

(Vincent Van Gogh)

Illustration: Vincent Van Gogh

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J’ai des chevaux blancs (Aphorismes Bretons)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2017




    
Me meus un toullad
roñsed gwenn,
Hag unan ruz d’o c’hempenn ?
– Ar genou,
an dent hag an teod.

– J’ai des chevaux blancs plein un trou,
Et un petit bonhomme rouge pour les tenir propre`
– La bouche,
les [la] dents et la langue.

(Aphorismes Bretons)

 

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Des libellules rouges flottent (Keiko Niwa)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2017



libellules

Des libellules rouges
flottent dans le soleil couchant
… mais pas dans le vent

(Keiko Niwa)

 

 

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Au bord de l’eau (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2017



Au bord de l’eau oiseau le temps je l’ai bleu je l’ai rouge
tout devant moi qui coule éphémèrement rose.

(Valérie Rouzeau)

Illustration: Alexandre de Riquer

 

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L’homme qui n’y comprend rien (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017




    
L’homme qui n’y comprend rien

Telle chose vient
telle autre se passe
telle autre s’en va.
Ne trouvez-vous pas
qu’on n’y comprend rien?

Bien souvent les hommes
se trouvent mêlés
à leur propre vie
sans avoir compris
ce qui s’est passé.

Tenez une histoire
pas très compliquée
pourtant quel mystère!
J’étais sur le quai,
elle dans le train;
le train est parti,
et je suis resté
debout sur le quai.
Jamais depuis lors
je ne l’ai revue
je n’ai rien compris
Que s’est-il passé?
Que s’est-il passé?

Autre phénomène
j’vais vous raconter
Dieu sait où ça mène,
quelle étrangeté!
J’étais endormi,
m’voilà réveillé,
j’étais dans la nuit,
fait jour aujourd’hui,
j’étais immobile,
j’me mets à bouger,
je vais dans la rue
un homme apparaît
un instant après
il a disparu,
c’était le printemps
puis il a neigé,
puis c’était l’automne
puis c’était l’été
j’sais plus dans quel ordre
ça s’est succédé :
Que s’est-il passé?
Que s’est-il passé?

J’étais jeune et brun
j’avais des cheveux
et beaucoup de dents
j’étais mince et pâle…
Je suis rouge et blanc
je suis blanc et rouge
chauve et empâté
ridé, édenté,
je n’y comprends rien.
Que s’est-il passé?

Mais voici le pire
j’avais une idée
pour vous en parler
et tout en parlant
je l’ai laissé filer
Bon Dieu quelle histoire
me voilà stupide
devant vous Madame
devant vous Monsieur
N’ayant rien à dire
je vais m’en aller.
Que s’est-il passé?
Que s’est-il passé?

(Jean Tardieu)

 

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C’est autre chose que l’amour (Ijima Haruko)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017



 

C’est autre chose que l’amour –
ensemble
sur la rive aux feuillages rouges

(Ijima Haruko)

Illustration

 

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Sur l’autre rive de l’étang (Pierre Della Faille)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Sur l’autre rive de l’étang,
Belle en robe rouge
voltige sur son reflet
sans savoir que je l’adore,
ainsi, la tête en bas
plus belle qu’elle-même
sur le vertige de l’eau.

(Pierre Della Faille)

 

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Musique slave (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




    
Musique slave

C’est le concert doux des voix pleureuses,
Vieux chagrins résignés et tendresses
Que l’on méconnut et la tristesse
Des élans réprimés. Effleureuses
Voix sourdes, pleurez comme les ifs
Embrumés qu’échevèle un vent convulsif.

C’est le concert tout en lancinances
Des désirs contraires et la ronde
Des corbeaux et des folles arondes
Par le ciel fleuri d’incohérences:
Rouges pompeux, tristes violets
Dont se mêlent, en accords faux, les reflets.

C’est le concert vraiment sans mesures
Des baisers profonds et des morsures;
Le vibrement nerveux des ciguës
Sous l’archet des bises ambiguës
D’avril où reluit un soleil blond
Que voile une averse blême de grêlons.

C’est surtout l’écart entre le rêve
Et le réel qui, sans nulle trêve,
Par des accents forcenés s’exprime,
Comme une blessure s’envenime,
Puis éclate enfin en gémissant
Et remplit l’horizon noir d’un flot de sang.

(Marie Dauguet)

 

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Les sanglots d’or (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2017




    
Les sanglots d’or

Quel chagrin somptueux, cris rouges, sanglots d’or,
Flamboyante harmonie où le regard se blesse!
Le tragique soleil en de brûlant accords
Sur la lande déserte étale sa détresse.

Et voici que, tenant ses lévriers en laisse,
Se profile soudain parmi les beaux retors,
Plus svelte que n’était l’antique chasseresse
Et n’ayant pour péplos qu’un linceul noir, la Mort!

Mais pourquoi ces cris fous, ces plaintes fastueuses?
Les soleils ont-ils comme les hommes un coeur,
Un coeur qu’on peut trahir, des maîtresses menteuses,

Etoiles s’éclipsant dont la fausse lueur
Se glace en s’éloignant, puis un soir brumeux cesse
De s’unir à la leur? Est-ce qu’on les délaisse

Les soleils, pour qu’ils aient de tels cris de douleur!

(Marie Dauguet)

 

 

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Derrière les feuilles rouges (Teihó Okada)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2017



soleil 8 [1280x768]

Derrière les feuilles rouges,
dans sa chute
le soleil flotte

(Teihó Okada)

 

 

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