Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘rouge’

Au matin un soleil rouge (Joséphine Bacon)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018



    

Au matin un soleil rouge
L’amour prend sa place
Le bleu
La nuit me chante une berceuse
Le rêve ajoute d’autres couleurs
Demain, je sais
Tu es là

(Joséphine Bacon)

 

Recueil: Un thé dans la toundra – Nipishapui nete mushuat
Traduction:
Editions: Mémoire d’encrier

Publicités

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Glace rouge (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2018



 

L’an mil huit cent douze en Russie
quand les soldats faisaient retraite
au milieu des cadavres
d’hommes et de chevaux
avait gelé le vin robuste
la hache du sapeur
dut alors partager
entre tous même moribonds
le bloc de glace rouge
à forme de futaille
qu’aucun musée
n’eût pu jamais garder.

(Jean Follain)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les géraniums dans le jardin (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2018




    
Les géraniums dans le jardin devant la clinique
sont d’un rouge qui me transperce
Au premier regard ils étaient déjà rouges
mais était-ce la lumière changeante
ou mon regard transformé
Les géraniums se sont mis á créer du rouge
au fur et à mesure comme une sécrétion
comme une musique un rythme
et ils se balançaient très doucement
de droite à gauche
et cela faisait quelque chose de
presque trop vivant
comme lorsqu’on a conscience de rêver
peut-être que c’est ça la conscience de vivre

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Respiration (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018



Illustration
    
Respiration

Le vent est ainsi
il ne regarde pas il emporte
Cessez vos simagrées
le vent ne regarde pas
Il ne sert à rien de s’agripper
à la rampe de la mosquée
chaque doigt cédera
ou de croire que vous pourrez rester
dans votre villa cité des Pins
éternellement
Le vent emporte
il ne distingue pas le mort du vivant
l’homme de la femme
la cravate de la semelle
petits tourbillons de poussière
ou bourrasques, tempêtes
sur les esquifs bleus et rouges
dans l’orage qui entrechoque les mondes
ou la vivacité d’un ciel clair

Le vent est magnanime
il fait place nette

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Amaryllis (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



Illustration
    
Le mot amaryllis
la fleur amaryllis, aussi belle que son nom
charnue, rouge prune, rose du plaisir

coupe de sang soleil coulant
sur mes plaies pour les guérir

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

PRELUDE (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




PRELUDE

Je me rappelle, Erica !
Je me rappelle
l’instant du miracle, la date lumineuse
d’hier.
Pas un geste, pas un cri
ne s’efface de ma mémoire.

Je me rappelle et, plus fier
que le guerrier de la légende ou de l’épopée,
j’avance dans la lice avec le front marqué du signe de ta gloire.

La grâce
a pénétré jusqu’au coeur de ma vie.
Lame de lumière dans le sous-bois.
Epée étincelante enfoncée à tes flancs,
Bel Archer de Minuit !

Et toi, Reine dernière,
La torche flambe dans ta main.
Une route de feu s’ouvre droit sur l’infini.
Il souffle, il souffle un vent étrange !
Tourne, tourne l’héliotrope de Midi !
Et tourne et tourne le sable rouge !

Et Toi et Moi, ce soir,
Nous ne serons plus que deux rêves,
Deux rêves enfouis dans la poitrine de l’ivresse.
Deux rêves vivants
comme arbres drus sur la dune,
Gonflés de sève et de mystère !

(Jacques Rabemananjara)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je me chauffe les mains à un bouquet de roses ardentes (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



Feu de cheminée

Je me chauffe les mains
A un bouquet de roses ardentes
A un feuillage de flammes
Alors que le vent frappe à la vitre
Où se regardent les étoiles

Je me chauffe les mains
En regardant mûrir des fruits rouges
Dans le buisson du feu
Et un grand coquelicot éclore
Sur la plaque de l’âtre

Je m’endors et le feu s’éteint
Mais la cendre couve peut-être
Un bel oiseau de braise
Qui m’emportera.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

J’ai tant rêvé (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
J’ai tant rêvé

J’ai tant rêvé que je n’ai plus de rêves,
que le réel est mon rêve à présent.
Il a pour moi des douceurs de nuage
et le tranchant des lames de couteau.

J’ai tant marché que je n’ai plus de pas,
que mon errance est celle d’un oiseau.
De l’altitude il me faut le vertige
et je me veux l’aliment du soleil.

J’ai tant écrit que je n’ai plus de mots.
Quel est celui qui contient tous les autres ?
Je l’ai cherché depuis la glaise rouge
jusqu’à l’étoile en ne le trouvant pas,

mais je revis chaque aube de l’attendre.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Lanterne rouge (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017




    

Lanterne rouge

Auberge obscure avec mendiants de nuit
Etreignant des lambeaux de froid,
Tandis que les groupes inertes, pareils à une fleur de pluie,
Contemplent le passage d’un sourire.

Ces corps misérables possèdent
Des formes aux yeux sans lumière ou au sable tombé ;
Là chante une voix, et la vie, si les mains n’échouent pas,
Est gaie comme l’amour emprisonné.

Ces mendiants sont les rois sans couronne
En quête du bonheur au-delà de la vie,
En quête de la fleur jamais ouverte,
En quête de désirs achevés en nuages.

Les corps pâlissent comme des vagues,
La lumière est un prétexte de l’ombre,
Le rire meurt très lentement,
Et avec lui s’en va aussi ma vie.

Or les ombres ne sont ni mendiants ni couronnes,
Mais les années d’ennui et leur vie cette nuit ;
Et ma vie n’est plus qu’un homme mélancolique
Qui ne connaît rien d’autre que ses larmes.

***

Linterna roja

Albergue oscuro con mendigos de noche
Abrazando jirones de frío,
Mientras que los grupos inertes, iguales a una flor de lluvia,
Contemplan cómo pasa una sonrisa.

Poseen estos cuerpos miserables
Formas de ojos sin luz o de arena caída;
Vivir, allí canta una voz, si las manos no fallan,
Es alegre como un amor aprisionado.

Esos mendigos son los reyes sin corona
Que buscaron la dicha más allá de la vida,
Que buscaron la flor jamás abierta,
Que buscaron deseos terminados en nubes.

Los cuerpos palidecen como olas,
La luz es un pretexto de la sombra,
La risa va muriendo lentamente,
Y mi vida también se va con ella.

Mas las sombras no son mendigos o coronas,
Son los años de hastío esta noche con vida;
Y mi vida es ahora un hombre melancólico
Sin saber otra cosa que su llanto.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je vais t’aimer (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



Illustration: Oleg Zhivetin

    
Je vais t’aimer
je vais ne plus rien vouloir
dans mes yeux que ton visage
je vais ne supporter mes mains
que caressant ton corps
je vais n’accepter l’espace
que si tu l’occupes
je vais n’être rien
qu’à l’instant de te posséder
je vais
mourir interminablement je vais
vivre si tu vis contre moi
et quand ton plaisir viendra
comme les fleurs rouges sur le printemps vert
au sommet de ta chair je cueillerai
le bouquet de ta joie
afin d’y enfouir mon visage
en y mêlant mon bonheur devenir
un vivant ivre de vie
et crier que vivre est bon
lorsque vivre est vivre
lorsque vivre
est réunir nos deux sangs
lorsque vivre
est te traverser et te devenir
et ne savoir même plus que je te suis.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :