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Poésie

Posts Tagged ‘peiner’

Je chante haut pour m’entendre (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2019



 

Giampaolo Ghisetti -  (18)

Je chante haut pour m’entendre,
Car la nuit est noire et sans voix ;
— La route est molle et la terre est tendre
Il a plu trois jours sur les bois.

Je frappe le sol en cadence
Du bout de mon bâton ferré
— Ici, l’ombre des bois est si dense
Qu’en plein jour on n’y verrait.

Je guette des voix à l’orée
Plus pâle, là-bas, vers la plaine ;
— Rien ne sonne à travers la forêt
Que ma voix et mes pas qui peinent.

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Giampaolo Ghisetti

 

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Une nuit, sous la terrible lune (Stuart Merrill)

Posted by arbrealettres sur 12 septembre 2019



 

Yuri Dubinin - (13)

Une nuit, sous la terrible lune
Qui saignait parmi les brumes roses,
Tu parlais, ô soeur, de tristes choses
Comme une enfant prise de rancune.

Au loin les appels des mauvais hommes
Nous montaient des vergers de la plaine
Où les arbres tordus par la haine
Tendaient, fruits du mal amour, leurs pommes.

Tu n’entendis pas le bruit des roues
Rapportant vers les petits villages
La récolte des moissonneurs sages
Qui peinent le temps où tu te joues.

Tu cueillais les pavots de la route
Pour en festonner, plein tes mains molles,
Notre maison où l’on voit les folles
Mendier, soeurs du deuil et du doute.

Comme devant une étrange auberge
Tu fis, vocatrice de désastres,
Le signe qui flétrit les bons astres
Dans le jardin d’azur de la Vierge.

Puis effeuillant au seuil de la porte
Les fleurs de l’ombre l’une après l’une,
Tu chantas quelque chose à la Lune,
Quelque chose dont mon âme est morte.

(Stuart Merrill)

Illustration: Yuri Dubinin

 

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Par Ta gloire (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2019



 

carl-gustav-jung-fleur-or [1280x768]

Par Ta gloire et par Ta toute-puissance !
Je ne me laisserai pas distraire de Toi

Ni de jour ni de nuit
Sinon par l’effet du seul mourir

Et d’ici là, à Ta rencontre
J’irai. Peinant.

(Râbi’a)

Illustration: Carl Gustav Jung

 

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Bourdon, je t’envie (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Bourdon, je t’envie,
comme tu promènes,
noire fantaisie,
ta miette de vie
dans les compliqués
chemins de l’été!

Cependant que moi
je peine, je traîne
un araire lourd
au fond de moi-même

dans l’étroit labour,
un pas pour la haine,
un pas pour l’amour.

Le soleil me noie,
l’été me fait peur,
bourdonnante joie,
va bouffer les fleurs.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES SONGES DE L’INANIMÉ (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019




    
LES SONGES DE L’INANIMÉ

Le vagabond des millions d’années
l’Inanimé
s’efforce Il monte il trébuche à travers
le va-et-vient l’affiche lumineuse
des nuits et des jours.

ll s’approche il monte, l »Inanimé, le vagabond,
il heurte de son bâton
les bords du chemin éboulé
ll peine il gémit il s’efforce
d’être un jour ce qu’il rêve,
de prendre vie.,
de troquer l’insensible contre la douleur
d’échanger l’innombrable
contre l’unique,
contre un destin.

Futur empereur future idole
le caillou vagabond
limé couturé par l’embrun
veut gravir les degrés prendre figure
faire éclore sur sa face camuse
une bête qui brame
un philosophe qui bougonne
un saint qui se tait
un dieu qui souffre et qui meurt

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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De quelle fête (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019




    
De quelle fête en pauvreté nous approchons-nous,
De quel matin empli de larmes et de lumière,
De quel soleil
Tandis que le vent de la nuit
Peine à trouver
Entre nos mains remplies
Le moindre passage
Pour consoler en nous
L’enfant perdu de la promesse ?

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Levain de ma joie
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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Le cygne (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Le cygne

Cette peine de traverser, lourdement
et comme lié, ce qui n’est pas encore fait
ressemble à la démarche inachevée du cygne.

Et la mort, cette fuite du sol sur lequel
chaque jour on s’appuie est comme
l’instant où il se laisse anxieusement glisser

et les eaux qui l’accueillent avec douceur
heureuses et humbles, onde par onde

s’effacent sous lui; pendant que
infiniment silencieux et sûr
toujours plus royal, plus assuré
et plus indifférent, il daigne s’avancer.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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L’attente (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’attente

Salut au matin même le plus pauvre
tout taché de neige et de forêts noires
changeant l’horizon en mur décrépi
où le plâtre bis des longs champs s’écaille

salut au matin posé sur ma table
à sa joue frottée sur le papier blanc
à la plaine creuse où peinent les hommes
aux collines fades pliant sous la brume

chaque aube rapproche l’homme que j’attends
la montée du jour au fond de mes paumes
les raisons tombées leurs faisceaux formés
et celui qui dit : voilà, c’est là, c’est là !

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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Je suis là (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 22 août 2018



 

suicide

Je suis là

Je suis là
peinant dans la trace
d’un autre
erratique.
Demi-dieu
inventé
dans les combles
d’un bordel
de bons
sentiments.
Il s’est passé des choses
que ma morale réprouve.
Puis
c’est passé…
C’est le seul suicidé
de ma paroisse
qui m’ait dit :
«Surtout !
Survis !»
Une croix
d’eau bénite
une prière à Marie
près de moi un calibre.
Je ne le prendrai pas
je le laisse
comme moi
presque vide.

(Balbino)

 

 

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Vierge-de-la-mer (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



La floraison du bâton

[ 22]
Mais l’hôte, Simon, pensa,
il faut se fixer une limite quelque part ;

il avait vu quelque chose de semblable
sur une image païenne

ou à l’entrée d’un temple marin interdit,
sculpté sur le portail en pierre ;

on appelait la créature
ainsi représentée,

assise au bord de la mer
ou sur un rocher, une Sirène,

une vierge-de-la-mer, mer-maid ;
d’aucuns disaient que cette sirène chantait

et que le chant d’une sirène était fatal
et que des épaves jonchaient le sillage de tels cheveux ;

elle n’était pas invitée,
il se pencha pour chuchoter

à l’oreille de son Convive,
je ne la connais pas.

[23]
Toujours une foule attendait devant chaque porte
par laquelle son Convive était entré ;

il ne voulait pas créer une scène,
il demanderait à quelqu’un de l’expulser discrètement

Simon, bien que tendu et excité,
avait pris note de tous ses convives ;

tout s’était très bien passé jusqu’à présent,
mais ceci était embarrassant ;

elle était en fait en train de baiser Ses pieds ;
Il ne comprend pas ;

ils l’appellent Maître,
mais Simon questionna :

s’il était prophète, il saurait bien qui est,
et quelle est cette femme qui le touche.

[24]
Simon l’ignorait mais Balthasar
ou Melchior aurait pu lui expliquer,

ou mieux encore, Gaspar ou Kaspar,
qui, dit-on, apporta la myrrhe ;

Simon voulait éviter une scène
mais Kaspar savait que la scène était inévitable

et déjà écrite sur une étoile
ou une configuration d’étoiles

qui revient rarement, peut-être une fois
en un peu plus de deux mille ans.

[25]
Simon pouvait dire, oui,
elle avait l’air d’une image

païenne ou idole sculptée
dans un temple marin interdit ;

et Simon avait peut-être entendu
que cette femme de la ville,

était accablée de démons ou l’avait été ;
mais Kaspar pouvait appeler

les diables daemons,
et pouvait même nommer les sept

dans sa barbe, car techniquement
Kaspar était un païen ;

il pouvait chuchoter tendrement, ces noms
sans crainte de la damnation éternelle,

Isis, Astarté, Cyprus
et les quatre autres ;

il pouvait les renommer,
Ge-meter, De-meter, mère-terre

ou Vénus
dans une étoile.

[26]

Mais il n’est pas juste de comparer
Kaspar à Simon ;

ce Simon n’est pas Simon Pierre, évidemment,
ce n’est pas Simon le Zélote, le Cananéen

ni Simon, de Cyrène
ni le Simon plus tardif, le sorcier,

ce Simon est Simon le lépreux ;
mais Simon faisant partie de la bande,

était, l’on suppose, guéri de ce fléau,
guéri dans son corps, tandis que l’autre,

la sirène peu virginale, Marie de Magdala
était guérie dans son âme ; d’elle, le Maître

avait chassé sept démons ;
mais Simon, bien que guéri dans son corps,

n’était pas préparé pour savoir
que ces diables eux-mêmes ou daemons,

comme les aurait appelés Kaspar,
faisaient dorénavant définitivement partie du table

ils avaient pénétré séparément ou ensemble
la belle jeune fille, peut-être sans lubricité,

mais en franchissant le seuil
de ce temple pas si désagréable,

ils désiraient peut-être rendre hommage,
tout comme l’avaient fait Kaspar,

et Melchior
et Balthasar.

[27]
Et Kaspar (car évidemment le marchand était Kaspar)
tout d’abord ne la reconnut pas ;

elle était frêle et svelte, ne portait ni bracelet
ni autre ornement, et avec ce foulard

enveloppant sa tête, drapant ses épaules,
elle était impersonnelle, pas une servante

envoyée faire une course mais, pour ainsi dire,
une confidente, envoyée par quelque grande dame ;

elle était la discrétion même
dans sa robe et sa coiffure sombres ;

Kaspar ne la reconnut
qu’une fois que son foulard eût glissé à terre,

et alors, non seulement il reconnut Marie
comme l’avaient dit les étoiles (Vénus à l’ascendant

ou Vénus en conjonction avec Jupiter,
ou tout autre nom qu’il donnait à ces feux errants),

mais quand il vit la lumière dans ses cheveux
pareille à un clair de lune sur une rivière perdue,

Kaspar
se rappela.

[28]
Et Kaspar entendit
l’écho d’un écho dans un coquillage,

en elle étaient pardonnés
les péchés des sept démons chassés d’elle ;

et Kaspar vit comme dans un miroir,
une autre tête découverte et deux têtes couronnées,

l’une d’un simple tortil, l’autre d’un tortil de gemmes
que même lui n’aurait pu nommer ;

et Kaspar, maître des caravanes,
avait connu des splendeurs que peu ont connues,

et vu des joyaux taillés ou non qui changeaient
comme l’eau au lever et au coucher du soleil,

et des pierres de sang et des saphirs ;
point besoin d’énoncer de détails quant au savoir précis de Kaspar

ni d’inventaire de ses propres possessions,
tout ce qu’il nous faut savoir est que Kaspar

en savait plus sur les pierres précieuses que quiconque,
davantage encore que Balthazar ;

mais son coeur était plein d’une extase plus exaltée
qu’aucun expert devant une nouvelle teinte de rose ou de gris fumé

sur une opale ou une perle indienne ; c’était Kaspar
qui vit comme dans un miroir,

une tête sans couronne et une autre avec un simple tortil
puis une tête avec un tortil de gemmes d’une couleur inimitable ;

elles étaient bleues et pourtant proches du violet,
pourtant très bleues ; si on vous demandait de les décrire,

vous diriez que c’étaient des pierres bleues
d’une taille carrée étrange et serties de sorte que la lumière

surgissait comme du dedans ; les facettes intérieures semblaient
miroiter et lancer d’incalculables angles de lumière,

ce bleu traversé de violet ;
comment exprimer ce qu’il ressentait ?

il vit comme dans un miroir; distinctement, oh très distinctement,
un tortil de pierres taillées carré sur la tête d’une dame,

et ce qu’il vit mit tant de bonheur dans son coeur
que ce fut comme s’il souffrait,

son coeur peinait tellement
avec son extase.

[29]
Ce n’était pas uniquement du fait de la beauté
bien que cela eût aussi compté,

c’était la découverte, la découverte qui l’exaltait
car il savait que la vieille tradition, la vieille, vieille légende,

son père l’avait eue de son grand-père
et son grand-père de son arrière grand-père (et ainsi de suite),

était vraie ; on n’en parlait jamais, même en chuchotements secrets ;
la légende était contenue dans de vieux signes et symboles,

et seule la plus pénible application pouvait les déchiffrer;
et seuls quelques-uns pouvaient même tenter de le faire,

après une enfance et une jeunesse dédiée
aux plus rigoureuses séances de concentration

et l’étude du thème et de la loi
des relations de temps et de la rétention de mémoire ;

mais pour finir, Kaspar aussi reçut le titre de Magian
(il est traduit dans l’Écriture, Homme Sage).

***

But Simon the host thought,
we must draw the line somewhere;

he had seen something like this
in a heathen picture

or a carved stone-portal entrance
to a forbidden sea-temple ;

they called the creature,
depicted like this,

seated on the sea-shore
or on a rock, a Siren,

a maid-of-the-sea, a mermaid;
some said, this mermaid sang

and that a Siren-song was fatal
and wrecks followed the wake of such hair;

she was not invited,
he bent to whisper

into the ear of his Guest,
I do not know her.

There was always a crowd hanging about outside
any door his Guest happened to enter;

he did not wish to make a scene,
he would call someone quietly to eject her;

Simon though over-wrought and excited,
had kept careful count of his guests;

things had gone excellently till now,
but this was embarrassing;

she was actually kissing His feet;
He does not understand;

they call him a Master,
but Simon questioned:

this man if he were a prophet, would have known
who and what manner of woman this is.

Simon did not know but Balthasar
or Melchior could have told him,

or better still, Gaspar or Kaspar,
who, they say, brought the myrrh;

Simon wished to avoid a scene
but Kaspar knew the scene was unavoidable

and already written in a star
or a configuration of stars

that rarely happens, perhaps once
in a little over two thousand years.

Simon could say, yes,
she looked like a heathen

picture or carved idol
from a forbidden sea-temple;

and Simon might have heard
that this woman from the city,

was devil-ridden or had been;
but Kaspar might call

the devils daemons,
and might even name the seven

under his breath, for technically
Kaspar was a heathen;

he might whisper tenderly, those names
without fear of eternal damnation,

Isis, Astarte, Cyprus
and the other four;

he might re-name them,
Ge-meter, De-meter, earth-mother

or Venus
in a star.

But it is not fair to compare
Kaspar with Simon;

this Simon is not Simon Peter, of course,
this is not Simon Zelotes, the Canaanite

nor Simon of Cyrene
nor the later Simon, the sorcerer,

this Simon is Simon, the leper;
but Simon being one of the band,

we presume was healed of his plague,
healed in body, while the other,

the un-maidenly mermaid, Mary of Magdala
was healed of soul; out of her, the Master

had cast seven devils;
but Simon, though healed of body,

was not conditioned to know
that these very devils or daemons,

as Kaspar would have called them,
were now unalterably part of the picture;

they had entered separately or together
the fair maid, perhaps not wantonly,

but crossing the threshold
of this not un-lovely temple,

they intended perhaps to pay homage,
even as Kaspar had done,

and Melchior
and Balthasar.

And Kaspar (for of course, the merchant was Kaspar)
did not at first know her;

she was frail and slender, wearing no bracelet
or other ornament, and with her scarf

wound round her head, draping her shoulders,
she was impersonal, not a servant

sent on an errand, but, as it were,
a confidential friend, sent by some great lady;

she was discretion itself
in her dark robe and head-dress;

Kaspar did not recognise her
until her scarf slipped to the floor,

and then, not only did he recognise Mary
as the stars had told(Venus in the ascendant

or Venus in conjunction with Jupiter,
or whatever he called these wandering fires),

but when he saw the light on her hair
like moonlight on a lost river,

Kaspar
remembered.

And Kaspar heard
an echo of an echo in a shell,
in her were forgiven
the sins of the seven
daemons cast out of her;

and Kaspar saw as in a mirror,
another head uncovered and two crowned,

one with a plain circlet, one with a circlet of gems
which even he could not name;

and Kaspar, master of caravans,
had known splendour such as few have known,

and seen jewels cut and un-cut that altered
like water at sun-rise and sun-set,

and blood-stones and sapphires;
we need no detailed statement of Kaspar’s specific knowledge

nor inventory of his own possessions,
all we need to know is that Kaspar

knew more about precious stones than any other,
more even than Balthasar;

but his heart was filled with a more exalted ecstasy
than any valuer over a new tint of rose or smoke-grey

in an Indian opal or pearl; this was Kaspar
who saw as in a mirror,

one head uncrowned and then one with a plain head-band
and then one with a circlet of gems of an inimitable colour;

they were blue yet verging on purple,
yet very blue; if asked to describe them,

you would say they were blue stones
of a curious square cut and set so that the light

broke as if from within; the reflecting inner facets
seemed to cast incalculable angles of light,

this blue shot with violet;
how convey what he felt?

he saw as in a mirror, clearly, O very clearly,
a circlet of square-cut stones on the head of a lady,

and what he saw made his heart so glad
that it was as if he suffered,

his heart laboured so
with his ecstasy.

It was not solely because of beauty
though there was that too,

it was discovery, discovery that exalted him
for he knew the old tradition, the old, old legend,

his father had had from his grandfather
and his grandfather from his great-grandfather (and so on),

was true; this was never spoken about, not even whispered in secret;
the legend was contained in old signs and symbols,

and only the most painful application could decipher them,
and only the very-few could even attempt to do this,

after boy-hood and youth dedicated
to the rigorous sessions of concentration

and study of the theme and law
of time-relation and retention of memory;

but in the end, Kaspar, too, received the title Magian
(it is translated in the Script, Wise Man).

(Hilda Doolittle)

Illustration: Frederic Leighton

 

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