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Poésie

Posts Tagged ‘jambe’

Je ne m’adosserai à rien (Noriko Ibaragi)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022



Illustration: Ruth Francken
    
Je ne m’adosserai à rien
Finalement
Je ne m’adosserai à aucune pensée
Finalement
Je ne m’adosserai à aucune religion
Finalement
Je ne m’adosserai à aucun savoir
Finalement je ne m’adosserai à aucun pouvoir

Vivre longtemps m’a appris au plus profond du coeur
À ne croire qu’en ce que je vois et entends moi-même
À ne me tenir que sur mes propres jambes
Face à l’adversité
Si je devais m’adosser à quelque chose
Ce serait seulement à un dossier de siège.

***

(Noriko Ibaragi)

 

* le verbe yoru «s’adosser», «prendre appui sur», « dépendre de» contient un caractère d’écriture similaire au mot «siège»

Traduction de Camille Loivier

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Conforme à ta beauté (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022




    
Conforme à ta beauté

Conforme à ta beauté nocturne
Tu ouvres le soleil de tes jambes aiguës
Tu permets à l’été de déflammer l’été
Il n’y a plus la soif et l’eau
Il n’y a plus fièvre et fontaine
Mais, tout ensemble confondu
Ce qui fait mal et son vainqueur.
Je marche dans un monde blanc
Où brillent l’angle et la cétoine
Je m’unis à toi pour le temps
Jusqu’à la migration des pierres
Jusqu’à l’incendie des rivières
Jusqu’à l’âme, la chair de l’âme
Là où les corps ont leur envers.

(Luc Bérimont)

 

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’HUMEUR DU POEME (Jacques Taurand)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022



L’HUMEUR DU POEME

On communie
au café du matin
La ville est sur ses jambes
Le temps monte dans mes veines

Au comptoir
l’humanité s’échange
un rêve de pastis
côtoie celui d’un petit blanc

C’est comme hier cet aujourd’hui
et son odeur de croissant
Paris court à ses rendez-vous
Le regard du ciel est dans les yeux des gens

Le macadam règle ses pas
sur ceux du cœur
La Seine accroche aux berges
son mouvant taffetas de souvenirs
Et moi je vais tranquille
suivant l’humeur de mon poème.

(Jacques Taurand)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Illustration: Robert Doisneau

 

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Vent (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022




Vent

Cours, cours saisir un nez.
Cours, cours mordre une épaule,
cueillir un oeil cerné.
Cours, il faut que tu frôles
un visage, un menton.
Cours, cours, vent du dimanche,
rassembler les moutons
comme des pages blanches.
Tu as pris mes bras nus,
mes jambes qui t’enlacent,
et tu les as perdus.
Garde au moins mes grimaces.

(Alain Bosquet)

Illustration

 

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Une vieille femme (Yves di Manno)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022


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Trois enfants pendus à ses jambes
une vieille femme tourne
sa cuillère dans la marmite.

(Yves di Manno)

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JE ME TRANSFORMERAI (Claude de Burine)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2022



Illustration: Pascal Renoux
    
JE ME TRANSFORMERAI

Je me transformerai
En femme de sang
En femme de larmes
Je serai le givre
Le sable
Le feuillage du buis
Pour que tu m’écrases
J’embrasserai tes jambes
Tes genoux
Je serai
La forêt première
L’algue des origines

Tu veux pleurer
Tu veux gémir
Tu veux le houx
Comme couronne
La très précieuse
Lumière du vert
Tu ne sais pas
Que les doigts
Sur un front
Font un chant de Noël
Qu’une bouche
Dans la douceur des cuisses
Peut faire jaillir
Le lait des nébuleuses.

(Claude de Burine)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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PLUS TRANSPARENTE QU’UNE GOUTTE D’EAU… (Marc Rombaut)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022



Illustration: Egon Schiele
    
PLUS TRANSPARENTE QU’UNE GOUTTE D’EAU…

Plus transparente qu’une goutte d’eau
tu brilles de ton sexe déployé.
Tu es un fleuve blessé, tu es le jour
qui dispense l’air, tu brûles les mots
morts et les mots tu les traverses avec ton ventre.
Tes seins se gonflent au vertige de mes mains. Jambes
ouvertes, tu dispenses le miel et la braise, je m’habille de
ta chair et je me répands en toi, femme. Nous habitons
une déchirure que le soleil et l’eau polissent lentement
pendant que nos corps émigrés dans les caresses s’inventent
leur écriture.

(Marc Rombaut)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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COMMENCEMENT DES CHANTS DE LA GRANDE JOIE DU CŒUR (Egypte)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2022



    

COMMENCEMENT DES CHANTS DE LA GRANDE JOIE DU CŒUR
(Premier chant)

L’Unique, la bien-aimée, la sans pareille,
La plus belle du monde,
Regarde-la, semblable à l’étoile brillante de l’an nouveau,
Au seuil d’une belle année.
Celle dont brille la grâce, dont la peau rayonne,
A des yeux au regard clair,
Et des lèvres au doux parler.
Jamais elle ne prononce une parole superflue.
Elle, dont le cou est long, la poitrine lumineuse,
Possède une chevelure de lapis véritable.
Ses bras surpassent l’éclat de l’or,
Ses doigts sont semblables aux calices des lotus.
Celle dont les reins sont alanguis, et les hanches minces,
Celle dont les jambes défendent la beauté,
Celle dont la démarche est pleine de noblesse,
lorsqu’elle pose ses pieds sur la terre,

Chants d’amour de l’Egypte ancienne.
(Traduit de l’allemand par Paule KRIEGER)

(Egypte)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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L’homme à la jambe de bois (Katherine Mansfield)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2022




    
L’homme à la jambe de bois

Il y avait un homme qui vivait tout près de chez nous;
Il avait une jambe de bois et un chardonneret dans une cage verte.
Il s’appelait Farkey Anderson,
Il avait été faire une guerre pour avoir sa jambe.
Nous étions très tristes pour lui
Car il avait un si beau sourire
Et était trop grand pour vivre dans une maison si petite.
Quand il marchait sur la route sa jambe n’avait pas d’importance
Mais quand il marchait dans sa petite maison
Cela faisait un bruit affreux.
Petit Frère disait que son chardonneret était le plus bruyant de tous les oiseaux
Pour qu’il n’entende pas sa pauvre jambe
Et ne se sente pas trop affligé.

***

The Man with the Wooden Leg

There was a man lived quite near us;
He had a wooden leg and a goldfinch in a green cage.
His name was Farkey Anderson,
And he’d been in a war to get his leg.
We were very sad about him,
Because he had such a beautiful smile
And was such a big man to live in a very small house.
When he walked on the road his leg did not matter so much;
But when he walked in his little house
It made an ugly noise.
Little Brother said his goldfinch sang the loudest of all birds,
So that he should not hear his poor leg
And feel too sorry about it.

(Katherine Mansfield)

Recueil: Villa Pauline Autres Poèmes
Traduction: Philippe Blanchon
Editions: La Nerthe

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LES JAMBES DE BOIS (René de Obaldia)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



LES JAMBES DE BOIS

Quand on perd une jambe à la guerre
On en met une autre de bois
Car i1 parait qu’on a beau faire
Les jambes ne repoussent pas.

Mais peut-on me dire pourquoi
I1 ne pousse pas de feuilles sur les jambes de bois ?

Des feuilles toute vertes
Avec des tas d’insectes,
Des feuilles toute belles
Où les papillons viendraient réparer leurs ailes…

Le soleil voudrait se mettre de la partie
Il pourrait y grimper des fruits,
Et ça serait tout de même chic
D’avoir sur soi des poires
Qu’on prendrait sans histoires
Des pommes et des prunes et des petits pois chiches !

Si tous les hommes avaient une jambe de bois
Qu’on arroserait bien les jours qu’il ne pleut pas
Ca f’rait une forêt qui n’en finirait pas.

(René de Obaldia)


Illustration: Michel Michaux

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