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Posts Tagged ‘gouffre’

Des profondeurs de l’enfer de la terre (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021


 


Kathryn Jacobi 17

Des profondeurs de l’enfer de la terre
Je crie vers vous, lumière
De midi, nuages, ciel étoilé,
Gouffre du ciel insensible
A nos maux comme aux sources du blé,
Fureur des éléments et dont l’homme est la cible,
Calme trompeur des eaux suspendues
Et des trous dans le ciel
Par où filtre l’espoir, ce fiel
Que distillent les nues,
Dont chaque étoile
Est une goutte qui tombe
Dans notre bouche ouverte comme un puits
Plus sec que le fond de la tombe,

(Franz Hellens)

Illustration: Kathryn Jacobi

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POUR SAVOIR (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



 

POUR SAVOIR

À quels gouffres descendre?
A quelle folie consentir ?
À quelle porte guetter?
À quelle douceur mourir?

Parvenues enfin au soleil des racines,
N’aurons-nous pas perdu la lucarne
Qui donne sur nos souvenirs ?

(Andrée Chedid)

Illustration: Lucian Freud

 

 

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De jour tu écris le poème qui écrit en toi la nuit (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 14 juin 2021



Entrer enfin
s’enfoncer
dans le verbe
Se perdre
dans la chair
des mots
toute en femme et toute en lumière

Faire
laisser se faire
les gouffres, les ponts
les passages
l’abîme
De jour tu écris le poème
qui écrit
en toi
la nuit

(Henry Bauchau)


Illustration: Mustapha Merchaoui

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L’homme est en mer (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



L’homme est en mer. Depuis l’enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu’il sorte, il faut qu’il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir
Quand l’eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l’hameçon,
Surveillant l’âtre où bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
l s’en va dans l’abîme et s’en va dans la nuit.
Dur labeur ! tout est noir, tout est froid ; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence,
L’endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plaît le poisson aux nageoires d’argent,
Ce n’est qu’un point ; c’est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l’ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent !
Comme il faut combiner sûrement les manoeuvres !
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres ;
Le gouffre roule et tord ses plis démesurés,
Et fait râler d’horreur les agrès effarés.
Lui, songe à sa Jeannie au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l’appelle ; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du coeur.

(Victor Hugo)

Illustration: Albert Pinkham Ryder

 

 

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Descendre les yeux ouverts (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2021



Illustration: Georges Rey
    
descendre
les yeux ouverts
à l’intérieur
du gouffre

s’arracher
aux illusions
aux mensonges
aux complaisances

se laisser broyer
par la souffrance
qui naît de tout
ce qu’il faut rejeter

consentir
au silence
à la solitude
à l’effroi

dans cette juste
lumière
demeurer
nu

(Charles Juliet)

 

Recueil: Moisson
Traduction:
Editions: P.O.L.

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QUI (Roger Milliot)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2021



Illustration: Marie Coisnon
    
QUI

Qui parle en moi, qui me regarde, d’où ?
Qui dit le bien, le mieux, le pire ?
Qui veut l’amour, qui nie l’amour ?
Qui perce des issues, qui ouvre des gouffres ?
Qui se sent étranger ?
Qui habite le vide
Où ce grand cri résonne ?
Qui tient haut les étoiles ?
Qui veut la vie, qui veut la mort ?

(Roger Milliot)

 

Recueil: Je est un autre Anthologie des plus beaux poèmes sur l’étranger en soi
Traduction:
Editions: Seghers

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La source tombait du rocher (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2021



    

La source tombait du rocher

La source tombait du rocher
Goutte à goutte à la mer affreuse.
L’océan, fatal au nocher,
Lui dit : – Que me veux-tu, pleureuse ?

Je suis la tempête et l’effroi ;
Je finis où le ciel commence.
Est-ce que j’ai besoin de toi,
Petite, moi qui suis l’immense ? –

La source dit au gouffre amer :
– je te donne, sans bruit ni gloire,
Ce qui te manque, ô vaste mer !
Une goutte d’eau qu’on peut boire.

(Victor Hugo)

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Coeur (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020


Gouffre de peur, d’effroi
Abîme de douleur
sans fond le mal
à ciel ouvert
à terre fendre

Au plus fort du carnage
Qui d’autre, jusqu’au cœur
peut le sonder
sinon ce cœur
de chair, de pierre

Nôtre?

(François Cheng)

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Tout cri rejoint le cri originel (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2020



Illustration
    
Tout cri rejoint le cri originel,
toute souffrance l’initiale souffrance.
Dans le gouffre sans fond, seule la Pitié sans fin
nous relie à la Vie qui toujours recommence.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le Temps (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2020




    
Le Temps

Je bouscule le Temps
Pour qu’il se hâte
Oublieuse de ses marques
Sur mon corps déjà piégé

Je défie le Temps
Souverain il me toise
Tandis que je m’effrite
Année après année

Je dynamite le Temps
Il explose
Je me moque de ses gouffres
J’invente des échappées

J’ai effacé le Temps
Je n’ai plus d’âge
Je suis au présent
Je vise l’inexploré !

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Rythmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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