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Poésie

Posts Tagged ‘naissance’

Avant que le Ciel ne m’ait donné vie (Wang Fanzhi)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022



Illustration: Jeanne Balas
    
Avant que le Ciel ne m’ait donné vie,
j’étais dans l’obscurité sans conscience;
Le Ciel soudain m’a donné naissance;
il me l’a donnée pour quoi faire?
Sans habit, je ressens le froid;
sans nourriture, j’éprouve la faim;
Rendez-moi mon moi du Ciel,
rendez-moi le moi d’avant de naître!

(Wang Fanzhi)

Recueil: Poèmes Chan
Traduction: du chinois par Jacques Pimpaneau
Editions: Philippe Picquier

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AH ! TE CLOUER … (Jean Orizet)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2022




    
AH ! TE CLOUER …

Ah ! te clouer sur cette marge de vieux silence où
se tarit le coeur
mon bel oiseau de prairie, d’orage et de mousse bleue mon
bel oiseau criblé de soleil

Te laisser devenir cette fraîcheur envahissante
ce tiède refuge à la naissance de ta nuque
et ce lac de montagne où mon oeil coule à pic
Te rêver fougère arborescente, puis, au-delà du rêve,
te décimer farouchement pour que jaillissent
des clairières où t’aimer au milieu du jour
ma fille de miel et d’ambre.

(Jean Orizet)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction:
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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MON AMOUR, SI JE MEURS… (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2022



Illustration: Marc Chagall
    
MON AMOUR, SI JE MEURS…

Mon amour, si je meurs et si tu ne meurs pas
Mon amour, si tu meurs et si je ne meurs pas
N’accordons pas à la douleur plus grand domaine
Nulle étendue ne passe celle de nos vies.

Poussière sur le blé, et sable sur les sables
L’eau errante et le temps, et le vent vagabond
Nous emportaient tous deux comme graine embarquée
Nous pouvions dans ce temps ne pas nous rencontrer.

Et dans cette prairie où nous nous rencontrâmes
Mon petit infini, nous voici à nouveau
Mais cet amour, amour, est un amour sans fin,

Et de même qu’il n’a pas connu de naissance il
ignore la mort, il est comme un long fleuve, Il
Change seulement de lèvres et de terre.

(Pablo Neruda)

Recueil: 35 siècles de poésie amoureuse
Traduction: J. marcenac et A. Bonhomme
Editions: Saint-Germain-des-Prés Le Cherche-Midi

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« De moi à l’étoile…» (José Saramago)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2022



Illustration
    
« De moi à l’étoile…»

De moi à l’étoile un pas me sépare :
Eclats de la même lumière que dispersa
Dans l’accidentelle explosion de la naissance,
Entre la nuit qui fut et doit être,
La gloire solaire de la pensée.

***

«De mim à estrela…»

De mim à estrela um passo me separa:
Lumes da merma luz que dispersou
Na casual explosão do nascimento,
Entre a noite que foi e há-de ser,
A glória solar do pensamento.

(José Saramago)

 

Recueil: Les poèmes possibles
Traduction: Nicole Siganos
Editions: Jacques Brémond

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SOUS LE CHANT DES ÉTOILES (Jean-Noël Cordier)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2021



 

Bao-Pham Thienbao 77803

SOUS LE CHANT DES ÉTOILES

Sous le chant des étoiles
Je veux me mettre en quête
Des ardents souvenirs
Inscrire en moi la naissance du monde
Alors j’ouvre mes paumes
Aux caresses du ciel
Des plages en filigrane
Aux énigmes de l’aube
Je veux faire émerger l’image
Par le regard de l’infini
Le verbe difficile
Je ne puis que graver
Sur le carré de pierre grise
Le spectre d’une mère inféconde.

(Jean-Noël Cordier)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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Souffle du souffle (Brihadâranyaka-upanishad)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2021


pissenlit

Souffle du souffle,
et vue de la vue,
et ouïe de l’ouïe,
pensée de la pensée – ceux qui le connaissent
ont discerné la Parole antique, originelle.

Par la pensée il faut le percevoir.
Rien ici-bas n’existe séparément.
De mort en mort celui-là va
qui voit les choses comme séparées.

En unité il faut le percevoir,
cela l’immense, cela le stable,
hors de trouble, passant l’espace,
le Soi sans naissance, le grand, le stable.

Quand le sage l’a reconnu,
qu’il accomplisse son savoir, lui brâhmane.
Qu’il n’égare sa pensée en mots nombreux:
c’est l’affaiblissement de la parole.

(Brihadâranyaka-upanishad)

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LE CHANT DE LA SOURCE (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 22 octobre 2021



Illustration
    
LE CHANT DE LA SOURCE

Si quelque chose nous protège et nous oublie dans
la dispersion des oiseaux et la gravité des voix,
c’est peut-être que nous avons nos racines dans la montagne
et que nous traversons l’épaisseur avec les muscles de l’air.

La lumière cherche un nid en nos mains
et l’eau parle de la clarté de l’ombre.

Entre le désordre et le bleu se dressent des formes
au rythme de la transparence et d’un sang de silex.

Certaines perdent leur éclat auprès d’une naissance
ou d’une matière ailée. Et le regard retourne à la
source obscure sous l’arbre du chant.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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A ma naissance (Rupi Kaur)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2021



Illustration: Henri Matisse
    
à ma naissance ma mère a dit
il y a dieu en toi
sens-tu sa danse

(Rupi Kaur)

 

Recueil: Le soleil et ses fleurs
Traduction: traduction de l’anglais (Canada) Sabine Rolland
Editions: NiL

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Les Rois Mages (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2021



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Les Rois Mages

Avancerons-nous aussi vite que l’étoile
La randonnée n’a-t-elle pas assez duré
Réussirons-nous enfin à l’égarer
cette lueur au milieu de la lune et des bêtes
qui ne s’impatiente pas

La neige avait tissé les pays du retour
avec ses fleurs fondues où se perd la mémoire
De nouveaux compagnons se mêlaient à la troupe
qui sortaient des arbres comme les bûcherons
Le Juif errant peinait, aux blessures bafouées
Des fourrures couvraient le roi noir malade à mourir
Le pasteur de la faim est avec nous
Ses yeux bleus éclairent son manteau d’épluchures
et le troupeau rageur des enfants prisonniers

Nous allions voir la joie nous l’avons cru
la joie du monde née dans une maison par ici
C’était au commencement … Maintenant on ne parle pas
Nous allions délivrer un tombeau radieux
marqué d’une croix par les torches dans la forêt

Le pays n’est pas sűr les châteaux se glissent derrière nous
Pas de feu dans l’âtre des relais Les frontières
remuent à l’aube par les coups défendus
Nos paumes qui ont brisé les tempêtes de sable
sont trouées par la charançon et j’ai peur de la nuit

Ceux qui nous attendaient dans le vent de la route
se sont lassés le chœur se tourne contre nous
Par les banlieues fermées à l’aube les pays sans amour
nous avançons mêlés à tous et séparés
Sous les lourdes paupières de l’espérance
La peur haletait comme une haridelle

Nous arriverons trop tard le massacre est commencé
les innocents sont couchés dans l’herbe
Et chaque jour, nous remuons des flaques dans les contrées
Et la rumeur se creuse des morts non secourus
qui avaient espéré en notre diligence

Tout l’encens a pourri dans les boîtes en ivoire
et l’or a caillé nos cœurs comme du lait
La jeune fille s’est donnée aux soldats
que nous gardions dans l’arche pour le rayonnement
pour le sourire de sa face

Nous sommes perdus On nous a fait de faux rapports
C’est depuis le début du voyage
Il n’y avait pas de route il n’y a pas de lumière
Seul un épi d’or surgi du songe
que le poids de nos chutes n’a pas su gonfler
Et nous poursuivons en murmurant contre nous
tous le trois brouillés autant qu’un seul
peut l’être avec lui-même
Et le monde rêve à travers notre marche
dans l’herbe des bas-lieux
et ils espèrent
quand nous nous sommes trompés de chemin

Egarés dans les moires du temps – les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant –
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de bœufs
je maudis l’aventure je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales
dans la fraîcheur immobile de mon ombre…

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

Illustration: Leopold Kupelwieser

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Je ne puis guérir d’un appel insensé (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2021


 

Egarés dans les moires du temps, les durs méandres
qu’anime le sourire de l’Enfant,
chevaliers à la poursuite de la fuyante naissance
du futur qui nous guide comme un toucheur de boeuf,
je maudis l’aventure, je voudrais retourner
vers la maison et le platane
pour boire l’eau de mon puits que ne trouble pas la lune,
et m’accomplir sur mes terrasses toujours égales,
dans la fraîcheur immobile de mon ombre.

Mais je ne puis guérir d’un appel insensé.

(André Frénaud)

 

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