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Poésie

Posts Tagged ‘naissance’

MON ORGUE DE BARBARIE (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2018



MON ORGUE DE BARBARIE

Table de mortalité
égalité inégale
égale inégalité
égalité des crotales
des épines et pétales
même nid pour les oiseaux
égalité des semences
égalité des robots
le temps également beau
pour les égales vacances.

Sur la Terre-Paradis
les casernes bien égales
à tous le même fusil
pour mourir la même balle
même solde et grade égal

toute femme générale
et tous les mâles aussi
mais qui va commander, qui,
les très égales batailles
pour une paix très égale ?
Frère je dis ma prière
pour avoir l’égal derrière
recevant de ton courroux
le même nombre de coups
que je rends égalitaire.

Déchire la peau des mots
c’est le dedans qu’il nous faut
très juste inégalité :
fanfare et fraternité.
Ce n’est ici qu’un passage
on prend si vite de l’âge
fleurs égales inégales
pourquoi tant d’égalité ?

Très inégales naissances
vers les destins inégaux
inégale intelligence
des mieux doués à l’idiot
pour une mort très égale
on vient et l’on part tout nu
puisqu’ainsi Dieu l’a voulu.

(Géo Libbrecht)

 

 

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L’odeur de l’ombre (Agnès Schnell)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2018



 

Brad Kunkle p_5

L’odeur de l’ombre

Une odeur d’impatience
de nudité
de naissance inachevée…

Étonnante mobilité des choses,
voies multiples ouvertes
ou farouches fenêtres
closes sur l’infini…

(Agnès Schnell)

Découvert ici chez Emmila Gitana

Illustration: Brad Kunkle

 

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Accrochée aux murs (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    

Accrochée aux murs
tête en bas
comme une chauve-souris
je récapitule ma naissance
jour par jour
en hurlant

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA COLOMBE POIGNARDEE (Jules Lefèvre-Deumier)

Posted by arbrealettres sur 28 juin 2018



 

colombe poignardée

LA COLOMBE POIGNARDEE

Il existe un oiseau, dont le pâle plumage,
Des forêts du tropique étonne la gaieté ;
Seul sur son arbre en deuil, les pleurs de son ramage
Font gémir de la nuit le silence attristé.

Le chœur ailé des airs, loin de lui rendre hommage,
Insulte, en le fuyant, à sa fatalité ;
Lui-même se fuirait, en voyant son image
Poignardé de naissance, il naît ensanglanté.

Et le poète aussi, merveilleuse victime,
Qui mêle de son sang dans tout ce qu’il anime,
Arrive dans ce monde, un glaive dans le cœur ;

Et l’on n’a point encore inventé de baptême,
Qui puisse en effacer le stigmate vainqueur :
Cette tache de mort, c’est son âme elle-même.

(Jules Lefèvre-Deumier)

Illustration

 

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Parmi des débris de paroles (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2018



Illustration: Philippe Legoubin
    
Parmi des débris de paroles
et des caresses en ruine,
j’ai trouvé quelques formes qui revenaient de la mort.

Elles venaient de démourir,
mais ne pouvaient s’en tenir là.
Elles devaient régresser encore,
elles devaient tout dévivre
et après dénaître.

Je ne pus leur poser de question,
ni les regarder deux fois.
Mais elles m’indiquèrent l’unique chemin
qui ait issue peut-être,
celle qui, remontant de la mort,
à rebours de la naissance,
vient retrouver le néant du départ
pour reculer encore et se dénéanter.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie verticale 1
Traduction: Roger Munier
Editions: Fayard

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Il est des vies (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Illlustration: Sylvie Lemelin
    
Il est des vies qui durent un instant :
leur naissance.

Il est des vies qui durent deux instants :
leur naissance et leur mort

Il est des vies qui durent trois instants :
leur naissance, leur mort et une fleur.

(Roberto Juarroz)

 

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J’ai porté un autre nom (Anise Koltz)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2018




    
J’ai porté un autre nom
avant ma naissance

Qui m’appelait ?

Ma mémoire a été lavée
comme un tableau noir

(Anise Koltz)

 

Recueil: Somnambule du jour Poèmes choisis
Traduction:
Editions: Gallimard

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COMME LA ROSÉE (Hwang Ji-u)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018




    
COMME LA ROSÉE

Oh ! Bruissement de l’eau
qui rêve l’illusion de la vie et d’une nouvelle naissance,
les larmes de l’herbe l’écoutent en secret.

Ce qui vit ne vit qu’appelé par son nom tant qu’il est en vie.
Exister ne signifie pas exister, vivre ne signifie pas vivre.
Que ce sera calme au sein du feu ardent !

Tenant une bougie blessée
j’entrerai en toi, rosée ;
en paix je dormirai.

(Hwang Ji-u)

 

Recueil: DE L’HIVER-DE-L’ARBRE AU PRINTEMPS-DE-L’ARBRE Cent poèmes __..
Traduction: Kim Bona
Editions: William Blake & co

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L’Inconnue (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

Je comble l’inconnue qui me donne naissance.
J’avance dans ses pas, me voici devenu
ce lent arbre mouvant
où je m’épanouis, de l’ombre verdissante,
et multiplie le jour alentour et le vent.
Le boulevard s’ébat de la métamorphose,
le bourgeon gonfle le printemps.
Délicieux mensonge, mon nouveau songe.
Mes possessions sont trop claires, je les hais,
ces limites des joies et du malheur.
Celle que j’aime a les yeux plus tendres.
Celle-ci, derrière sa chevelure,
j’entends rire en moi un frais ravage.

(André Frénaud)

 

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Trouville (Albert Camus)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



Claude Monet Trouville

Trouville

Un plateau plein d’asphodèles devant la mer.
De petites villas à barrières vertes ou blanches, à véranda,
quelques-unes enfouies sous les tamaris, quelques autres nues au milieu des pierres.
La mer gronde un peu, en bas. Mais le soleil, le vent léger, la blancheur des asphodèles,
le bleu déjà dur du ciel, tout laisse imaginer l’été,
sa jeunesse dorée, ses filles et ses garçons bruns,
les passions naissantes, les longues heures au soleil
et la douceur subite de ses soirs.
Quel autre sens trouver à nos jours que celui-ci et la leçon de ce plateau :
une naissance et une mort, entre les deux la beauté et la mélancolie.

(Albert Camus)

Illustration: Claude Monet

 

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