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Poésie

Posts Tagged ‘merveille’

Forêt (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2019




    
Forêt

Dans la forêt après la pluie
les arbres brusquement
secouent leurs idées noires
en flaques flasques
sur nos épaules

Parvenus à la lisière
les premières semailles d’automne
brillent vert vif
et le ciel essaie
un arc-en-ciel tout neuf
qui va à merveille
à son gris clair

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme elle chante (Charles Van Lerberghe)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2019



 

Carry_Akroyd_Suffolk

Comme elle chante
Dans ma voix,
L’âme longtemps murmurante
Des fontaines et des bois !

Air limpide du paradis,
Avec tes grappes de rubis,
Avec tes gerbes de lumière,
Avec tes roses et tes fruits ;

Quelle merveille en nous à cette heure !
Des paroles depuis des âges endormies
En des sons, en des fleurs,
Sur mes lèvres enfin prennent vie.

Depuis que mon souffle a dit leur chanson,
Depuis que ma voix les a créées
Quel silence heureux et profond
Naît de leurs âmes allégées !

(Charles Van Lerberghe)

Illustration: Carry Akroyd

 

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Lobe (Patrick Le Divenah)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2019



 

Pierre-Auguste Renoir    head-of-a-young-woman-

Blasons du corps féminin

Lobe

plus fin plus délicat plus petite merveille ?
rien ; mais il lui suffit d’une modeste place
si tendre on pourrait l’engloutir quand on l’embrasse
une goutte oblongue pour affiner l’oreille

et pourtant il a charge de lourds artifices
à moins que ne l’occulte cette boucle dont
la courbe l’assimile fragile à peine on
ose poser le doigt sur ce doux appendice

c’est peut-être de peur qu’on ne le tire qu’il
se dérobe soudain rebelle à toute emprise
puis au détour d’un geste il reparaît docile

celui-ce se découpe un autre se profile
vers la joue qu’il annonce et qui le suit conquise
pièces de collection pour quelque lobophile

(Patrick Le Divenah)

Illustration: ArbreaPhotos

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

 

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Merveille! (Shabkar)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Merveille!
Derrière, les parois rocheuses,
Belles et massives.
Devant, la neige sur les cimes
De la chaîne majestueuse.
Aux quatre orients monte la brume,
Apparaissent les arcs-en-ciel.

(Shabkar)

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J’accueille avec ravissement (Albert Strickler)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019



 


Suzerain des riens somptueux
J’accueille avec ravissement
Les merveilles qui me renouvellent
Chaque jour leur allégeance de la veille

(Albert Strickler)

Illustration: ArbreaPhotos

 

 

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Merveille (Tomas Tranströmer)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2018


 


 

Albert Asensio  ALICIA

Merveille que de sentir mon poème qui grandit
alors que je rétrécis.

(Tomas Tranströmer)

Illustration: Albert Asensio 

 

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Non seulement (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018



Illustration: Léonard de Vinci
    

Non seulement cette belle main nue
Qui s’est gantée, à mon grand détriment,
Mais l’autre, et ces deux bras : qu’ils sont habiles,
Qu’ils sont prompts à étreindre mon coeur timide!

Mille pièges me tend Amour, aucun en vain,
Ce sont les tendres formes, pour moi si neuves,
De ce corps noble et chaste : si célestes
Qu’aucun art, aucune pensée, ne peuvent les rendre.

Yeux en paix, dont les cils répandent la lumière,
Bouche d’ange, superbe, qui laisse voir
Des perles et des roses, et prononce des mots

Si doux qu’ils font frémir de tant de merveille!
Puis ce front, et ces tresses : à midi, l’été,
Elles font oublier que le soleil brille.

***

Non pur quell’una bella ignuda mano,
che con grave mio danno si riveste,
ma l’altra et le duo braccia accorte et preste
son a stringere il cor timido et piano.

Lacci Amor mille, et nesun tende invano,
fra quelle vaghe nove forme honeste
ch’adornan si l’alto habito celeste,
ch’agiunger nol pò stil né ‘ngegno humano:

li occhi sereni et le stellanti ciglia,
la bella bocca angelica, di perle
piena et di rose et di dolci parole,

che fanno altrui tremar di meraviglia,
et la fronte, et le chiome, ch’a vederle
di state, a mezzo dí, vincono il sole.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

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L’apprenti fantôme (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2018



L’apprenti fantôme

Une lumière qui avance lentement comme l’eau
Dans un morceau de sucre. Une lumière
Qui me découvre peu à peu. Ai-je une bouche
Comme les gens d’ici ? Des bras, des jambes ? Quel miroir

Me rendra soudain à moi-même ? Quelle baguette
Magique, me fera redevenir semblable
À ceux qui m’ont fermé leur porte ? Et je tournais
Autour de leur maison comme un vent fou de désespoir

Ah Est-il merveille plus grande que ces yeux
Qui relient la face à l’univers qui l’entoure ?
Ils savent percer le lointain mais aussi comme une feuille
Ô la pluie pénètre ils savent retenir d’énormes visions.

Et l’oreille qu’émeut la voix de l’ami ou le grondement
Du tonnerre ? Et les mains qui pétrissent le pain ?
Et les pieds qui, soumis, silencieux comme deux chiens,
Conduisent l’homme sur les traces de la lumière ?

Hommes et femmes qui êtes d’ici et qui savez
Reconnaître chaque pierre et qui vous appelez
Avec des noms pleins jusqu’au bord de souvenirs.
Puis-je apprendre vos jeux, puis-je vous dire,

Quelle joie est la vôtre: le matin au réveil
Vos doigts qui retrouvent comme un clavier le monde
Le soleil du parler rayonne dans vos bouches
Chaque mot est aimé par vos pères et vos enfants.

(Ilarie Voronca)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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L’écureuil sur la branche (Henri Pichette)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



    

L’écureuil sur la branche
Flexible, me transporte.
Génie ! éclair qui tranche
Le bois mort de ma porte.

J’emprunte le chemin
Qu’aujourd’hui me réserve;
J’adapte au fruit la main,
L’oeil au jour, et j’observe.

Miel ! cire ! propolis !
En quête de merveille
L’aéroport d’un lis
Là-bas ! lorsque j’abeille.

Le lac est un trésor
Scintillant de poissons.
Le soleil, salves d’or,
Bombarde les moissons.

(Henri Pichette)

 

Recueil: Poèmes offerts
Traduction:
Editions: Gallimard

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Toi (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018



 

Maria Amaral_887-640x845

Toi

Toi c’est un mot
Toi c’est une voix
Toi c’est tes yeux et c’est ma joie

Toi c’est si beau
Toi c’est pour moi
Toi c’est bien là et je n’y crois

Toi c’est soleil
Toi c’est printemps
Toi c’est merveille de chaque instant

Toi c’est présent
Toi c’est bonheur
Toi c’est arc-en-ciel dans mon coeur

Toi c’est distant…
Toi c’est changeant…
Toi c’est rêvant et esquivant…

Toi c’est pensant…
Toi c’est taisant…
Toi c’est tristesse qui me prend…

Toi c’est fini.
Fini ? Pourquoi ?
Toi c’est le vide dans mes bras…
Toi c’est mon soleil qui s’en va…
Et moi, je reste, pleurant tout bas.

(Esther Granek)

Illustration: Maria Amaral

 

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