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Poésie

Posts Tagged ‘franchir’

… car dehors et dedans (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2019


 


Richard Baxter  (21)

 

… car dehors et dedans, il y a faim pour qui ne franchit
pas le seuil…
… écoute la litanie de ta raison qui t’attribue des terres où
tu ne peux résider…

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Richard Baxter

 

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DIALOGUE DU MORT ET DU VIF (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2019




    
DIALOGUE DU MORT ET DU VIF

Viendrez-vous ? — Je vous connaissais :
je ne vous reconnais plus.
Viendrez-vous ? — Eh, qui donc parle ?
Je ne sais qui vous êtes.

Viendrez-vous de notre côté ?
— Vous êtes un faux visage
qui fait semblant de vivre,
je n’ai rien à vous dire.

Vous viendrez, je le sais
vous rejoindrez nos rangs
qui croissent tous les jours
et piétinent dans l’ombre.

— Alors je franchirai
le seuil infranchissable
nous sommes l’un à l’autre
fermés impénétrables
je parle déjà seul
il faudra bien me taire.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Franchissons la Grande Horizontale (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019


 


 

fleur cratère

Franchissons la Grande Horizontale et brisons la carapace.
Ô grâce, guide le voyage démesuré dans le labial des roses.
Eclair de ne pas être, incendie le phosphore des fosses nasales et
fonds peines et joies en de fins alliages.
Grand salut, mes aïeux, pour ces dahlias blancs, vos zones de silence
et le sommeil léger de votre éternité.
Grand salut, Terre-matrice avec tes seins, les clochers, jusqu’au
langage élargissant toutes les âmes en un Seul Dieu.
Epoque délirante, entends les accords volcaniques

(Georges Libbrecht)

Illustration

 

 

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Enfin j’ai pu entendre son nom (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018


amour

« Enfin j’ai pu entendre son nom –
Sans – progrès Enorme –
Cette sensation d’Arrêt – en mon Ame –
Et ce Tonnerre – dans la Chambre –

Enfin j’ai pu franchir
Cet Angle du plancher
Où il a tourné ainsi – et moi – ne sais –
Et tous nos Nerfs se déchiraient –

Enfin j’ai pu remuer le Coffret –
Où ses lettres s’entassaient
Sans cette pression, dans mon souffle –
Comme des Rivets – qu’on enfonce –

Ai pu vaguement me rappeler une Grâce –
Je crois qu’on la nomme « Dieu »,
Connue pour adoucir l’Extrémité –
Quand la Formule, a échoué –

Et joindre mes Mains –
En geste de prière,
Quoique ignorant un mot
Par l’Ordination – prononcé –

Mon Affaire, avec le Nuage,
S’il est derrière, un quelconque Pouvoir
A l’abri du Désespoir –
Qui se soucie, lointainement,
D’un incident aussi mineur
Que le Malheur –
Trop grand, lui-même, pour s’arrêter – plus longtemps –

(Emily Dickinson)

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Lui (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 21 décembre 2018


oeil-de-dieu

Ah, Lune – et toi, Etoile!
Vous êtes bien loin –
Mais – n’y eût-il rien de plus lointain que vous –
Croyez-vous qu’un firmament m’arrêterait –
Ou même – une Coudée !

J’emprunterais un Bonnet – à l’Alouette –
Au Chamois une bottine d’argent –
Un éperon à l’Antilope –
Et bondirais vers vous – ce soir !

Mais – Lune – et toi, Etoile –
Bien que vous soyez si loin –
Il en est un – de plus lointain que vous –
De Lui – plus qu’un firmament – me sépare –
Et je ne puis le franchir!

(Emily Dickinson)

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Amour – tu es profond – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


amour

Amour – tu es profond –
Je ne puis te franchir –
Mais, en étant Deux
Au lieu d’un Seul –
Yacht, et Rameur – par un royal Eté –
Qui sait – si nous n’atteindrions pas le Soleil?

Amour – tu es Voilé –
Peu – te contemplent –
Sourient – et changent – et jasent – et meurent –
Le Bonheur – serait Bizarrerie – sans toi –
Surnommé par Dieu –
Eternité –

(Emily Dickinson)

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Chatte (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018



    

Chatte rassemblée
patte soulevée
à ras de l’instant

Prête à s’élancer
afin de franchir
la marche du temps

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Les astres (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2018




Les astres pâles dirent :
 » Nos distances de nuit,
Ces déserts de l’espace,
D’un bond l’oeil les franchit.

Mais qui s’en est allé
Du sombre vol de l’âme
Voyage par delà
L’éclat de notre feu.  »

J’ai dit :  » D’où il chemine
Qu’aucun de mes chagrins
N’appelle une pensée
Jusqu’à nos ciels obscurs,

Nulles larmes humaines
Sur ces ailes qui passent,
Libres du poids de terre
Et de la roue des astres.  »

***

The faint stars said,
 » Our distances of night,
These wastes of space,
Sight can in an instant cross,

But who has passed
On soul’s dark flight
Journeys beyond
The flash of our light.  »

I said,  » Whence he is travelling
Let no heart’s grief of mine
Draw back a thought
To these dim skies,

Nor human tears
Drench those wings that pass,
Freed from earth’s weight
And the wheel of stars.  »

(Kathleen Raine)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Si mon amour pouvait franchir le soi désert (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2018




Je les vois maintenant à travers un vide
Plus large, plus profond que le temps et l’espace.
Tout ce que j’ai fini par être
Sépare mon coeur et la rose,
La flamme, l’oiseau, le brin d’herbe.
Les fleurs sont voilées ;
Dans un univers d’ombres, les apparences
Passent sur une grande toile vide
Où l’image vacille, disparaît,
Où rien n’existe, et tout n’est que semblant.
Mais toujours l’esprit, désireux d’aller plus avant,
Les a suivies, tandis qu’elles s’éloignaient
Au fond de leurs espaces intérieurs,
Il arrachait les pétales des fleurs, les ailes des mouches,
Pourchassait le coeur au scalpel,
Disséminait sous une loupe la poussière de la vie ;
Mais les plus inaccessibles, étranges
Écailles iridescentes, cellules, fuseaux, chromosomes,
Simplement toujours sont :
Avec la grêle, les cristaux de neige, les montagnes, les étoiles,
Le renard au crépuscule, les éclairs, les moucherons dans l’air du soir
Tous partagent le mystère de la nature,
Proclament JE suis, et demeurent sans nom.

Parfois, de très loin,
Les créatures me font signe :
Une violette sourit au bord pâle de l’obscurité,
Une goutte de pluie suspendue au toit m’appelle,
Et un jour, dans l’herbe haute humide,
Un jeune oiseau m’a regardée.
Leur être est digne d’amour, est amour ;
Et si mon amour pouvait franchir le soi désert
Qui sépare tout ce que je suis et tout ce qui est,
Elles sauraient pardonner et bénir.

***

I see them now across a void
Wider and deeper than time and space.
All that I have come to be
Lies between my heart and the rose,
The flame, the bird, the blade of grass.
The flowers are veiled;
And in a shadow-world, appearances
Pass across a great toile vide
Where the image flickers, vanishes,
Where nothing is, but only seems.
But still the mind, curious to pursue
Long followed them, as they withdrew
Deep within their inner distances,
Pulled the petals from flowers, the wings from flies,
Hunted the heart with a dissecting-knife
And scattered under a lens the dust of life;
But the remoter, stranger
Scales iridescent, cells, spindles, chromosomes,
Still merely are:
With hail, snow-crystals, mountains, stars,
Fox in the dusk, lightning, gnats in the evening air
They share the natural mystery,
Proclaim I AM, and remain nameless.

Sometimes from far away
They sign to me;
A violet smiles from the dim verge of darkness,
A raindrop hangs beckoning on the eaves,
And once, in long wet grass,
A young bird looked at me.
Their being is lovely, is love;
And if my love could cross the desert self
That lies between all that I am and all that is,
They would forgive and bless.

(Kathleen Raine)

Illustration

 

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Celui qui va vite (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018



Illustration: Nathan Oliveira
    
celui qui va vite
sa bouche l’attend

le rire est dedans

mais comment franchir
ce qu’on porte en soi

et qui court devant
l’idée qu’on s’en fait

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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