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Poésie

Posts Tagged ‘rouge’

Très-aimée (Breyten Breytenbach)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




    
Très-aimée, je t’envoie une tourterelle vermeille
car personne ne tire sur un messager rouge
je lance haut dans l’air ma tourterelle vermeille je sais
que tous les chasseurs la prendront pour le soleil
vois, ma tourterelle s’élève ma tourterelle s’incline
sur son passage les océans scintillent
les arbres verdissent
elle bronze mon message sur ta peau

car mon amour voyage avec toi
mon amour s’attache à toi tel un ange
comme une aile, candide comme un ange
je te prie, prends mon amour
comme une voilure enveloppante

(Breyten Breytenbach)

 

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EROS GRAMOPHONE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2017



 

gramophone

EROS GRAMOPHONE

Comme est douceur un très vieux disque
Voix tournoyante, fatiguée, et qui s’efface
Ô tout ce noir amour ! C’est lui
Qui tourne dans la rue, c’est lui qui passe
Et la rue est de neige et les couleurs s’effacent
Rutilantes couleurs, tous vos drapeaux s’endorment !

S’endorment ; puis revivent. Le temps du rouge :
C’est le midi du jour et c’est rouge et c’est louve
– Cette blessure au plus féminin du soleil.
La voix, la voix chantait.
La voix chantait comme est douceur un très vieux disque
D’avant mourir, d’avant l’oreille fermée de cire.
Cela après l’été dans ses éclaboussures,
Et, aussitôt,
Le corps avec le corps inventa le printemps

Cela chanta, puis s’éteignit : un couple
Avait perdu sa tête unique. Il la chercha.
La retrouva. La reperdit. Ô mal d’amour !
Les amoureux ont la vie dispersée
Leur mort aussi, leur mort est dispersion.
Leur disque seul continue son noir sillon.

(Salah Stétié)

 

 

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Te voilà pris dans l’engrenage étincelant (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2017



Te voilà pris dans l’engrenage étincelant,
l’ongle d’abord, la main, puis le bras,
et ce qui compte n’est pas tellement la souffrance
somme toute légère en regard de l’horrible blessure,
mais la patiente précision de la machine.
Un matin de coqs et de collines,tu t’éveilles dans une aube rouge,
la lumière est rouge, le mur rouge,
le lit, la main, la porte…
Un torrent rouge après ces longues pluies
soudain te déracine et te charrie
vers quel rivage abandonné des vents,
parmi la blancheur immobile des marbres.

(Jean Joubert)

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Rouges lèvres d’enfants (Albert Giraud)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2017



    

Rouges lèvres d’enfants, lèvres simples et pures,
Qui buvez la jeunesse ainsi qu’une liqueur,
Rouges lèvres d’enfants, lèvres simples et pures.
Rouges lèvres d’enfants, pareilles à des mûres
Dont le sang saignerait doucement dans mon cœur…

(Albert Giraud)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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L’OPOPONAX (Thédore Hannon)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2017



Illustration: Sergey Smirnov 
    
L’OPOPONAX

Depuis le crêpelé havane
De ta nuque, rais de soleil.
Jusqu’aux neiges de ton orteil.
Ce baume vainqueur se pavane.
Roulant au versant de tes seins,
Il court le long de les bras, flâne
Par tes lèvres rouges, et plane
Sur tes grands baisers assassins.

La Japonaise en ses rançons
Se sert de tes acres salives
Pour pimenter ses chairs olives,
Pour ensorceler ses suçons.

Qu’importe ! si, pour me griser,
Quand ton beau corps jonche ta couche.
Tu me verses à ronde bouche
L’opoponax de ton baiser !

(Thédore Hannon)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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J’ai laissé de mon sein de neige (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



J’ai laissé de mon sein de neige

J’ai laissé de mon sein de neige
Tomber un oeillet rouge à l’eau,
Hélas! Hélas! Hélas!
Comment, comment le reprendrai-je,
Mouillé par l’onde du ruisseau!

Voilà le courant qui l’entraîne
Bel oeillet aux vives couleurs,
Pourquoi tomber dans la fontaine ?
Pour t’arroser j’avais mes pleurs.

J’ai laissé de mon sein de neige
Tomber un oeillet rouge à l’eau,
Hélas! Hélas! Hélas!
Comment, comment le reprendrai-je,
Mouillé par l’onde du ruisseau!

(Théophile Gautier)

Illustration: Hyacinthe Rigaud

 

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Tant de corps étonnés (Marcel Béalu)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2017



Daniel F. Gerhartz  (11) [1280x768]

Tant de corps étonnés
Sont entrés dans la terre
Que nous savons soudain
Pourquoi nous sommes là

Entre la rose rouge
Et l’oeil bleu de l’enfant
Jamais ne fut si blanche
La page du poème

(Marcel Béalu)

Illustration: Daniel F. Gerhartz

 

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Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol (Jean-Dominique Rey)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




Je salue ton corps d’oiseau prêt au vol
ta couleur d’apsara
descendue des temples aux pierres grèges
ta langueur d’herbe bénie
tes hanches de cyclades
lorsque
le soleil achève
entre les vagues
et le silence du premier matin
sa naissance
rouge

à tes narines rapides
j’offre
l’encens du désir
le copal des marches
ivre de sang

à tes yeux
l’eau tendre
qui sourd des rochers

à l’oreille
cachée sous la forêt
le chant rugueux
de la mémoire

au front
la neige ronde
d’un tympan

aux cils
la sentence
d’une plume tigrée

à tes lèvres
la rumeur
de l’horizon sans trace

là-bas
les moteurs tremblent
entre les vitres
du jour brouillé
près de la pampa
sèche
l’arbre acajou
ruisselle d’ombre
un colibri
remonte à l’envers
le temps
couleur de nuit

(Jean-Dominique Rey)

Illustration: Alan Lee

 

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Pierre d’encre (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2017



Illustration   
    
Pierre d’encre

Émeraude-bleu azur
Jaune-rouge-orangé

Couleurs de la lumière
Couleurs de la matière

Épousailles sans nom
De la chair et du sang

Passion brève d’un soir
Brûlée entre oeil-main

Orangé-rouge-jaune
Bleu azur-émeraude

Arc-en-ciel retourné
À la nue d’origine

Qui seul sait dire en rêve
La saveur sans-couleur

Qui sait dire en noir-blanc
L’indicible point gris

(François Cheng)

 

Recueil: A l’orient de tout
Editions: Gallimard

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Le Bouvier et la Fileuse (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2017


Le Bouvier
Et la Fileuse
Se font face sur la rivière
Lisse comme une fine natte
Depuis le temps où se sont séparés
Le ciel et la terre.
Leur amour
Ne connaît pas de repos
Leurs lamentations
Ne leur laissent pas de répit,
Par les flots bleus
Leurs désirs sont réduits à néant,
Dans les nuages blancs
Leurs larmes se sont taries.
En cette situation
Ils ne peuvent que soupirer.
En dépit de tout
Ils s’aiment l’un l’autre.
Que n’a-t-il une petite barque
Peinte en rouge,
Que n’a-t-il des avirons
Garnis de gemmes
Pour traverser
Quand vient le matin,
Pour ramer vers elle
Avec la marée du soir?
Au bord de la Voie Galactée
Eternelle
Elle étendrait son écharpe
Qui vole à travers le ciel.
Aux beaux bras se mêleraient,
Que de nombreuses nuits
Ils voudraient dormir ensemble
Même quand ce n’est pas l’automne.

(Yamanoue no Okura)

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