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Poésie

Posts Tagged ‘rouge’

INTERMÈDE (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2017


 

INTERMÈDE

L’amour, oublions-le pour l’instant, mon amour ;
soyons tout à l’écoute de ce cri
dans la nuit, tout à la terreur incroyable
de ce hurlement.
Les chiens
ont été lâchés comme hier, comme toujours,
et un coup de feu émiette les ombres.

L’amour, oublions-le cette nuit, mon amour.

Le mur, à nouveau, est rouge de sang.

(Elvio Romero)

Illustration

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Les bords du fleuve (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




Les bords du fleuve

Il y a au bord du fleuve
Une fille à robe rouge
Attendant la nuit pour vivre,

Tellement sauvage et belle
Qu’un soleil éblouissant
Marche au milieu de ses rêves,

Il n’a de ciel que ses yeux
Derrière une ombre d’orage
Couvrant l’azur interdit.

Une fille au bord du fleuve
En chemin vers une image
Que le jour ne peut montrer.

Les lampes, l’une après l’autre,
Les lampes prennent sa robe
Et la déchirent sur l’eau,

Mais jamais jusqu’à la chair,
Mais jamais jusqu’au soleil
Barré de chaudes ténèbres.

Partout montent, se confondent,
Des arches de nuit profonde,
Elle est nue, elle est cachée.

(Henri Thomas)

Illustration

Poète-Poème découverts chez Lara ici

 

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Je me dévêts (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 16 septembre 2017




    
Je me dévêts

Je me dévêts, j’annule tous mes rôles.
Guerre, dis-tu ? J’ai fait toutes les guerres.
J’étais le mort, j’apprenais le silence,
je donnais l’heure exacte de la vie

ou bien, vivant, je ne savais plus vivre,
je me savais par un autre vécu,
je me cherchais dans les pages des livres
comme un secret caché depuis longtemps.

Ma préhistoire est celle des orages.
Le rideau noir est posé sur mes yeux.
Le monde est rouge. A qui veut bien m’entendre,
je ne dis plus que paroles de sang.

Quel est ce moi qui n’affleure à moi-même
que pour m’offrir un obstacle de plus ?
Et toi, la voix qui n’éteins plus le feu,
dissipe-toi dans les brumes de l’aube.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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À LA MÈRE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 13 septembre 2017



Illustration: Guy Baron
    
UNE LIBATION

À LA MÈRE

Peut-être, rompu le mystère, dans la lueur
de mon souvenir paraîtras-tu une ombre,
un rien vêtu de douleur.
Toi, la même, toi comme jamais :

le paysage seul changera de couleur.
Dans une nuée de cendre et de soleil,
identique, mais proche de la blancheur
du ciel tu passeras sans un mot.

Je te verrai subsister dans le vague
des regards le soir, dans le retard
des feux qui s’éteignent en une aiguille
de lumière rouge où tremble le regard.

***

UN BRINDISI

ALLA MADRE

Forse, infranto il mistero, nel chiarore
del mio ricordo un’ombra apparirai,
un nonnulla vestito di dolore.
Tu, non diversa, tu come non mai :

solo il paesaggio muterà colore.
In un nembo di cenere e di sole
identica, ma prossima al candore
del cielo passerai senza parole.

Io ti vedrò sussistere nel vago
degli sguardi serali, nel ritardo
dei fuochi che si spengono in un ago
di luce rossa a cui trema lo sguardo.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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DEHORS (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2017



Illustration
    

DEHORS

Un mot sans savoir où on est trop
Yeux feuilles vin rouges
Sentiment serrement dans sa cage
Etoiles: décrochez-moi ça

(Valérie Rouzeau)

 

Recueil: NEIGE RIEN
Editions: Editions Unes

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Petit poisson rouge (Oskar Kokoschka)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2017




    
Petit poisson rouge
couleur rouge poisson,
d’un couteau à triple lame
je te poignarde,
de mes doigts je te déchire en deux
afin de mettre fin
à ton tournoiement silencieux.

Petit poisson rouge
couleur rouge poisson
Mon petit couteau est rouge
Dans l’assiette voilà que tombe
Un petit poisson mort.

***

Red fishling
fishling red
with a triple-bladed
knife I stab you dead
with my fingers rend you in two
that there will be an end
to this soundless circling.

Red fishling
fishling red
My little knife is red
In the dish there falls a
Fishling dead.

(Oskar Kokoschka)

Traduction: My dear daughter 🙂

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C’est mon sang (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



Illustration: Alex Grey
    
Un sang pâle coule dans les lis,
un sang rouge coule dans tes veines,
un sang d’or brûle dans le soleil :

et c’est mon sang,
mon sang toujours,
qui coule au corps de tous les êtres.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Matière (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Matière, d’où vient ta beauté?
Qui a fait germer dans les profondeurs du sol
la fleur mystérieuse du diamant,
les rubis rouges, les bleues turquoises?

Par quelle magie de la boue fangeuse
la rose compose-t-elle la pourpre de ses lèvres !

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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J’ai vu en Hollande (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017




    
J’ai vu en Hollande dans une tête de mort
fleurir une tulipe rouge :
n’était ce pas l’image de ce monde?

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Voilà il est arrivé une chose extraordinaire (Pierre-Albert Birot)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2017



 

Caroline de Piedoue

Voilà il est arrivé une chose extraordinaire
instantanément tous les arbres des volets de la petite maison sont devenus plus joyeux que jamais
ils ne finissaient ni en largeur ni en hauteur ni en profondeur
puis ils se sont mis à tournoyer et ils m’ont pris
et m’ont lancé dans la joie verte rotative où je devins amoureux du centre

il n’y avait plus de ciel puis les volets redevinrent des planches de bois
au service de la maison les arbres furent de nouveau des sapins et des chênes
peut-être un peu las comme il arrive aux gens les lendemains de fête
le ciel sans rancune était au-dessus d’eux
et je me suis retrouvé assis en face dès que disparut la robe d’un rouge surhumain

(Pierre-Albert Birot)

Illustration: Caroline de Piedoue

 

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