Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘beau’

Le beau (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2017



Le beau ne comble pas le Désir.
Il l’arrête,
le suspend,
un instant l’abolit.

(Roger Munier)


Illustration: Josette Mercier

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Tu restes bien coiffé (Valérie Rouzeau)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2017



Tu restes bien coiffé ,
habillé élégant,
beau comme prêt à partir

(Valérie Rouzeau)

Illustration: Paul Merwart

 

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La vie est plus belle que l’union du ciel et de la mer (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



La vie est plus belle que l’union du ciel et de la mer.
Vous la gâtez parce qu’il vous semble que vous devez vous l’approprier.
Mais non, cent fois non …
Ce n’est pas en se couchant sur les choses qu’on les possède …

En étreignant l’objet que vous désirez vous le souillez de vos misères,
vous lui donnez l’odeur rebutante de la terre qui vous recouvrira.
Et c’est bien le vertige de votre déchéance prochaine qui
vous suggère de saisir le beau comme une proie.

Vous prenez les choses entre vos mains pour vous rassurer contre leur souveraineté.
Vous les éteignez, cela vous donne un instant l’illusion que vous êtes un flambeau.
C’est ainsi que tout cela a commencé …
Vous vous souvenez de ce que nous avons dit.

Vous vous apercevez qu’il existe un être plus digne que vous de l’existence.
L’aubaine, c’est de s’aviser que tous les hommes, même les plus misérables,
vous semblent plus dignes que vous de porter un nom ; et que ce n’est pas diminuant.

Alors, vous grandissez hors de vous-même … Le jour s’ouvre.
C’est le moment délicieux où vous faites une différence
entre le crépuscule du matin et le crépuscule du soir.
n n’y a plus rien entre la lumière et l’eau et l’herbe et le vent…

Et vous pensez…

(Joë Bousquet)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Symphonie du printemps (Yannis Rítsos)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2017



    

Symphonie du printemps
(Chant XIV)

Nous tendons nos bras
au soleil
et nous chantons.

La lumière gazouille
dans les veines de l’herbe
et de la pierre.

Les cris de la vie
ont déployé les branches
arcs puissants.

L’écorce des arbres
verte et luisante
brille
— robe rayée déployée
sur des seins naissants de paysanne.

Comme nous aimons
nos corps sensuels.

Ne nous priez pas de partir.
Enfermés dans notre corps
nous sommes partout.

Chaque oiseau
qui plonge dans l’azur
chaque petite herbe
qui pousse au bord du chemin
nous apporte le message de dieu

Les êtres
passent près de nous
beaux aimés
revêtus
de notre rêve de notre jeunesse
et de notre amour.

Nous aimons
le ciel et la terre
les hommes et les bêtes
les reptiles et les insectes.
Nous sommes nous aussi
tout à la fois
et le ciel et la terre.

Notre corps orgueilleux
par la beauté de la joie.
Notre main toute puissante
par l’ardeur de l’amour.

L’amour dans son poing
contient l’univers.

(Yannis Rítsos)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

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Quand la vie a fini de jouer (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2017




    
Quand la vie a fini de jouer

Quand la vie a fini de jouer
la mort remet tout en place
La vie s’amuse
la mort fait le ménage
peu importe la poussière qu’elle cache sous le tapis
Il y a tant de belles choses qu’elle oublie
La belle vie

(Jacques Prévert)

 

Recueil: Fatras
Editions: Le Point du Jour

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LES MARINIERS ADORENT UN BEAU JOUR (Didier Le Blanc)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
LES MARINIERS ADORENT UN BEAU JOUR

Les mariniers adorent un beau jour,
Quand pleins d’espoirs s’en vont courir fortune,
Et des beautez que nous a fait Amour,
En ces bas lieux je n’en adore qu’une.

Les Cypriens n’adorent que Venus,
Lors qu’ilz avoyent l’ame d’amour attainte :
Et mes deux yeux en larmes devenus,
N’adorent rien icy bas que ma sainte.

Les prisonniers cherchent la liberté
Pour mettre fn à leur peine cruelle :
Moy je me plais en ma captivité,
Dans les liens d’une dame si belle.

Le Portugais envie la valleur,
Et la couleur de la perle d’Yndie.
Et je ne puis aymer autre blancheur
Que celle de la main qui me lie.

Venus, le jour et le soleil des cieux,
La liberté, et la perle indienne,
Ne me sont rien au pris de ses beaux yeux,
Nulle beauté n’est egalle à la sienne.

***

Bargees love a fne day
When, full of hope, they go off in search of fortune,
And of the beauties that Love has made us,
In these low places I adore only one.

The Cyprians adore only Venus,
When they had affected the soul with love:
And my two eyes having become in tears,
Adore nothing here below but my saint.

Prisoners seek freedom
To put an end to their cruel sentence:
I, however, enjoy my captivity
In the bonds of so fair a lady.

The Portuguese envies valour
And the colour of the pearl of India.
And I can love no other whiteness
Than that of the hand that binds me.

Venus, the day and the sun of the heavens,
Freedom, and the Indian pearl
Are worth nothing to me compared to her lovely eyes,
No beauty is equal to hers.

***

Die Seeleut‘ freu‘n sich über einen schönen Tag,
Wenn voller Hoffnung‘ sie sich aufmachen zur Fortüne.
Und von den Schönheiten, die uns Amor hat beschert,
Hienieden ich nur liebe eine.

Die Zyprioten lieben nur Venus,
Wenn ihre Seele von der Liebe ward getroffen,
Und meine beiden Augen in Tränen nun getaucht,
Lieben nur hienieden meine Heil‘ge.

Die Gefangenen trachten nach der Freiheit,
Zu beenden ihre grausam‘ Straf‘.
Mir gefällt es in meinem Kerker,
In den Banden einer Dame wunderschön!

Der Portugiese neidet den Wert
Und auch die Farbe der indisch‘ Perl‘.
Und ich kann lieben nur die Blässe
Der Hand, die bindet mich.

Venus, der Tag und auch der Himmel Sonne,
Die Freiheit, sowie die indisch‘ Perl‘
Bedeuten nichts mir im Vergleich zu ihren „teuren“
schönen Augen,
Kein‘ Schönheit kommt ihr gleich!

(Didier Le Blanc)

0:00:00 – Hélas Que Me Faut-il Faire?
0:02:36 – Passepieds De Bretagne
0:05:19 – Que Feray-Je?
0:11:36 – Allons Vielle Imperfaite
0:15:18 – Bien Qu’un Cruel Martire
0:21:51 – Spagnolette
0:25:26 – Sus! Mon Lut D’un Accord Pitoyable
0:28:45 – Les Mariniers Adorent Un Beau Jour
0:33:25 – Quel Secours Faut-Il Que J’Atende
0:38:34 – Tant Et Tant Il M’Ennuye Tant
0:42:24 – Mai Voyez Mon Cher Esmoy
0:46:43 – Fantaisie
0:49:53 – J’Ayme Trop Mieux Souffrir La Mort
0:52:04 – Ô Combien Est Heureuse
0:59:06 – Belle Qui M’Avez Blessé

Cœur – Airs De Cour Français De La Fin Du XVIe Siècle
Vincent Dumestre, Le Poème Harmonique

 

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La bonne humeur (Denis Diderot)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    
La soirée n’est jamais plus belle pour moi
que quand je suis content de ma matinée.

***

La bonne humeur
est l’épanouissement de l’âme contente.

(Denis Diderot)

 

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Encore un peu de temps (Jean Malrieu)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2017




    
Encore un peu de temps
et nous serons heureux.

Voici que nous dormions.

Le sommeil est un arbre
et sous l’écorce
nous étions beaux et nus.

Un chevreuil de sang
a charge de guetter,

son oreille nocturne n’entend
que le glissement hors saison

des heures qui ne sont à personne.
« Encore un peu de temps », dit la voix.

Elle dit aussi :
« Écris ce livre car les paroles restent,

celles qui sont nées sans lèvres.
Prononce la parole qui est source de vie ».

(Jean Malrieu)

 

Recueil: EN PAYS DE VERTIGE
Editions: Le Verbe et l’Empreinte

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Pour l’amour de mourir (Malcom Lowry)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



Pour l’amour de mourir

Les tourments de l’enfer sont implacables, vifs
Sont les feux de l’enfer; et pourtant les vautours
S’arc-boutant contre l’air pour virer sur leur aile
Sont plus beaux que le vol plané de ces mouettes
Abandonnées au vent dans la fraîcheur du jour
Plus beaux que les ventilateurs dans les asiles
Qui par leur soyeux va-et-vient
Tissent à l’espoir un destin;
Et jamais l’espoir n’a lancé
Sa gageure aussi haut que l’illusion vitale
Qui chevauche le vol du vautour. Si la mort
Peut voler pour l’amour de voler, est-il rien
Que la vie, pour l’amour de mourir, ne pût faire ?

(Malcom Lowry)


Illustration

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Le printemps (Guillaume de Lorris)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017



    

Le printemps

C’était le matin, eût-on dit,
Cinq ans ont bien passé depuis,
Au mois de mai, par un beau jour,
Au temps plein de joie et d’amour,

Au temps où toute chose est gaie,
Car on ne voit buisson ni haie
Qui, en mai, se parer ne veuille
Et couvrir de nouvelle feuille.

Les bois recouvrent leur verdure,
Qui sont secs tant que l’hiver dure,
La terre même se délecte
De la rosée qui l’humecte

Et oublie la pauvreté
Où elle a tout l’hiver été.
La terre alors devient si fière
Qu’elle change sa robe entière ;

Et sait si joliment la faire
Que de couleurs elle a cent paires,
D’herbes, de fleurs indes et perses,
Et de maintes couleurs diverses.

La robe qu’ainsi je décris
Donne à la terre tout son prix.
Les oiseaux, demeurés muets
Cependant que le froid régnait,

Et le temps mauvais et chagrin,
Sont, en mai, grâce au temps serein,
Si gais qu’ils montrent en chantant
Qu’en leur coeur a de joie tant

Qu’il leur faut bien chanter par force.
Le rossignol alors s’efforce
De chanter et mener grand bruit.
Lors s’en donne à coeur joie aussi

Le perroquet, et l’alouette.
Il faut que jeunesse se mette
À être gaie et amoureuse :
C’est la saison belle et heureuse.

Qui n’aime en mai a l’âme dure,
Quand il entend, sous la ramure,
Des oiseaux les doux chants piteux.

(Guillaume de Lorris)

 

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